CGT-e Info n° 4

vendredi 19 mai 2006, par frank

CGT-e Info n° 4

(fin de rédaction 08.04.06)

[Présentation et informations générales nationales, voir le N° 2]

Sommaire :

1) Analyse sociale,
2) Luttes de la CGT,
3) Luttes de la CNT,
4) Récupération de la Mémoire : Casas Viejas,
5) Récupération de la Mémoire :Justice pour Granado et Delgado

1) Analyse sociale

Harcèlement sexuel / violence machiste

[Extraits des conclusions de la rencontre de femmes de CGT des 12 et 13 novembre 2005]

Quelques idées générales

La violence contre les femmes aussi bien sur le plan des agressions sexuelles que celui des mauvais traitements, semble être passée de quelque chose d’invisible à un élément de préoccupation sociale. Nous disons « semble » parce que, dans de nombreux cas, cette sorte de consensus de ces dernières années ne va pas au-delà de la simple rhétorique, diffuse lorsqu’un cas concret se présente à nous.

Si nous n’avons pas en tête les racines structurelles qui entraînent ces situations d’abus, nous pourrons difficilement envisager une transformation réelle des rapports de pouvoir qui sont à la base de cette violence, pour y mettre un terme.

Si nous ne tenons pas compte du fait que ces situations d’abus sont intimement liées à la façon dont nous établissons des liens, nous entendons l’amour ou le sexe, et au modèle traditionnel de la famille ... si on ne comprend pas que nous, les femmes, nous sommes maîtresses de notre destin et notre corps, nous pourrons difficilement avancer d’un pas suffisamment ferme. [...]

Qu’est-ce que nous appelons violence contre les femmes ?

Deux façons de pensée s’opposent. L’une qui considère que la violence vient de tout effet produit sur nous par la structure de l’inégalité des salaires inférieurs à ceux des hommes, à une situation de pauvreté plus forte, à des agressions physiques ou psychologiques, etc. Une autre qui limite davantage le terme de violence aux agressions en soi, aux mauvais traitements comme la violence de caractère sexuel. [...]

Une dérive de victimisation très dangereuse est en train de se produire. Elle crée un imaginaire de femme victimes et non pas sujets.

Il y a une focalisation sur les femmes qui portent plainte contre la violence, on ne parle que d’elles, de ce qui leur arrive, alors qu’on doit parler d’eux, de la condition des hommes qui exercent la violence et du pourquoi ils l’exercent. [Le nombre d’assassins membres des forces de répression est important]

Il apparaît une image de l’Etat et de ses institutions, des lois, comme les garants de la liberté des femmes. Et, de même, on renforce l’idée que, nous, les femmes, nous avons besoin de cette tutelle. [...]

La violence se base sur l’existence de deux genres, d’une vision dichotomique et hiérarchique de la société. La violence n’est pas étrangère au rôle que nous les femmes nous devons assumer, on pourrait dire qu’on nous prépare à travailler gratuitement au nom de l’amour.

On propose la nécessité de construire des modèles alternatifs d’hommes et de femmes, de revendiquer la valeur des soins (*) et du travail avec le sens du « traitement adéquat » [« buen trato »].

C’est un emploi de conceptions inexactes qui entraînent des confusions. On affirme clairement que nous les femmes nous ne sommes pas dans une situation de faiblesse, mais dans une situation de vulnérabilité.

L’importance de l’éducation

On considère que l’éducation, non seulement dans le sens de l’enseignement, mais dans celui de toutes les influences culturelles reçues, est fondamentale pour changer cette situation. Mais on piétine quant à la mixité [grand nombre d’écoles religieuses avec séparation des sexes], les médias ont toujours une influence néfaste ; Les films, les chansons, etc., continuent à diffuser des stéréotypes sur l’amour ou la famille qui incitent à des rapports non égalitaires entre les hommes et les femmes.

(*) Le système économique comme un iceberg

1/3 du travail rémunéré, logique d’accumulation
2/3 de travail non rémunéré, logique des soins pour la vie : 80 % du travail des soins

« Il faut amener un enfant à l’hôpital et l’accompagner des heures durant pour que le séjour soit plus agréable. Une fille veut une fête pour son 15 ème anniversaire. Il faut écrire à la belle-mère pour lui donner des nouvelles sur la famille et lui demander comment va sa cheville foulée. Il faut aller au collège parler au professeur.

