Révolution mexicaine, ethnocentrisme anarchiste français et Kropotkine

Révolution mexicaine, ethnocentrisme anarchiste français et Kropotkine

dimanche 25 décembre 2005, par Flores Magón

A ne pas étudier la réalité et à faire confiance à des étrangers diplômés en "anarchie", on passe à côté d’épisodes spontanément libertaires essentiels, en 1912 comme aujourd’hui.

Texte fourni par "la-presse-anarchiste.net"

Révolution mexicaine, ethnocentrisme anarchiste français et Kropotkine

Sur le Mexique
Nous avons reçu la lettre ci-dessous :
A l’Editeur des Temps Nouveaux.

Monsieur,

Dans votre numéro du 2 mars est parue une lettre sur la révolution au Mexique, par R. Froment. A notre avis, cette lettre est très injuste pour la révolution. Le Parti libéral Mexicain, et Regeneración dont nous sommes les éditeurs. C’est pourquoi nous protestons et avons l’intention de protester par la presse révolutionnaire internationale (Trad 1). Nous nous considérons justifiés parce que le mouvement révolutionnaire ne doit pas être tenu dans l’ignorance (Trad 2) d’un sujet d’une importance telle qu’est la révolution mexicaine et parce que la lettre en question n’est que le dernier coup de poignard dans les attaques qu’on a dirigées pendant des mois par des moyens, des insinuations lâches, des soupçons jetés sur (Trad 3) la bonne foi d’un immense mouvement, sur lequel, cela résulte des pages T. N., on ne s’est pas donné la peine de faire d’enquête.

Avec une fausse apparence de bonne foi déclarant que c’est votre rôle de laisser aux lecteurs eux-mêmes l’appréciation des faits ”, la lettre en question présente ... quoi ? Certainement pas les grands faits qu’on doit considérer avant de formuler un jugement suffisant, mais un ou deux épisodes insignifiants dans une lutte qui a été longue et acharnée. Et même ceux-ci sont présentés dans un demi-jour qui cet toujours trompeur.

Un tiers de la communication est fait des citations d’une lettre privée écrite par quelqu’un dont on ne donne pas le nom (Trad 4), réitérant l’accusation de la Cronaca Sovversiva, que R. F. Magón avait lancé un prospectus réactionnaire accompagnée de commentaire : “ Je vous en envoie un exemplaire afin que vous voyiez comment les soi-disant libertaires du Parti Libéral Mexicain trompent ceux qui sont assez stupides pour les prendre pour des révolutionnaires sincères. ” Ensuite, la lettre commente d’une manière hostile le fait allégué (Trad 5), que Magón a écrit au sujet de Zapata en le traitant de “ camarade ”.

Ayant reproduit cette lettre anonyme et ayant ainsi - grâce à vos aimables agissements - prévenu venu tous vos lecteurs contre notre cause (Trad 6), M. Froment se dépense en réflexions banales, expliquant que “ quand les Mexicains auront la terre, il n’y aura pas besoin de s’occuper des salaires ou heures de travail. ” Evidemment il ne connaît pas assez notre mouvement pour savoir que c’est là ce que nous enseignons depuis longtemps et nous croyons qu’il sera difficile de trouver de un numéro de Regeneración dans lequel cette leçon n’est pas soulignée à l’égard des grévistes qui ont été si nombreux antérieurement au Mexique (Trad 7).

Concernant les autres critiques exprimées dans cette lettre nous avançons que :

1) Nous avons déjà expliqué depuis longtemps, et ad nauseam (Trad 8), que le Parti Libéral Mexicain a évolué, et que le manifeste dont il est question, fort ancien, a été depuis longtemps annulé. En outre, nous avons expliqué que des exemplaires en furent distribués parce qu’à ce moment nous manquions de fonds et nous n’avions pas d’autre moyen de propagande (Trad 9).

2) Nous ne nous rappelons pas si aucun de nous a jamais écrit de Zapata qu’il était un camarade " : mais si c’est arrivé, nous n’en avons pas honte. Quand Zapata incite le paysan à déposséder les monopolistes de la terre et l’aide à le faire, nous le trouvons un plus proche camarade que les révolutionnaires bavards des salons (1). D’autre part la collection de Regeneración est là pour témoigner que dans maintes occasions nous avons dit que si Zapata devenait autoritaire ou ambitieux de fonction, on devrait le combattre avec autant d’énergie que nous en avons déployé à combattre toute ambition personnelle que la lutte a nécessairement développée.

