Résumé des dernières mesures approuvées en Grèce

dimanche 19 février 2012, par ESE (Unión Sindicalista Libertaria, Grecia)

Résumé des dernières mesures approuvées en Grèce

Texte de l’ESE ( Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση )

Le Secrétariat aux relations internationales de l’Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση (Union Syndicaliste Libertaire - ESE) a envoyé le résumé suivant des mesures récentes adoptées par le gouvernement qui sont responsables du déclenchement de la fureur du peuple grec, qui voit comment sa vie et son travail sont en train d’être piétinés pour la plus grande gloire des patrons, des requins de la finance et des spéculateurs.

Résumé des mesures importantes adoptées travail le dimanche soir, 12 Février 2012 dans le Parlement grec et inclus dans le « Mémorandum II » :

- Réduction de 22% du salaire minimum qui va baisser de 741 à 586 € brut (489 € net). Pour les moins de 25 ans, la réduction est de 30%, donnant un maigre 527 € brut (440 € net).

- Gel du salaire minimum jusqu’en 2015 et gel des primes d’ancienneté tant que le chômage reste à 10%.

- Abolition de facto des heures supplémentaires vu l’introduction des horaires flexibles dans les nouvelles conventions collectives.

- À la fin d’une convention collective, la période de renouvellement automatique des termes de celle-ci est réduite à trois mois (auparavant six) si aucun nouvel accord n’est conclu, les salaires son ramenés au salaire minimum. Les conventions collectives actuellement en vigueur expireront au plus tard au bout d’un an.

- Coupes sombres dans les retraites (les régimes de pension complémentaires, mais aussi de retraite principal dans les cas tels des travailleurs de la compagnie d’électricité, compagnie de téléphone, et les banques, par exemple).

- Abolition de la sécurité d’emploi et de la réglementation du travail en vigueur dans les banques et les entreprises publiques ou celles avec un pourcentage de participation du public, y compris entre autres la compagnie nationale d’électricité, Hellenic Petroleum (la plus grande raffinerie du pays), la radio publique et société de télévision, les transports publics à Athènes (bus, métro, métro léger, tramway et trolleybus), la poste, la compagnie de la loterie nationale et des paris, la société d’Athènes d’approvisionnement en eau, etc.

- Clôture de l’Agence de logement public et la suppression de la contribution de 2% qui la favorisait jusqu’à présent.

- Réduction de 5% des cotisations patronales à la sécurité sociale.

- Licenciements et départs en retraite anticipée dans le secteur public : 15.000 au total d’ici la fin de l’année 2012 ; 150. 000 jusqu’à 2015.

- Pour recourir à l’organisme de médiation et d’arbitrage, il sera désormais exigé l’accord des deux parties (travailleurs et employeurs), les travailleurs ne pouvant plus y faire appel eux seuls, comme c’était le cas jusqu’à maintenant.

En bref, les pertes de salaire sont extrêmement lourdes. On estime que les travailleurs non qualifiés vont perdre jusqu’à trois mois de rémunération par an et les travailleurs soumis à des accords sectoriels dans certains cas vont perdre jusqu’à la moitié de leur salaire mensuel.

En outre, ces mesures sapent les conventions collectives et ouvrent la voie à la signature d’accords individuels ou d’entreprises. Les conventions collectives couvrant environ deux millions de travailleurs sont dans l’air ; elles ont déjà expiré ou vont le faire obligatoirement d’ici un an, forçant les travailleurs à renégocier - au niveau individuel ou d’entreprises - la baisse de leurs salaires aux niveaux les plus bas.

On estime qu’en matière de droits et de rémunération, les travailleurs sont maintenant à des niveaux semblables à ceux des années 1950.

A tout cela il faut ajouter les augmentations de la TVA sur les denrées alimentaires, médicaments, soins de santé, de l’électricité, l’approvisionnement en eau, les transports publics, le gaz naturel, etc.

Il convient de noter que, sur un total de 300 députés, 199 ont voté pour ces mesures, 74 contre, 5 se sont abstenus et 22 étaient absents. 46 des députés opposés appartiennent à des partis gouvernementaux, mais ont rompu la discipline de vote et ont été immédiatement expulsés de leurs partis respectifs. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester contre ce nouveau plan d’austérité et de coupes sombres qui, sous couvert de réduire des dépenses publiques et de sauver l’économie nationale, s’attaque aux droits de la population grecque, en particulier les travailleurs.

Ελευθεριακή Συνδικαλιστική Ένωση - Διεθνείς Σχέσεις
(Relations internationales - Eleutheriaki Sindikalistiki Enosi - ESE)

Traduction d’Éric D ; Texte original en anglais ou en castillan :
http://www.anarkismo.net/article/22012