CNT 86

La CNT 86 c’est quoi ?

jeudi 7 avril 2005, par CNT 86

La CNT 86 c’est quoi ?

...La CNT...

Salariés, en CDD, CDI, temps partiels, occasionnel, intérimaires, intermittents, saisonniers, chèque service, chômeurs, rmistes, rmastes, retraités, étudiants, apprentis, stagiaires, travailleurs indépendants, avec un ou plusieurs employeurs, ouvrier, fonctionnaire, titulaire ou non, quelque soit notre nationalité... C’est à près de 90% du travail salarié que dépendent nos vies, c’est à dire du travail dépendant, basé sur un lien de subordination envers l’employeur, en contradiction avec la déclaration des droits de l’homme. Le syndicat reste alors le seul moyen d’atténuer ce lien de subordination et vise à le supprimer pour construire un futur ou le travail sera coopératif et la société vraiment démocratique. Le syndicalisme s’adresse à nous tous. Pour que chacun prenne en main son quartier, sa ville, son entreprise, sa vie !

La CNT, concrètement :

Le syndicat est une structure juridique légale qui est là pour faire valoir nos droits quel que soit notre contrat de travail ou son absence.

Collectivement : Le syndicat est là pour vous aider à créer une section syndicale, et faire appliquer le droit sur lieu de travail. (délégué du personnel, délégué syndical) ; élaborer collectivement une stratégie (personne n’est obligé de dire qu’il se syndique, surtout pas à l’employeur !).

Individuellement : Droit du travail/salaires/conventions collectives/ contre un licenciement à venir ou passé (même depuis années), /défense aux Prud’hommes/conseillers du salarié pour les entretiens préalables de licenciement/Accompagnement aux ASSEDIC, à l’ANPE...Le syndicat est là

Autrement : La répropriation de nos vies passe par une alternative au capitalisme. La révolution se construit au quotidien par la manière dont nous luttons. C’est pourquoi la CNT participe aux luttes anti-racistes, écologistes, anti-nucléaires, féministes , aux cotés des sans-papiers, des sans logis, et ce sans limite de frontière.

La CNT est une confédération, les syndicats se regroupent par branche d’industrie (fédération PTT, éducation, santé social, bâtiment...) et par aire géographique (Ville, département, région). Le syndicat est la base de la confédération.

Mais surtout

Nous constatons chaque jour la capacité des salariés, des étudiants, des chômeurs, brefs des individus à s’auto-organiser lors d’une lutte sans l’aide des bureaucraties syndicales. Alors pourquoi sommes nous quelques uns à vouloir construire un syndicat de plus ?

Le problème est qu’en l’absence d’organisation durable, tout est à recommencer à chaque fois (mise en place d’un réseau de solidarité, d’une trésorerie, de matériel) et que beaucoup de mouvement spontanés, auto-organisés ont recours malgré eux aux syndicats « classiques ». Nous, nous proposons une solution : garder l’autonomie des luttes (l’Assemblée Générale est toujours souveraine) et être en coordination avant, pendant et après les luttes. Nous ne sommes ni récupérateurs, ni récupérables, nous n’avons pas de permanents rémunérés, pas de liens financiers, avec les entreprises, l’état, ou la sécurité sociale, donc pas d’enjeu de pouvoir. Nous sommes pauvres d’argent, mais libres. Les cotisations des adhérents sont nos seules ressources. Chacun est libre de militer quand il veut, s’il veut, mais nous favorisons un syndicalisme militant à un syndicalisme de simple adhésion, un syndicalisme de combat à un syndicalisme de service.

Bien sur nous sommes heureux d’être plus nombreux, mais pour la seule raison d’être plus fort, moins isolés et pas pour une histoire de concurrence entre boutiques ou de subvention (les organisations subventionnées ont tout intérêt à gonfler leur nombre d’adhérents. Nous tenons à la rotation des tâches, pour que certains ne détiennent pas un savoir et d’autres deviennent consommateurs. Ces principes ne sont pas d’aujourd’hui, ils forment ce que l’on appelle l’anarcho-syndicalisme et le syndicalisme révolutionnaire, c’est simplement le syndicalisme tel qu’il a été conçu. La CNT est née en 1946 de la CGT-SR (1926) elle même issue de la CGT. Elle a pris le nom de CNT en référence à la CNT espagnole, bénéficiant d’un immense prestige. Se syndiquer c’est tout simplement s’organiser entre travailleurs. Se syndiquer c’est défendre l’individu face à cette fausse liberté individualiste défendue par le libéralisme. Nous vivons dans une société qui fonctionne grâce à nous et donc tout ce qui s’y passe nous concerne. Nous refusons d’être divisés en salariés, consommateurs, usagers, chômeurs, citoyens, retraités nous sommes globalement les mêmes. A ces fausses divisions nous préférons réaffirmer qu’il y a ceux qui dominent et ceux qui sont dominés, ceux qui produisent et ceux qui vivent du travail des autres ou de leur privation de travail. Certains diront qu’ils ne se sentent pas particulièrement exploités, qu’ils ont des conditions de travail correctes et qu’ils ne voient pas l’intérêt de s’organiser. Plus personne n’est durablement protégé, et il faut s’organiser avant d’être licenciés, privatisés, déplacés, formatés... Avoir un salaire suffisant, avoir du temps libre et consommer, est-ce là la liberté, la qualité de vie que doivent avoir des êtres humains libres ? Que produisons nous, que consommons nous ?, avec quelles conséquences pour les autres, Qu’enseignons nous, que transportons nous ?que vendons nous ?... voilà des questions que nous devons tous nous poser. N’est il pas légitime pour un travailleur de savoir comment et par qui est produit ce qu’il achète : son énergie, sa nourriture, ses fringues. Comme syndicalisme nous favorisons la structuration en branche d’industrie, mais également le regroupement interprofessionnel, car tout nous concerne. Pour un travailleur qui ressent moins l’exploitation, se syndiquer c’est être activement solidaire d’autres qui, à coté de lui ou à l’autre bout de la planète, galèrent ou crèvent littéralement de ce système économique., Il ne faut pas sombrer dans la charité et le misérabilisme préconisé par les gouvernants et les possédants qui jouent sur les sentiments de culpabilité de chacun.. Il n’y a pas de fatalité, les famines, les enfants esclaves, les guerres, les épidémies, sont crées ou non combattues, par et pour ce système capitaliste. La façon dont nous produisons et consommons est liée à la manière dont consomment (ou pas) et produisent (ou pas) les milliards d’être humains. Cette structure économique met en place un système culturel qui tend à s’uniformiser. Des programmes scolaires, à l’information, de la standardisation des goûts (alimentaires, vestimentaires) à la fausse contestation organisée pour canaliser les rebelles tout nous est imposé. A nous de nous réapproprier nos vies.

Alors oui, pour tout cela, nous sommes syndiqués ici et là bas, aujourd’hui et demain.

tiré de www.cnt86.ouvaton.org