Masseube 2001

Masseube 2001

jeudi 21 juillet 2005, par CNT-f

Masseube 2001 signifie une rencontre internationale autogérée entre cénétistes et sympathisants dans un camping en été pour se former par la discussions

Compte-rendu du camping de 2001 à Masseube :

1 Économie générale,
2 Étudiants étranger, étudiants sans papiers,
3 Internationalisme,
4 SAC et internationalisme,
5 CGT-E et internationalisme,
6 Pédagogies libertaires et pédagogies universitaires,
7 Réformisme et syndicalisme de masse,
8 Représentants du personnel,
9 Sexe, sexisme et capitalisme,
10 Stratégies syndicales.

1 Économie générale

par Ben (interco 69) et Rico (éduc 69)

La séance a commencé par un résumé des théories de Marx puis il y a eu quelques questions et l’assemblée s’est séparée en petits groupes.
Formation : Notion de d’économie selon Marx pour comprendre l’exploitation capitaliste et la lutte de classes.
Valeur : tout produit du travail humain a une valeur, est fait pour être mis sur le marché (argent, échange). La société capitaliste est basée sur les marchandises et l’échange. Certaines productions n’ont pas de valeur d’échange mais d’usage (autoproduction, productions internes des ménages). La valeur d’échange est déterminée par la quantité de travail nécessaire à sa production. Une quantité de travail socialement nécessaire à la production est estimée. Une moyenne est établie : taux acceptable de production et quantité de travail socialement nécessaire. A n’importe quel bien correspond du travail. A la base est la valeur première.
Surproduit : la hausse de la productivité conduit au surproduit qui pose question pour sa répartition. Le vol de ce surproduit (plusvalue) permet à une catégorie de la société de ne pas travailler. Le travail a un prix : le salaire. Au surproduit correspond le surtravail. Le travailleur est acheté par un producteur : il produit un travail permettant d’assurer un salaire pendant quelques heures par jour, le reste du temps, il travaille pour rien (profit capitaliste). La répartition entre le travailleur et capitaliste est à l’origine des mouvements de luttes (dont les variations dépendent des rapports de force).
Capital : nécessaire pour produire, il est composé de dur (bâtiments, outils) = capital constant et de la force de travail (salaires travailleurs) = capital variable
Marchandise = capital constant + capital variable + plus value ( réinvestie ou non pour augmenter les bénéfices)
La plus value est réalisée sur le capital variable (vol du travailleur). Le capitaliste cherche à augmenter son profit, donc investit sans cesse en capital constant (moyen de production). Le monopole (accumulation du capital dans un nombre de plus en plus restreints d’entreprises) casse la libre concurrence (entente de quelques entreprises pour garder des prix élevés), engendre la paupérisation des entreprises les plus faibles et leur fermeture ( baisse du nombre d’entreprises).
Taux de plus value : il permet de mesurer le taux d’exploitation du travailleur par le patron. = plus value / capital variable
Taux de profit = plus value/capital (variable + constant)
On constate la tendance globale d’augmentation du capital constant ce qui fait baisser le taux de profit. Pour pallier à cette baisse, diverses solutions sont envisagées : baisse des salaires, licenciements, hausse de la production, hausse des prix.
Le profit est actuellement géré par les capitaliste. Avec son salaire, le travailleur ne peut acheter tous les produits de la société. L’enjeu de la répartition de la plus value est actuel : le surproduit doit être géré collectivement pour les besoins sociaux.
- Constats divers : Le keynésianisme (morale bourgeoise qui vise à pérenniser la société capitaliste)
diffère de l’ultra libéralisme. Il préconise d’augmenter les salaires pour augmenter la demande, pour augmenter la production des entreprises. La bulle spéculative moderne repose sur les schémas traditionnels d’exploitations (sauf que l’exploiteur n’est pas identifié, visible). On participe tous au système capitaliste.

- Questions
1/Est-ce qu’en tant qu’anarcho-syndicaliste on peut se réclamer de la théorie économique marxiste ?
Cette théorie peut être utilisée pour servir la base de notre théorie économique, ce qui nous permet de mieux comprendre le marché. Il faut noter que nous ne tendons pas aux mêmes fins politiques que le marxisme. La théorie de base doit nous servir sans nous diviser (utiliser un langage clair compréhensible par tous). Nous devons également être au courant des autres théories économiques actuelles pour être à même de construire des stratégies à leur rencontres.
La lutte et l’action doivent passer avant l’élaboration de théorie.
2/La CGT-E et la SAC ont-elles actuellement des débats sur l’économie ?
SAC : débats sur des points particuliers, mais pas de débat général.
CGT-E : pas de débat sur l’économie et encore moins sur les théories de Marx, les marxistes étant considérés comme des gens à combattre.
3/Sommes-nous tous des capitalistes ?
Nous participons tous à la société capitaliste. Nous ne pouvons lutter qu’en tant que travailleur et non consommateurs. Le boycott est un moyen de lutte, comme la grève et le sabotage.
Le capitalisme veut nous rendre aveugle devant les différences de classe (ex l’auto exploitation avec le salarié actionnaire). Cela peut créer des difficultés d’analyse de classe : forcés de travailler avec la classe moyenne ; devons tracer une ligne à partir de laquelle nous ne syndicons plus (ex chez MacDo, cela dépend du pouvoir des gens dans la hiérarchie et du pouvoir de la base à les contrôler).
Note, la mondialisation crée un paysage différent d’il y a 25-30 ans.

