CSR

Premier bilan et perspectives du mouvement de grève de mai-juin 2003

17 mai 2004

mardi 1er juin 2004, par CSR

Les analyses développées ici appartiennent au CSR, nous ne sommes pas entièrement en accord avec celles-ci, mais elles méritent tout notre intérêt.
CNT-PTT P13 CDIS

La bataille de classe qui s’est déroulée pendant ces deux mois où la mobilisation des salariés a atteint un niveau inégalé depuis longtemps, que ce soit en terme de nombre, de longueur d’affrontement et de modalités de lutte (interpo, AG,..) s’est soldée par une défaite, un véritable échec. L’application du programme du patronat a atteint un nouveau palier qui va peser sur tout le reste : droit du travail, assurance maladie et protection sociale. Cette lutte a mis en avant les faiblesses du mouvement syndical, le rôle parfaitement négatif et la responsabilité des appareils syndicaux dans ce résultat. En même temps, des éléments nouveaux sont apparus qui constituent les points forts du mouvement et qui sont autant de points faibles des bureaucraties.

Les points forts du mouvement :

La force du mouvement et sa dimension interprofessionnelle tient surtout au fait que la multiplication des réformes gouvernementales et patronales ont créé un sentiment de crainte quasi généralisé. Ce qui explique la facilité avec laquelle les militants SR ont réussi à faire prendre conscience de l’enjeu de cette bataille sur l’ensemble des droits collectifs des travailleurs. Cela s’est traduite par exemple par des AG de travailleurs du public où les plate-formes revendicatives ont été élargi : licenciement dans le privé, assurance maladie,...

Le 3 juin , malgré les tergiversations, 41% des cheminots sont en grève, soit un chiffre plus élevé qu’en décembre1995
Partout et entre autre à la SNCF la reconductions a été voté principalement là où le travail interpro est le plus réel.

Il est important de tirer un bilan des modalités de développement de cette « grève reconductible partiellement interprofessionnelle ». Avant les vacances d’avril le mouvement se développe dans quelques académies à partir de collectifs de travailleurs de l’éducation. Les raisons sont à rechercher dans le rejet des grèves de 24 heures qui ont montré leur inefficacité depuis la rentrée. Après chaque journée de 24 heures dans l’Education Nationale, nous seulement le gouvernement ne négocie pas mais annonce une nouvelle réforme. Il faut aussi remarquer que ces groupes de travailleurs qui entrent en lutte continue sont souvent jeunes et pas forcément syndiqués. La plupart travaillent dans des quartiers populaires et refusent d’autant plus leurs conditions de travail et les conditions de vie de leurs élèves qu’ils n’ont pas été préparés à cette réalité en termes politiques. Cette prise de conscience fut donc explosive et explique pour partie la motivation des grévistes. La décentralisation menace non seulement les statuts du personnel mais aussi « l’égalité des chances », thème très mobilisateur chez les jeunes enseignants. A cela s’ajoute la relise en cause des retraites et d’assurance maladie. Cela fait beaucoup pour les jeunes salariés qui ont choisi de sacrifier la perspective de salaires plus élevés dans le privé en échange de la reconnaissance d’un certains nombre de droits collectifs.

Cette dimension est une donnée expliquant les rythmes de développement de la grève reconductible. Le mouvement est totalement irrégulier et suit trois vecteurs Le premier est le bouche à oreille et les réseaux d’amitiés de jeunes collègues restés en contact. Le deuxième repose sur les équipes militantes de Lutte Ouvrière, de SUD et de la CNT. Le troisième est celui de militants syndicaux de base de la FSU, de la CGT, de FO, de l’UNSA et du SGEN-CFDT qui se sont aussi lancés à fond dans la lutte, dans l’interpo en passant consciemment au-dessus de la tête de leurs responsables de syndicats ou de fédérations. C’est une lame de fond qui a secoué les appareils. Les établissements et les écoles basculent les uns après les autres dans la grève. Une fois qu’il y a prise de conscience de l’enjeu de société que représente cette lutte, des noyaux de grévistes deviennent très mobilisés et très actifs. C’est sur eux que vont reposer les équipes envoyées pour débrayer d’autres établissements puis pour développer l’interprofessionnel dans les semaines qui suivent.

Ce nouveau schéma de mobilisation dépasse complètement le fonctionnement et les représentations des appareils syndicaux de l’Education. Tout en étant complètement dépassés, ces appareils vont vite faire preuve d’innovation stratégique. Au lieu e s’opposer frontalement aux revendications des grévistes comme à la période d’Allègre, les bureaucrates reprennent les mots d’ordre et la revendication de grève reconductible. Mais les syndicats institutionnels ne relayent pas ces mots d’ordre et mettent au contraire toutes leurs forces sur l’organisation « des temps forts ». L’objectifs est de laisser le mouvement s’essouffler entre les temps forts ?.

