CGT-e info n°5 / 6

jeudi 13 juillet 2006, par frank

CGT-e Info n° 5

(fin de rédaction 28.05.06)

[Présentation et informations générales nationales, voir le N° 2]

Sommaire :

1) Analyse sociale

2) Luttes de la CGT

3) Luttes de la CNT

4) La presse libertaire

5) Récupération de la Mémoire :Justice pour Granado et Delgado

1) Analyse sociale

Les pages 4 et 5 de Rojo y Negro de mai 2006 résume l’Espagne que le gouvernement socialiste actuelle renforce :

- « Gouvernement, organisation patronal, Commissions, UGT versus Travailleurs : la nouvelle réforme du Travail garantie les contrats poubelle et la précarité. »

L’article continue en soulignant que « des millions et des millions de personnes vivent et survivent dans un système de rapports professionnelles reposant sur la déréglementation, le chômage, la dangerosité et la précarité. »

- « Les sentences franquistes sont encore en vigueur ». D’où une manifestation récente à l’initiative du Grupo pro revisión del proceso Granado-Delgado »

- « Dénonciation d’expulsions illégales des mineurs étrangers à Madrid » L’article indique que les organisations de défense des droits de l’homme comme CEAR [ ] et SOS racismo dénoncent une fois de plus les atteintes aux droits des mineurs étrangers de la part de l’Institut madrilène des mineurs et de la Délégation du gouvernement dans la Communauté de Madrid.

- « Eau d’arrosage polluée dans les rues de Madrid » La note signale que « la santé des Madrilènes est en danger, comme la section de la CGT dans la station d’épuration « La China » l’a dénoncée. » [voir aussi CGT-e info n° 4] Le délégué syndical Luis González Álvarez (porteur d’accusations sur le non respect des normes d’hygiène dans l’entreprise) est toujours interdit de présence.

-« Les aides agraires pour les grands propriétaires
Les ouvriers et ouvrières agricoles ont ré-occupé une propriété de la duchesse d’Alba. [...] Le motif est protester contre les subventions agricoles que cette aristocrate touche de l’Union européenne.

Selon ces travailleurs de la terre, répondant à un appel du Syndicat des ouvriers de la campagne (SOC), la famille Alba n’apporte rien au développement de la région. [...] D’après Diego Cañamero, secrétaire général du SOC : « Les quinze millions et plus d’euros que reçoivent les grands propriétaires andalous ne génèrent ni infrastructures, ni emploi, ni richesse pour nos villages. »

- « L’armée cherche des soldats sur les bancs des écoles à Grenade

L’armée espagnole est à la recherche de nouveaux recruts parmi les lycéens de terminales des établissements de la ville. [...] Le syndicat CGT de l’enseignement à demander la fin de cette pratique, utilisée avec succès par l’armée nord-américaine. « Nous ne comprenons pas comment on peut travailler dans les établissements scolaires sur des sujets comme la paix et la résolution non violente des conflits et, d’un autre côté, y favoriser la présence des institutions armées pour capturer de futur-e-s militaires » concluent les syndicalistes. »

Toute la société est agressée dans le sens néo libéral, avec le maintien (aspect non abordé dans ces pages qui recueillent des éléments liés au mois de mai) d’une forte pression de la religion catholique et d’une vision manipulatrice du passé.

2) Luttes de la CGT

 Rojo y Negro présente un supplément intitulé “Non à la réforme du travail, Non à la directive Bolkenstein, la CGT unifie toutes ses luttes dans une seule journée le 10 juin, manifestation dans le centre de Madrid et concert.

Les responsables de tout cela [les pertes des droits sociaux acquis et les agressions] se gargarisent du mot démocratie alors que la réhabilitation et la reconnaissance de toutes les victimes de la dictature franquiste ne sont toujours pas établies, dit la CGT. Pour les médias les différentes réalités sont systématiquement occultées. On y voit des images frivoles et sensationnalistes et les contenus dont les contenues écartent de façon active ou passive les voix de ceux qui luttent pour changer les consciences.