2 Étudiants étranger, étudiants sans papiers

proposé par Clément (FAU Tours)

Introduction : L’intitulé du débat renvoie à deux catégories d’étudiants étrangers. Les premiers sont ceux qui ont le statut d”étudiant étranger” et les seconds sont ceux qui sont en situation irrégulière. Chacune de ces catégories ont des problèmes différents, mais le principal point commun est leur origine géographique et sociale. Ce sont rarement des ressortissants de l’Union Européenne, des Etats-Unis, ou des pays dits “développés”. Ils sont principalement originaires d’Afrique ou d’Asie. Socialement, ce sont rarement les fils et les filles d’ambassadeurs ou de patrons.
C’est des problèmes de ces étudiants là que nous allons parler.
Le problème des sans papier, c’est qu’ils n’ont pas de carte de séjour, et donc sont menacés d‘expulsion. Soit, ils en ont eu une qui est arrivée à échéance, soit ils sont venus clandestinement en France pour tenter de s’inscrire à l’Université. Dans les deux cas, l’inscription à l’Université pourrait être un premier pas vers la régularisation.
Le problème des “étudiants étrangers”, ce sont les ressources financières. Pour obtenir le statut, il faut, un an auparavant demander une préinscription à l’Université française d’accueil. Celle-ci peut faire passer un test d’aptitude de français. Avec cette préinscription, le futur étudiant étranger se rend à l’ambassade de France dans son pays pour y demander un visa avec lequel il pourra se rendre en France pour s’inscrire. Cependant, une fois en France, la préfecture étant juge de la validité de son parcours universitaire peut décréter qu’il n’est pas assez sérieux et que les études ne sont qu’un prétexte pour entrer sur le territoire français. Ainsi, après quelques années, elle peut ne pas lui remettre de nouvelle carte de séjour. Il devient ainsi “sans papier”
Sur le plan financier, ils doivent justifier, pour obtenir le visa, de ressources mensuelles d’au moins 2500 frs. Cependant, le CROUS ne peut leur accorder de bourse que s’ils sont en France depuis plus de deux ans. Certains sont donc dans des situations financières difficiles.
Que ce soit pour l’une ou l’autre des catégories, nous, cénétistes ou non, n’avons jamais la solution. Pour avancer dans les luttes, 4 thèmes au débat : l’utilisation de l’outil juridique, sur quelle institution faire pression (Université, Préfecture), quelle attitude doit adopter la CNT par rapport à ces luttes (entre autonomie des collectifs de sans papier et récupération politique), et enfin, que faire lorsqu’il n’y a pas de lutte dure ?

Le débat :

1/le juridique :
A Rennes, en 2000, un mouvement a été lancé par une camarade, membre du scalp et de Délit de Solidarité (DDS) pour régler le problème d’un Marocain. Depuis 5 ans en Deug, la préfecture veut le renvoyer à la frontière. Après une lutte exclusivement juridique, une pétition a été lancée à l’Université, puis une manif devant la préf et des pressions à la présidence de la fac. La mobilisation a permis de régulariser son cas, mais c’est toujours avec des arguments juridiques que la militante l’a défendu. Mobilisation et juridique peuvent paraître indissociables.
Le juridique s’applique à des cas concrets. Il y a un pb de flou, car il y a autant d’arguments en faveur du sans pap que de la préf. La décision finale est donc souvent liée au rapport de force. Il faut coupler les deux.
Mieux se former juridiquement. Utiliser le GISTI même s’il n’est pas super adapté à l’Université.
Différence de critère d’inscription selon les villes, nécessité de la carte de séjour (Paris 8) ou obtention d’un logement (Metz).
2/ la cible :
A Metz, obtention des papiers pour 10 étudiants étrangers liée à obtention d’un logement. Occupation du Clous, RU gratuit, donc pression sur le Crous pour obtenir logement. Les 10 ont été logés avec forte mobilisation.
A Lyon I, les étudiants étrangers sont recyclés et travaillent au RU.
A Lyon, il existe 3 collectifs de sans pap
pendant une lutte, l’institution cherche toujours à dialoguer avec un médiateur unique. Il faut donc se méfier de qui est cet interlocuteur.
3/ rapport aux collectifs :
A Metz, lors du mouvement la cnt fau très active, fonctionnement en AG. Les étudiants sans papiers intervenaient rarement au début puis un ou deux se sont un peu affirmés. Aucune action entreprise sans leur accord.
Paris, problème, car collectif totalement autonome et animé par étrangers ultra politisés.
Ne pas considérer les sans pap comme des objets de luttes, ne pas les déshumaniser. Leur première attente c’est d’être régularisés. La revendication des “papiers pour tous” peut être secondaire.
Pour une meilleure communication avec les sans pap, qui sont souvent réticents par rapport aux orgas politiques et syndicales, il faudrait contacter assos festives mais nous avons peu de relation avec elles.
4/ Hors mouvement :
Pendant les luttes créer des u gr de formation, d’information et de suivi des dossiers.
Il faut gérer dossiers sur long terme car c’est sur le long terme que les institutions (préf) gagnent.
être présent à tous les procès, aux mariages blancs.
Pb du légalisme avec les collectifs anti expulsion, Pb du nombre dans ces actions illégales (ex pour les actions à l’aéroport). Si trop peu nombreux, l’action risque la répression.
A Rennes, le COSEE (Collectif soutien étudiants étrangers) fonctionne depuis un an.
Il faudrait travailler avec les Union locale, mais aussi dans les sections syndicales (discrimination à l’embauche).
5/ Le cas de la Suède présentée par une camarade suédoise
Il y a une grosse orga qui s’occupe de trouver des papiers et un job. Une autre orga s’appelle “No Human Is Ilegal (nhii). Elle fait des manifs et des actions. Fait plus d’action que juridique.
Les anars et les syndicalistes sont plutôt dans cette orga.
Il y a aussi un réseau contre le racisme auquel adhère la grosse organisation, mais après les manifs de juin à Götenborg, il y a eu une grosse pression sur ce réseau et les soc-dém l’ont quittée. Il reste essentiellement des réfugiés et des radicaux.
NB : Les étrangers doivent avoir leur papier en arrivant.
Il y a beaucoup de ressortissants iraniens en Suède.

