Camarades Martinique

dimanche 10 novembre 2013, par Dominique Didier

Port-au-Prince, ce vendredi 8 novembre 2013

Camarades de la Martinique, Peuple frère,

Par la présente, nous souhaitons saluer votre mobilisation contre la visite de cette raciste de Marine Lepen. De mèche avec tous les profiteurs de France et de la planète, elle ne représente que la lourdeur des sentiments les plus réactionnaires et les plus laids, mais en même temps les plus dangereux.

Il nous faut donc les combattre dans leurs plus profonds retranchements. C’est en ce sens que votre mobilisation est la réponse la plus claire, la plus saine et la plus humaine qui puisse être donnée. Sachez que nous vous accompagnons de tout cœur et de toute force.

Sur notre île également le racisme perdure, sous diverses formes. Les autorités dominicaines viennent en effet de passer une loi rendant « sans patrie » des milliers d’individus, descendants d’Haïtiens, depuis… 1929 !!! Magistrale aberration s’il en est, car cette loi sanguinaire et, surtout, illégale (la rétroactivité prétendue ne peut se faire selon les accords internationaux), inclut un ressortissant noir, d’ascendance haïtienne, ancien maire de Santo Domingo, fondateur d’un des partis les plus importants actuellement, le Parti Révolutionnaire Dominicain (PRD) et ancien candidat à la présidence de ce pays ! Peña Gomez. Qui, n’étaient-ce les multiples magouilles de la junte électorale d’alors, aurait dû être déclaré président car il avait manifestement remporté le scrutin.

Le racisme n’a ni frontières, ni cohérence : sa vengeance est sa seule existence. Vengeance devant notre permanente capacité à nous autres travailleurs de construire tout ce qui existe sur terre, vengeance devant notre simple présence, vengeance face à notre si resplendissante humanité en tant que peuples noirs.

Ces sinistres personnages, dominants de toutes souches, doivent être mis hors d’état de nuire !

C’est pourquoi également il est tout aussi important de les distinguer des travailleurs et des peuples de ces pays impérialistes, eux qui, chez eux, souffrent aussi de la domination de ces sanguinaires. Il s’agit, au contraire, de s’unir afin de les terrasser à jamais, partout où ils se trouvent.

Fòs ! Plis fòs ! Jou va, jou vyen…

Didier Dominique

Porte parole de Batay Ouvriye, Haïti