Face à cette réalité imposée, le syndicat CGT ne se résigne pas : « Nous ne sommes pas une organisation de travailleurs ayant la vocation de devenir un agent social pour partager le pouvoir. La CGT ne pactise ni avec l’Etat ni avec le capital. Nous sommes un syndicat de travailleurs qui croyons à une vie sociale organisée et vécue par l’initiative, la liberté et la solidarité. Dans la CGT, avant tout, nous luttons pour le droit à soigner et être soigné (*), pour le droit de vivre et de maintenir un environnement sain et habitable, pour le droit à une vie digne et à un emploi au service des personnes, pour le droit à la libre jouissance des biens culturels et à l’autogestion social des droits. En définitive pour droit à avoir des droits. »

(*) (voir Cgt-e info n° 4) Materiales de reflexión inclus dans Rojo y Negro précise cette intéressante notion. Compte tenu que dans le traité de constitution approuvé par les gouvernement de UE (en attente de ratification), « pour le développement du capitalisme globalisé, il n’existe tout simplement plus de droits à reconnaître ou à sauvegarder. »

Contre cette vision destructrice, « la lutte pour les droits sociaux se déplace de la formulation de leur reconnaissance généralisée à la revendication des ressources qui en garantissent l’accès. Mais cela dépendra du genre de droits que nous présenterons. Il y aura des droits qui afin d’être définitifs pour la première fois, comme pourraient le devenir le droit à soigner et être soigné, qu’il faudra défendre aussi sur le plan de la reconnaissance que celui des accès. [...]

« Citoyenneté et travail de soins

Lorsque nous parlons de soins nous nous référons, en principe, à une nécessité ressentie par tous. Nous avons besoin de nous nourrir, de besoin façon correcte ; de vivre dans un lieu le plus commode et le plus propre possible ; de compagnie et d’affection ; de soigner notre santé et nos maladies ... Il serait difficile d’énumérer toutes les activités que nous réalisons quotidiennement pour soigner notre vie et celle des personnes qui nous entourent. La nécessité des soins exige pour être satisfaite un travail : le travail des soins.

Ce travail est traditionnellement appelé « travail domestique », avec une insistance sur la composante matérielle de ces activités (faire le ménage, les achats et la cuisine, laver le linge ...). Face à cette « matérialité », parler de travaux des soins c’est mettre l’accent sur l composante affective et relationnelle, soigner les autres et répondre à leurs besoins personnels, matériels et immatériels (aider un enfant a faire ses devoirs, accompagner son conjoint chez le médecin ...). Parler de travail de soins nous rappelle que le travail est beaucoup plus qu’un emploi, car tout en gagnant rien, on peut effectivement travailler.

Nous pouvons dire que les soins sont une des facettes de la vie où on note davantage la précarité aujourd’hui. Nous n’avons même plus le temps de nous soigner, ni non plus pour soigner et nous n’avons plus les ressources (monétaires, prestations sociales, aides techniques, logement ...). [...]

C’est pourquoi nous englobons ces carences dans le mot citoyenneté, en soulignant ainsi une façon de nous définir par rapport au droit historique de citoyenneté, qui dans la pratique a toujours été pour l’exclusion et un attribut propre à l’homme blanc occidental. » 

Indépendamment de cette plateforme générale de Rojo y Negro, le 9 mai le Syndicat fédéral ferroviaire a mené una action à Madrid, sur le plan national, avec deux rassemblements consécutifs. Il s’agissait de dénoncer la répression dans les chemins de fer et ses conséquences syndicales, professionnelles et salariales.

Nous continuons à défendre nos camarades sanctionnés au Pays basque de quatre mois sans emploi ni salaire pour avoir fait parti d’un Comité de grève. Nous plaçons ce fait dans un discours plus général sur tout ce qui passe depuis l’adoption de la loi sur le secteur ferroviaire et la séparation de Renfe en deux entreprises, c’est-à-dire : rupture unilatérale des droits, des salaires, destruction de branches professionnelles ferroviaires, élimination de personnel, etc... qui sont également des formes de répression. Nous nous mobilisons pour la possibilité d’un mouvement général sous forme de grèves ayant les plus fortes garanties de conséquence. [...]

