Le 24 août 1944 des blindés de la 2 DB de Leclerc de la Nueve conduits par des Espagnols (dont des anarchosyndicalistes) sont arrivés à l’Hôtel de ville de Paris, mais le 25 août 2012 des libertaires voulant célébrer leur participation n’ont pas pu passer.

samedi 25 août 2012, par frank

Le 24 août 1944 des blindés de la 2 DB de Leclerc de La Nueve conduits par des Espagnols (dont des anarchosyndicalistes) sont arrivés à l’Hôtel de ville de Paris, mais le 25 août 2012 des libertaires voulant célébrer leur participation n’ont pas pu passer.

Cette belle formule du camarade Noël d’Alternative libertaire résume l’incident ridicule d’aujourd’hui. Mais il y a d’autres détails cocasses.

Alors que des personnes avec des drapeaux républicains espagnols se recueillaient devant la plaque en l’honneur du capitaine Dronne et de ses soldats et d’une autre en l’honneur des combattants espagnols posé sur un bâtiment de la place de l’Hôtel de ville, d’autres qui arrivaient avec des drapeaux noirs et noirs et rouges ont été aussitôt écartées par la police et conduits à une centaine e mètres, avenue Victoria. Une grosse demi-heure plus tard, la dizaine de personnes étaient embarquées dans un car de police.

De façon solidaire, les personnes portant les drapeaux républicains ne firent rien devant l’action policière. Une camarade espagnole alla leur demander d’intervenir en expliquant qu’il s’agissait de marquer avec la solidarité avec les anarchosyndicalistes présents à la 2 DB. Il lui fut répondit qu’il n’y en avait pas. Elle cita le chanteur Serge Utge-Royo qui était avec les anarchistes pour montrer sa réprobation qu’ils soient écartés de l’hommage devant les plaques. On lui répondit que Serge Utge-Royo est communiste et pas anarchiste. Autrement dit la camarade avait rêvé éveillée.

Serge Utge-Royo a été « enchanté » d’apprendre sa nouvelle étiquette politique (de la part d’adeptes attardés du matérialisme historique), lui qui est le traducteur en français du livre La Nueve d’Evelyn Mesquida (Paris, 2011). Il sait que Germán Arrué et Manuel Lozano, anarchosyndicalistes, étaient dans ses blindés qui sont arrivés les premiers à Paris.

On peut unir aux partisans du matérialisme historique, dans cette évocation de la bêtise, les responsables de la Préfecture de la police et les conseillers socialistes du maire de Paris et sans doute ceux du président de la République qui a prit la parole ce jour sur cette place de l’Hôtel de ville. Et leur recommander de revoir l’histoire de la libération de Paris et d’apprendre à reconnaître que leur liberté, ils la doivent aussi aux libertaires et à leurs valeurs.

Frank Mintz, 25.08.12.