Une sœur a besoin de soutien avant un divorce imminent et un frère, de la compagnie face à un licenciement proche. Un neveu soulage sa solitude en parlant des pucerons sur les rosiers. Un membre de la famille doit rendre des chaussures orthopédiques. Une amie cherche une baby sitter pour son fils parce qu’elle va chez le médecin. Une autre amie veut un conseil pour un fils à problème.

On dirait que nous sommes aveugles et que nous ne voyons pas ce réseau qui agit et répond à des situations difficiles et, cependant, qui est fort nécessaire pour le bien-être des êtres humains et même pour l’existence en soi, au point d’être vu comme un fait naturel, comme respirer. »

[The unacknowledged Network that makes the world go round, the Guardian, 15.06.1978]

Tous les domaines de la vie fonctionnent sur le travail non payé. Par exemple, pour les soins de maladie, les organismes de la Santé (publique et privé) ne couvrent que 12 %. Les presque 90 % restant sont assurés gratuitement, de façon invisible et en majorité par des femmes. Si le travail des soins non rémunéré assumés aujourd’hui devenait des emplois, cela entraînerait 14 millions de postes de plus [en Espagne].

[Materiales de reflexión, n° 31, 02.06]


2) Luttes de la CGT

(Édition digitale de Rojo y Negro, organe d’expression de la Confederación General del Trabajo (CGT), on trouve le 27.03.06 :

Calendrier

30 mars, Málaga. L’Ateneo Libertario de Málaga propose une conférence d’Octavio Alberola "Pour l’annulation des sentences franquistes"

Cáceres. La CGT appelle demain à 11 à une mobilisation devant les portes de l’Institut Nacional de la Sécurité sociale (INSS)

3 avril concentration face au Tribunal Suprême [de Madrid] pour l’annulation des sentences franquistes

Plasencia. Débat organisé par la CGT sur la loi de « dependencia » [explication dans le prochain CGT-e info]

Concentration de la CGT et du LAB [syndicat basque] des travailleurs de Renfe [équivalent de la Sncf] le 29 mars au moment de la décision sur des sanctions de 4 mois [de licenciement] pour appartenance à un Comité de grève

Ateneo Libertario La Idea. Débat sur la résistance en Irak, avec Javier Couso, 23 mars

Terrorisme

Le ministère du Travail va enquêter sur 200 grandes entreprises et sur la sous-traitance.

Décès d’un travailleur dans un accident du travail après une chute d’un échafaudage, à Báguena (Teruel)

Un ouvirer meurt écrasé par une excavatrice à Formentera [Baléares]

L’Inspection du Travail donne une nouvelle fois raison à la section syndicale de la CGT de l’usine de destruction de déchets de la China [Madrid]

Un travailleur meurt électrocuté dans la zone industrielle de El Gordillo

La CGT et Autonomía Obrera signalent que trois employés de la blanchisserie del Puerta del Mar (Cadix) ont eu un accident en un mois

Considérée comme criminelle par le gouvernement, la grève de Mercadona est devenue illimitée du fait de l’interdiction par la Garde civile d’information des travailleurs. [reproduction intégrale du communiqué de la Fédération locale de Syndicats de Barcelone de la CNT, du lundi 27 mars 2006, identique, bien sûr, à celui publié sur Ainfos en castillan]

Ce samedi les grévistes ont été violemment agressés et la CNT demande des explications à la
Sous-délégation du gouvernement. Près de quarante gardes civils envoyés par le gouvernement surveillent quotidiennement les portes de Mercadona pour empêcher que les travailleurs soient informés de la grève. [...] Motifs de la grève : application de mesures de sécurité, réadmission de trois délégués syndicaux, une des exclusions est comme une erreur par la compagnie elle-même, arrêt du harcèlement sur le lieu de travail. Jusqu’à présent et vu que l’entreprise ne laisse entrer personne, la CNT affirme que l’impact [sur la grève] est faible, sans connaître de chiffre exact de la répercussion
des débrayages.

