Les sciences de la nature doivent muter en profondeur

vendredi 1er avril 2011, par Martín Bellido Antonio

Les sciences de la nature doivent muter en profondeur

Si les sciences ne mutent pas elles pourraient être considérées comme asociales et inhumaines. On n’a sans doute pas assez pris conscience du fait que les avancées scientifiques contemporaines reposent pour la plupart sur des ruptures conceptuelles et des découvertes expérimentales vieilles de plusieurs décennies.

De la même façon que la société dont elle procède, la science est en crise . Il est plus que possible et sans doute même plausible que nous entrions dans une période où la science, devenue technoscience de par son arraisonnement pratique, disparaisse sous cette technique qu’elle a transformée, comme un fleuve parfois est recouvert par les éboulements des parois du lit qu’il a creusé.

Il est flagrant de constater que le découplage entre Recherche et Développement se fait de plus en plus patent et que les États et les industriels cessent ou diminuent des activités de recherche fondamentale pour se concentrer sur des domaines immédiatement rentables. Ceci concerne non seulement le nucléaire, mais aussi la biologie par exemple.

Il est donc bien prétentieux de penser que la technoscience par elle- même soumise à toutes sortes de pouvoirs obscurs et à l’alliance des multinationales et des politiques, qui pour la plupart sont ignorants dans les domaines scientifiques, puissent résoudre des problèmes qui probablement dépassent les connaissances scientifiques actuelles, comme par exemple le traitement des déchets nucléaires qui sont enfouis un peu partout avec les dangers futurs qu’ils représentent. Quant à l’omniscience et l’omnipotence des experts scientifiques, il est aisé de constater qu’au Japon elles ont été prises en défaut et se sont avérées n’être que de vastes fumisteries - installer des centrales nucléaires dans des sites soumis à des tremblements de terre et à des tsunamis tient de la folie pure-.

Il faudrait donc que les scientifiques renoncent à leurs fantasmes, qu’ils soient prudents plutôt que conquérants et qu’ils accordent autant d’importance à la compréhension du savoir qu’à sa production. Autrement dit que les scientifiques ne peuvent se limiter à la diffusion centrifuge du savoir mais demande un mouvement centripète : à l’action culturelle scientifique doit s’ajouter une réaction en retour sur le milieu scientifique lui-même.

Nous sommes loin du compte, non seulement parce que nous, les individus lambda nous n’avons pas droit au chapitre, mais aussi parce que les scientifiques sont sous la coupe des industriels et des politiques. Et comme celui qui paye commande, nous n’en avons pas fini avec toutes sortes de désastres nucléaires, biologiques, pharmaceutiques, etc.

Antonio Martín Bellido