3) Si vous désirez vous justifier de l’accusation d’injustice monstrueuse, il faut juger notre mouvement et nous-mêmes, non par quelque partie particulière d’une grande littérature, mais par la tendance générale du mouvement et par l’ensemble dé nos écrits. Nous n’hésitons pas à déclarer que le mouvement et nos écrits visent tous deux, directement le but, le recouvrement de leur patrimoine (Trad 10) par les déshérités. Peut-être nos écrits ne sont-ils pas si finis que ceux des intellectuels, mais personne n’ose mettre en question leur sincérité ou leur bonne foi.

Nous supposons aussi que ce n’est pas votre affaire, ni l’affaire (Trad 11) des TN de juger et de décider si les éditeurs de Regeneración sont ou ne sont pas de bons anarchistes d’ après la mesure de votre mètre. Votre affaire (Trad 12) est tout autre, car c’est votre suprême devoir de vous donner la peine d’apprendre s’il y a ou s’il n’y pas au Mexique une révolution économique, si le peuple est en révolte contre le privilège et la force, et en train actuellement de les abolir (Trad 13). C’est ce que vous prêchez théoriquement. C’est en prêchant cela que vous gagnez votre salaire et c’est pour prêcher cela que votre journal fait appel aux révolutionnaires pour avoir leur soutien, Quand la chose se réalise, vous au moins ne devez pas l’ignorer. Encore moins devez-vous la déprécier, la dénigrer parce que vous ne vous donnez pas la peine de l’étudier.

Nous, au moins, pouvons signer consciencieusement comme étant de ceux qui sont pour la révolution sociale (Trad 14).

W. C. Owen, B. Flores Magón, E. S. Flores Magón,
Editeurs de Regeneración

* * * * *

Je ne relèverai pas le ton aimable de MM. Magón et Owen.

Je me contenterai, dans leur lettre, de relever :

Nous ne les avons jamais accusés de mauvaise foi, nous n’avons jamais posé la question s’ils étaient ou n’étaient pas de bons anarchistes.

On nous dit qu’il a une révolution sociale au Mexique. Ignorant tout de ce pays, nous avons marché dès le début à ce point que nous avons reçu de divers côtés, nombre de lettres de camarades demandant où il fallait s’adresser pour partir au Mexique, s’enrôler parmi les révolutionnaires Nous avons l’adresse de Regeneración, et aux questions que nous fîmes à ce journal, il nous fut répondu que ce n’était pas tant d’hommes que d’argent qu’on avait besoin.

Si, même pour une révolution, l’argent est une force, les hommes, cependant, en sont une autre.

Passons.

Mais au bout de quelque temps, nous reçûmes des lettres des Etats-Unis, de camarades que nous connaissons ; dont la sincérité révolutionnaire ne fait aucun doute, qui nous nous dirent : “ La révolution mexicaine, c’est de la blague " (2), et nous racontèrent la mésaventure de ces camarades qui, eux aussi, étaient partis pour se joindre aux révolutionnaires, et n’en avaient pas trouvé.

Sans doute la susceptibilité de M.M. Magón et autres se froisse, lorsqu’on ne les croit pas sur parole, mais lorsqu’il s’agit de lancer des nouvelles qui peuvent entraîner des camarades à lâcher tout pour aller, peut-être, au devant de déceptions, on avouera qu’il y a là une responsabilité morale qui vous fait passer outre les susceptibilités, même de M.M. Magón.

D’autre part, d’autres camarades nous envoient un manifeste d’un parti qui se proclame anarchiste, et ce manifeste est tout platement politicien, nous avons bien le droit de le dire.

Les signataires de la lettre nous disent qu’ils ne l’ont publiée que parce qu’il leur était resté pour compte, et n’avaient pas d’argent pour publier mieux !

Je me garderai d’affaiblir par aucun commentaire cette perle.

Enfin, on nous a dit, pour vous rendre compte qu’il y a bien une révolution sociale au Mexique, lisez les journaux. Lisez, la presse révolutionnaire, et vous verrez les combats, les luttes, les soulèvements pour la reprise de possession.