3 Internationalisme

Proposé par Joss (Fau RP)

La séance a débuté par l’introduction de Joss qui a proposé 4 grands thèmes de débats. Avant ces débats les camarades de la SAC et de la CGT-E ont fait un exposé sur leur action internationaliste.
Les questions proposées :
1/ Quelles positions peut-on avoir en tant qu’orga anarcho-syndicaliste au sujet des rassemblements anti-mondialisation ?
- doit-on se rendre à chaque contre sommet ?
- Comment les préparer ?
- Rapport avec les black-blocs et aux soc-dém (Attac,...)
2/ Les rencontres anti-mondialisation sont-elles suffisantes ?
- Autres formes d’action
- Travail international en dehors de ces mouvements
- Mener une action le même jour contre la même compagnie
3/ Comment s’entraider lors de grandes luttes ?
- Avons-nous la volonté d’aider les petites orga AS ?
4/ Quel type d’organisation internationale voulons-nous ?
- Anarchosyndicaliste et anarchiste libertaire
- Lutte de classe seulement

4 SAC et internationalisme

- 1998 ; Le réseau “ solidarity net ” est créé par la SAC. Il comprend un site internet, une liste e-mail entre les différentes orgas, une réunion par branche tous les ans.
- 1999 : les IWW font une réunion à San Francisco. Il en a découlé une liste e-mail entre orgas et la rencontre entre WSA (qui appartient à l’AIT) et IWW. D’autres réunions doivent suivre.
- 2001 : congrès de la CGT-E .
- 06.01 : Réunion à Göteborg (lors du contre sommet européen). Des rencontres par branche sont organisées une fois par an. Les secrétariats internationaux se voient une fois tous les six mois. Une rencontre par branche est prévue par la CGT-E en juillet 2002. Les rencontres par branches ont lieu depuis 98 (la France y participe depuis 2000) et sont ouvertes aux alternatifs (Sud en France, Unicobas en Italie). Les rencontres entre secrétariats internationaux se font entre orga AS.
SAC et l’organisation de Göteborg 2001

o 1999 : 1ère réunion pour préparer Göteborg. Plusieurs tentatives infructueuses ont lieu pour organiser ou travailler dans des réseaux (PC et soc-dém aux revendications trop restreintes) (staliniens nationalistes).
- Le réseau “ Göteborg 2001 ” est donc créé par la SAC. Une plate forme est constituée autour de la question de la politique néo-libérale européenne :
- Refus d’une politique néo-libérale
- Refus de la militarisation
- Refus des traités racistes de Schengen
- Refus de la soumission de l’environnement aux lois du marché
Les autres syndicats européens sont appelés à se mobiliser pour participer à une manifestation organisée par Götenborg 2001 (qui se prépare à héberger lors du sommet) La structure du réseau s’est organisée sur un mode fédéraliste et a évolué dans le temps. Les grandes décisions ont été prises lors des réunions regroupant toutes les orgas (80, dont 40 suédoises). Le réseau n’était pas offensif mais et prévoyait une manifestation non violente. Il n’a pas empêché non plus certaines initiatives (prévoyant des actions violentes) de groupes du réseau. “ Göteborg 2001 ” a aidé les émeutiers en les logeant. Le réseau savait que ceux-ci avaient l’intention de bloquer le sommet vendredi midi.
Il devait s’occuper :
- Du logement
- Du contre sommet et du séminaire
- Du meeting public du vendredi matin
- De la manif du samedi (25000 manifestants au lieu des 10000 prévus).
Les organisations non socialistes n’ont rien fait à part mettre leur nom sur la plate-forme (ce qui a permis d’obtenir des écoles, etc).
La SAC conclut de cette expérience qu’il ne faut jamais faire confiance à la police et que les medias sont des ennemis. Elle se radicalise de plus en plus face à une police dont l’agressivité augmente. La SAC juge que les rencontres et les débats ont été plus constructifs que les émeutes pour construire une alternative. Mais elle reconnaît le sabotage comme une pratique anarcho-syndicaliste et continuera à travailler en réseau avec les orgas les plus radicales.