Salutations libertaires ! Le Syndicat fédéral ferroviaire, Secrétariat permanent »

A-Infos du 14 mai a passé ce communiqué sur « Les 8 nouveaux hôpitaux [de Madrid] représentent un danger pour notre santé

Les 8 nouveaux hôpitaux en construction dans notre Communauté (Majadahonda, Vallecas, San Sebastián de los Reyes, Parla, Arganda, Aranjuez, Coslada, Valdemoro), ce sont des entreprises privées qui, par la suite, seront loués à l’Administration, pour une période allant de 30 à 60 ans.

Ce sont des hôpitaux privés et lucratifs, c’est-à-dire, que leur principal objectif est d’obtenir des bénéfices économiques et non pas de garantir une assistance sanitaire de qualité.

La stratégie néo libérale veut la privatisation des services publics (présentée comme une modernisation) ainsi que leur cession aux grandes entreprises habituelles (Btp, banques, assurances, ..), dans le seul but de multiplier leurs bénéfices.

La Santé publique madrilène, déjà pas mal détériorée (massification des
consultations et des urgences ; listes d’attente pour les diagnostiques et la chirurgie,
Déficit de lits hôpitaliers et de personnel, dérives vers la santé privée ...), ne va s’améliorer avec ces nouveaux hôpitaux. Bien au contraire, elle va empirer. N’oublions pas que près de 2.000 lits
publics vont disparaître dans les hôpitaux actuels au profit de 1.900 privés qui vont être disponibles ( Une PERTE REEEL DE LITS).

Ces hôpitaux sont un danger pour notre santé en tant que patients et en tant qu’usagers. Des études internationales démontrent qu’il existe un plus grand risque mortel en étant soigné dans un hôpital à but lucratif que dans le public.

· En Grande Bretagne. Depuis 1997, il y a eu un processus semblable à celui que le Parti populaire [la droite espagnole a ce parti uniquement] est en train d’appliquer à Madrid : fermeture d’hôpitaux publics et ouverture de privés. Le processus a fait grimper les infections hôpitalières (le nombre de femmes de service a été réduit de moitié) qui, en 2005, ont touché 500.000 patients (10 %
des cas graves hôpitalisés), entraînant la mort de 5.000 personnes et avec des coûts additionnels d’un milliard de livres par an.

La privatisation a poussé de nombreux médecins à émigrer, au point que 20 % des malades de cancer de Grande Bretagne ne peuvent être traités efficacement à temps à cause du manque d’oncologues.

· Au Canada. Transformation d’hôpitaux publics en concessions privées.
Une étude a démontré que, si tous les hôpitaux publics canadiens étaient transformés en hôpitaux à but lucratif (comme les concessions à Madrid), il y aurait 2.200 morts de plus actuellement.

· Aux USA Des étude (entre 1982 et 1995) sur 26.000 hôpitaux et 38 millions
de patients, ont conclu majoritairement que le risque de morte était significativement plus élevé dans les hôpitaux à but lucratifs. Et également ils ont indiqué que les taux de mortalité sont supérieurs dans des centres de dialyse poursuivant des buts lucratifs.

Une autre recherche, à partir de données sur 1,6 millions d’enfants soignés dans 243 hôpitaux a également montré que la mortalité perinatale était superieure dans les hôpitaux privés, que dans les centres non lucratifs.

Toujours aux USA, l’Université de Pennsylvanie a estimé à 20.000 le nombre de décès dû à leur séjour dans des centres privés ayant peu d’infirmières.

Quelles sont les causes qui font que los hôpitaux privés soient si dangereux ?

- ils doivent assurer des bénéfices pour leurs actionnaires (en leur garantissant des bénéfices annuels de 10-15 % de la somme investie), c’est la raison pour laquelle ils sont tenus de limiter la quantité comme la qualité des soins de santé.

- ils réduisent leur personnel pour avoir plus de rentrées fiancières : moins de médicins, d’employés en infirmerie et en personnel pour les lits. Une étude britannique note que les diferences de mortalité entre hôpitaux publics et privés comencent à diminuer au fur et à mesure que le nombre de travailleurs devient égal.

- Une partie très importante des frais est consacrée au paiement de salaires élevés des directeurs et en coûts de bureaucratie administrative, qui sont supérieurs au public.

