Charlie Hebdo, les 12 morts, les 3 assassins directs, qui sont les criminels ?

jeudi 8 janvier 2015, par frank

Charlie Hebdo, les 12 morts, les 3 assassins directs, qui sont les criminels ?

Une multitude de réalités et d’interprétations surgissent :

- L’élimination de caricaturistes exceptionnels sur les plans humains et libertaire, accompagnés de journalistes honnêtes.

- Un des deux policiers s’appelait Ahmed, la preuve que parmi les musulmans français il existe une certaine intégration profesionnelle en France. Et les trois assassins sont des Français nés en France, ce qui démontre en même temps un rejet intégral de la société française par une minorité ethnique.

- Le contexte de l’attentat se situe dans un secteur musulman qui équivaut à un Opus Dei islamiste : Négation de la foi des croyants de la même religion qui n’acceptent pas l’interprétation imposée ; Réduction de la femme à un rôle de génitrice et de servante-esclave ; Obéissance absolue aux ordres des autorités inquisitoriales ; Assassinat moral, lorsqu’on ne peut appliquer la mort violente.

- C’est une vengeance contre l’armée française qui défend presque uniquement les minorités chrétiennes en Syrie et en Irak. Et elle le fait au détriment des minorités arabes, même celles qui acceptent les valeurs perverses de la démocratie bourgeoise. Et quand cela fait des années que la France promet d’intervenir.

- L’attentat sert les partis politiques françaises pour lancer une campagne de prétendue union nationale pour défendre la société de France, alors que c’est exactement ce genre de société qui génère d’en haut une xénophobie latente. Une xénophobie officialisée de la bouche de plusieurs hauts responsables et de l’actuel premier ministre qui déblatèrent sur les Roms de nationalité bulgare et roumaine, qui sont des citoyens de l’Union européenne.

Pour moi le danger c’est le crime envisagé comme un acte social libérateur. Quand Émile Henri avait jeté une bombe dans un café fréquenté par des bourgeois (et en fait ce n’était pas tout à fait exact), il voulait attaquer la bourgeoisie « en bloc », parce que la police incarcérait les anarchistes. Il appliquait donc la loi du talion : œil pour œil. . […] de telles mesures représentent un retour aux pires moments du Moyen Âge ; et elles sont indignes de personnes chargées de créer une société future sur des bases communistes, et [que] avec de telles mesures on ne peut aller vers le communisme (Kropotkine, lettre à Lénine, 21 décembre 1920).

Les trois terroristes islamistes –et leurs collègues fondamentalistes d’autres religions, comme le chrétien anti avortement nord-américain (défenseur de la vie) qui tua un gynécologue en lui tirant dessus, il y a quelques années- ont provoqué des réactions contre productives. La cible choisi était mesquine, insaisissable militairement : Comment tuer l’humour ?

On ne peut tuer les idées : ni les nôtres, ni les leurs.

Ce sont les rapports humains, les conditions matérielles qui changent les mentalités. C’est le « je n’en peux plus” qui décapite les mythes comme en Tunisie, en Égypte, dans ce début de siècle.

Le terrorisme les plus intolérable c’est celui qui laisse murir des enfants (des milliers tous les jours) dans l’indifférence, les jérémiades éphémères. Ce sont le terrorisme capitaliste et le terrorisme religieux (y compris le marxisme léninisme).

Frank, 08.01.15