Algérie : toujours plus de harcèlements et de répressions contre les militants !

mercredi 5 octobre 2011, par CGT-e, CNT-f

Algérie : toujours plus de harcèlements et de répressions contre les militants !

CNT-e, secrétariat international, 04.10.11 et CGT-e, Relaciones Internationales, 28.09.11

Le mois de septembre, dans la droite ligne de la politique répressive algérienne, apporte son cortège de menaces, harcèlements et répressions des militants syndicaux et des droits de l’homme en Algérie.

Au début du mois, Yacine Zaïd, président de la Ligue algérienne des Droits de l’homme (LADDH) dans la wilaya de Laghouat, blogueur, est interrogé au commissariat de Batna sur ses activités au sein de la LADDH, son engagement dans la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), ses activités sur Internet, ainsi que sur sa prétendue appartenance à un mouvement inconnu : « Jeunesse chaoui pour le changement ». La police profite de l’occasion pour récupérer les numéros de téléphone en mémoire dans son portable. Une dizaine de jours plus tard, il subit une fouille minutieuse par la police des frontières à l’aéroport d’Alger ; de nouveau un interrogatoire ; les agents en civil lui prennent ses documents et sa clé USB.

Mi-septembre, un militant blogueur du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) d’Ouargla est auditionné pour ses activités sur les réseaux sociaux. Le 18, c’est au tour du porte-parole du CNDDC d’être arrêté et convoqué au commissariat de Batna. Quelques jours auparavant, deux chômeurs d’Ouargla, qui avaient essayé de se faire exploser à l’aide d’une bouteille de gaz en mars dernier devant le centre de formation de la police d’Ouargla, sont condamnés à trois ans de prison ferme, allongeant la liste des militants de ce collectif condamnés par la « justice » algérienne.

À la fin du mois, un agent de la DRS (police politique) est venu intimider le propriétaire du local que le SNAPAP loue à Alger lui demandant de résilier le bail de location et précisant qu’il serait possible que le président du SNAPAP - qui avait vu les freins de sa voiture sabotés en juillet - fasse l’objet d’un assassinat.

Le pouvoir algérien ne recule devant aucun moyen pour essayer de faire taire les contestataires. Ces pressions, intimidations et répressions succèdent à de nombreuses autres et il n’y a plus de limite dans les moyens utilisés. La fin justifie les moyens pour le pouvoir algérien qui semble avoir peur d’une contagion des révolutions voisines.

La CNT-F apporte son soutien aux syndicalistes autonomes et aux militants des droits de l’homme algériens et condamne une fois de plus les menaces et la répression dont ils font l’objet.

La défense des droits sociaux et syndicaux n’est pas un délit !

Un coup porté contre l’un est un coup porté contre tous !

Solidarité internationale !

Communiqué du SNAPAP

Harcèlement et intimidation de la Police à l’encontre de la famille Nacer propriétaire d’un appartement loué au SNAPAP et menace d’assassinat de MALAOUI Rachid, président du SNAPAP.

Dimanche 25 septembre 2011 à 19h40 M. Akroune Belgacem, officier de police des Renseignements Généraux (RG) c’est présenté au domicile des propriétaires du local loué au SNAPAP pour les inviter à mettre un terme au contrat de location et d’expulser le Syndicat de ce local qui est son siège national.

Selon l’officier, les services de police auraient reçu des instructions de la présidence de la République pour mettre fin aux activités de Rachid Malaoui. Toujours selon cet officier de police il se pourrait que Malaoui soit assassiné et que ce cas le local occupé par le SNAPAP soit scellé pour une période de 5 ans et que les propriétaires soient trainés devant les tribunaux.

L’officier de police a déclaré avoir reçu des instructions pour fouiller le siège à la recherche de documents importants. D’après lui M .Malaoui recevrait de l’argent de l’étranger versé sur un compte CPA.

L’agent des RG a proposé à la secrétaire du syndicat de travailler pour la police pour fournir des informations sur les activités tenues au siège national.

Il a proposé au propriétaire d’expulser le SNAPAP tout en lui promettant un nouveau locataire disposé à payer 600 euro par mois et à faire un paiement d’avance sur 5 ans des loyers.

Ces menaces surviennent après la fermeture de la Maison des Syndicat, le cambriolage de la Maison des Syndicats, la tentative de liquidation physique sur Rachid Malaoui, le harcèlement et la maltraitance (coups et, blessures) de femmes syndicalistes.

Le président du SNAPAP R.MALAOUI

La secrétaire générale du SNAPAP N.GHOZLANE

ALGER 26 09 2011