Cette stratégie va être un échec car le mouvement est très mobilisé et repose sur un minimum de structuration. Par contre cette stratégie va être reprise par la plupart des fédérations syndicales de la fonction publique avec succès. Des préavis de grève reconductible couvre la quasi totalité des fonctionnaires à partir du 24 mai, voie avant dans certains secteurs. Mais les appareils et les militants « dans la ligne » n’organisent pas al grève reconductible. Comme les outils d’auto-organisation (comités des grèves, AG, coordinations) sont moins présentes que dans l’éducation, les grévistes se sentent isolés et reprennent progressivement le travail. dans le domaine l’absence d’information sur l’état de la mobilisation interpro a été dramatique puisque chaque secteur mobilisé finissait par se considéré comme des kamikazes.

Une remobilisation du privé :

La situation est dans ce secteur bien différente de celle de 1995 où les travailleurs du privé s’étaient manifestés par la « grève par procuration ». En mai-juin 2003 le privé est bel et bien rentré dans la lutte. Et ceci est d’autant plus étonnant que les réflexes interprofessionnels auraient du être gommés par une bonne décennie de stratégie corporatiste des directions confédérales. Sur la question des lois Aubry, comme sur celle des vagues de licenciements les confédérations ont répondu par des luttes parcellisées qui n’ont pas habitué les travailleurs à un mouvement de type « tous ensemble ».

Dès le 13 mai les travailleurs du privé sont entrés en lutte. C’est vrai dans la plupart des villes et parfois même dans des secteurs faiblement syndiqués ou dans les PME. Les grévistes ne se limitent pas à un débrayage mais entrent dans l’action et manifestent en cortèges de boites C’est le cas à Clermont Ferrand avec les travailleurs du bâtiment organisés dans la CFDT, dans les moyennes entreprises d’agro-alimentaire en Champagne tout comme dans les sous-traitants de l’automobile à Mulhouse. La lutte des sous-traitants a d’ailleurs permis de montrer les faiblesses inhérentes au mode de gestion à flux tendu. Il a fallu seulement une journée de grève des entreprises sous-traitante pour totalement désorganiser la production au cœur de Peugeot Mulhouse. Ceci démontre que les patrons sont plus que jamais sensibles, depuis la réforme toyotiste, aux mouvements de grève dans le privé. L’absence de stocks, le blocage de la fourniture d’un produit indispensable ou l’absence d’un corps de métier sont autant de facteur qui peuvent bloquer une usine mais aussi un supermarché. Des Unions Locales capables de regrouper des militants interprofessionnels autour d’une stratégie globale deviennent aptes à porter des coups sévères au patronat d’un bassin d’emplois. C’est ce qu’a démontré l’intervention de la CGT intérimaire et sous-traitante des chantiers de Saint Nazaire en mobilisant plusieurs milliers d’ouvriers qui ont envahi les chantiers.

Cette force du privé on l’a également observé en terme numérique que ce soit à Clermont Ferrand où un quart des travailleurs de Michelin ont participé à la grève, à Renault Cléon avec un cortège de 700 ouvriers, dans la région de Douai où le privé fut à la pointe du mouvement mais aussi et surtout à Marseille et un mouvement de grève qui touche 200 entreprises privées.

Il faut cependant constater que des faiblesses sont venues empêcher une reconduction de la grève dans le privé, voire une généralisation. La volonté d’en découdre était présente chez de nombreux travailleurs et les hésitations auraient certainement été balayé par une dynamique d’extension. Cette dynamique passait obligatoirement par un appel des confédérations à la grève interpro reconductible.

Jeunes travailleurs et travailleurs en formation :
Nous avons noté avec satisfaction l’irruption d’une nouvelle génération de grévistes. La puissance du mouvement doit aussi aux jeunes travailleurs, que ce soit à la SNCF ou à l’Education nationale. Cela est d’autant plus réconfortant que cette génération était récemment encore sous-politisée. Et quand politisation il y a eu, elle s’était faite sur des questions idéologiques (anti-fascisme, anti-mondialisation,...) avec très peu de contenu de classe. Et pourtant, en quelques semaines, des centaines de milliers de jeunes travailleurs ont subitement acquis une conscience de classe interprofessionnelle grâce à la lutte économique. [Cela est encore plus étonnant avec les jeunes profs, issus majoritairement des classes moyennes et totalement formés dans le cadre de l’idéologie et de la culture bourgeoise. ] (je propose de supprimer ce passage)
Alors comment expliquer d’un autre côté l’absence des lycéens et des étudiants dans la lutte ? Il y a bien eu des actions menées par des lycéens à Toulouse, à Clermont Ferrand ou des grèves minoritaires dans certaines universités. Mais cela demeure relativement marginale. Il faut bel et bien constater que l’activité professionnelle (et donc l’exploitation) sont des facteurs de conscientisation nettement plus efficace que les discours philosophiques développés par les organisations lycéennes et étudiantes.

