Fête, fric, fusée et panique mortelle

mardi 6 novembre 2012, par frank

Fête, fric, fusée et panique mortelle

Le 31 octobre 2012 à Madrid au Madrid Arena une "Thriller Music Park" est organisée, avec une salle comble, quelques 10.000 personnes.

Un inconvénient était que selon le syndicat de unifié de la police (SUP) le local n’avait pas de "licence de fonctionnement". Et le secrétaire général ajoute que l’établissement n’était pas conforme à "la loi du sport de 1990 concernant les plans d’évacuation et d’alerte, ni à la loi des spectacles sportifs de la Communauté de Madrid de 1997" [elPeriodico.com, 03.11.12]. Bizarre que ces anomalies soient restées dans les oubliettes, le SUP est passible de non assistance à personnes en danger !

Le spectacle a lieu [avec, d’après les rescapés, bien plus de gens que les 9.650 autorisés] est apparemment, suite à l’explosion d’une fusée vers 4 heures du matin [l’enquête est en cours], la panique s’empare de la foule qui trouve toutes les issues bloquées sauf une. De plus, l’apparition d’une vedette sur la piste fit que plusieurs centaines de personnes qui étaient dehors voulurent rentrer par le même couloir où affluait les gens paniqués. Dans la bousculade, six jeunes femmes sont coincées, asphyxiées, piétinées, quatre sont mortes et deux demeurent dans un état grave.

Il n’y a pas eu plus de victimes parce que des portes latérales furent démolies par des personnes coincées. "L’organisation [du spectacle] et la police décidèrent de ne pas évacuer le local pour éviter des accès de panique aggravant la situation [!!!]" (El País, 05.11.12).

Le personnel de sécurité était si bien formé qu’il empêchait les gens de sortir trop vite et de se reposer par terre !

La recherche des responsabilités donne lieu à un match de ping pong qui continue. Comme l’établissement est propriété de la Communauté de Madrid, Madame le maire de Madrid, Ana Botella (parti de droite), a déclaré qu’il n’avait pas besoin de licence de fonctionnement. Le responsable de l’Hôtel de ville de Madrid pour les "Espaces [d’expositions] et Congrès", Pedro Calvo, a renvoyé la responsabilité sur l’entreprise organisatrice du spectacle.

Mais un décret de décembre 2008 de la municipalité madrilène stipule que la responsabilité est solidaire entre les titulaires de salles et les organisateurs de spectacle dans ces mêmes salles. Pire encore, Pedro Calvo lui- même avait demandé en novembre 2009 une licence de fonctionnement à ses collègues du département de l’Urbanisme à l’Hôtel de ville de Madrid. Ils refusèrent car ils avaient détecté "une longue série de très graves déficiences qui compromettaient la sécurité et empêchait l’obtention de la licence. Parmi elles, que les couloirs de sorties vers la rue, où les quatre jeunes femmes sont mortes écrasées par un attroupement subite de gens, étaient insuffisants" (El País, 05.11.12).

Bilan sur le jmenfoutisme des normes de sécurité

"Entre 2002 et 2012 des centaines d’événements sportifs, musicaux et de divertissement ont été organisés, avec une assistance de presque 11.000 personnes, pour les plus fréquentés" [d’après Pedro Calvo].

El País du 4 novembre titrait "Aucune grande ville ne prévoit d’éviter des macro fiestas dans les espaces publics", en particulier Barcelone, Valence, Bilbao, Séville et Vigo.

Bref rappel

Le 30 Décembre 2005, dans une salle de récital, Cromañón, située dans le quartier de Once (quartier assez pauvre) dans Buenos Aires, dont le directeur était un proche du gouverneur de la ville (ex avocat de victimes de la dictature de la prétendue gauche argentine (comprendre : néo libéralisme avec une couche de paternalisme creux), il y avait un récital de du groupe archi connu Callejeros.

Les inconvénients étaient que le directeur fit payer et passer deux fois plus de spectateurs que le nombre autorisé par les normes de sécurité, qu’il n’y avait pas de protection ignifuge en état de marche (mais des attestations de contrôle bidon du gouvernement de la Ville de Buenos Aires) et les issues de sortie étaient bloquées (pour empêcher les l’entrée des resquilleurs).

Quelqu’un-e a lancé une fusée et le plafond a commencé à cramer, la panique a poussé les gens vers les sorties, réduites à une seule. De plus, la fumée les a en grande partie asphyxiés.

Bilan : au moins 194 personnes mortes et 1.432 blessés, wikipedia, 31.07.12

Frank, CNT SO, 05.11.12.