Les citoyens journalistes font reculer le régime algérien sur la torture

Los sucesos de Ghardaia : el periodismo ciudadano hace retroceder al régimen argelino

samedi 1er février 2014, par Semmar Abdou

Les citoyens journalistes font reculer le régime algérien sur la torture

http://fr.globalvoicesonline.org/2014/01/29/161034/

[Les liens des video sont sur la page web]

Pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie contemporaine, les certitudes de la « sécuritocratie » officielle ont été ébranlées par les cyber-activistes, des jeunes algériens qui ont utilisé les nouvelles technologies et tout ce que le web leur offre comme outil pour dénoncer l’arbitraire et protéger les droits de l’homme.

Tout a commencé à la fin novembre 2013 dernier lorsque pendant plusieurs jours des manifestations ont ébranlé la tranquillité et la nonchalance de la localité de Guerrara, située à quelques kilomètres de la ville de Ghardaïa, située à plus de 600 Km au sud de la capitale algérienne Alger. Dans cette région du sud algérien, où les problèmes de chômage, les privations et la précarité font souffrir les jeunes, il existe une minorité religieuse appelée les ibadites, dont les croyances religieuses divergent du rite sunnite communément suivi en Algérie, qui s’estime victime de la discrimination et des injustices des autorités politiques algériennes.

A chaque rassemblement pour réclamer de meilleures conditions de vie, des manifestants sont interpellés et conduits dans des postes de police où ils sont régulièrement roués de coups pour ne pas dire torturés. Le sujet est resté tabou en l’absence de preuves tangibles avec lesquels la société civile pourrait obliger les autorités politiques de poursuivre en justice ses agents chargés de la répression. De plus en plus instruits et éveillés, les jeunes de la région ont compris l’impact et l’utilité du web pour défendre leur cause et protéger leurs droits les plus élémentaires. Rapidement, des citoyens journalistes intégrés à des réseaux de militants ont utilisé leurs téléphones mobiles pour filmer les scènes de répression et récolter les témoignages de jeunes torturés et battus par les policiers.

Des Vidéos Youtube ont fait ainsi leur apparition sur la toile algérienne et les réseaux sociaux se sont enflammés lorsque ces vidéos ont été diffusées pour démontrer toute la brutalité des forces de l’ordre algériennes. Un gendarme, et membre d’un collectif de cyber-militant, a même filmé secrètement ses collègues en train de commenter et de révéler des informations confidentielles sur les arrestations abusives et pratiques de tortures des forces antiémeutes.

Balancée sur YouTube, avec un montage soigneusement étudié pour expliquer comment tel ou tel activiste a été arrêté et torturé, la vidéo fait scandale et mobilise l’opinion publique. Et lorsque les manifestations populaires de ce conflit communautaire, qui a opposé les mozabites ibadites aux arabes sunnites, se sont étendues à la ville de Ghardaïa au début du mois de janvier 2014, les citoyens journalistes ont reconduit leur organisation pour débusquer les pratiques racistes et tortionnaires de certains policiers algériens.

Là encore, les vidéos et reportages citoyens ont révélé au grand jour les dérives des forces de la répression. Une vidéo réalisée et prise par un cyber-activiste à Ghardaïa à démontré clairement que des policiers ont protégé des émeutiers arabes pour s’en prendre uniquement aux manifestants mozabites :

Le scandale a eu un retentissement international. Les vidéos et témoignages des cyber-activistes de la région ont parcouru jusqu’aux chaînes d’informations étrangères. Sur Facebook, où près de 6 millions Algériens possèdent un compte, les plus célèbres pages et mouvements de journalisme citoyen ont relayé les informations parvenues de Ghardaïa. Les raisons sous-jacentes aux tensions dans la ville y sont exposées :

Les policiers sont de fait impliqués dans ces tensions car ils sont, pour la majorité, issus de la communauté arabe de Ghardaïa et des villes voisines. Ce qui explique le fait qu’ils prennent parti pour les Arabes. Contrairement à eux, les gendarmes sont bien accueillis par la communauté mozabite.

La ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme (LADDH) s’est appuyée à son tour sur ces vidéos, articles et témoignages écrits ou filmés, pour alerter l’opinion publique nationale et internationale. Elle avait pu obtenir ainsi des informations qui prouvent que :

l’attitude scandaleuse de certains agents des forces de police que ce soit lors du conflit (gestes obscènes, comportement et propos racistes etc) ou lors de l’arrestation des Algériens Mozabites (jeter de l’eau froide sur des détenus, les obliger à se déshabiller, les obliger à mimer des attitudes obscènes) laissent croire que les forces de police Algériennes se comportent comme les forces d’occupation Américaine en Irak notamment dans la prison d’Abu Ghraib !