DIFERENCES ENTRE CENTRES SANITAIRES

HÔPITAL PUBLIC
Ce qui compte c’est la santé et la qualité
Il soigne toutes les personnes de la même manière
Le personnel touche le salaire convenu
Meilleurs résultats sur le plan de la santé

HÔPITAL PRIVÉ
Ce qui compte c’est les bénéfices
Il selectionne les pacients rentables et rjette ceux qui ne le sont pas (vieux, chroniques ...)
Le personnel touche dans la limite des coûts à diminuer, des revenus à ne pas dépasser, des sorties de maaldes à accélérer ...
Plus grand risque de mortalité

Et, en plus, les hôpitaux que la droite va construire à Madrid sont beaucoup plus cher que s’ils étaient publics : l’ Hôpital Puerta de Hierro de Majadahonda, avec con 809 lits, va nous coûter 1.200 millions d’euros, tandis que le nouvel Hôpital Central de Asturias, à financement public, avec 1.039 lits
(230 de plus) coûtera 350 millions d’euros (et sera public). Ce schéma est identique à celui utilisé pour le financement de la voie rapide M-45. Nous paierons 1.670 milliards d’euros pour un chantier qui ne revient qu’à 487 pour les entreprises. Deux ans et demi après son inauguration, ces entreprises avaient déjà récupéré 204 millions, c’est-à-dire 42 % des investissements. A ce prix elles auraient pu faire trois voies rapides identiques.

MAIS MAINTENANT PARLONS SANTÉ

MADRILENE NOUS T’AVERTISSONS QUE LES NOUVEAUX HÔPITAUX SONT DANGEREUX POUIR TA SANTÉ

Coordination Anti-Privatization de la Santé Publique de Madrid (CGT-CNT-Solidaridad Obrera)

On voit que les trois syndicats anarchosyndicalistes sont unis sur ce plan. On remarque également que le portail de la CGT appelle à soutenir la grève de la CNT dans le Centre Logistique de Mercadona en Catalogne.

Sur le plan international, la CGT appelle systématiquement à protester au Maroc, en Amérique Latine, en Allemagne, etc.

Pour le I mai la CGT a réuni des dizaines de milliers de personnes dans plus de quarante manifestations dans tout le pays.

Pour la principale, à Madrid avec la Coordinadora Sindical de Madrid et Solidaridad Obrera [comme en 2005] elle a réuni près de 4.000 militants [dans les 600 en 2005]. La manife s’opposait à la réforme du Travail, les privatizacions et la precarité..

A Barcelone, les travailleurs licencié de SEAT ont marché aux côtés de la CGT dans une manif de plus d’un millier de personnes qui, après la manifestation, la lecture du manifeste et l’intervention de plusieurs orateurs, ont profité de la dégustation populaire de butifarras sur la Rambla du Raval [voir le livre d’Oleguer d’ici quelques pages], avec la participation de l’orchestre Vapor Nou.

A Valence, 1.200 militants, parmi lesquels une présence importante de jeunes se sont donné rendez-vous à 11 h. Il y eut une intervention d’Antonio Pérez, du Secretariat de Comunication de CGT-PV (Pays valencien).

A Saragosse, un “vermut popular y solidario” après la lectura de plusieurs appels devant environ 500 personnes.

Le même nombre dans la province de Málaga, cette année à Marbella, en soutien aux camarades de notre section sindicale, dans l’incertitude après le pillage de la mairie [deux élus socialiste et de droite se partageaient les fruits de la corruption immobilière, elles sont en prison pour des millions d’euros de malversations]. Des camarades de Campo de Gibraltar étaient aussi venus.

A Pamplona, à l’appel de la CGT, ESK et ATTU, plus de 1.000 personnes ont défilé sous le slogan “Face au Néo liberalisme, solidariyé et movilization”. Les problemas de Volkswagen ont été très presents et les accusations allaient contre le gouvernement de la Navarra comme responsable de la situation.