[C’est une des premières fois - sauf erreur- que la CGT reconnaît une lutte de la CNT]

Action directe

Campagne pour la réadmission d’Angel Luis et contre la répression syndicale envers la CGT à la Telefónica

Campagne pour la réadmission des 660 licenciés chez SEAT

Etc.

3) Luttes de la CNT

A-Infos [Barcelone] Début de la grève lancée par la CNT au Centre logistique de Mercadona à Sant Sadurní d’Anoia, 23.03.06

La grève touchera plus de quatre cents travailleurs et bloquera le ravitaillement de tous les magasins de Mercadona en Catalogne [près de sept millions d’habitants] [...]

Victoire de la CNT : Manuela réintégrée ! (22.02.06)

Le syndicat remercie le soutien et la solidarité montrée en cette occasion par des étudiants, des travailleurs en poste de la UPO, les professeurs, et les employées du nettoyage.

CNT n°319, janvier 2006 : La CNT demande la restitution de ses fonds documentaux aux archives militaires d’Avila

Réunion de la CNT avec des responsables du ministère de la Défense - qui ont géré les archives historiques militaires - pour revendiquer les documents saisis appartenant à la CNT.
Une grande partie de la documentation de la CNT a été donnée en 1987 par le Ministre de la Défense (Narcís Serra, du PS) à la Fondation Pablo Iglesias (= PS). [...] Inexplicablement, les archives militaires n’ont même pas conservé de copie de la documentation fournie.
entregada.

4) Récupération de la Mémoire : Casas Viejas

Casas Viejas faisait partie des nombreux villages andalous et de la région de Valence qui proclamèrent le communisme libertaire en janvier 1933. Casa Viejas est également le symbole de la répression des cénétistes par un gouvernement républicain franc-maçon, dont le premier ministre Azaña s’illustra par la formule qu’il aurait prononcée « tirer dans le ventre ». Le capitaine Rojas coupable de la boucherie de la cabane du cénétiste Seisdedos, 23 morts, fut poursuivi en justice en mars 1933 et condamné en mai 1934 à 21 ans de prison.

Sous le franquisme, la localité changea de nom, Benalup, puis Benalup-Casas Viejas et enfin Benalup de Sidonia en juillet 2005. Et Casas Viejas revient dans l’actualité grâce à la mairie socialiste qui soutient un projet de complexe hôtelier appelé “Libertaria” ;

La CNT et la CGT, les historiens, etc., s’opposent à cette absurdité.

Une partie de cette évocation est empruntée à la brochure de la CGT Casas Viejas - Libertaria - n° 1 octobre 2005, (Récupération de la Mémoire de l’Histoire sociale de l’Andalousie, Casa de la Cultura de Benalup-Casas Viejas). L’ensemble fait 65 pages : -présentation, -les événements, -vision de la presse de l’époque, -vision actuelle de la presse, -commentaires et réactions, -autres initiatives, -antécédents, -à propos du documentaire « El grito del Sur », -bibliographie.

“La CNT de Jerez et par la suite la CGT de l’Andalousie ont exprimé publiquement, leur refus de cette tentative de “marchandising” de la mémoire de la lutte sociale en Andalousie, et concrètement de María Silva (La Libertaria)”, parmi les rares survivants.

Des journalistes ont souligné que ce projet hôtelier revenait à créer des zones de loisirs dans les camps d’Auschwitz, de Karaganda, etc. Même le prix Nobel de littérature, José Saramago, a fait un article sur le sujet.

« [...] C’est ainsi qu’enfant de 11 ans, mon âge à l’époque, je n’ai pas entendu parler de Casas Viejas. J’ai dû entendre de nombreuses années avant qu’une fois adulte le hasard me mit en contact avec l’Espagne et l’Andalousie, avec le meilleur côté de son histoire, et non pas les données et les gestes que les censeurs avaient décidés comme connaissance générale. [...] Ainsi, uniquement par la lecture de quelques articles, j’ai pu connaître les hommes et les femmes qui ont cru que le moment était arrivé de répartir tout entre tous, comme cela aurait dû l’être dès le départ, si l’ambition démesurée - criminelle - de certains n’avait pas prévalu. [...] La trahison et l’iniquité se sont abattues, bien entendu, sur la vie et la mémoire des hommes et des femmes qui essayèrent de construire non pas un paradis, mais une terre habitable pour tous. [...] Se souvenir d’homme et de femmes qui se sont soulevés contre la famine et l’injustice d’un système séculaire est un devoir d’honnêteté. Rappeler les pièges de la république pour écraser casas Viejas est une obligation. Se souvenir c’est vivre et garder en vie les morts et leurs rêves. » Tierra y Libertad nº 8, automne 2000 (fin de l’info CGT)