5 CGT-E et internationalisme

La CGT-E a prévu une AG/débat les 7,8 et 9 septembre. Tous les militants y seront conviés pour prendre les décisions d’orientation internationales.
Des liens étroits unissent la CGT-E à la CNT et à la sac. A Barcelone, la conférence de la Banque Mondiale a été annulée mais les manifestations et contestations maintenues. La manif s’est bien déroulée mais jusqu’à ce que des policiers en civil provoquent des émeutes, les medias ont capté des images de policiers distribuant à leurs collègues en civil des menottes et matraques. Journalistes et parlementaires se sont donc placés du côté des manifestants (action des policiers semblables à un régime de dictature). Lors des émeutes, les manifestants ont été gagnés par la confusion en pensant que l’extrême droite attaquait. Certains camarades espagnols ayant filmé préparent une vidéo.
Le débat :
Ils se sont tenus en petits groupes de 5 ou 6 et ont été regroupés dans une séances plénière. La synthèse proposée ici regroupe les travaux de chaque groupe pour chaque question. Certains groupes n’ont pas traité toutes les questions.
1/ doit-on se rendre à chaque contre-sommet ?
Les rassemblements ne sont pas une priorité : leur rôle symbolique n’empêche pas les institutions internationales d’exister. Mais ils permettent d’organiser de grandes rencontres anarcho-syndicalistes et certains camarades jugent que c’est importants d’y participer. Il faut faire des choix stratégiques et se coordonner au niveau international pour faire des apparitions rouges et noires massives. L’objectif n’est pas de faire du tourisme révolutionnaire, mais d’organiser des rencontres, des actions non violentes.
Les individus peuvent aller à divers sommets auxquels nous ne pouvons pas nous rendre en masse : cela permet d’être présent un peu partout.

Idées :
Matos de propagande commun (rouge et noir polyglotte)
Organiser des contre-sommets en dehors des meetings internationaux.

- Comment les préparer ?
Une orga peut se charger de l’organisation technique pour que les autres participent simplement.
L’organisation doit être gérée par les secrétariats internationaux après les décisions de la base. Il faudrait renforcer les liens pour permettre une bonne coordination de ces secrétariats afin de pouvoir réagir à chaud (utilisation internet et téléphone).

-Rapports aux black-blocs et aux soc-dém ?
Constats : Il faut refuser la distinction faite par les media entre les “ bons ” et les “ méchants ” manifestants. La diversité des stratégies est à respecter même si des problèmes se posent : quand les modérés veulent empêcher les actions violentes et quand les actions violentes d’un groupe éclatent dans un groupe de manifestants non préparés.
Black-blocs : Positionnements divergeant au sujet de l’efficacité des émeutes. Nous pouvons travailler avec les black-blocs pour l’organisation sans appeler pour autant à participer à l’émeute (les individus choisissent). Certains peuvent penser que les Black-blocs entravent la manif et justifient la répression étatique. D’autres pensent qu’ils contribuent à notre objectif qui est de semer le trouble et gêner le déroulement du sommet.
Socs-dém : il faut se désolidariser ouvertement des socs-dém et ne pas servir à gonfler leurs rangs quand nous ne venons pas en masse (importance des choix stratégiques à effectuer).
CGT-E : dans l’ensemble elle ne juge pas efficace l’action des black-blocs et préfèrent des groupes de 5-6 personnes ayant des objectifs précis. Elle est pour l’attaque des biens, pas des personnes. Elle se contente de répondre à la violence, mais n’attaque pas : pour enfoncer un cordon de crs, ils se font d’abord taper ou refouler pour se défendre ensuite violemment. Ils pèsent les actions violentes car un syndicaliste en prison est un syndicaliste perdu. Ils rencontrent également le problème des black-blocs facilement infiltrés par les flics.
2/ Action le même jour contre la même compagnie
Les action symboliques sont importantes : comme le capitalisme est partout, ils doit y avoir lutte partout. On pourrait mener des actions communes quand il y a un motif (licenciement,...). C’est, selon certains, une stratégie prioritaire pour montrer que l’internationalisme n’est pas réservé à des occasions exceptionnelles mais que c’est une pratique habituelle du syndicalisme. Mais il faut tenir compte des particularités de chaque pays ( modes d’actions, conséquences juridiques). Il faut se renseigner s’il y a des syndicats dans les sites d’une même entreprise transnationale.
_travail international en dehors des mouvements
Le travail syndical quotidien est nécessaire. Il faut continuer les rencontres par branche et développer les liens et jumelages entre syndicats.
3/ Aider les petites orgas AS ?
C’est difficile car nous sommes peu développés nous-mêmes. Nous pouvons :
Confronter notre expérience à la leur pour qu’ils ne commettent pas les mêmes erreurs face aux mêmes types de problèmes.
Les aider financièrement (déplacements, hébergements, etc)
Favoriser les aides entre pays proches (ex :Suède du Sud et Danemark).
4/ Quel type d’orga internationale ?
Il semble trop tôt pour créer une internationale, car nous avons pour l’instant trop peu de luttes et de travaux communs. La forme des réseaux plus souples semblent pour l’instant plus adaptée.
L’internationale devrait être anarcho-syndicaliste même si nous avons des contacts avec d’autres orgas politiques syndicats lutte de classe.

