“Anarchisme en mouvement” brèves notes supplémentaires

jeudi 29 mai 2014, par frank

“Anarchisme en mouvement” brèves notes supplémentaires

Je suis pleinement avec Tomás (encore qu’il pense que non) sur le fait que le plus important c’est de lutter avec les autre et récuser l’autorité et la hiérarchie, être respectueux envers ceux qui reconnaissent avec nous que la mort de faim d’enfants est un crime, qu’un régime social qui le justifie es un cloaque : There is no alternative, il n’y a pas d’alternative au néolibéralisme. Bel aphorisme de Margareth Thatcher avec un fondamentalisme au moins aussi borné que celui des religions les plus obscurantistes.

Si parmi ceux qui luttent avec nous, il y a des croyants et des partisans d’Alla, Jésus, Lénine, la Pachamama, etc., je vais leur demander Pourquoi les tiens égorgent-ils les femmes qui étudient et enseignent ?, Pourquoi être contre l’avortement et la liberté sexuelle de la femme ?, Pourquoi vouloir fusiller durant la lutte anticapitaliste de prétendus traitres, Pourquoi édifier des camps de concentration pour les indécis ? Pourquoi mépriser les femmes comme des infra humains ?

Un autre point d’accord, conséquence du précédent, est la fixation de certains sur l’étiquette “anarchiste” et dans cette pensée, l’anarchisme de pure souche. Cela revient à reconstruire une hiérarchie, mais, attention, c’est une hiérarchie anarchiste !

Notes de la recension

1) Deux citations toujours utiles


On ne peut prêcher la fraternité et être ensuite susceptible, vindicatif, mauvaise langue, bagarreur, diffamatoire ou jaloux. On ne prétendre aimer la liberté et lutter pour l’émancipation, en étant ensuite intransigeant et en s’imposant dans les réunions, les rapports sociaux ; et en étant à la maison, avec la compagne et les enfants, un tyran et un inquisiteur, voire un misérable exploiteur.

Galo Díez, Esencia ideológica del sindicalismo, Gijón, 1922, p. 38 [http://www.fondation-besnard.org/sp...].

D’autre part, son enseignement [de l’ouvrier conscient] et ses propagandes sont d’ordinaire nuancés par des sujets moralisateurs. Le respect de la femme et l’égalité des sexes au foyer et dans la société, l’amour de la nature et de la culture, la lutte contre l’alcoolisme, le tabac et le jeu de hasard sont des motifs constants de ses articles journalistiques et de ses péroraisons, de ses meetings. Finalement, l’acrate ibérique accueille avec ferveur et allie étroitement à son credo tous les courants sociaux marquées par le cachet de la nouveauté.

Díaz del Moral, Historia de las agitaciones campesinas andaluzas – Córdoba (antecedentes para una reforma agraria) (texto de 1923, editado en 1928, a causa de la dictadura de Primo de Rivera). Madrid, reeditado en 1967, p. 182.

(2) Pour le dire sans la diplomatie de Tomás cela signifie que de même que le Palais d’hiver, la Tchéka et les camps de concentration et la NEP de Lénine et Trotsky ne reviendront pas (sauf si le PKK et les Tigres tamouls gagnent, eux si fervents de nouveaux goulags émancipateurs), on ne retrouvera pas non plus le Comunisme libertaire, l’Autogestion et la Colonne Durruti. L’Histoire ne se répète pas et Hugo Chávez Frías l’a démontré avec son méli mélo raffiné de louanges au léninisme, a la multinationale Chevron et à bien d’autres, à l’armée, sans oublier la vierge de Betania.

Il n’existe ni progrès culturel ni futur révolutionnaire prévisibles ni déductions d’insurrections à partir de données économico-sociologiques. Pour ceux qui auraient des doutes, l’écroulement interne de l’URSS, n’a pas été préalablement claironnée par les Comités centraux d’aucun parti communistes ou de groupes partisans du marxisme scientifique ; ni non plus le zapatisme au Chiapas.

C’est à la base, là où nous marchons, que se trouve le chemin à inventer en connaissant et en reconnaissant les errements du passé : alliance avec la bourgeoisie au pouvoir (Azaña, Companys, et partis-groupes assoiffés de hiérarchie) et non pas avec celle qui est appauvrie et dans la rue ; discipline, obéissance et hiérarchie dans l’anarchosyndicalisme à partir de 1937 et sa presque continuité dans l’exil et avec la réapparition de la CNT jusqu’à la fin du XX siècle et ensuite quelques fumées de braises de temps en temps.

(3) mais qu’il me soit permis, en même temps, d’exprimer le désir, que la grande intelligence de Marx lui fasse comprendre enfin -une chose que généralement les pères comprennent peu- que du moment que l’enfant a grandi il faut l’émanciper de toute tutelle, tant publique que masquée. […]

Ennemi convaincu de l’Etat et de toutes les institutions tant économiques que politiques, juridiques et religieuses de l’Etat ; ennemi en général de tout ce que dans le langage de la gente doctrinaire on appelle la tutelle bienfaisante exercée sous quelques formes que ce soit, par les minorités intelligentes, et naturellement désintéressées, sur les masses ; convaincu que l’émancipation économique du prolétariat, la grande liberté, la liberté réelle des individus et des masses et l’organisation universelle de l’égalité et de la justice humaines, que l’humanisation du troupeau humain en un mot, est incompatible avec l’existence de l’Etat ou de quelque autre forme d’organisation autoritaire que ce soit, j’ai soulevé dès l’année 1868, époque de mon entrée dans l’Internationale, à Genève, une croisade contre le principe même d’autorité, et j’ai commencé à prêcher publiquement l’abolition des Etats, l’abolition de tous les gouvernements, de tout ce qu’on appelle domination, tutelle et pouvoir, y compris évidemment la soi-disant révolutionnaire et provisoire, que les Jacobins de l’Internationale, disciples ou non disciples de Marx nous recommandent comme un moyen de transition absolument nécessaire, prétendent-ils, pour consolider et pour organiser la victoire du prolétariat. J’ai toujours pensé et plus que jamais je pense aujourd’hui que cette dictature, résurrection masquée de l’Etat, ne pourra jamais produire d’autre effet que de paralyser et de tuer la vitalité même et la puissance de la révolution populaire.

Lettre de Michel Bakounine à Anselmo Lorenzo, 10 mai 1872
[http://www.fondation-besnard.org/spip.php?article793]

(4) […] il est indispensable, cependant, de ne pas oublier que le sens de tout acte terroriste se mesure à ses résultats et aux impressions qu’il produit.
Cette remarque peut servir de critère pour tout acte qui aide la révolution, et pour ceux qui se révèlent une perte inutile en force et en vies humaines. La première condition, d’importance vitale, est que les données d’un acte terroriste soient compréhensibles à tous, sans longues explications ni motif complexe. Dans chaque localité il y a des individus si connus pour leurs actions (il n’est pas important que ce soit dans le pays ou parmi les habitants d’une région) que toute annonce d’un attentat contra eux, immédiatement, sans le soutien de la propagande révolutionnaire, révèle leur passé et l’acte terroriste devient absolument clair. Si pour comprendre un acte, l’homme de la rue, qui n’est pas militant, commence à se casser la tête, l’influence de l’acte en question devient nulle, ou même négative. Nous considérons que l’action par la terreur en politique et en économie, qu’elle soit centralisée ou “spontanée”, est complètement artificielle.

Pierre Kropotkine, 1906.
[http://www.fondation-besnard.org/spip.php?article799]