Nous avons lu :

Dans la presse quotidienne, nous avons bien trouvé des dépêches annonçant des soulèvements, des combats, mais nous avons lu aussi que la plupart de ces soulèvements sont menés par des généraux, des colonels ou autres gradés. Toutes les républiques espagnoles de l’Amérique ont des soulèvements militaires qui n’ont rien de révolutionnaire au sens que nous l’entendons.

Dans la presse révolutionnaire, enfin, là, c’est la toute autre note (3), il s’agit bien de soulèvements populaires pour la reprise de la terre, pour la révolution sociale, seulement tous ces récits ont une source unique : Regeneración.

Or, sans vouloir mettre en doute les hommes de Regeneración que nous ne connaissons pas, sur lesquels nous ne pouvons porter aucun jugement, on nous permettra bien de nous étonner qu’eux seuls soient tenus au courant de cette fameuse révolution mexicaine, et de se demander s’ils n’ont pas pris leurs rêves pour des réalités. Surtout lorsque tous ceux qui connaissent un peu le Mexique, nous disent, que, pour l’heure actuelle, une révolution sociale est tout ce qu’il y a d’improbable. (4)

Nous documenter, c’est ce que nous cherchons à faire. II n’y aurait qu’un seul moyen, se rendre au Mexique et se rendre compte par soi même si on connaissait la langue, ou par quelque ami sûr qui pourrait se passer d’interprètes. Cela, malheureusement, est hors de nos moyens.

En attendant, ce ne sont pas les injures qui peuvent nous servir de preuves.

Et je terminerai par cette réflexion :

En temps de révolution, la plume peut être d’un grand secours au fusil, cela est indéniable, mais j’ai toujours cru qu’en temps de révolution la place de ceux qui la prêchent, et surtout des promoteurs d’un mouvement, était avec ceux qui se battent.

Si, vraiment, le Mexique est en pleine lutte révolutionnaire, comment se fait-il que MM. Magón soient à je ne sais combien de centaines de kilomètres du théâtre de la lutte ? (5)

J. Grave
Les temps Nouveaux 17 année, n° 51, 20 avril 1912, p.5.


Rectification

L’ami Kropotkine m’adresse la lettre suivante :

II y a dans le Mexique du Nord un mouvement révolutionnaire assez sérieux parmi les paysans et le gouvernement républicain n’est pas capable de le maîtriser.

Il s’y produit des expropriations de seigneurs par les colons indiens. II s’y livre de temps en temps des batailles et ce n’est pas la Regeneración seule qui parle de ces batailles. On m’envoie de Los Angeles plusieurs journaux mexicains de diverses opinions, en m’y marquant les passages concernant les rencontres entre les troupes du gouvernement et les “ insurgés et il y en a tout le temps, et ce n’est pas toujours à l’avantage des premiers que tournent les combats.

“ Échauffourées ”, serait peut-être un terme plus correct pour ces rencontres, Le mot “ bataille ” devant s’appliquer à des rencontres entre des forces plus nombreuses. Mais ce serait se faire une idée absolument fausse de ce que sont tous les mouvements agraires, y compris ceux de juillet août 1789, que de ne pas voir que le mouvement du Mexique septentrional a le caractère que tous les soulèvements paysans ont toujours eu.

Cela m’explique pourquoi quelques amis sont désillusionnés sur la révolution mexicaine comme tant d’autres amis italiens, russes, etc., etc., ils ont probablement rêvé des campagnes garibaldiennes, et n’ont trouvé rien de pareil. Des plaines, des campagnes paisibles se méfiant (et pour cause) des étrangers, et - de temps à autre - tantôt ici, tantôt à vingt lieues à l’est ou au sud ou au nord de ce point, à sept, huit jours de distance, un autre village chasse les exploiteurs et s’empare des terres. Puis, vingt, trente jours après, arrive un détachement des soldats “ de l’ordre ” ; il exécute des révoltés, brûle le village, et, au moment où il sen retourne “ victorieux ”, il tombe dans une embuscade, dont il n’échappe qu’en y laissant la moitié du détachement morts ou blessés.

Voilà ce qu’est un mouvement paysan. Et il est évident que si des jeunes gens rêvant une campagne garibaldienne y sont arrivés, pleins d’enthousiasme militaire, ils n’y ont trouvé que découragement. Ils y ont vite aperçu leur inutilité.

