Adriana Calvo (castellano français)

Jueves 23 de diciembre de 2010

Adriana Calvo

(A partir de Página 12 , 13.12.10 y de testimonios de compañeros)

Calvo murió ayer, a los 62 años, víctima de una enfermedad. “Fue una persona de una terrible tenacidad”, dijo Guillermo Lorusso, que fundó con ella la Asociación de Ex Detenidos Desaparecidos.

No sé cómo alcancé a sacarme la ropa interior para que naciera. Íbamos a toda velocidad por la ruta que une La Plata con Buenos Aires y les grité: ?¡Ya nace, ya nace, no aguanto más!?. Pararon en la banquina, estábamos exactamente frente al Laboratorio Abbott, en el cruce Alpargatas[en La Plata] Esas fueron palabras que, durante el Juicio a las Juntas, pronunció Adriana Calvo, la primera testigo que en 1984 brindó detalles de su secuestro ante la Conadep, sobre los crímenes de lesa humanidad cometidos bajo la dictadura militar.

El 4 de febrero de 1977, un grupo de tareas secuestró a Adriana Calvo en su casa de Tolosa. Al momento de su detención estaba embarazada de seis meses y medio. Tuvo a su hija Teresa mientras la policía la trasladaba al Pozo de Banfield. Hasta el 28 de abril de 1977, cuando fue liberada, había pasado por el Pozo de Arana y la comisaría 5ª de La Plata, a cargo del comisario Osvaldo Sertorio. Allí escuchó por primera vez la voz del represor Jorge Bergés. Su testimonio en los juicios contra los ex comandantes fue fundamental para reconstruir el calvario que padecieron otros secuestrados. Física e investigadora, militó en el gremio docente AGD.

Junto a Calvo, Guillermo Lorusso fundó la Asociación de Ex Detenidos Desaparecidos (AEDD). La conoció a partir de testimonios que mencionaban que había sido secuestrada. Dos años después de su liberación se encontraron y comenzaron a pergeñar la creación de la asociación, que se materializó finalmente en 1984. Lorusso recordó la firme determinación de Calvo en la lucha por justicia y destacó que “fue una persona de una terrible tenacidad, que tuvo una entrega en la que puso una inteligencia y una determinación admirables [...] no hay otra forma de homenajearla que seguir con su tarea. Nos va a seguir acompañando porque nos dejó su ejemplo. No va a desaparecer.

Marxista leninista, practicó en cambio un respeto y una solidaridad impecables y ejemplares para que avancen todas las causas contra los genocidas.

Adriana Calvo

(À partir de Página 12, 13.12.10 et de témoignages de camarades)

Calvo est morte hier à 62 ans, victime d’une maladie. “Ce fut une personne terriblement tenace”, dit Guillermo Lorusso, qui fonda avec elle l’Association des ex détenus disparus.

Je ne sais pas comment je suis arrivée à retirer mes sous vêtements pour que accoucher de mon bébé. La voiture de police allait à toute allure sur la route de La Plata à Buenos Aires et j’ai crié « Ça commence, mon bébé est en train de naître ! Je n’en peux plus!” Le véhicule s’est arrêté sur le bas-côté juste en face du Laboratoire Abbott, au Carrefour avec l’entreprise Alpargatas [à La Plata]. » Tels furent les mots prononcés au procès contre les Juntes militaires, par Adriana Calvo, le premier témoin qui en 1984 donna des détails sur son enlèvement à la Conadep [Commission nationale sur la disparition de personnes], et sur les crimes de lèse humanité commis sous la dictature militaire.

Le 4 février 1977, un groupe d’actions avait enlevé Adriana Calvo de chez elle dans le quartier Tolosa de La Plata. Lors de sa détention, elle était enceinte de six mois et demi. Elle mit au monde sa fille Teresa alors que la police la conduisait au camp d’internement secret de Pozo de Banfield. Le 28 avril 1977, lors de sa libération, elle était passée par le camp de Pozo de Arana et le commissariat 5 de La Plata, sous les ordres du commissaire Osvaldo Sertorio. C’est là qu’elle entendit pour la première fois la voix du répresseur Jorge Bergés. Le témoignage d’Adriana Calvo lors des procès contre les ex commandants fut fondamental pour reconstituer le calvaire subi par d’autres personnes séquestrées. Physicienne et chercheuse, Adriana a milité syndicalement à l’AGD.

Avec Calvo, Guillermo Lorusso a fondé l’Asociación des Ex détenus disparus (AEDD). Il l’a connue à partir des témoignages mentionnant qu’elle avait été enlevée. Deux ans après sa libération ils se sont trouvés et ont commencé à construire la création de l’Association, qui finalement se matérialisa en 1984. Lorusso rappelle la ferme détermination de Calvo dans la lutte pour la justice en soulignant que c’était “une personne avec une terrible ténacité, une disposition où elle mettait en marche une intelligence et une détermination admirables [...] on ne peut lui rendre hommage qu’en poursuivant sa tâche. Elle va continuer à nous accompagner par son exemple. Elle ne va pas disparaître.

Marxiste léniniste, elle mit en pratique en revancha un respect et une solidarité impeccables et exemplaires pour faire avancer tous les procès contre les génocidaires.