« Le Monde » et un syndicat anarchiste espagnol (19.08.10)

jeudi 19 août 2010, par frank

« Le Monde » et un syndicat anarchiste espagnol (19.08.10)

Mise au point, extrait du prochain « CGT-e info n° 44 »

Différence entre anarchiste et anarchosyndicaliste

« Anarchiste » désigne une opposition au pouvoir ce que certains comprennent comme un frein à leur caprice ou leur « moi » (d’où des déclarations de nombreux artistes comme Charles Aznavour « je suis anarchiste ») et d’autres comme une action en faveur des opprimés (Bakounine, Tolstoï).

« Anarchosyndicaliste » signifie la lutte de classe contre l’exploitation sociale et la défense des salariés, des chômeurs et des exclus de la société capitaliste, au moyen du syndicalisme et/ou d’organes à la base et pour la base.

Des membres du MSR [Mouvement social républicain, comprendre pro nazis] tentent de faire de l’entrisme syndical.

Público (quotidien très proche du PS du 10.08.10 titrait « Des néo nazis s’infiltrent dans la CGT pour chercher à capter des ouvriers [n’y aurait-il des ouvriers que dans le syndicat CGT ??]. Deux secrétaires généraux du Mouvement social républicain, parti xénophobe et d’extrême droite, ont appartenu au syndicat. L’organisation syndicale a déjà pris des mesures. »

L’article explique que le but est de faire avancer parmi les travailleurs l’idée que la crise est due aux étrangers. Fort curieusement, il n’est à aucun moment question de l’UGT, le syndicat socialiste, tout en citant les Commissions ouvrières et la CGT. « Juan Antonio Aguilar, important dirigeant ultra qui, avant d’être à la CGT, était affilié aux Commissions. [...] Aguilar a été président pendant plus d’un an du comité d’entreprise de la compagnie d’informatique Tecnocom, à Madrid. Récemment Aguilar a témoigné au procès condamnant le réseau néo-nazi Blood and Honor [groupe pro nazi dont 14 personnes sur 18 inculpées de Madrid, Burgos, Jaén et Saragosse ont été condamnées fin juillet 2010 à des peines en fait légères, trois ans, dont deux des fondateurs de cette association]et il a été secrétaire général du MSR. »

Et l’article finit par “Les neo nazis n’ont pas contacté que la CGT. En 2009, des membres du MSR ont été invités par des affiliés des Commissions à participer à une protestation des travailleurs de l’entreprise de sécurité Prosegur. »

Communiqué : la CGT ne tolère pas de personnes d’idéologie néo fasciste en son sein (10.08.10)

LA CGT a détecté la présence de plusieurs personnes d’idéologie néo fasciste comme affiliées dans une section syndicale du syndicat. L’Organisation a mis en marche ses procédures statutaires et elles ont cessé d’appartenir au syndicat.

Ces procédures statutaires sont activées et ouvertes pour continuer à enquêter et pouvoir être appliquées à tout moment et en tout lieu où l’on détecterait une infiltration de ce genre de personnes, étant donné que la CGT adopte une attitude de totale intransigeance, de tolérance zéro, face à cette sorte de situations.

La CGT comme organisation anarchosyndicaliste a un engagement permanent de lutte contre le fascisme, la xénophobie, le racisme et toute sorte d’idéologies totalitaires car nos objectifs, nos moyens et nos buts sont d’arriver à l’amélioration des droits professionnels et sociaux de tous les travailleurs femmes et hommes et à la construction d’une société libertaire fondée sur la liberté, l’égalité, la justice sociale et l’autogestion.

La CGT est désormais une organisation ayant suffisamment de présence dans le champs syndical et dans le monde des organisations sociales, et elle peut devenir un objet de désir pour d’autres organisations et personnes indésirables qui s’infiltrent dans nos rangs pour utiliser ses structure, ses ressources, sa capacité de mobilisation, y occuper des postes dans les organes de gestion afin de pouvoir propager ou œuvrer pour leurs intérêts partisans, néo fascistes, privés,... et tous étrangers à la CGT.

Nous sommes pleinement conscients qu’ils existent de nombreux intérêts pour que la CGT ne progresse pas et n’augmente pas son modèle syndical assembléaire. Ces intérêts n’admettent pas que la CGT organise de façon autonome les travailleurs et qu’ils fassent usage de leur pouvoir pour atteindre leurs objectifs en tant que classe.

Dans les prochaines semaines, la CGT va développer l’appel à la Grève générale du 29 septembre, qui sera une importante référence du mouvement syndical et social anticapitaliste et combatif, tout cela comme résultat d’un travail continu et cohérent afin d’exercer un modèle syndical au service de la classe travailleuse.

Secrétariat permanent du Comité confédéral de la CGT

L’article du Monde fait référence aux fascistes espagnols prétendant « adhérer au syndicat les plus proches de nos idées comme la CNT ou la CGT » et aux fascistes français faisant de même à la CGT, la Ligue ou chez les Verts.

Il est opportun de soulever le problème et de le relier au temps de crise lorsque la xénophobie et la violence sont à fleur de peau et que les idées du « national socialisme » allemand passèrent si bien dans les quartiers ouvriers qui votaient auparavant socialiste et communiste.

Il est vrai que le PC et le PS allemands privilégiaient alors la voie parlementaire pour vaincre le fascisme, avec l’insuccès que l’on connaît.

Les anarchosyndicalistes et bien des anarchistes, notamment en Espagne, avaient une expérience violente des fascistes et des phalangistes. C’est pour cette raison que le fondateur de la Phalange espagnole, José Antonio primo de Rivera, fut fusillé le 20 novembre 1936 à la prison d’Alicante par un peloton d’anarchosyndicalistes (sans ordre du gouvernement) pour venger ainsi la mort le même jour du chef de milice Buenaventura Durruti.

Les néo fascistes espagnols ont la mémoire bien faible et des analyses très limitées de leur propre histoire.

Frank Mintz