Autre axe de la CGT l’antimilitarisme, avec les journées de Jerez et XXI Marche à Rota avec ce programme « Pas un pouce de terrain pour la guerre ». La CGT s’est unie à l’appel d’Alternativa antimilitarista - MOC, de realizer des manifestations de protestations, accions directes non violentas et desobéissance civile dans les bases militaires pendant le mois de mai. Entre également un rassemblement à Jerez contre la réinstallation de l statue du dictateur le général Primo de Rivera. Une marche vers la base militaire nord-américaine de Rotaavec le slogan « Otan Non, les Bases dehors. Pour une Europa sans bases ».

3) Luttes de la CNT

A-Infos (ca) [Barcelone] 67 ième jour de grève à Mercadona.

Le samedi 27 mai manife à Barcelone de grévistes et de cénétistes pour dénoncer la complicité des Autorites avec l’entreprise (une chaîne de spermarché, voir les paragraphes suivants). L’image de l’entreprise est mise à mal. La CNT remercie le soutien reçu à Barcelone et de toute l’Espagne et d’autres coins du monde

Suspension du jugement sur les licenciements de deux des trois délégués syndicaux (10.05.06)

Cette grève est faite par les employés pour soutenir leurs délégués sanctionnés par la direction et c’est une des plus longues grèves de la province de Barcelone.

L’UGT est presente dans le centre en grève mais selon le Comité de Grève “elle ne fait rien contre les irregularités de l’entreprise, et on peut s’attendre à ce qu’elle apparaisse aux côtés de Mercadona au detriment des interes des grévistes”.

« Demain comme tous les jeudis il y aura une manifestation, de Sant Sarduní d’Anoia (Barcelone) au centro logistique qu’y possède Mercadona en Catalogne. [...] Los travailleurs exigen la readmision des trois delegués licvenciés, des mesures de securité et d’higiene, la fin du harcèlement professionnel, le respect de la liberté sindicalé, la garantie de la stabilité dans le travail et finalment que los travailleurs obtiennent une demi heure de repos, car à la diference de la majorité des entreprises, Mercadona ne paie rien pour le repos pendant la journée de travail.

11.05.06.

“Le Comité de Grève dénonce à nouveau “que Mercadona remplace les grévistes par des travailleurs d’ailleurs (« esquiroles » briseurs de grèves)”. C’est ainsi que “environ une centaine de briseurs de grèves ont été amenés de diferents points du pays, comme Valence, Madrid, Andalousie et même des Canaries”. La CNT a déjà de pareils cas. [...]

Presque 100 % des travailleurs de ce centro, 500 personnes, ont été amenés par l’intermédiaire du ministere des Relations exterieures d’Amérique latine. Mercadona utilise donc dans ce centro des personnes très pauvres d’Amérique, en profitant de leur indigence qui s’ajoute à leurs besoins, “d’où le fait que los employés travaillent le double pour un même salauire ”, avec un manque de mesures d’higiene et de revenus en rapport aux contrats.

Trois contingents ont été importés par Mercadona il y a deux ans à travers des accords de collaboration du ministere des Relations exteriores. En République dominicaine et en Equateur, on certifie qu’un total de six cents travailleurs est partis pour cette compagnie. Dans les deux cas Mercadona y a envoyé des cadres chercher des travailleurs, qui sont maintenant en Catalogne, en majorité en ce centre logistique.

CNT-AIT Barcelona

4) La presse libertaire

La revue Polémica a entamé sa XVI année et vient de publier son n°88 en avril 2006. Elle consacre un dossier au « Passé, présent de la presse libertaire en Espagne ». Son objectivité et ses données imposent d’en faire de longs extraits. Le passé est abordé par le spécialiste Paco Madrid « La presse libertaire jusqu’à 1939 » et sont mentionnés les périodiques étrangers de langue espagnole de new, York, la Havane et Buenos Aires, porteurs d’idées pour la Péninsule et même de polémique la concernant. Il est souligné que les collaborateurs étaient en majorité des ouvriers, sauf Ricardo Mella (ingénieur) et Isaac Puente (médecin).

