FAI Fédération anarchiste informelle cellule révolutionnaire Lambros Fountas

mardi 11 janvier 2011, par frank

FAI Fédération anarchiste informelle cellule révolutionnaire Lambros Fountas

Le 23 décembre 2010 deux paquets bombes ont causé des dommages et deux blessés dans les ambassades du Chili et de Suisse à Rome et un texte a été trouvé. La presse en a reproduit une partie "Nous avons décidé d’élever notre voix para des paroles et des actions. Détruisons le système de domination. Vive la FAI, vive l’Anarchie ! signé : Fédération anarchiste informelle cellule révolutionnaire Lambros Fountas". D’autres attentats du même genre revendiqués par cette FAI ont eu lieu en Italie en 2003.

Trois remarques me semblent nécessaires, encore qu’elles soient évidentes et répétitives.

Avoir comme objectif les représentations diplomatiques de certains pays c’est dépendre des médias et donc des distorsions qu’ils imposent. Lorsqu’on ne dispose pas de la possibilité de faire pression sur ces pays au moyen d’un boycott de dockers, de routiers, ou d’un appel aux consommateurs, etc., c’est-à-dire des salariés et des citoyens, l’attentat symbolique est une compensation.

Le recours à une technologie très particulière, comme la miniaturisation de certains explosifs et leur adaptation à des envois postaux, génère une dépendance vis-à-vis des fournisseurs et des formateurs. Et celle-ci est liée à des secteurs intimement imbriqués dans les forces répressives et militaires, dont l’aide est souple et instable, comme l’ont démontré les exemples de groupes armés clandestins des années 1980, RAF allemande, Brigade Rosse italiennes, etc.

Annoncer à tout vent une idéologie avec des attentats implique de responsabiliser de façon automatique (c’est-à-dire autoritaire) des groupes et des tendances proches, ou, cela peut cadrer avec des prétextes de répressions étatiques. L’attitude honnête et logique est de toujours se référer à la décision d’un groupe (local, professionnel, social, etc.) qui doit suivre un critère déjà énoncé par Kropotkine en 1905. ... tout acte terroriste se mesure à ses résultats et aux impressions qu’il produit. Cette remarque peut servir de critère pour tout acte qui aide la révolution, et pour ceux qui se révèlent une perte inutile en force et en vies humaines. La première condition, d’importance vitale, est que les données d’un acte terroriste soient compréhensibles à tous, sans longues explications ni motif complexe. [...]Si pour comprendre un acte, l’homme de la rue, qui n’est pas militant, commence à se casser la tête, l’influence de l’acte en question devient nulle, ou même négative. [http://www.fondation-besnard.org/article.php3?id_article=799].

Parmi le matériel disponible sur la FAI cellule révolutionnaire Lambros Fountas sur Indymedia en italien et en bulgare, j’ai choisi des réactions qui me paraissent parfaitement synthétiser nos hésitations et nos interrogations.

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Pourquoi certains sentent-ils le besoin de signer des actions ? Pourquoi a-t’on le besoin de déclarer l’appartenance politique à telle ou telle faction quand cela n’est pas strictement nécessaire ? Quel besoin, pour dénoncer les violences contre les immigrants de se dire anarchiste, marxiste léniniste ou cato communiste !... Un fait est un fait et il est inutile de lui mettre un tampon ! En outre le tampon est dangereux car il augmente la répression sur les autres camarades. (Indymedia Italia, 17.12.10 sur la FAI de 2003 et un procès en cours).

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La Commission de correspondance de la Fédération anarchiste italienne, en référence à l’apparition d’une fantomatique "FAI (Federazione Anarchica Informale)" qui aurait revendiqué les explosions [dans les deux ambassades...] : réitère sa condamnation des bombes, des paquets bombes et des engins qui peuvent tuer et blesser des gens de façon indiscriminée, et cela paraît donc plus constitutif de la logique de la provocation et de la criminalisation médiatique de la dissidence, dans une phase où les anarchistes se trouvent parmi les protagonistes des luttes sociales, des grèves et des initiatives contre la guerre ; (28.12.2010).

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Déclaration [envoyée de Grèce] des trois prisonniers membres de Lutte révolutionnaire sur les attaques d’ambassades à Rome (bulgaria.indymedia, 29.12.2010).

Par rapport aux paquets bombes, envoyés aux ambassades du Chili et de Suisse à Rome le 23.12.2010, avec le résultat de deux employés blessés, dont la responsabilité est prise par la Fédération anarchiste informelle cellule révolutionnaire Lambros Fountas, nous avons à dire ce qui suit.

En tant que Lutte révolutionnaire, nous avons toujours choisi de réaliser nos actions avec un objectif politique. Nous avons toujours cherché dans les statuts, les structures ce qui nous représente et nous protège. Nous avons organisé nos actions de façon à éviter de faire des victimes, car cela ne fait pas partie de nos objectifs politiques et que jamais nous n’avons fait des actions qui auraient pu causer des dommages, par exemple, à des employés d’ambassade, comme cela est survenu avec les paquets bombes déjà mentionnés.

Ce fut le principe de nos actions pour chacun d’entre nous et, bien entendu, pour notre défunt compagnon Labro Fountas. C’est pourquoi nous demandons qu’on ne fasse pas d’actions [comme celles de Rome] au nom de notre camarade.

Pola Ropa, Niko Maziotis, Kosta Gurnas.