6 Pédagogies libertaires et pédagogies universitaires

Proposé par Alice (FAU Rennes), Clément (FAU Tours) et Rico (éduc 69)

Introduction : L’introduction a commencé par expliquer les expériences de la fin du 19ème et du début du 20ème dans certaines écoles primaires.
Paul Robin a créé un orphelinat à Sanpuits au début du XX.Il était inspecteur de l’éducation nationale. Ses principes éducatifs étaient opposés à ceux de Jules Ferry. Il s’appuyait sur l’idée de pédagogie intégrale (activité physique liée aux travaux des champs, observation de la nature avec promenades et études). Il a également mis en place la mixité ce qui a provoqué la fermeture de l’établissement.
Sébastien Faure a mis en place une école autonome vis à vis de l’éducation nationale (1907-1917). Il lie le développement du mouvement ouvrier et celui des bourses du travail. Son école a le même statut que les bourses du travail. Elle s’appelle la Ruche car son financement vient de la vente du miel par les enfants. Il reprend l’éducation intégrale. L’école disparaît avec la perte d’influence de la cgt et des bourses.
Francisco Ferrer, qui a été formé avec Robin et Faure, fonde l’école moderne espagnole. Elle se développe avec les structures de la CNT. Elle n’est pas spécialement libertaire et n’utilise pas la pédagogie intégrale, mais elle constitue un courant de masse contre l’école catho. Elle fut la seule alternative à l’Eglise.
[A partir de ces expériences, il est possible de se demander si le syndicat ( de la CNT actuelle) peut être un lieu de pédagogie libertaire en reprenant le modèle des athénées libertaires.]
Ces expériences ont eu lieu en milieux rural. Aujourd’hui, il reste essentiellement deux écoles, celle de Vitruve à Paris (dans l’éducation nationale) et celle de Bonaventure (autonome) à Oléron. Il y aussi les écoles Freinet autogestionnaires, dont une en région parisienne à laquelle participe deux cénétistes.
Pour l’évaluation, ces expériences utilisent la péda intégrale. Quand c’est uniquement intellectuelle, l’évaluation ne peut être que celle de l’arbitraire du maître, quand l’objectif est la réalisation d’un objet concret (journal) l’évaluation est plus objective et l’élève peut y participer.

La deuxième partie de l’introduction a évoqué une alternative pédagogique à l’Université, celle qui s’est développée à Vincennes. Créée suite aux événements de mai 68, Vincennes a longtemps été considérée comme une Université expérimentale. Elle a non seulement réussi à s’ouvrir vers un public plus large, mais aussi à faire évoluer le rapport au savoir. Son public a été constitué de 2/3 d’étudiants salariés dont 35% de non bachelier. Elle a donc adapté sa pédagogie à ce public diversifié.
L’université offrait à l’étudiant de nombreux UV couvrants des champs divers. Cette pluridisciplinarité et l’organisation libre et capitalisable des UV, ont permis aux étudiants de mieux choisir leur formation. De plus, les centaines d’UV proposées étaient pour beaucoup destinées avec les étudiants et le programme et le contenu des cours négociés entre enseignants et enseignés. Quant au diplôme, son obtention était réalisée par la totalisation des UV, ce qui permettait à chacun d’adapter sa formation à ses besoins et possibilités et de se réorienter si nécessaire.
L’adaptation à ce public divers a amené l’université à supprimer les formes traditionnelles d’examen, à faire intervenir des personnes extérieures. Cela a permis aux salariés de mieux s’adapter aux mutations sociales et une égalité des possibilités de formation.
L’ouverture a également été de décloisonner le monde des détenteurs du savoir. La participation active de ce public divers a poussé les enseignants à adapter la forme de leurs cours. Les enseignants introduisent le cours, les concepts fondamentaux, puis les étudiants l’enrichissent d’exposés théoriques, de leurs propres expériences concrètes.
Pour favoriser l’interdisciplinarité, certains enseignements se faisaient avec plusieurs enseignants.
Vincennes a donc été une expérience, aujourd’hui abandonnée, d’une autre organisation de l’université. Pour, aujourd’hui construire une autre université qui ne soit pas aux mains des mandarins et au service du capital, il semble nécessaire de s’en inspirer.

Débat :
Il y a eu deux débats distincts, dans deux groupes différents. Le premier traitait des expériences pédagogiques dans l’éducation en général, le second s’interrogeait sur comment mettre en place une autre université. Le premier n’a pas laissé de traces écrites et le second a laborieusement permis de retenir ces quelques notes.

A-Comment organiser une autre Université aujourd’hui ?
On évoque plusieurs expériences d’universités “ alternatives ” :
L’Université populaire de Martigues animée sans financement public ;
l’Université de tous les savoirs à Paris, ce sont des conférences ouvertes à tous sur différents thèmes sur fonds publics, mais qui restent des cours magistraux.
la SPIR, UniverCité de Tours, c’est une asso qui réfléchit sur la pédagogie et qui organisait des manifestations culturelles dans la fac, sur financement de la fac. Pour cette université, on peut soit le faire dans le cadre de la CNT, soit par l’intermédiaire d’asso qu’on soutiendrait.
Faut-il ouvrir la Fac sur l’extérieure ou bien en créer une une université en dehors.
A Paris, des adhérents CNT faisaient des cours aux Vignoles avec d’autres membres de la CNT, mais ce fut un échec.
Quoiqu’il en soit toute expérience est positive. Celles tentées à l’intérieur de l’institution sont vouées à l’échec car l’administration de la fac réprimerait les tentatives trop révolutionnaires en son sein, mais elles font quand même évoluer la pédagogie et les mentalités pendant quelques temps.