Carles Sanz aborde « La presse libertaire en Espagne (2001-2005) ». Un petit commentaire personnel la période 1939-1999 n’est pas traité d’une part parce que la partie clandestinité et anti franquisme est relativement connue et que, d’un autre côté, 1975-1999 est senti comme enfermé dans un carcan, dont le siècle actuel donne des signes de rupture. Sanz adopte un critère que je suis à fond : « Même si « anarchisme » et « libertarisme » sont des synonymes, cette dernière acception englobe également des groupes et des individualités qui se réclament du domaine de l’anti-autoritarisme et de l’anticapitalisme, ce qui permet à cette presse de traiter des sujets plus larges en utilisant cette conception. La presse libertaire est clairement divisée entre l’anarchosyndicalisme ou presse syndicale (CNT, CGT et Solidaridad Obrera principalement) et la presse anarchiste ou libertaire (groupes ou collectifs, FAI, Jeunesses libertaires et anarchoféministes, avec la variante thématique : écologistes, végétariens, antimilitaristes, ateneistas (animateurs de centres culturels), punks, anti prisons et soutien aux prisonniers, avec aussi les iconoclastes, les nihilistes, les contre informateurs et plein d’autres. »

Carles Sanz souligne qu’il ne va tenir compte que des journaux anarchistes et libertaires. « Sur un total de 200 qui 112 existaient en 2001, 91 sont apparus en 2002, 69 en 2003, 66 en 2004 et seulement 51 en 2005 » d’où un problème que l’auteur analyse avec la baisse de la lecture, des débats rébarbatifs, une présentation peu soignée et quatrième élément la consultation de nombreux articles et infos sur internet. Quant à la séparation entre les titres, sur 194 titres, 81 sont anarchosyndicalistes, 42 %, la CNT en a 38, la CGT 40 et Solidaridad Obrera 3. 47 titres sont libertaires, 24 %, 39 pour des groupes, 6 pour les Jeunesses libertaires et 2 pour la FAI. Les 44 % restant concernent : 6 l’enseignement et la pédagogie, 4 l’anarchoféminisme, 20 des « ateneos » libertaires, 13 des comités anti prisons et de soutien aux prisonniers, 12 sur des sujets de culture, 5 anarchopunks, 4 de contre information, 2 sur l’écologie et 1 antimilitariste.

Géographiquement, Barcelone a 46 périodiques et sa province 21, donc 67, et la Catalogne 81, 42 % du total. Madrid en a 27 et 33 dans sa communauté. Valence vient loin derrière avec 8 et 14 dans sa région. Bilbao en a 6 et 16 pour le Pays basque, et la Galice 15, 14 pour Castille-la Manche, 4 en Andalousie (étonnant pour moi), ainsi qu’en Aragon et aux Baléares, 2 en Cantabrie, Murcie et Navarre.

Quant à la qualité, Carles Sanz met en avant la Tira de Papel du syndicat de la presse CNT de Madrid, Contramarcha du métro de Madrid de Solidaridad Obrera et El Correo Libertario des postiers CGT de Madrid. Il consacre son attention à l’évolution de Rojo y Negro de CGT « Entre 1988 et 2002, c’est-à-dire ses 150 premiers numéros, il a été caractérisé comme étant un périodique fade, avec peu de contenu et accusé d’être jusqu’à alors réformiste, vu la presque absence de référence à des sujets anarchistes. A partir de janvier 2003 un changement important a lieu tant pour le contenu que la présentation, le design, la couleur, des sujets de réflexion et de portée anarchiste, avec des suppléments, comme ceux sur la récupération de la mémoire, qui sont parmi ce qu’il y a de mieux ces dernières années. » CNT, « bien présenté et maquetté, embrasse une grande diversité de sujets, abuse de l’information internationale avec des textes très longs et indigestes, donne par contre une magnifique information dans le domaine syndical, du travail, des réunions publiques et des comptes-rendus de livres. » L’auteur indique que ces deux publications n’ont pas réussi à sortir de leurs confédérations respectives. Pour Solidaridad Obrera, un vrai mythe, en Catalogne, il y a en deux depuis dix ans (opposition entre syndicats). L’une de Badalona n’offre rien d’intéressant ces dernières années et celle de Barcelone, bien présentée, « offre des supplément culturels fort recommandables. Ces deux publications souffrent du manque de périodicité, d’où une perte de lecteurs et d’abonnés. »