Malheureusement, les neuf dixièmes (peut-être bien les quatre-vingt-dix-neuf centièmes) des anarchistes ne conçoivent pas la révolution autrement que sous forme de combats sur les barricades, ou d’expéditions triomphales garibaldiennes.

J’imagine le déboire de jeunes Italiens ou Français, connaissant “ la révolution ” par les livres et les poèmes des bourgeois révolutionnaires, s’ils étaient venus en 1904, lors des soulèvements paysans en Russie. Ils seraient revenus avec “ dégoût ", eux qui rêvaient batailles, assauts à la baïonnette et tout le décor guerrier de l’Expédition des Mille.

Et cependant, aujourd’hui que nous avons la description détaillée de ce mouvement - dont social-démocrates et anarchistes n’avaient aucune idée (6) et que personne d’eux n’a soutenu, ni de près ni de loin : (“ Attendez le signal d’un soulèvement général ”, leur disaient ces intellectuels), aujourd’hui que nous avons des enquêtes documentées sur ce mouvement, nous voyons quelle immense importance il eut pour le développement du mouvement révolutionnaire de 1905 et 1906.

Mais quoi ? N’auraient-ils pas eu les mènes déboires, s’ils étaient venus en Sibérie. alors que 3.000 kilomètres du Transsibérien étaient en grève et que le Comité de la grève, traitant d’égal à égal avec Linevitch, le commandant d’une armée de cinq cent mille hommes faisait un effort superbe pour rapatrier en un mois cent cinquante mille hommes.

Et - pour nous - cette grève sans faits d’armes, cette expropriation de l’État (auquel appartenait le chemin de fer) cette organisation spontanée des milliers de cheminots sur une longueur de plusieurs mille kilomètres, n’était-ce pas une formidable leçon de choses - que jusqu’à ce jour aucun anarchiste n’a encore racontée aux travailleurs français dans toute sa simplicité et toute sa signification prophétique - comme personne n’a su encore raconté le 1785-1793 paysan, dans toute sa simplicité intime, sans képis sur l’oreille, sans ceintures rouges, mais plus efficace que les képis et les ceintures.

P. Kropotkine

Je remercie l’ami Kropotkine de remettre les choses au point. (7)

Si, depuis que je les demande, j’avais eu ces renseignements, j’aurais été moins féroce dans ma réponse aux frères Magón.

Si j’ai été injuste à leur égard, je leur présente mes excuses, mais le ton de leur lettre, ainsi que les contradictions qu’elle contenait, n’étaient pas faits pour dissiper le malentendu. (8)

Je n’ai aucune raison, aucun intérêt pour désirer qu’il n’y ait pas de révolution au Mexique. Je n’ai été inspiré que par le seul souci de ne pas être la cause que des camarades s’embarquent dans une affaire qui ne me paraissait pas claire.

Jean Grave

Les Temps Nouveaux, 17 année, n° 52, 27 avril 1912, p. 1.

Trad 1) et avons l’intention de protester par la presse révolutionnaire internationale « et nous nous efforcerons tout spécialement de faire parvenir notre protestation à toute la presse révolutionnaire mondiale ».

Trad 2) ne doit pas être tenu dans l’ignorance « ne doit pas être trompé ».

Trad 3) pendant des mois par des moyens, des insinuations lâches, des soupçons jetés sur « depuis des mois par la méthode jésuite d’insinuations perverses, d’indications malintentionnées et soupçonneuses suggérées à l’encontre de ».

Trad 4) par quelqu’un dont on ne donne pas le nom « par un auteur anonyme ».

Trad 5) et ayant ainsi - grâce à vos aimables agissements - prévenu venu tous vos lecteurs contre notre cause « fait qui a contribué à prédisposer tous vos lecteurs contre notre cause. »

Trad 6) fait allégué « fait (imaginaire ».

Trad 7) si nombreux antérieurement au Mexique « ces derniers temps ».

Trad 8) et ad nauseam « jusqu’à lasser [les gens] ».

Trad 9) et nous n’avions pas d’autre moyen de propagande « pour imprimer les nouvelles copies qui étaient en circulation. »

Trad 10) le recouvrement de leur patrimoine « la récupération de leur héritage ».

