Deux libertaires et humanitaires Ukrainiens parlent de la situation

mardi 17 mars 2015, par frank

Deux libertaires et humanitaires Ukrainiens parlent de la situation

Les 7 et 8 mars il y a eu à Paris deux interventions suivies d’un débat avec un ou deux représentants ukrainiens, militants des droits de l’homme, depuis des années. L’un est de Lougansk et l’autre, Maxime Boutkevitch de Kiev (journaliste, militant de Maïdan, et un des coordinateurs de No Borders Project http://noborders.org.ua/en).

Et, pire encore, Boutkevitch est parmi ceux qui soutiennent Aleksandr Kolchenko/a (http://solid.all4sale.com.ua/), un anarchiste écologiste, syndicaliste de Crimée enlevé par les services du FISB de Poutine et détenu à Moscou pour des actes terroristes fascistes !

Ces deux militants, qui sont de chaque côté du champ de bataille en cours, ont insisté sur des faits certains :

A – Il n’existait pas d’antagonismes, avant fin 2013, c’est-à-dire avant le mouvement de Maïdan, qui a touché une grande partie des villes ukrainiennes, entre Ukrainiens russophones et de langue ukrainienne.

La démonstration est que les revendications des contestataires touchaient la corruption du système administratif et étatique, les partis politiques et leurs dirigeants, sans faire de distinction entre les zones de l’Ukraine.

B - Les partis ouvertement fascistes qui ont participé très tardivement à Maïdan ont été clairement blackboulés aux élections de mai 2014. Autrement dit, ils n’ont pas de base sociale solide.

C – L’intervention de groupes armés dans le Donbass a été soudaine et étrangère au ressenti des habitants du Donbass et on leur a imposé des leaders tout à fait inconnus.

Ces personnes armées faisaient semblant de combattre les fascistes et elles se mirent à interroger plusieurs heures durant un activiste des droits de l’homme à Lougansk. Absurde initiative et, de surcroit, on l’accusait d’être fasciste. Il expliqua à son accusateur qu’il défendait un noir africain victime de la xénophobie en Ukraine. Et l’accusateur "antifasciste" expliqua à l’activiste prétendument fasciste que, effectivement, les Noirs sont un problème en Ukraine !

Autrement dit, un bon nombre d’antifascistes armés par la Russie sont des clowns qui savent à peine quel est le prétexte qu’ils doivent présenter pour justifier leur intervention.

C’est totalement logique, puisque Poutine, avec sa défense de l’Europe chrétienne, est le complice et le banquier de l’extrême droite française du « Front National de Marine Le Pen" (et je suppose que d’autres groupes nauséabonds dans plusieurs pays).

Prétendre combattre le fascisme, avec des conseillers militaires formés par les services du défenseur de l’Europe chrétienne, est purement et simplement servir le fascisme, que ce soit celui de Poutine ou d’une crapule équivalente.

D - les flambants “antifascistes poutiniens” disent combattre les fascistes de l’Otan, représentés par l’armée ukrainienne.

Il est exact qu’il y a des bataillons de volontaires fascistes, mais ils sont bien loin d’être la majorité des combattants, comme dans le cas des « antifascistes pro-russes".

Un autre fait indéniable qui remet en question les “vérités” poutinienes est que l’infrastructure administrative de l’Ukraine "otanisée" est toujours aussi infime et désorganisée qu’avant Maïdan.

Ce sont les citoyens et leurs multiples groupes qui maintiennent un minimum de service dans la santé, les pensions, l’aide aux réfugiés du Donbass, et même une partie de la nourriture et des médicaments pour les soldats, etc.

Évidemment, c’est un comportement fasciste qui mérité d’être impitoyablement puni (!).

E – Il est certain que les bobards de la propagande sur le fascisme en Ukraine nourrit la politique intérieure de Poutine : avec moi nous n’avons pas de bombardements sur les populations civiles comme pendant la « Grande Guerre patriotique » de 1941-1945. Quelque chose qui rappelle la propagande franquiste de 1939-1970 sur l’Espagne de la paix.

Du côté de l’Ukraine sans les pro-russes, le gouvernement de l’oligarque de service (le précédent était du Donbass) rejette toute réforme ou amélioration sociale parce qu’il faut d’abord résister. Quelque chose qui rappelle la propagande de la bourgeoisie républicaine et du parti communiste pendant la guerre civile espagnole de 1936 1939.

Déduction finale : mieux vaut s’informer auprès de plusieurs compagnons libertaires pondérés (car pour Cuba dans les années 1960 -1970 ou au début du chavisme au Venezuela, il n’était pas facile de trouver des anarchistes lucides) d’un pays plutôt que se laisser arnaquer par les hiérarques habituels.

Frank, 17.0315

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