Face à ces scandales répétitifs, les autorités algériennes se remettent en cause et déclenchent des enquêtes. Elles vont même sanctionner et poursuivre devant les tribunaux des policiers « soupçonnés d’avoir pris partie lors des événements de Ghardaïa », a reconnu la Direction Générale de la sûreté nationale (DGSN) qui contrôle tous les services de la police algérienne. D’autres enquêtes sont en cours et promettent de livrer les secrets de la répression.

Aujourd’hui, grâce à la mobilisation des citoyens-journalistes, la répression policière ne peut plus être passée sous silence. Les cyber-activistes ont emporté une grande bataille contre le régime algérien. Ils ont même réussi à le faire plier le temps d’une lutte pour la défense des droits de l’homme.

Ecrit par Abdou Semmar, Publié le 29 Janvier 2014 14:18 GMT.

Los sucesos de Ghardaia : el periodismo ciudadano hace retroceder al régimen argelino

http://www.cgtandalucia.org/Los-sucesos-de-Ghardaia-el [01.02.14]

“Por primera vez en la historia de la Argelia contemporánea, las verdades de la “seguridacracia” oficial , es decir, del poder policial y militar, han sido desmontadas por ciberactivistas, jóvenes argelinos que han utilizado las nuevas tecnologías y todo lo que el internet les ofrece como una herramienta para denunciar la arbitrariedad y proteger los derechos humanos”.

El régimen argelino, basado en la ideología árabe- islamista, asume el nacionalismo árabe que margina y somete a casi la mitad del pueblo argelino, el pueblo amazigh. En muchas regiones de Argelia, la población amazigh es mayoritaria y, sin embargo, sus derechos culturales, lingüísticos y sociales son continuamente violados y no respetados por el régimen argelino.

La dictadura militar disfrazada es incapaz de resolver los conflictos que surgen entre los distintos pueblos que componen Argelia. Su óptica panarabista provoca el racismo y el enfrentamiento entre árabes y amazigh, así como el crecimiento de los nacionalismos, como ocurre en la Kabilia.

Los sucesos de Ghardaia ponen al descubierto el racismo practicado por las fuerzas policiales. Las grabaciones difundidas por internet por jóvenes periodistas han obligado al régimen a tener que abrir una investigación sobre los hechos y a procesar a algunos policías con actuaciones racistas contra los mozabitas.

Los mozabitas son un grupo amazigh que habita en la región del M’zab, en el centro de Argelia, a unos 600 kms. de Argel, en el norte del Sahara. Tienen una lengua propia, el mozabita (Tumzabt), una rama del grupo Zernati de las lenguas de los imazighem. Practican una rama del Islam, ibadíes musulmanes, diferente a los sunitas. La capital del M’zab es Ghardaia, con cerca de 100.000 habitantes.

Traducimos un artículo de Abdou Semmar aparecido en Global Voices

Ciudadanos periodistas hacen retroceder al régimen argelino en la práctica de torturas

Por primera vez en la historia de la Argelia contemporánea, las verdades de la “seguridacracia” oficial han sido desmontadas por ciberactivistas, jóvenes argelinos que han utilizado las nuevas tecnologías y todo lo que el internet les ofrece como una herramienta para denunciar la arbitrariedad y proteger los derechos humanos

Todo comenzó a finales de noviembre de 2013 cuando durante varios días manifestaciones han sacudido la tranquilidad y la indiferencia de la localidad de Guerrara, ubicada a pocos kilómetros de la ciudad de Ghardaia, situada a más de 600 kilómetros al sur de la capital argelina Argel. En esta región del sur de Argelia, donde los problemas de desempleo, privaciones y pobreza afectan a los jóvenes, hay una minoría étnica y religiosa, los mozabitas, también llamados ibadíes, cuyas creencias religiosas difieren del rito sunita comúnmente seguido en Argelia, y que se consideran víctimas de la discriminación y la injusticia de las autoridades políticas argelinas.