B-Comment changer la pédagogie universitaire aujourd’hui ?
Pour l’évaluation (qui est nécessaire), accentuer l’auto-évaluation avec des critères (comme l’arbre de connaissance de Freinet) pour que chaque étudiant puisse progresser et se fixer ses propres objectifs.
PB : trop d’étudiants par rapports aux nb de profs.
Il faut au début de l’année envisager l’évaluation avec les enseignants
On peut s’appuyer sur l’exemple de Vincennes : un thème est proposé et les étudiants apportent au cours du prof leurs expériences et leurs savoirs.
Pour apprendre en recherchant par soi-même, il y a des différences entre les disciplines scientifiques et sciences sociales. Pour les secondes, il est plus facile d’apprendre par ses propres lectures et expériences. En sciences “dures” certaines données ont nécessité quelques années de recherches aux chercheurs. Ces données sont donc à apprendre de manière “ traditionnelle ”.
Comme il y a beaucoup de vacataire dans le supérieure, la CNT pourrait essayer de leur apporter un soutien pédagogique.
S’appuyer sur le tutorat car il n’y a pas la carotte de la note et les étudiants sont demandeurs de formation, donc le tuteur peut essayer d’innover pédagogiquement.
Multiplier des exos non notés mais évalués et commentés pour que l’étudiant sache où il en est pour l’évaluation finale.
Evaluer selon commentaire. Une expérience évoquée : un prof, pour valider un module en socio a proposé endébutd’année,soit une évaluation écrite notée, soit un dossier de compte rendu de lecture. Ce dernier n’est pas noté mais longuement commenté et le prof décide si c’est suffisant pour avoir le module ou non.
La CNT pourrait créer des groupes de travail ou de révision en parallèle des cours, mais structurés et non pas par affinité comme ça s’improvise couramment. Elle pourrait animer des travaux sur l’interdisciplinarité.
Pour le choix des programmes : problème car les profs ont des savoirs très ciblés donc il est difficile de laisser beaucoup de choix aux étudiants.
On peut choisir les exposés des TD parmi des propositions.
Promouvoir l’interdisciplinarité, mais attention car les réformes libérales proposent également cette interdisciplinarité.

7 Réformisme et syndicalisme de masse

Proposé par Ben (interco 69) et Allan (éduc 69)

Faute de toutes les notes, nous ne pouvons proposer ici que l’introduction au débat.
Le but de ce débat est de porter un regard critique sur notre organisation.
En effet, les mouvements et partis révolutionnaires du début du 20ème comme plus récemment la CFDT (voir son évolution depuis 70) ou Sud (dont une partie se réclame du syndicalisme révolutionnaire) ont tous été intégrés par le système, institutionnalisés jusqu’à devenir soc-dém. Comment faire, quelles barrières dresser pour ne pas être récupérés à notre tour ?
L’autocritique et la remise en cause doivent avoir leur place au sein de la CNT, afin que nous restions sur nos bases.
Rappel de l’histoire du syndicalisme révolutionnaire :
Dès 1890, les libertaires entrent dans les syndicats qui radicalisent leurs luttes et les offensives. Il s’agit plus d’une stratégie syndicale que d’une doctrine nouvelle de la part des anarchistes.
1880 : la CGT se réclame d’une société communiste libertaire.
1906 : Charte d’Amiens
1907 : Monatte définit l’action des syndicalistes révolutionnaires et libertaires comme une minorité agissante.
L’anarchisme, en dépassant la lutte des classes, permet la libération politique, économique, et morale de tous les individus.
Problématique : La défense immédiates des travailleurs liée à la cause révolutionnaire pose le problème d’intégration au système et de cogestion (lutter pour la hausse des salaires en étant contre le salariat, entre légalisme et sabotage, élections de Délégué du personnel au comité d’entreprise).
La formation des militants à l’autogestion (l’autogestion est la base du syndicat avec l’action directe) et le contrôle des mandatés ainsi que le rejet des dérives bureaucratiques (éviter les permanents de fait grâce à la rotation et à la division des tâches) semblent être des points primordiaux.

