TRAJECTOIRES : UN ESCROC ROYAL À LA RETRAITE FUIT SON PAYS, AVEC SON MAGOT

dimanche 9 août 2020, par Utge-Royo Serge

Je me permets de souligner que le roi en fuite a été salué dès son intronisation en 1975 par les pays capitalistes comme un "démocrate".

Le replâtrage du franquisme sous le nom de "Transition" est une tactique franquiste qui dure jusqu’à aujourd’hui, avec la collaboration des partis de gauche (??) le "Parti socialiste ouvrier espagnol" [sic] et le Parti communiste.

Ni l’URSS ni la Chine et la Corée du Nord (sauf erreur), berceau du marxisme léninisme (bancal depuis le fiasco de décembre 1991 en URSS) n’ont critiqué cette mascarade.

Mieux, Vladimir Poutine a repris la transition espagnole : on garde une grande partie des mêmes politiciens qu’auparavant, on ne fait aucun procès des tueurs de dirigeants ouvriers, on badigeonne le passé pour en faire un ciel glorieux.

Les journalistes, apparemment informés, soulignent le rôle de l’ex-roi en février 1981 lors d’un putsch militaire qui s’est avéré être une manoeuvre pour confirmer les aides financières à la hiérarchie militaire et rééquilibrer en coulisses l’échiquier politique. Du reste aucune sanction juridique sérieuse n’a été appliquée aux putschistes.

Juan Carlos I a été un symbole de la démocratie au pouvoir. Il s’est rempli les poches comme un Helmut Kohl, comme la famille soviétique de Leonid Brejnev, comme la dernière épouse prolétarienne de Mao, voire un Chirac, etc.

Frank 09.08.20

TRAJECTOIRES :
UN ESCROC ROYAL À LA RETRAITE FUIT SON PAYS, AVEC SON MAGOT

Le 3 août 2020, le ci-devant roi retraité d’Espagne (sacré « émérite » par la grâce du ministre de droite Rajoy, en 2014), placé sur le trône par la seule volonté du dictateur Franco, fuit son pays et la justice sous les accusations de corruption et détournement. Son grand-père Alphonse le Treizième avait déjà fui hors du pays natal en 1931 – exilé dans la Rome de Mussolini sous la poussée des républicains espagnols.

Le petit-fils d’Alphonse prétend partir à l’étranger pour ne pas « gêner le travail » de son rejeton Philippe le Sixième, roi régnant actuellement depuis l’abdication de Juan Carlos en 2014. Alphonse le Treizième avait rallié l’Italie fasciste, où devait naître d’ailleurs, en 1938, son illustre fiston (dont on murmure qu’il pourrait poser ses bagages au Portugal ou en République dominicaine). Un journaliste de télévision (Jordi Évole) a ironisé sur l’éventualité d’un atterrissage du royal fuyard dans une république… Un comble.

Pour simplifier l’information et souligner les trajectoires historiques : Franco a assassiné la République espagnole en 1939, pris sous son aile paternelle le futur Juan Carlos et rétabli par la force des armes la monarchie d’Alphonse le Treizième, dégagé par le peuple et les élections municipales de 1931.

Deux jours après la mort du caudillo (20 novembre 1975), Juan Carlos le Premier empoignait les rênes du pays, avec l’appui des partis de droite franquistes et des gauches socialiste et communiste (pacte de la Moncloa, 1978), pour diriger depuis la plus haute chaise de l’État la « nouvelle démocratie ».

La monarchie voulue par le dictateur sombre dans le scandale de la corruption ; sa fille, princesse et sœur du roi actuel Philippe le Sixième, avait déjà, elle aussi, plongé ses mains dans les pesetas, les dollars et les euros en marge de la légalité. Il est sans doute temps d’ouvrir une réflexion sur le régime né en 1978...

L’histoire a parfois des rebondissements savoureux : l’Espagne vient donc de vivre le dénouement provisoire d’une escroquerie politique et historique : le point final d’un parcours pseudo démocratique, avec la piteuse fuite du successeur du dictateur généralissime. Juan Carlos le Premier rejoint ainsi, en quelque sorte, l’immense cohorte des exilés espagnols : pourvu qu’une association mémorielle quelconque l’assure de sa bienveillance.

Serge Utgé-Royo, 5 août 2020