Mais la passivité des travailleurs en formation a été telle qu’il faut chercher plus loin pour comprendre ce phénomène. Les lycéens et étudiants étaient tout à fait aptes à comprendre l’enjeu de la bataille et donc à s’y investir. Mais pour cela il fallait des organisations qui permettent cette mobilisation. Or il n’y a pas de véritable syndicat chez les travailleurs en formation. Que ce soit la multitude d’organisations « jeunes » de gauche ou leurs satellites qui sont de pseudo-syndicats (UNEF, SUD étudiants, FSE, Comités d’Action, FIDL,UNL,...), toutes ces structures ne font que reproduire des clivages philosophiques éloignés des appartenances de classe. Ces organisations amènent donc les jeunes militants sur le terrain des conflits idéologiques au lieu de les investir dans ceux de la classe ouvrière. Aucune de ces structures n’a, en raison de leur extrême division, la capacité de lancer des mobilisations. Leur inefficacité est le produit du fossé qu’elles ont volontairement creusé afin de se séparer du mouvement ouvrier. Il fait reconnaître que la séparation organique est également entretenue par les confédérations puisque seule la CNT syndique les lycéens et étudiants.

Autre responsable de cette faiblesse, le Mouvement social et les forces politiques qui le soutiennent. Depuis des années, et entre autre ces derniers mois, les jeunes militants ont été orientés dans une succession de luttes démocratiques (anti-fascisme, soutien aux sans papiers, pacifisme moral,...) sans contenu de classe. Ces jeunes militants n’étaient donc pas préparés politiquement aux enjeux de la décentralisation et de la casse des retraites. Aucune campagne n’a été préparé, ce qui ne peut être que désastreux dans une population sous-politisée et où la culture de classe s’est effritée.

Le CSR porte aussi une certaine responsabilité dans ce domaine. Nos militants ont bien été parmi les plus actifs en ce qui concerne le travail d’explication de la décentralisation comme destruction des diplômes et des qualifications nationaux. Ce discours a permis de rallier de nombreux parents d’élèves aux mouvements de grève à partir d’une vision claire d’un enjeux de défense des droits collectifs des salariés. Mais aucun travail syndical approfondi n’a été mené chez les travailleurs en formation. Il paraît nécessaire au plus tôt de relancer le projet de Jeunesses Syndicalistes à l’image de ce qu’elles étaient au début du siècle : une commission de réflexion, d’action et de recrutement construite au sein même des confédérations ouvrières.

A quoi sert une confédération ?

Comme nous venons de le voir cette grève va laisser des traces dans le mouvement syndical. Par contre l’impact va relativement réduit en ce qui concerne le panorama syndical. Il apparaît de plus en plus évident que la recomposition syndicale ne viendra pas d’un quelconque manœuvre de rapprochement d’appareils. C’est en quoi la gauche syndicale est complètement déboussolée . La lettre ouverte proposée récemment par A.Coupé, porte-parole de Solidaires est symptomatique de cette fuite en avant désespérée de militants qui ne voient pas beaucoup plus loin que le bout de leur appareil.

L’image des confédérations est complètement floue. A quoi peut donc servir une confédération si la pratique vient de montrer, et en particulier la CGT, que les directions ont tout fait pour casser toute dynamique de généralisation de la grève, en refusant d’appeler à la grève générale interpro ? . Le boulet est tout de même passé près des bureaucrates et la tendance interne peut être de renforcer le pouvoir de l’appareil pour briser les équipes syndicales de base qui se sont mobilisées, à briser toute volonté de construction d’oppositions syndicales réelles. A contrario, si l’image des confédés n’en ressort pas grandie, la nécessité du syndicalisme interpro a été démontrée en grandeur nature pour des centaines de milliers de travailleurs.

A la CGT des militants ont claqué la porte. Mais cette vague de départs ne sera certainement pas aussi massif que l’on pourrait le penser. Il semble d’ailleurs apparent que la plupart des dissidents n’opteront pas forcément pour une nouvelle organisation syndicale. L’exemple d e la SNCF est une indication. Le 14 mai plusieurs régions SNCF sont entrés en grève reconductible (Paris Nord, Austerlitz, Nîmes, Rouen,...) sans obtenir aucun appui de la fédération CGT. Alors qu’un communiqué interfédéral avançait la date du 25 comme échéance pour la GR, le 20 mai le Conseil national fédéral reporte l’initiative au 3 juin. Et c’est finalement l’appel à la suspension de la grève dès le 5 juin. On pourrait penser que dans l’entreprise les départs de la C.G.T. vont être nombreux vu l’ampleur de la rancœur. Les départs seraient d’autant plus facilités par l’existence de la fédération SUD-Rail qui a assurer ses responsabilités dans la bataille. Et pourtant, les basculement, seront certainement très minoritaires et la « culture CGT » de l’entreprise n’explique pas tout. Depuis décembre 1995 les secteurs militants qui ont participé à la construction des SUD et de la CNT appartenaient aux franges les plus idéologiques du syndicalisme. Aujourd’hui, les militants qui entrent en opposition avec les bureaucraties confédérales, principalement à la CGT, n’ont pas la même culture, une culture d’avant-garde. Un syndicat minoritaire n’est pas forcément attrayant pour eux. Les départs sont d’autant moins évidents qu’aucune opposition interne est pour l’instant capable d’avancer des perspectives dans ou en dehors de la confédération. C’est une des raisons de fond qui expliquent la réussite de la direction confédérale : avoir sauver le gouvernement et le Medef d’une grève générale sur les retraites. Le rôle de l’appareil CGT a été déterminant dans l’issue de la lutte. Cela aura fait progresser certainement les consciences à la base : la nécessité de l’organisation d’une réelle opposition qui soit syndicale et non pas le marche-pied de courants politiques, la nécessité de la lutte interpro. C’est la place des UL que ce mouvement a permis de remettre en avant.

