Résumé de la réunion internationale de 22-24 Mars 2013 à Paris

mercredi 27 mars 2013, par frank

Résumé de la Réunion internationale de 22-24 Mars 2013 à Paris, organisée par Solidaires, CGT [Confédération générale du travail] d’Espagne et CSP Conlutas [Centrale syndicale et populaire en luttes] du Brésil.

Organiser des rencontres internationales suppose toujours un fort engagement militant et financier, mais on en sent immédiatement les résultats qui sont des prises de contact entre des compagnons qui ne se seraient jamais vus, n’auraient jamais dialogué et échangé ensemble.

Par contre, le défaut est que souvent le suivi est mal assuré, comme je le constate pour les rencontres I02 (= Internationale 2002) à Essen et I07 à Paris, que ce soit pour les contacts latino-américains ou dans l’éducation.

Certaines organisations subissent des chocs internes et des agressions du pouvoir (le cas des coursiers de Buenos Aires, Simeca), parfois des organisations syndicales se replient sur elles-mêmes, aussi bien sur le plan national qu’international.

En 2013, avec ces points :

-La crise mondiale du capitalisme.

- Non au syndicalisme de collaboration de classe.

- Refus de ceux qui se contentent de certitudes pour ne pas agir.

- Pour un syndicalisme combattif de la classe ouvrière, des chômeurs, des jeunes, des précaires.

Des points qui ne caressent pas dans le sens du poil les férus d’un parti ouvrier ou les enthousiastes d’une analyse financière-militaire-sexuelle-psychologique du capital. Et pourtant, avec cette base, Solidaires, la CGT-e et CSP Conlutas ont eu du succès avec la participation de quelques 250 camarades venus de 25 pays, d’une soixantaine d’organisations et de quatre continents.

La crise depuis 2008 et ses effets plus ou moins forts suivant les continents, mais toujours menaçants, expliquent en partie un regain d’intérêts pour les contacts internationaux. Comme l’a dit Jacinto Ceacero, secrétaire général, de la CGT-e Nous ne sommes pas ici par hasard, mais par nécessité. La lutte est-globale et frontale contre le capitalisme Et Dirceu Travesso [Membre de l’exécutif de] CSP Conlutas a affirmé Il existe une crise impérialiste, internationale. Nous sommes convaincus que la lutte est basée sur l’internationalisme. La troïka est l’expression de l’impérialisme. Renforcer le syndicalisme alternatif. Former un mouvement qui puisse débattre avec ses différences.

Et justement, même si je ne comprends pas l’emploi du mot « impérialiste », alors que « capitaliste » me semble meilleur (et si c’est pour dénoncer les États-Unis, je constate que « l’impérialisme » est bien présent au Brésil avec les politiques de Dilma Roussev et du PT), je suis rassuré par la vision de « syndicalisme alternatif » et de « débattre avec [nos] différences ».

 := := := := :

De plus, le capitalisme est encore plus ramifié de Washington à Pékin et de Hong Kong à Los Ángeles en passant par Sidney, Johannesburg et São Paulo. L’internationalisme devient une clé de bon nombre de conflits en cours. Voici deux exemples tirés des interventions durant cette rencontre internationale.

Un métallurgiste -CSP Conlutas- de General Motors dénonce cette multinationale et son projet international de licenciements en proposant un manifeste international ouvriers de plusieurs usines.

En effet General Motors fait du chantage avec le même discours de menace de fermeture et de transfert dans un autre pays [si ce n’est pas accepté au Brésil (Colombie ou l’Allemagne), nous donnons le travail à l’usine en Espagne (Brésil ou Allemagne). Et ce chantage a lieu au Brésil, en Espagne, en Colombie, à Bochum en Allemagne. "Ce n’est pas une lutte nationale, mais internationale."

La camarade Manu de Solidaires donne des exemples de partage d’expériences et de luttes qui montrent que dans le cas de fermeture de gares à Dakar au Sénégal et à Stuttgart en Allemagne (pour des raisons de spéculation sur la vente de terrains), au-delà des différences de pays et des niveaux de développement, on peut appliquer des luttes et des tactiques similaires.

= := := := :

Sur le capitalisme en soi, il y a unanimité pour constater : Il n’y a pas de retour en modèle productiviste (les bases de l’État providence ont disparu). Ce n’est ni souhaitable, ni possible (la vision capitaliste est anti écologiste et les fondements sont pourris) comme le dit Desiderio, CGT-e.

= := := := := :

Enfin, je termine par quelques analyses syndicales en vous laissant deviner de quel pays il s’agit [la solution est dans le post-scriptum, écrire PS prête à confusion !]

1) La bureaucratie syndicale représente des menteurs et des voleurs ;

2) La lutte ne signifie pas nécessairement la solidarité avec les autres travailleurs

= := := :=

Les salaires des dirigeants syndicaux ne doivent pas être plus élevés que le salaire moyen de leur secteur professionnel.

Impulser la culture ouvrière.

Transparence de la trésorerie syndicale.

Élection et révocation, si nécessaire.

Renforcer l’indépendance des syndicats.

Avoir des liens régionaux, nationaux et internationaux.

= := := := :

C’est donc avec intérêt que je vais suivre et poursuivre les échanges de cette rencontre internationale.

Je signale que la CNT Solidarité ouvrière s’est engagés avec la CUB [Confédération unitaire de Base] italienne pour animer la coordination sur l’émigration.

Frank Mintz, 27.03.13

PS

Un Grec du syndicat des Finances et de la banque.

Un délégué du secteur textile turc.