Carles Sanz signale aussi La Campana du syndicat indépendant Solidaridad Obrera de Pontevedra, fédéré à la CGT, qui depuis des années édite un bulletin avec des sujets plus culturels que syndicaux, mais qu’on peut féliciter pour l’effort de sortir hebdomadairement. » Pour les revues de réflexion, « Libre Pensamiento » de la CGT « de grande qualité dans la présentation et le design n’a pas réussi à toucher complètement son lectorat et stimuler la réflexion sur les sujets abordés » ; ensuite Polémica et j’intercale ici mon grain de sel pour signaler ses efforts pour établir un dialogue avec la CNT et la CGT, donner des informations nationales et internationales sérieuses, raisons pour lesquelles je collabore de temps en temps à ces deux revues.

 Ekitza Zuzena de Bilbao et indépendante, est considérée comme la meilleure revue du mouvement libertaire de ces dernières années, tout en ayant été sur le point de disparaître. Elle propose des sujets très actuels de la pensée libertaire qui nous touche tous les jours, avec une grande étendue de critères. Elle est devenue une référence pour l’urbanisme, le travail, l’écologie, etc., mais elle donne un peu trop d’infos sur le Pays basque et le genre autonomie ouvrière et assembléisme.

«  "Al Margen" », de l’Ateneo homonyme de Valence : ses monographies d’une actualité tapageuse sont commentées et débattues par de nombreux secteurs libertaires, sa diffusion est mauvaise, un problème qui affecte la majorité de la presse libertaire. [...]

« En résumé, nous pouvons dire que la presse libertaire, de ces dernières années, n’a pas pu en général développer ou concrétiser dans la réalité quotidiennes son énorme richesse de points de vue sociaux, mais cette situation peut évoluer si on la soutient avec plus de force. »

Une présentation de la revue Ajoblanco et une interview d’un membre de la rédaction clôt le dossier. Créée avec un numéro zéro clandestin le 14 avril 1974 (date anniversaire de la II république et sous le franquisme) le premier numéro sortit en octobre. L’idée était de sortir des sentiers battus et du corsé marxiste, d’où une inspiration soixante-huitarde. Les six premiers numéros avaient un tirage de 10.000 exemplaires et furent bien accueillis. Ensuite jusqu’au n° 15 le tirage fut de 15.000, avec une censure de 4 mois en 1976 (relents du franquisme tardif). Du n° 16 de novembre 1976 à septembre 1978 le tirage passe de 30.000 à 100.000 avec une équipe et un contenu visiblement libertaire. En 1979 une scission a lieu et la revue s’arrête en 1980. De 1987 à 2000 un nouveau départ avec 50.000 exemplaires, mais un abandon vu que la presse bourgeoise piquait sans vergogne le contenu pour faire du fric en l’adaptant à sa sauce. Ca a été aussi le moment où des périodiques de groupes multinationaux envahissaient le marché, et on s’est aperçu que le diffuseur planquait la moitié de notre tirage dans ses dépôts. « Aujourd’hui en 2006 on peut dire en toute tranquillité qu’il n’existe pas de presse libre et que la dictature d’un marché contrôlé par quelque uns est absolue. Presque la totalité des créateurs et des intellectuels voient leurs voix frelatées par cette tyrannie. La réalité imposée par les médias est un fait et il n’y a pas d’issue. C’est pourquoi il ne peut y avoir de presse alternative. Nous sommes tous emprisonnés dans un système atroce qui est le seul qui donne un peu d’argent pour l’enfermer dans le silence. Jusqu’à quand ? »

Ainfos annonce Germinal, nouvelle revue libertaire, 15.05.06 dont le sommaire est « Nouveau tour de vis : les interprétations de l’enracinement de l’anarchisme en Espagne, la polémique continue—elle ? » de Javier Paniagua (universitaire valencien), « L’insoumission volontaire. L’anarchisme individualiste espagnol pendant la Dictature et la Seconda République (1923-1938) de Xavier Díez, “ Kant et Bakounine » d’Elena Sánchez Gómez, etc. Le conseil de rédaction semble pompeux et gage de confusions.