Très faiblement implantée dans le secteur privé, la confédération FO n’a pas pu jouer un rôle direct dans ce secteur clé de l’issue de la lutte. Par contre dans le secteur public, et notamment dans ses bastions comme la santé, PTT ou des services de l’Etat (préfectures,..) les directions syndicales n’ont pas joué le jeu de l’extension. Une fois la défaite consommée Blondel a « conseillé la grève générale » après l’avoir condamnée tout au long de la lutte. Comme dans la CGT c’est donc localement que des équipes de base se sont réellement lancées dans la lutte interpro. Même en ayant eu un discours plus radical que celui de Thibault sur le contenu des revendications, la direction de FO a tout fait pour ne pas utiliser l’espace possible ouvert par capitulation de la direction cégétiste.

Une autre raison est tout simplement que Solidaires n’est pas apparu comme une alternative globale. La mobilisation a pourtant touché les secteurs « historiques » de cette confédération : l’éducation , la SNCF, la santé, les impôts,.... Elle disposait donc de forces réelles pour se lancer dans la bataille. Le fonctionnement très corporatiste de Solidaires à fait que les responsables n’ont pas cru eux mêmes en leur propre "confédération", en leur capacité à agir collectivement comme force d’impulsion. Et pourtant quand certains G10 locaux sont entrés de façon organisée dans la bataille, leur influence a été réelle dans certaines villes. Solidaires n’a pas su ou n’a pas voulu apparaître clairement comme porte parole du mot d’ordre de "grève reconductible interpro". Elle l’a adopté sous la pression des militants de base mais elle n’a pas su faire vivre ce mot d’ordre. Son apparition a donc manqué de clarté. Le 14 mai au soir, lors du meeting de la Bourse du Travail de Paris la porte parole nationale de Solidaires déclare "qu’une grève générale ne se décrète pas". Ces propos malheureux seront repris lors d’un interview au Monde où Solidaires se retranche derrière la CGT pour ne pas assumer ses responsabilités en terme d’appel à la GR interpro. L’absence de pratique interpro n’est pas le seul élément explicatif. La direction de Solidaires ne voulait pas non plus se couper de certains appareils syndicaux (FSU, gauche de la CFDT, modérés de la CGT,...) en vue de prochaines recompositions ou tractations au sommet. Dès la mi mai sa porte parole diffuse comme par hasard un appel visant à une recomposition avec la gauche syndicale (FSU et oppositionnels de la CFDT). Non seulement son contenu est en net décalage avec ce qui a été perçu localement par les militants SUD, entre autre les blocages mis en place par la majorité des appareils locaux de la FSU, mais aucune ouverture n’est faite en direction des secteurs combatifs de la CGT qui ont pourtant montré leur force dans la rue et dans les entreprises.

La grève de mai-juin 2003 a surtout été caractérisée par l’apparition de l’UNSA, que ce soit dans les cortèges du public mais aussi dans ceux du privé lors de la manif du 25 mai par exemple. Il est vrai que l’UNSA, malgré son fonctionnement bureaucratique, a su faire vivre une démarche interprofessionnelle qui a payé. Cette Union a lancé une véritable campagne de construction interpro depuis quelques années qui est dune grande efficacité car tous les secteurs internes s’y sont investis. Tel n’a pas été le cas pour Solidaires. Depuis plusieurs années les militants du CSR adhérents à cette Union critiquent son fonctionnement et sa stratégie de construction. L’interpro se limite des réunions de conseils nationaux et à des « G10 départementaux ». Au quotidien aucun travail interpro n’est réellement mené et les équipes militantes ne se connaissent pas. Dans la grève les G10 ont donc eu beaucoup de mal à se mettre au service des travailleurs en lutte. Alors que ces structures auraient du être l’armature pour la création de comité interpro locaux, plusieurs semaines ont été perdues avant que les contacts entre militants ne débouchent réellement sur des AG interpro.

