Famines, catastrophes naturelles et humaines, crapules au pouvoir dans 99% des pays, des églises et des sectes, « châtiment de(s) dieu(s) ou cycle humain inévitable ?

lundi 21 mars 2011, par frank

Famines, catastrophes naturelles et humaines, crapules au pouvoir dans 99% des pays, des églises et des sectes, « châtiment de(s) dieu(s) ou cycle humain inévitable ?

La fatalité et le mauvais sort s’acharnent sur les Japonais, en plus de gouvernants corrompus et des bases militaires nord-américaines. Et ces maux ont coïncidé avec des tremblements de terre, un tsunami et des accidents nucléaires. Les voyant et les fanatiques n’ont sûrement pas manqué de souligner une vengeance de l’au-delà comme punition de prétendues erreurs et péchés du peuple japonais.

Les peuples originaires d’Amérique et d’Afrique supportent plus de 500 ans de mauvais traitements, les pauvres Juifs et Arabes dépassent ce chiffre. Et les paysans et les prolétaires très pauvres de toutes ethnies et couleurs de peau sont depuis mille ans et quelque dans la fange matérielle et parfois morale. Et s’ils ont pu conserver la volonté de survivre c’est qu’ils maintiennent un espoir dans un mélange de solidarité entre la famille, l’ethnie et les êtres humains, une aide quelconque des ancêtres et des prières, un idéal d’un territoire où les jeunes ne mourraient pas au milieu du luxe d’autrui, où il y aurait un minimum de soins et de suivi sanitaire, éducatif, avec un travail stable obtenu sans se prostituer. Que cette aspiration soit appelée de façon divine ou socialiste n’a aucune importance, car elle tend vers une société sans corruption et sans clientélisme.

Les détenteurs de la Vérité (qu’elle soit athée ou divine) du paradis social ou céleste pour l’humanité, ont tendance à tomber à une vitesse incroyable dans l’imposition de la fusillade, de la potence, du coup de pelle dans la nuque (pour économiser les balles, invention du parti communiste cambodgien appliquée dialectiquement et scientifiquement à presque un million "d’ennemis du peuple"), qui n’a jamais atteint l’efficacité du bûcher de l’inquisition de brûler des cadavres de chrétiens qui finalement ne l’était pas assez pour la hiérarchie catholique.

C’est tout le contraire que bien des rabbins firent en abandonnant leur foi et en se rasant leur barbe dans le ghetto de Varsovie entre 1942-1943 parce qu’ils ne toléraient pas le désarroi dans lequel les enfermait leur croyance : Dieu s’est détourné d’eux et ils se sont détourné de Dieu. « Va te faire foutre » ont ils dit à Dieu. » [...] Toute ces fables qui racontent que lorsque l’insurrection a commencé, les Juifs se sont mis à prier, tout cela ce sont de beaux morceaux de littérature (1).

Le témoignage de Marek m’a surpris et j’ai vérifié son exactitude avec le témoignage oral d’Henrik Favel, tous les deux s’étant échappés du ghetto par les égouts et à l’aide de Polonais honnêtes de gauche honneur et de la classe moyenne. Henrik avait 18 ans quand il était dans le ghetto, et non seulement il confirma la véracité des paroles d’Edelman, mais il ajouta que sa mère avait abandonné la foi juive. Il indiqua que les Polonais qui les avaient aidés et cachés étaient l’associé du commerce de son père et son épouse, catholiques sans être ni fanatiques ni de droite. À l’époque, comme aujourd’hui, les dirigeants polonais catholiques remettent en question le droit d’être de vrais polonais aux athées et aux Juifs de Pologne.

Quand un être humain s’enferme dans une étiquette, un pseudo-idéal, en obéissant à ses directives sans réfléchir, il perd sa capacité d’analyse et devient un esclave soumis ou un bourreau actif, selon les ordres qu’il accomplit comme un automate.

La carapace du robot se brise lorsque nous nous nous exprimons, nous nous interrogeons, nous échangeons. En créant ensemble, nous mettons fin au cycle des échecs répétés. Même sous une dictature, la colère et les critiques se transmettent, on évoque comment devraient être les rapports entre les êtres humains : respect, solidarité et entraide.

Frank, 20.03.11

1) Marek Edelman, interview publiée fin 1985 dans la revue clandestine polonaise « Czas », traduite dans « La Nouvelle Alternative » N°2-3, juin septembre 1986, pp.70, 72.

Marek Edelman, né en 1921, membre du Bund [Parti social-démocrate juif polonais et russe] jusqu’en 1939, ensuite dirigeant de la Zydowska Organizacja Bojowa (Organisation juive de combat) dans le ghetto de Varsovie. En janvier 1943, la première résistance armée de la ZOB était dirigée contre "les gestapistes" (policiers dans le ghetto qui collaboraient avec les nazis), en incendiant des ateliers et des wagons chargés de machines, puis contre les nazis allemands eux-mêmes. Il dirigea également le soulèvement d’avril 1943, puis il participa à l’insurrection de Varsovie en août-octobre 1944, que l’armée soviétique n’appuya pas jusqu’à sa fin, pour ensuite attaquer les nazis (application énergique du socialisme scientifique, en russe « Slava sotsialismu », gloire au socialisme). Edelman demeura en Pologne et étudia la médecine et fut médecin de quartier jusqu’à sa retraite, sans adhérer au PC. Il fut nommé membre honoraire de Solidarnosc. Quand il allait en Israël il ne manquait pas de dénoncer l’attitude israélienne contre les Palestiniens, en affirmant qu’ils étaient dans la même situation d’oppression que les Juifs d’Europe centrale avant 1939.