8 Représentants du personnel

par Manu (ptt 69)

La séance a débuté par une longue formation juridique. Le débat a rapidement tourné à questions-réponses avec la CGT-e et la SAC.
Introduction : L’introduction a consisté à plagier le guide du droit du travail TSE que chaque syndicat devrait se procurer.
Débat : Le Comité d’Entreprise gère aussi le 1% patronal.
Le Délégué du Personnel a des avantages sur le Délégué syndical, car il peut contrôler les gestion du personnel, peut vérifier application convention collective et droit du travail. Si le patron refuse, il peut aller au Tribunal d’instance pour délit d’entrave.
Ex de MacDo à Paris : le DP peut être acheté par le patron. l’inspection aussi. Lors des réunions patrons DP, le patron peut répondre ce qu’il veut, il peut refuser les revendications. Donc, il faut une section syndicale forte pour contrôler le Dp. Seul, il est impuissant.
En Suède : 90% de syndiqués .
Dans toutes les entreprises les soc-dem sont majoritaires. Il n’y a pas d’élection de DP. La SAC est donc évincé des négociations. Les syndicats majoritaires choisissent leur interlocuteur. Tout accord est signé au niveau national par syndicat majo. Comme des accords ont été signés, il n’y a plus possibilité de faire grève.
Il y a l’équivalent des représentants CHSCT.
Pour toucher les allocs et la retraite, il faut être syndiqué. Si le syndicat ne gère pas ce argent de l’Etat, les syndiqués n’ont pas d’allocs.
En Espagne :
L’équivalent du CE permet d’avoir les infos. Moins puissant qu’en France. Patron et direction en sont absents, c’est une assemblée de salariés. A seulement un pouvoir sur les plans sociaux.
CGT-E a besoin de protection, donc va au CE. Mais s’organise toujours à la base, la section contrôle son élu. Sont éligibles les syndicats ou les groupes de travail. Dans une boîte, un gr de travail regroupe des membres de CNT et de la CGT et c’est le camarade de la CGT qui s’est présenté. Le CE ne gère pas les oeuvres sociales. Il y a heures de délégation selon la taille de l’entreprise et si la section a plus de 10% aux élections. Privilèges financiers si le patron le veut bien.

9 Sexe, sexisme et capitalisme

Proposé par Nadia (FAU 69), Greg (interco 69)

La séance a débuté par trois introduction, une sur le sexisme, une autre sur l’homosexualité en tant que cause révolutionnaire et un troisième dont je n’ai pas de traces écrites. Ensuite des débats se sont déroulés en petits groupes. Chaque groupe choisissant de traiter une ou plusieurs questions proposées. Il n’y a pas eu de séance de clôture plénière.
1ère introduction :Le patriarcat
1/ Sociétés : Il existe des sociétés de type matriarcal et patriarcal. Les sociétés patriarcales placent l’homme, le père, au centre de la famille : par exemple, dans l’antiquité romaine, le pater familias assure subsistance et protection à sa famille, composée de femmes, d’enfants et d’esclaves. Détenteur de l’autorité dans sa famille comme César sur le peuple romain, le père a le droit de vie et de mort sur les siens. La société française est la fois héritières de la société romaine et influencée par le christianisme. Il faut noter que le christianisme, avec les deux grandes religions monothéistes (judaïsme et Islam) se fonde sur une approche patriarcale cristallisées qu’elles sont autour d’un Dieu, le père. Les influences de ces religions ont été très fortes et le reste dans certains pays. Cela explique, malgré les courants de libération féminine, la subsistance de schémas sexistes.

2/Les dessous du patriarcat : La société patriarcale se justifie et se perpétue à l’aide des préceptes religieux : polygamie autorisée par le Coran et la Torah, intransigeance à l’égard de l’infidélité féminine, mythe du pêché originel, mythe de la création de la femme, rapport de l’homme à la femme Jésus à l’église. Elle s’appuie également sur des idéaux irrationnels (Amour, fidélité) pour pérenniser ses pratiques (mariage, famille) institutionnelles. Préceptes religieux et idéaux sont inculqués dès l’enfance.
En fait les réalités inavouées sous-tendent le système patriarcal. Elles sont d’ordre purement biologique : l’espèce humaine n’échappe pas à la lutte pour la reproduction qui régit chaque espèce animale. Se reproduire, c’est transmettre le patrimoine génétique de ses ancêtres. Seul moyen connu à ce jour pour l’individu de perpétuer sa lignée, donc de survivre après sa mort. A l’image des autres espèces animales, des lignées dominantes se distinguent (chef, riche) des autres et élèvent leur progénitures dans des conditions propices à la conservation du pouvoir.
Cet aspect du patriarcat l’assimile au capitalisme : système fortement hiérarchisé et pouvoir monopolisé par quelques uns. Alors que la femme possède un rôle central dans la reproduction puisque c’est elle qui porte l’enfant ( elle a un pouvoir biologique qui excède celui de l’homme, on sait qui est la mère dans n’importe quelle situation, mais c’est plus difficile à savoir, si c’est le père, hormis les récentes possibilités de recherche de la paternité par l’adn), le patriarcat permet à l’homme de pallier à cet inconvénient et même de renverser la donne. A cette fin, la sexualité féminine est strictement surveillée : inhibée dès l’enfance au sujet de sa sexualité - cf tabou du sexe, excision-, livrée vierge au mariage et définitivement traumatisée et rendue frigide par le viol légal que constituait fréquemment la nuit de noce (France au 19ème), la femme, si elle avait des velléités d’aventures extraconjugales pouvait difficilement se le permettre puisqu’elles restaient au foyer (d’où l’intérêt suscité par les facteurs et les plombiers).
L’homme cumule donc dans la société patriarcale tous les avantages, se qui fait de lui un dominant : il a une vie sociale -dont sont exclues les femmes-, c’est lui le chef de la famille et il a la quasi certitude que la progéniture qu’il élève est bien de lui. Le statut de la femme est limité à la reproduction et au bien être du mari et des enfants dans le foyers.