On peut aussi noter une baisse des pratiques syndicales de terrain. Tout comme certains secteurs CGT, les syndicats SUD ont mis l’accent depuis leur création sur la qualité du matériel de propagande. Par contre dans bien des cas les délégations et les heures d’info syndicales ont été de moins en moins utilisées. Cela a été une des faiblesses dans la préparation de la grève. De même les G10 locaux et les syndicats départementaux ont peu organisé de réunion avec les syndiqués afin de préparer la grève en terme stratégique. Tout comme lez syndicats CGT, les SUD sont souvent mal organisés dans leur fonctionnement quotidien et il y a peu de rigueur dans les réflexions collectives. Les adhérents ne s’approprient donc pas les décisions du syndicat et ne les font as vivre sur le terrain. La perspective de la grève interpro reconductible a donc mal été préparée, ce qui explique qu’elle ne s’est véritablement ancrée que dans les villes où les travailleurs de l’éducation ont réussi à populariser cette tactique.

On peut également se demander si la création de certains syndicats SUD était vraiment justifiée. Ainsi quelle utilisation SUD-EDF et SUD-RATP ont elles fait de leur représentativité, c’est-à-dire de leur préavis de grève permettant de couvrir les travailleurs ? Cette question a pourtant été primordiale pour les collectifs de travailleurs qui voulaient se lancer dans la GR dès le 14 mai. Les fédérations SUD-Education et Sud-Rail n’ont quant à elles pas hésiter à utiliser leurs préavis tout en développant une politique unitaire en direction des autres syndicats.

Un mouvement révolutionnaire à la remorque !

Une des questions centrales pour les grévistes aura été l’articulation entre l’auto-organisation des travailleurs et le débordement des bureaucraties syndicales.
Cette lutte aura été l’occasion pour des centaines de milliers de travailleurs de s’emparer de la réflexion sur la stratégie syndicale et d’avancer rapidement sur ce terrain. Cela aura aussi été l’occasion pour les différents courants révolutionnaires de confronter leur positionnement à la réalité de la lutte des classes. Un affrontement social d’une telle ampleur a permis de faire apparaître bien des contradictions et de mettre en valeur ce qui était moins visible dans le militantisme quotidien.
Or le bilan est pour le moins catastrophique en ce qui concerne l’intervention des différents courants révolutionnaires. Les médias bourgeois ont bien tenté de stigmatiser l’influence de l’extrême gauche dans la radicalisation de la lutte. S’il y a bien eu intervention des militants d’extrême-gauche dans la lutte c’est en tout cas pas à eux que l’on doit la qualité de la grève. Les militants ont excellé dans leur spécialité du moment : l’agitation . Et encore, tous les courants n’ont pas joué le jeu. Mais les grévistes les plus investis dans la lutte ont pu constater que la grande majorité des groupes révolutionnaires n’ont eu aucun rôle fondamental dans la grève reconductible. Cela tient justement au fait que ces groupes n’ont pas su articuler la recherche de l’auto-organisation des travailleurs avec la méthode du débordement de l’appareil syndical. Et plus largement c’est la question de leur stratégie syndicale erronée qui est posée. Nous allons tenter de décrire avec le plus de précision possible ces erreurs, sans toutefois chercher à polémiquer. Il ne nous intéresse pas de savoir pour quoi ces groupes révolutionnaires appliquent une telle stratégie, ceci une question interne qui les regarde. Ce qui intéresse le CSR c’est par contre d’étudier des stratégies afin de ne pas les reproduire.

A partir du 13 mai la bourgeoisie s’est sentie menacée par le mouvement de grève reconductible engagé dans les services publics. Tous les médias ont propagé des informations selon lesquelles la radicalité du mouvement serait le fait des courants d’extrême gauche qui "pousseraient dans le sens de la grève générale". Cette analyse ne correspond pas du tout à la réalité observable sur le terrain.

Le CSR a toujours été très critique en ce qui concerne le mouvement révolutionnaire français. Mais notre pessimisme a été plus que confirmé par la nature de l’intervention de groupes révolutionnaires dans le mouvement. Et là aussi un bilan doit être tiré afin de favoriser une réorientation rapide.

Une large frange de l’extrême gauche a engagé depuis des décennies une stratégie de conquête des appareils syndicaux avec un succès réel. Cela est vrai dans la gauche de FO, dans la FSU, la CFDT mais aussi à la SNCF, à EDF, à la Poste,...Mais le constat est malheureusement catastrophique puisque cette influence n’a pour ainsi dire pas été utilisée. Il a d’ailleurs été courant de voir des organisations politiques coller la nuit des affiches en faveur de la "grève générale", et le matin de constater que beaucoup de leurs militants freinaient la GR interpro. La raison est simple et toujours la même. Ces militants ne désiraient pas prendre le risque d’affronter ouvertement la bureaucratie syndicale, de peur de perdre leur mandat. Il faut y voir des logiques d’apparatchiks mais aussi une orientation léniniste historique qui fait du syndicalisme un simple relais du parti d’avant-garde. Les stratégies syndicales de l’extrême gauche ne sont pas orientées vers la construction de réelles oppositions syndicales dans les confédérations et fédérations, c’est à dire des courants de terrain et donc utiles aux travailleurs, et en particulier quand la lutte des classes prend s’approfondit comme en mai-juin dernier.