A cada manifestación para exigir mejores condiciones de vida, los manifestantes son arrestados y llevados a las comisarías de policía donde son regularmente golpeados por no decir torturados. El tema seguía siendo tabú ante la ausencia de evidencias con las que la sociedad civil podría obligar a las autoridades políticas a procesar a sus agentes responsables de la represión. Cada vez más educados y despiertos, la gente joven de la región ha comprendido el impacto y la utilidad del internet para defender su causa y proteger sus derechos más elementales. Rápidamente, ciudadanos periodistas integrados en las redes de militantes han utilizado sus teléfonos móviles para filmar escenas de la represión y recoger los testimonios de jóvenes torturados y golpeados por la policía.

Así han aparecido algunos vídeos de Youtube en el mapa argelino y las redes sociales se han inflamado cuando estos videos han sido difundidos para demostrar la brutalidad de las fuerzas de seguridad argelinas. Un gendarme y miembro de un colectivo ciberactivista, ha filmado incluso secretamente a sus colegas comentando y revelando información confidencial sobre los arrestos abusivos y prácticas de tortura de las fuerzas antidisturbios. Introducido en YouTube, con un montaje cuidadosamente estudiado para explicar cómo tal o cual activista ha sido detenido y torturado, el vídeo ha escandalizado y movilizado a la opinión pública. Y cuando las manifestaciones populares de este conflicto de comunidades, que ha enfrentado a los mozabitas Ibaditas con los árabes sunitas, se extendieron a la ciudad de Ghardaia a principios de enero de 2014, los periodistas ciudadanos han renovado su organización para denu
nciar las prácticas racistas y de torturadores de algunos policías argelinos.

Allí, los videos y reportajes ciudadanos han revelado a plena luz del día las derivas de las fuerzas de represión. Un video realizado y tomado por un ciberactivista en Ghardaia ha demostrado claramente que la policía ha protegido a los manifestantes árabes para atacar sólo a los manifestantes mozabitas :

El escándalo ha tenido un impacto internacional. Los videos y testimonios de los ciber-militantes de la región han llegado hasta los canales de noticias extranjeros. En Facebook, donde casi 6 millones de argelinos tienen una cuenta, las páginas y los movimientos de periodismo ciudadano más conocidos han transmitido las informaciones recibidas de Ghardaia. Las razones subyacentes a las tensiones en la ciudad se exponen en ellos.

La policía está realmente involucrada en estas tensiones porque, en su mayoría, pertenecen a la comunidad árabe de Ghardaia y ciudades vecinas. Lo que explica el hecho de que tomen partido por los árabes. A diferencia de ellos, los gendarmes son bien recibidos por la comunidad mozabita.

La Liga argelina de defensa de los derechos humanos (LADDH) se ha basado a su vez en estos videos, artículos y testimonios escritos o filmadas, para alertar a la opinión pública nacional e internacional. Había podido obtener así informaciones que demuestran :

El escandaloso comportamiento de algunos agentes de la policía durante el conflicto (gestos obscenos, comportamiento y observaciones racistas, etc. ) o durante la detención de argelinos mozabitas (chorros de agua fría sobre los detenidos, obligarles a desnudarse, obligarles a imitar actitudes obscenas) sugiere que las fuerzas policiales argelinas se comportan como las fuerzas de ocupación estadounidenses en Irak especialmente en la prisión de Abu Ghraib.

Frente a estos escándalos repetidos, las autoridades argelinas se cuestionan y abren una investigación. Incluso van a sancionar y enjuiciar en los tribunales a los policías "sospechosos de haber participado en los acontecimientos de Ghardaïa", ha reconocido la Dirección General de seguridad nacional (DGSN) que controla todos los servicios de la policía argelina. Otras investigaciones están en marcha y prometen desvelar los secretos de la represión. Hoy en día, gracias a la movilización de ciudadanos-periodistas, la represión policial ya no puede ser ignorada. Los ciberactivistas han ganado una gran batalla contra el régimen argelino. Han sido capaces de dar un gran salto en el tiempo en la lucha por la defensa de los derechos humanos.

Videos de los hechos

http://www.youtube.com/watch?v=y4UXhftrFfw#t=22

Tortura y racismo contra la población amazigh de Ghardaia

http://www.youtube.com/watch?v=p7uLmet43e8

El apartheid en Ghardaia (Argelia)

http://www.youtube.com/watch?v=EcWCLHBSQVg

Enfrentamientos en Ghardaia

http://www.youtube.com/watch?v=Gwa28deBNrU

La policía argelina arremete a un amazigh mozabita

Se puede leer el artículo en francés en :

http://fr.globalvoicesonline.org/2014/01/29/161034/?gv_hidebutton_used=header-banner&gv_hidebutton_expiration=30

Equipo de trabajo para el norte de África de la S. de RR. II. de la CGT