Trad 11) votre affaire, ni l’affaire « devoir »

Trad 12) Votre affaire « Votre obligation ».

(Trad 13) suprême devoir ... une révolution économique, si le peuple est en révolte contre le privilège et la force, et en train actuellement de les abolir « devoir ... une révolution économique soutenue par le peuple contre le privilège et le gouvernement. »

Trad 14) Nous, au moins, pouvons signer consciencieusement comme étant de ceux qui sont pour la révolution sociale « Quoi qu’il en soit, nous pouvons du moins signer en étant conscients d’être des ouvriers de la révolution sociale. »

Conclusions sur la traduction :

les notes 5, 8, 9 ne pouvaient qu’indisposer Jean Grave (même si les 2 et 3 édulcorent le sens) ; « tradutorre é tradittore », même si c’était certainement quelqu’un « dont la sincérité révolutionnaire ne fait aucun doute » pour Jean Grave.

1) “ Quand Zapata incite le paysan à déposséder les monopolistes de la terre et l’aide à le faire, nous le trouvons un plus proche camarade que les révolutionnaires bavards des salons. ”

Il est difficile d’être plus clair et concret pour différencier la lutte sociale à la base avec les déshérités des critiques, par ailleurs intéressantes, d’observateurs lucides, mais souvent absents des luttes.

2) “ nous reçûmes des lettres des Etats-Unis, de camarades que nous connaissons ; dont la sincérité révolutionnaire ne fait aucun doute, qui nous nous dirent : “ La révolution mexicaine, c’est de la blague. ”

Les affirmations de copains [sans doute français]à l’étranger deviennent la vérité sur le Mexique.

3) “ Toutes les républiques espagnoles de l’Amérique ont des soulèvements militaires qui n’ont rien de révolutionnaire au sens que nous l’entendons. Dans la presse révolutionnaire, enfin, là, c’est la toute autre note ”

Les affirmations de la presse bourgeoise française sont plus véridiques que celles des camarades mexicains !

4) “ les hommes de Regeneración que nous ne connaissons pas [...] on nous permettra bien de nous étonner qu’eux seuls soient tenus au courant de cette fameuse révolution mexicaine, et de se demander s’ils n’ont pas pris leurs rêves pour des réalités. Surtout lorsque tous ceux qui connaissent un peu le Mexique, nous disent, que, pour l’heure actuelle, une révolution sociale est tout ce qu’il y a d’improbable. ”

Seuls les “ copains ” ont raison, les autres prennent “ leurs rêves pour des réalités ”.

5) “ Si, vraiment, le Mexique est en pleine lutte révolutionnaire, comment se fait-il que MM. Magón soient à je ne sais combien de centaines de kilomètres du théâtre de la lutte ? ”

Encore heureux que "En attendant, ce ne sont pas les injures qui peuvent nous servir de preuves." !

Affirmation naîve ou crétine : après l’échec de l’insurrection de 1911 des magonistes en Basse Californie, les partisans des frères Magón étaient en fuite ou réfugiés aux USA. Regeneración était publié à Los Angeles aux Etats-Unis et en juin 1912 Ricardo Flores Magón fut condamné à une peine de prison jusqu’à janvier 1914. Il avait déjà passé fait trois de prison de 1907 à 1910, une nouvelle période en 1911, vu la pression du gouvernement mexicain sur les USA, en 1916 nouvelle arrestation et libération, en 1918 dernière arrestation. Ricardo Flores mourra en prison au pénitenciar de Leavenworth en 1922.

6)"dont social-démocrates et anarchistes n’avaient aucune idée" Kropotkine,comme à la fin de sa lettre, exprime une forte critique des anarchistes (de salon ?, oui,à mon avis)que Jean Grave n’a pas osé discuter.

7) Par deux fois Kropotkine est qualifié d’ “ ami ”, donc son jugement est exact.

Jean Grave est incapable de tirer les conclusions suggérées par son ami : la vision de la révolution des anarchistes français est fausse et leur interdit de comprendre une situation hors d’Europe et même en Europe (la Russie) et ils ignorent l’histoire de leur propre révolution.

8) “ le ton de leur lettre, ainsi que les contradictions qu’elle contenait, n’étaient pas faits pour dissiper le malentendu. ”

Jean Grave n’a rien compris aux critiques des camarades de Regeneración.