Quant à Lutte Ouvrière, marquée plus que jamais par un discours violemment anti-syndical, elle a, au contraire, favorisé les bureaucraties syndicales. Ainsi dans le secteur de l’éducation une alliance de fait s’est constitué entre la direction de la FSU et LO. Car en faisant tout son possible pour ne pas associer les organisations syndicales à la gestion de la grève, LO donnait ainsi la liberté aux bureaucrates de ne pas assumer leur fonction qui devrait être d’organiser une grève nationale d’ampleur. Sans mandat des assemblées de grévistes, les directions syndicales pouvaient alors mener une politique autonome à l’encontre des choix des grévistes.

Le mouvement libertaire aurait pu profiter de son renforcement numérique, rapide depuis 1995, pour offrir des perspectives. Mais cette mouvance souffre encore de nombreuses faiblesses sur la question syndicale. La division interne demeure mais les principaux handicapes viennent d’une faible formation des militants et d’une présence très réduite dans les entreprises. La CNT aurait du être la plus à même d’agir. Or sa capacité d’intervention a été nettement plus réduite qu’en décembre 1995 où le secteur universitaire de la CNT avait eu un rôle de premier ordre. Quelques syndicats locaux ont été efficace dans l’organisation de base du mouvement dans l’éducation comme à Marseille, Paris, en Seine Saint-Denis,.... Mais la confédération n’est pas intervenue de façon organisée.

Le mouvement libertaire, la LCR ainsi que le PT, ont mis en avant le mot d’ordre de « grève générale ». Ce mot d’ordre a été repris, défendu, argumenté,... dans les AG et les réunions syndicales par des dizaines et des dizaines de milliers de travailleurs. Il a été, notamment à la CGT, la forme d’expression de la lutte interne au mouvement : entre les travailleurs et les bureaucraties syndicales. Il était plus précis que « Tous ensemble », car il pointait la responsabilité des appareils, il a été une forme d’expression de cette opposition. Dans son contenu, il voulait dire : grève interpro pour gagner sur les retraites. Rien de plus, mais c’est déjà énorme, et cela va laisser des traces. Cependant, il n’y a eu aucune initiative de la classe tendant à donner à ce mot d’ordre son contenu « historique » , celui de la stratégie révolutionnaire pour l’expropriation du capitalisme, pour la socialisation de l’économie.

L’extériorité de l’extrême gauche par rapport à la grève a été symbolisée par le type d’apparition des organisations révolutionnaires dans les manifestations parisiennes. Observer un succession d’organisation avec leur stands et leurs banderole sur le bord des trottoirs avait quelque chose de pathétique. La séparation d’avec les grévistes apparaissait avec d’autant plus d’évidence, comme si le rôle d’une organisation révolutionnaire consistait à jouer le rôle de relais sur le bord de la route et de se vendre en vue des prochaines élections ou d’espoirs de recrutements. La grève a au contraire démontré la priorité de la question syndicale et le malaise est certain pour les militants révolutionnaires qui , au delà des logiques d’appareil, se posent encore la question dela lutte des classes.

Au delà des différences, tous les courants se retrouvent dans une situation très indélicate.
Ceux qui privilégient avant tout la construction du Parti d’avant-garde, manque sincèrement d’arguments puisque le Parti n’a pas réussi à montrer en quoi il était utile dans la lutte des classes.

Ceux qui privilégient un Parti des travailleurs au recrutement large sont tout aussi indisposés puisque les partenaires privilégiés pour construire ce parti ont eu beaucoup de mal à se positionner par rapport à la grève reconductible : les militants de la gauche syndicale disposant de postes dans les appareils ont rarement eu un rôle d’impulsion ; les permanents politiques, les cadres, les intellectuels et autres militants institutionnels qui se sont retrouvés de fait en dehors de lutte.
Les derniers, les partisans d’un Mouvement social, avancent un programme qui est apparu en contradiction avec les attentes des grévistes. Comment se faire encore le chantre des associations de luttes parcellisées (logement, immigration, précarité, féminisme, anti-fascisme,...) alors que pendant plusieurs semaines les grévistes ont revendiqué la centralisation interprofessionnelle de la lutte ? Le Mouvement social, supposé offrir de larges perspectives politique, a été totalement marginalisé par la grève. Ce qui en est ressorti c’est au contraire la centralité du syndicalisme d’entreprise avec sa nécessaire extension interprofessionnelle. L’affrontement de classe se mène en priorité dans les entreprises. C’est ce que la grève est venu rappeler à ceux qui ont eu trop tendance à s’éloigner un peu trop des entreprises avec des idéologies réductrices.

Le CSR : un outil efficace ?

