I.W.W. Commission sur la Classification Industrielle, Introduction

I.W.W. Commission sur la Classification Industrielle, Introduction

samedi 25 juin 2005, par IWW

Un camarade du Secrétariat International (CNT 13)de la CNT a traduit et annoté ce texte et le communique pour que nous en profitions tous.

I.W.W.
Commission sur la Classification Industrielle

Introduction

Le comité de classification industrielle a été nommé par l’Assemblée Générale avec la tâche de travailler a une complète révision du système de classification de nos syndicats d’industrie.

Les IWW se sont, au départ, organisés parce que leurs fondateurs réalisèrent que l’organisation des travailleurs telle qu’elle était à l’époque était une relique de l’ancien temps et une organisation obsolète. Ils écrivirent, “ nous pensons que la concentration de la gestion entre les mains d’un nombre de plus en plus restreint de personnes fait que les syndicats sont incapables de faire face au pouvoir grandissant de la classe patronale ”. Les premiers Wooblies était engagés dans une conception scientifique de l’organisation, dans laquelle, les travailleurs s’opposeraient au capitalisme en s’organisant comme les patrons s’organisent, reflétant l’organisation du Capital pour qu’elle y corresponde à tous les niveaux.

Les fondateurs de nos syndicats s’étaient aperçu que l’industrie capitaliste devait continuellement se modifier, sachant que “ la bourgeoisie révolutionne constamment ses outils de production, et par là même les rapports de production, et avec eux l’ensemble des rapports sociaux ” (1) .

Leur plan était d’être en phase avec les changements au sein du capitalisme, se confrontant à tous les aspects de l’industrie en opérant les modifications correspondantes au sein de l’organisation ouvrière, écrivait Vincent St John.

Basant ses conclusions sur l’expérience passée, les IWW sont convaincus qu’il est essentiel d’avoir une forme et une structure organisationnelle conforme au développement de l’appareil de production et au processus de concentration qui a lieu dans les industries, dans le but de facilité le développement de la solidarité de classe parmi les travailleurs. A moins que la structure de notre organisation ne soit en phase avec le développement de l’industrie, il sera impossible d’assurer la solidarité si nécessaire au succès de notre lutte contre la classe patronale.

Les formes dépassées de l’Organisation avec ses méthodes et ses règles obsolètes doivent être mis à plat. Faire cela en temps de lutte signifie confusion et chaos, ce qui provoquera la défaite. Les IWW sont convaincus que, indépendamment du courage et de la conviction que montreront les travailleurs, s’ils sont obligés de lutter avec de vieilles méthodes et une forme dépassée d’organisation, contre l’organisation moderne de la classe patronale, il ne peut y avoir dans ces conditions qu’une seule issue à la lutte des salariés - la défaite.

* * *

Le développement constant et la concentration de la propriété privée et du contrôle de l’industrie doivent rencontrer une même concentration du nombre de syndicats et de fédérations d’industrie. Ce qui signifie que l’organisation doit tout le temps se conformer au besoin du moment et fournir dans le même temps le moyen au travers duquel et par lequel les travailleurs organisés seront capables de déterminer la quantité de nourriture, d’habitations, d’éducation et de divertissement pour répondre à la volonté de l’ensemble travailleurs (2).

Un autre écrivain en 1916 reconnaissait le besoin de suivre pas à pas le développement de l’industrie dans notre propre organisation : “ Les IWW se propose de suivre le plan et les visées d’organisation patronales pour s’en servir au bénéfice des travailleurs ” (3) .

L’organisation des travailleurs doit nécessairement refléter les structures capitalistes de l’industrie. Elle ne doit pas être à la traîne, ni les anticiper. En faisant cela, nous permettrons à nos revendications de s’établir de façon scientifique (4).

Depuis que “ la Roue d’Haggerty ” (5) fut dessinée en 1905, l’industrie capitaliste a subits plusieurs changements révolutionnaires. L’agriculture n’est plus le secteur qui emploi le plus grand nombre de travailleurs dans le monde capitaliste. L’importance de la manufacture a considérablement diminué dans la plupart des pays développé. L’industrie des services domine de plus en plus l’économie dans ce qu’il est convenu d’appeler les “ pays industrialisées ”. La technologie de l’information, la biotechnologie, et d’autres industries émergeantes, ont rapidement changé l’aspect du travail dans un sens que Haggerty ne pouvait alors imaginer (6).