Compte-rendu d’une réunion publique à Casas Viejas, "La mémoire n’est pas un commerce", avec la participation de l’historien José Luis Gutiérrez ; Celui-ci a retracé les événements de 1933 en insistant sur le pacte de silence de la Transition, comme suite au silence imposé par le franquisme, pour empêcher toute connaissance de la république et de la guerre civile en Andalousie.

Ensuite, un avocat a exposé qu’une plainte a été déposée contre la mairie de Casas Viejas pour non protection de biens historique (la cabane de Seisdedos). Juan Manuel Sánchez, de la CNT, a expliqué la position de son organisation et les réunions et les contacts avec le maire et la région.

« Enfin, quelques mots ont été prononcés par Juan Pérez Silva, fils de "La Libertaria" (femme qui a survécu à la tuerie de la cabane de Seisdedos et qui était une anarchiste andalouse connue), dont la position est clairement contre le projet touristique.

Un débat passionné a commencé et des habitants ont remercié la CNT pour son engagement contre la création d’un hôtel face à la passivité de la mairie et d’une grande partie de la population, vu la désinformation. Le complexe touristique est promu par une entreprise privée et la maorie socialiste de Casas Viejas. (Mensuel CNT n° 319, janvier 2006)

5) Récupération de la Mémoire :Justice pour Granado et Delgado

A - I n f o s ( 23.03.2006) La CGT a transmis un Appel aux militants libertaires » au nom du « Groupe pour la Révision du procès Granado-Delgado et du soutien à Pilar Vaquerizo”, veuve du camarade Francisco Granado, exécuté en 1963 avec le camarade Joaquín Delgado.

Comme vous le savez toute indemnisation pour les personnes incarcérées durant le franquisme) de la part de l’Etat et des gouvernements autonomiques a été refusé à Pilar Vaquerizo. Le prétexte est « de ne pas avoir effectué le temps minimum de détention exigé par le décret qui règle ces aides », puisqu’il a été exécuté 17 jours après son arrestation. (La CGT demande la) fin de cette discrimination si scandaleuse et le fait est que le temps passe et que le gouvernement socialiste ne met non plus de terme à cette injustice honteuse.

C’est pour ces raisons et du fait qu’actuellement Pilar est dans une difficile situation économique, avec une santé délicate, que nous avons lancé une souscription avec une contribution initiale de 200 Euros. [...]

Compte : 0049 - 1837 -51 - 2710238946 Titulaire : CGT objet : PILAR VAQUERIZO

Note : Envoyer une copie d’envoi au FAX 91 445 31 32, à l’attention de la “Comisión de Memoria Libertaria” (Cristina).

Antonio Martín Bellido, CNT, SII, RP apporte cet historique (03.06, liste internet CNT)

En 1994 avec quelques camarades nous avons décidé de rouvrir quelques dossiers en suspens dont j’étais partie prenante.

Pour cela nous avons commencé par faire un documentaire et faire rédiger un livre par un journaliste ami : « Crime légal pour deux innocents - L’affaire Granado -Delgado » Dans ce documentaire Sergio Hernandez et moi-même nous nous auto-inculpions d’être les vrais auteurs des attentats contre la « Direction générale de la Sécurité » et le siège des syndicats verticaux.

Dans un livre, éponyme, je racontais, entre autres actions, et par le menu comment cela c’était passé et dans la foulée je racontais aussi que l’attentat contre El Valle de los Caídos n’avait pas été fait par Sánchez Ruano mais par Paul Denais et par moi-même.

(Paul Denais est le « Monsieur de 80 ans » qui a été bousculé au CICP dernièrement par des gens qui se prétendaient être de la CNT, alors qu’il n’en est rien).