Les militants syndicaliste-révolutionnaires ont été en parfaite osmose avec les formes prises par cette lutte interprofessionnelle : structures d’auto-organisation, grève active, dimension interprofessionnelle, réaffirmation du syndicalisme de lutte et anti-capitaliste, indépendance par rapport aux institutions. Cela confirme notre idée selon laquelle le syndicalisme-révolutionnaire est la stratégie naturelle du prolétariat révolutionnaire.
Mais le SR a pris une autre dimension pendant cette grève, ce qui marque peut être le retour d’une influence SR, encore minime mais réelle dans la lutte des classes en France. Car pour la première fois le SR a eu une apparition structurée. Une apparition qui a connu un courant de sympathie, non pas en direction de militants politisés attirés par des références historiques mais avant tout chez des grévistes qui se sont reconnus dans les revendications et la tactique adoptée par le CSR. L’accueil très favorable que reçoit notre mot d’ordre sur les Bourses du travail unitaires en est également le reflet.

Cette réapparition structurée du syndicalisme révolutionnaire n’a été possible que parce que le CSR a été en capacité de coordonner une centaine de militants. Si nous n’avions pas été organisés au sein d’un Courant nos militants n’auraient eu qu’une influence ponctuelle, avec un impact beaucoup moins grand. Et à ce titre il est dommageable que plusieurs milliers de militants ou de sympathisants SR ne soient toujours pas en contact avec le CSR, car cela changerait la réalité du syndicalisme en France et le contenu de nos luttes quotidiennes.
Le CSR est né d’une critique approfondie de la grève de décembre 1995. Dans cette lutte de mai-juin 2003, le CSR jouait donc sa survie. Si notre courant n’avait pas été en capacité d’offrir un apport stratégique au mouvement, la question de son auto-dissolution aurait été posée. En effet, il ne sert à rien de prolonger la vie d’une organisation qui ne repose sur aucune utilité. Un bilan approfondi doit donc être tiré en lien avec nos sympathisants.

Après un premier bilan il nous apparaît primordial d’avancer dans le sens du chemin parcouru depuis 7 ans. Le fait que des centaines de militants s’approprient actuellement nos réflexions, entre autre sur les Bourses du travail afin de prolonger la lutte ne fait que confirmer notre satisfaction.

Nos militants ont été très influents localement dans les luttes. Et cette influence est totalement disproportionnée par rapport à nos effectifs. Cela tient tout d’abord à la politique de formation des militants que nous avons systématisée depuis des années à travers notre presse mais aussi nos réunions. Mais cela doit surtout à la stratégie du CSR qui a toujours été axée sur le syndicalisme interprofessionnel. Ce n’est pas pour rien si nous avons été parmi les premiers à constituer des AG interprofessionnelles et des comités de grèves locaux. Des comités de grèves car nos militants sont implantés et influents dans les syndicats les plus dynamiques de leur profession. Le travail unitaire et interprofessionnel mené par notre courant depuis sa création nous a permis, en quelques jours, de réactiver des réseaux de militants et de grévistes actifs dans différents secteurs professionnels, et entre autre dans le privé. Nous ne pouvons que regretter que des milliers de militants syndicaux n’aient pas acquis la même expérience ces dernières années. Cela aurait peut être changé la donne et permis un débordement des bureaucraties syndicales.

Cela nous a entre autre permis, fin avril de lancer la proposition d’un bulletin de grève national lorsque nous avons constaté que la grande majorité des directions syndicales se refusaient à coordonner l’information interprofessionnelle, ce qui était pourtant un facteur déterminant de l’extension de la grève reconductible déjà partie dans l’éducation. 11 numéros du bulletin ont été réalisés, regroupant de 4 à 12 pages d’informations très détaillées. Jusqu’au 4 juin nous avons espéré que les confédérations prendraient enfin le relais en faisant circuler l’information entre les grévistes. Cela n’a malheureusement pas été le cas et nous avons donc du assumer la réalisation de ce bulletin jusqu’au bout.
Ce bulletin a été massivement diffusé en direction de plusieurs centaines de structures syndicales, principalement par internet et de nombreux grévistes se le sont renvoyés. Ce document a donc pu aider à faire vivre des centaines d’AG et à favoriser les jonctions interprofessionnelles.

Cela a d’ailleurs donné des idées à d’autres et nous avons pu constater avec plaisir que des organisations syndicales lançaient aussi des documents similaires : UGFF-CGT, Mouvement des Syndicalistes Libertaires, SUD-Education, des secteurs combatifs de FO,...

Ce travail a été très lourd, surtout si l’on sait qu’aucun militant du CSR n’est permanent syndical et que nous étions donc tous dans l’organisation de la grève sur le terrain. Ce bulletin n’a pu être produit que grâce à la participation de sympathisants de notre Courant mais aussi de syndicats et de grévistes intéressés par le projet. Il ne faut également pas se cacher que ce bulletin n’aurait pu être réalisé sans le développement récent du CSR. Cette activité confirme donc la validité de notre projet syndical : la construction d’un courant dans toutes les confédérations afin d’y défendre notre stratégie mais aussi afin d’assumer publiquement le travail de coordination interpro que les bureaucraties se refusent à faire.