Malheureusement, au cours de ces années nous n’avons pas fait grand-chose pour adapter les structures de nos syndicats d’industrie aux besoins du moment (7). C’est compréhensible. L’oppression étatique et les problèmes internes ont réduit le nombre de militants et notre présence dans l’industrie, à tel point que la classification industrielle n’aurait été rien de plus qu’un exercice académique. La révision de la liste des syndicats d’industrie peu après 1920 n’a pas eu beaucoup d’effet pour adapter nos syndicats au développement de l’industrie moderne (8).

De ce fait, notre système actuel organiserait les travailleurs qui assemblent les poupée d’enfant en plastic avec ceux qui fabriquent de la dynamite (Travailleurs de la Chimie - IU 430) ; les graphistes des studios de création de jeux vidéo avec les téléprospecteurs (les travailleurs de la Communication, des Télécommunications, et de l’Informatique - IU 560) ; les conseillers du service d’aide téléphonique au malades du SIDA avec les employés des cabinets d’assurances (Travailleurs des Services généraux et juridiques, des Services publiques et des établissements financiers - IU 650). Et il n’y a pas de place bien définie, par exemple, pour les travailleurs des laboratoires de génie génétique (travailleurs de la santé ? Travailleurs de l’agriculture ? Industrie chimique ?), les services en ligne comme les bibliothèques électroniques ou Lexis/Nexis (Travailleurs de l’éducation ? Travailleurs de la communication ? De l’imprimerie et de l’édition ? Services généraux et juridiques ?), ou les éditeurs de logiciels informatiques (Travailleurs de l’imprimerie et de l’édition ? Travailleurs de la communication ?)...

Maintenant que notre syndicat entre dans une période de croissance, il est essentiel de se rappeler les intentions de nos fondateurs et de mettre à jour les structures de nos syndicats d’industrie. Nous avons besoin de le faire dés à présent, parce que nous sommes encore une petite organisation et que nous avons le temps. Comme le remarquait le camarade St John, une restructuration en temps de lutte cela veut dire confusion, chaos et défaite. Attendre d’avoir des milliers de membres pour se réorganiser au lieu de le faire quand nous ne sommes que quelques centaines va grandement compliquer notre tâche quelque soit les modifications que nous trouverons nécessaire de faire. Une mise à plat et une recomposition de nos syndicats d’industrie sera plus facile tant qu’ils n’existent que sur le papier, que lorsqu’ils auront chacun plusieurs centaines de membres, de délégués, d’instances, d’accords et de sections d’entreprises, et d’unions locales.

La mission de la commission sur la classification industrielle est d’étudier l’industrie moderne et, à la lumière de cette étude, de faire des recommandations pour offrir à nos syndicats une structure industrielle qui soit en phase avec l’époque actuelle.

1) Marx & Engels, “ Manifeste du Parti Communiste ” (1884).

2) John, “ The I.W.W.- Its History, Structure and Methods ” (1919).

3) Grover H. Perry, “ The Revolutionary I.W.W. ” (1916).

4) “ One Big Union of the I.W.W. ” (1925).

5)La Roue d’Haggerty : schémas (sorte de graphiques en camembert) datant du début du siècle, illustrant la structuration industrielle des IWW sous la forme de roues de charrette [note du traducteur].

6) En fait, la globalisation, la diversification, et les autres changement radicaux dans l’organisation des entreprises a tellement modifié le paysage industriel qu’il est légitime de se demander si le syndicalisme industriel, tel qu’il était conçu en 1905, n’est pas en lui-même obsolète en tant que programme pour mener efficacement la lutte de classe. Bien que le Syndicat ait besoin d’étudier sérieusement cette question fondamentale, celle-ci semble être en-dehors du champ de compétence de la commission.

7) Le Syndicat a fait de réels efforts dans cette direction dans les quinze et vingt premières années de l’organisation, notamment lors de la refonte de 1916 qui, parmi d’autres choses, remplaça les syndicats locaux interprofessionnels par des syndicats de branche, et la reconstruction de 1920 qui institua le système décimal.

8) La principale exception est l’introduction des travailleurs de l’extraction et du stockage de données dans le Syndicat IU 570, qui par la même occasion a fusionné avec les travailleurs de la Communication du IU 560, pour former le Syndicat de la Communication, des Télécommunications et de l’informatique - IU 560.