« Bonnes paroles », de Stiglitz au président de la Banque mondiale, mais vains propos

lundi 15 octobre 2012, par frank

« Bonnes paroles », de Stiglitz au président de la Banque mondiale, mais vains propos

On entend souvent le prix Nobel d’Économie 2001 critiquer les instances où il a sévi (FMI et banque mondiale), sans jamais remettre en cause l’exploitation sociale et le capitalisme. Quant au président actuel de la banque mondial, Jim Yong Kim, il compte charmer les esprits par un message dont voici l’essentiel.

La Banque mondiale souhaite contribuer au lancement d’un mouvement social pour mettre fin à la pauvreté et permettre à chacun de profiter des fruits de la prospérité. [...] D’où mon envie de partager avec vous cinq conseils pour enclencher un mouvement social et le faire avancer :

- trouvez une cause qui réveille chez chacun de nous le sens profondément ancré du bien et du mal [...] pour édifier un monde meilleur pour nos enfants ;

- identifiez des mesures concrètes qui permettront de faire avancer ce mouvement ;

- fixez des objectifs tangibles et une date butoir [...] pour l’entrée en vigueur de ces mesures ;

- mobilisez les partenaires qui partagent vos convictions et assurez-vous que ce mouvement n’est pas récupéré par un individu ou une organisation. [...] ;

- mesurez les progrès obtenus et n’hésitez pas à faire feu de tout bois statistique pour avancer.

[...] Si nous restons les bras croisés, rien ne changera, les injustices vont perdurer et la pauvreté s’enraciner. Nous pouvons, j’en suis convaincu, lancer un mouvement pour éradiquer la pauvreté et distribuer à tous les fruits de la prospérité [...]. Rejoignez le mouvement, en nous communicant vos idées sur Twitter ou en laissant votre commentaire ici.

Jim Yong Kim a omis de conseiller, pour bien raisonner sur la pauvreté, de se servir d’un ordinateur élaboré par des végétariens, de se laver les dents 3 fois par jour et de combattre la constipation avec des produits agréé par les services de Santé. En effet, twitter est le nec plus ultra pour confondre les forces de répression et gagner rapidement des conflits sociaux en écrivant « Ne licenciez plus et créez des emplois, sinon j’irai l’écrire 3 fois près des cliniques vétérinaires et des parfumeries ! ».

Quelle action directe ! Quel courage a ce dirlo de la banque mondiale !

Ou alors, comme Stiglitz, il nargue les crève-la-dalle du globe avec le même discours que les religieux (soyez bons et vertueux et ensuite que de fruits n’allez-vous recevoir dans l’au-delà ! ) et que ceux de bien des athées (renforçons le Parti pour aller vers le Communisme !).

La même technique est vaguement rajeunie depuis peu.

Lipiezt, sommité parmi les Verts, expliquait vers 2000 à Montreuil que son parti, avec ses partenaires Verts européens allaient créer un espace social dans l’UE d’ici 30 ou 50 ans qui allait forcément avoir des retombées incalculables sur la pauvreté dans les autres continents.

En attendant, les morts d’enfants sont de 5 millions par an selon la FAO en 2004, après division par 365 jours, environ 13.700 par jour, les adultes sont à rajouter, ainsi que les victimes de conflits armés.

Stiglitz et Jim Yong Kim n’ont-ils pas un message à inscrire sur leur tombe ?

Je propose deux phrases :

La liberté n’est qu’un vain fantôme, quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. Jacques Roux, 1793, se suicida en 1794 pour éviter la guillotine du groupe de Robespierre.

Tant qu’un homme pourra mourir de faim à la porte d’un palais où tout regorge, il n’y aura rien de stable dans les institutions humaines. Eugène Varlin, 1868, ouvrier imprimeur, membre de la Commune de Paris, 1871, lynché puis fusillé durant la répression de la Commune.

Frank,15.10.12.