Notre analyse sur les insuffisances de décembre 95 nous ont permis d’avancer des mots d’ordre et des tactiques de construction de la GR interpro adaptés à chaque moment de la mobilisation. Depuis plus d’un an nous préparions cette lutte historique sur la Protection sociale. Deux dossiers de notre revue y ont été consacrés afin de préparer les militants à une réflexion poussée sur le salaire socialisé. Cela a également débouché sur le meeting unitaire à la Bourse du travail de Paris. Malgré de nombreux syndicats signataires, l’assistance fut clairsemée, ce qui démontrait que les franges militantes étaient malheureusement plus intéressées par les questions de recomposition politique et de luttes pacifistes que par la lutte des classes en France.

Lors des différentes grèves de 24 heures interpro ou dans celles de l’éducation nationale nous avons ensuite tenté par nos tracts et par nos prises de paroles de démontrer la dimension globale de la lutte : la défense des droits collectifs et du contrat de travail. Il y a eu la manifestation du 21 mars pour la défense de l’emploi où le choix a été fait d’élargir à la défense de la Protection sociale Lorsque la grève reconductible a démarré dans l’éducation nationale, nous avons refusé d’enfermer la lutte contre la décentralisation dans le cadre corporatiste d’une défense de statuts de fonctionnaires d’état. Au contraire C’est au CSR que l’on doit la diffusion dans la Coordination nationale et dans de nombreuses AG que l’enjeux de la décentralisation : casser les diplômes nationaux et les droits collectifs nationaux de tous les salariés qu’ils soient lycéens, fonctionnaires mais aussi salariés du privé. Cela n’est pas rien, car là où cette ligne syndicale a été défendue l’extension de la grève a été beaucoup plus facile à organiser lors des réunions avec les parents d’élèves ou lors des délégations dans les entreprises. Cela nous a également permis de faire le lien avec la flexibilité et la précarité et donc avec les suppressions d’emplois dans le public (emplois jeunes) comme dans le privé. Nous avons donc aidé à la jonction et aux initiatives communes entre grévistes du public et entreprises en lutte. Malheureusement la plupart de celles qui avaient organisé la manif nationale du 21 mars voyaient leur mobilisation s’effondrer. Une occasion a donc été manquée pour faire converger le collectif contre les licenciements avec la Coordination de l’Education.

Dès que la grève a été ancrée dans l’éducation, nos militants ont constamment combattu les groupes politiques et les bureaucraties syndicales qui voulaient enfermer la lutte dans le cadre corporatif afin d’encadrer leur clientèle. En région parisienne nous avons poussé pour que les cortèges de grévistes ne s’isolent pas mais au contraire se constituent au passage des autres cortèges afin de leur montrer notre combativité et les pousser à rentrer dans la GR. Cette tactique est à reprendre pour de prochaines luttes car elle est très efficace.

Les tracts du CSR ont ensuite préparé la grève du 13 en appelant à la reconduction. Lors de celle du 25 mai, nous avons appelé à la constitution de comité de grève interpro et locaux, regroupant représentants de syndicats de base et d’AG, afin de déborder les directions syndicales. Malheureusement nous avons été une des seules organisations révolutionnaires à le faire. Nous proposions également une coordination de ces comités de grève afin de donner une direction nationale et démocratique au mouvement.

Nos propositions d’auto-organistaion des grévistes a constamment été articulées à deux niveaux qui se complètent. Des propositions permettant à tous les travailleurs de participer aux prises de décisions et aux actions immédiates. Mais aussi des syndicales afin de ne pas tomber dans les dérives gauchistes qui ne perçoivent la lutte des classes que dans ses manifestations les plus spectaculaires. Il était nécessaire de profiter de cette grève pour renforcer et de rénover le mouvement syndical.
Nous pensons au contraire que la tâche actuelle du mouvement syndical est d’organiser un repli tactique afin de regrouper nos forces en vue d’un nouvel assaut en septembre. Cela ne veut pas dire refuser toute initiative de lutte d’ici là mais par contre ne pas épuiser nos dernières énergies dans une grève interpro reconductible qui n’est plus immédiatement à l’ordre du jour.

Le CSR peut aussi se féliciter d’une vague d’adhésions et ce d’autant plus que ces adhésions ne se font pas sur un discours qui se veut très radical. Au contraire, les militants qui choisissent de nous rejoindre le font à partir de l’acceptation d’une stratégie syndicale appliquée concrètement. Le CSR n’a pas d’utilité parce qu’il est combatif, ce qui est réalisable par tout groupe d’extrême gauche qui croit en ce qu’il fait, mais parce qu’il élabore collectivement des stratégies syndicales.