Depuis :

Pour ce qui concerne Granado-Delgado : en 1997 nous avons mis l’affaire devant le Tribunal Suprême. En 1998 j’ai été entendu par les juges de ce Tribunal. En 1999 nous avons été déboutés. Puis en 2004 le Tribunal constitutionnel a annulé la décision pour vice de forme, par 4 voix contre 2. Vice de forme parce que j’ai été le seul a avoir et entendu et pas les autres. Les deux juges qui ont voté Contre prétendaient que la Constitution espagnole actuelle n’est pas rétroactive et ne pouvait pas ouvrir les procès franquistes.

Prochainement les 4 autres camarades qui à de titres divers ont participé aux attentats de la DGS et des syndicats vont été entendus. Trois à Madrid et un autre à Paris sur Commission rogatoire.

Pour ce qui concerne l’attentat du Valle de los Caídos vous lirez ci-dessous les attendus de la demande de révision du procès de Francisco Sánchez Ruano .

Les sœurs de Salvador Puig Antich ont elles aussi demandé la révision du procès qui avait condamne à mort leur frère. Elles ont été déboutées, mais ont demandé que l’on reconstitue comment le policier avait été tué. Salvador avait été accusé d’avoir tué le policier, alors que l’autopsie avait été faite dans un commissariat et que le policier avait été tué de plusieurs balles, dont plusieurs avaient été tirées par les policiers eux-mêmes.

Il est à remarquer que lorsqu’en 1994 nous avons commencé à rouvrir les dossiers personne réellement en Espagne ne s’occupait de ces problèmes. Depuis la « Mémoire historique » a refait surface un peu partout dans la Péninsule.

Comme quoi parfois des personnes décidées, même avec peu de moyens, peuvent secouer le cocotier judiciaire.

Salutations cénétistes

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Lundi 13 mars 2006 Le Tribunal Suprême refuse la révision d’un attentat perpétré en 1962.

Francisco Sánchez Ruano fit 11 ans de prison après un attentat, qui ne fit pas de victimes, dans Le Valle de los Caídos, le 12 août 1962, auquel il ne participait pas. Il appartenait à un groupe anarchiste et était malheureusement dans le Valle le jour de l’attaque.

Des années après, les vrais responsables de cet attentat se sont auto inculpés, deux anarchistes, Antonio Martin et Paul Desnais, qui vivent en France. Tous les trois se sont présentés devant la Salle du Militaire du Tribunal Suprême pour demander la révision du conseil de guerre qui condamna Sánchez Ruano à 28 ans de prison. Et celui-ci, a refusé la révision par une décision prise le 26 janvier de cette année.

La salle du Militaire, présidée par Angel Calderon, suivant la décision du procureur Benito José Egido Trillo-Figeroa, a conclu devoir denier l’autorisation de demande de recours de révision parce que “dans la résolution judiciaire dont la révision est invoquée" il n’est pas attribué à Monsieur Sánchez Ruano, comme dit son avocat, l’action matérielle de l’explosion dans le Valle de los Caídos le 12 août 1962, n’ayant pas de preuves de sa participation matérielle ou morale dans ce fait, raison pour laquelle il n’est pas demandé que soient apportées de preuves indubitables, telles que figurent dans les déclarations de Messieurs Bellido et Denais et à partir desquelles pourraient résulter des erreurs par ignorance des mêmes.

La condamnation fut faite pour d’autres faits ou conduites punissables, selon les normes alors applicables, consistant dans l’appartenance de Monsieur Sánchez Ruano à l’organisation clandestine Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires, argumente-t-elle. Le Tribunal rappelle, comme toujours lorsqu’il traite d’affaires similaires, qu’il a obligation de protéger “le principe de sécurité juridique”.

Sánchez Ruano, déçu par la décision, assure qu’il ira devant le Tribunal européen des Droits de l’Homme de Strasbourg. Sa défense essaye de démontrer que, même si le franquisme ne réussit pas à prouver sa participation directe dans l’attentat, ce fut cette attaque qui provoqua son arrestation, son procès et sa condamnation. C’est ainsi seulement que s’explique, selon elle, qu’il fut condamné à 28 ans de prison pour “activités terroristes”.