3/Le sexisme : Le patriarcat justifie l’instinct de reproduction et de domination au moyen d’arguments religieux et idéologiques qui véhiculent des préjugés sexistes. La différence du sexe est rapportée à une soi-disante différence de capacité mentale et de fonctionnement psychique. Le sexisme fonctionne comme le racisme, où la différence de couleur de peau est associée à une infériorité intellectuelle. Homme et femme font l’objet d’attributions arbitraires n’ayant pas de lien rationnel avec leur différence sexuelle.
L’éducation est un facteur important de transmission des préjugés : on pousse les enfants à avoir certaines habitudes selon leur sexe (combatives chez les garçons, charmeuses, donc diminuées chez les fillettes). Je pense que la différence de sexe n’implique pas des inégalités mentales, mais que nous souffrons de conditionnement mental à ce sujet, ce qui explique à mon sens, les différences (qui tendent à se réduire en France) observées.
L’homme peut souffrir comme la femme des préjugés sexistes qui le pousse à assumer un rôle qui ne correspond pas forcément à ses désirs (être soi-même), rôle artificiel qui ne permet pas son épanouissement.

Questions proposées au débat :

Rapport de capitalisme avec le patriarcat (sont-ils indissociables ou non ?)
Evolution des sociétés occidentales où les modèles familiaux explosent et la femme conquiert une place (comment se situe l’homme ? le patriarcat disparaît-il ou se transforme-t-il ?
Le rapport à la sexualité (entre un certain puritanisme actuel et la marchandisation du sexe par le capitalisme, qui véhiculent des préjugés sexistes)
Le soutien aux pays où le patriarcat sévit sous couvert de religion
La mixité (hommes femmes, mêmes luttes ?)

10 Stratégies syndicales

Proposé par Fouad (Fau Metz)

Introduction :
Depuis les luttes de 95, la CNT a connu un développement important, mais sans stratégie claire, nous avons tendance à nous éparpiller. Il semble nécessaire de s’implanter dans les quartiers et de créer une vie et solidarité de quartier. Cela permettraient peut-être à la CNT de construire un projet de société et de mobiliser en-dehors des luttes ponctuelles. Comment faire ?
Débat :
 Dans les quartiers :
-investir les quartiers où nous sommes peu présents, de préférence les quartiers où vivent quelques camarades afin de connaître les problèmes propres aux quartiers.
-Mener des actions à répétition sur une longue durée comme : des diff de tracts et de journaux sur le marché ; des collages pouvant être effectués dans la journée et accompagnés de diff de tracts explicatifs ; discuter de problèmes concrets touchant la population (PARE) ; être le plus présent possible selon les réalités du quartier (affichages, etc.) afin de développer un réseau de sympathisants susceptibles de donner un coup de main ; travailler avec les militants d’autres orgas.
-Avoir un local pour mettre en place des permanences (facilitant la prise de contact de sympath) et en faire un lieu de vie. Possibilité de mettre en œuvre : une souscription (ex de Paris qui a réuni 200 000 f pour acquérir un local en location-vente) ; une campagne de lutte pour obtenir un local syndical de la municipalité (en conservant l’esprit de lutte en entreprise : obtenir ce qui est dû sans transiger) ; repérer les locaux désaffectés et s’associer avec d’autres orgas libertaires pour les louer à pris modiques.
-Le travail militant ne doit pas se limiter à l’entreprise mais s’ouvrir aux quartiers : en effet, une forte présence dans un quartier peut permettre une bourse du travail (autogérée et aux ag souveraines) et donc de nouveaux syndiqués. La lutte en entreprise et dans les quartiers sont les deux éléments permettant le développement.
 A la faculté :
-Rapport aux autres syndicats : travailler avec les autres syndicats quand c’est possible ; montrer notre différence avec eux (AG souveraines) ; dénoncer leur disfonctionnement en cas de lutte.
-Travailler avec les gens de même susceptibilité sur le terrain
-En cas de lutte : mettre en avant et exporter notre mode de fonctionnement ; faire des AG ouvertes de la CNT avec des débats intéressant les sympathisants ; ne pas cracher sur les autres syndicats mais pousser les personnes à prendre conscience et dénoncer d’elles-mêmes leurs pratiques ; être clair honnête, s’afficher en tant que CNT ; conserver les adhérents au delà des victoires ponctuels.
-En contexte de non lutte : meetings ciblés sur le monde du travail avec intervenants d’autres secteurs ; dynamiser la FAU en organisant des actions au plan national ; organiser des conférences juridiques et des formations (ex étudiants sans papier, droit du travail à Mac Do) ; être le plus présent possible (table de presse, collage)
 Rapports aux autres sections syndicales :
- travailler avec les autres syndicats (ex : coup de main pour une diff de tract à la sortie d’une usine
- demander le soutien des travailleurs des autres syndicats (conseils, interventions)
- fonctionnement de la SAC (Suède) : la fédération locale constitue la base. Les gens y adhèrent d’abords, ensuite aux différents secteurs. Cela favorise l’intercorporatisme.