Le 11 avril 2006, l’Ateneo de Sants Espai obert [espace ouvert, en catalan] dans le quartier de Raval (objet de fortes spéculations) a présenté en mai un livre de Oleguer Presas et Roc Casagran (auteurs du livre Camí d’Ítaca [Le Chemin d’Ithaque, en catalan, allusion au retour d’Ulysse, une célèbre chanson d’une sorte de Brassens catalan Lluis Llach], publié par Editorial Mina.

Deux particularités : Oleguer est titulaire du Barça, récent champion d’Europe, le co-auteur est journaliste ; il était accompagné d’Iñaki Garcia [célèbre libertaire engagé dans des luttes sociales solidaires] du Collectif zapatiste, de Margarita Carreras prostituée, de Blanca Fernández féministe, Lluis Llach, Espais de desobediència a les Fronteres [espaces de désobéissance aux frontières, en catalan] et également la participacion de Manu Chao, Charte de mesures contra la violence immobilière, Victimes du civisme, Maison de la solidarité, Assemblée d’insoumises.

Un journal bourgeois, El Periódico(15.04.06, p. 5), a ainsi résumé cette belle soirée solidaire : “Oleguer Presas échappe aux clichés que nous avons sur les grands sportifs et c’est sûrement pour cette raison qu’un public nombreux et hétérogène est venu non pas seulement pour voir un footballeur célèbre de près, mais pour pouvoir dénoncer les différents problèmes du quartier. A savoir, la situation difficile des prostituées comme conséquence des normes sur le civisme inventées par la mairie de Barcelone, la dénonciation du “mobbing” [harcèlement en public] dont souffrent de nombreux habitants à cause de la voracité des agences immobilières, les plaintes d’une mère suite aux mauvais traitements infligés à son fils détenu depuis des semaines. »

Quant au livre en soi, 7.000 exemplaires déjà vendus (une deuxième édition est sortie), il narre des tranches de vie du joueur blaugrana, ses idées sur beaucoup de problèmes sociaux et politiques, l’année dernière jusqu’au titre de champion de division I. C’est le premier livre d’Oleguer, licencié en Economies et connu pour son engagement avec les mouvements de gauche, des campagnes pour la promotion des équipes sportives catalanes, le « non » à la Constitution européenne ou les protestations contre l’interdiction du journal basque Egunkaria.

5) Récupération de la Mémoire : Justice pour Granado et Delgado

Antonio (SIIRP) a communiqué et traduit les documents suivants :


APPEL Chers camarades :

Apres beaucoup de tergiversations et d’ajournements le Gouvernement espagnol va présenter enfin le Compte-rendu de la Commission Interministérielle -créée le 10 septembre 2004 - pour l’étude de la situation des victimes de la Guerre civile et du Franquisme ; mais,
contrairement à ce qui était promis, il ne présentera pas lui-même l’avant projet de Loi que la Vice-Présidente avait dit devait régulariser les mesures nécessaires pour compléter la réhabilitation morale et juridique des victimes de la répression franquiste.

Il semblerait, que pour ne pas assumer tout seul une aussi importante et historique décision politique et d’éviter ainsi l’accusation du Parti Populaire (PP) de vouloir réouvrir les blessures de la Guerre Civile et de diviser l’Espagne, son intention est de reporter - début du mois de juin - cette responsabilité sur les Groupes parlementaires pour que se soient eux qui cherchent le consensus pour son élaboration et son approbation.

Puisque se sont les Groupes parlementaires qui devront élaborer et approuver la Loi de Mémoire Historique, nous vous demandons d’envoyer aux Porte-Parole de ces Groupes (voir liste ci-dessous) un message (nous reproduisons ci-dessous le texte de base du message) pour insister auprès d’eux pour qu’ils renouvellent leur appui pour l’adoption définitive de la Proposition Non de Loi, qu’ils approuvèrent le 1er juin 2004, et qui obligeait le Gouvernement à créer ladite Commission Interministérielle pour réhabiliter et réparer matériellement les dommages causés aux victimes du franquisme.

Fraternellement Groupe Pro-revision procès Granado-Delgado-

Monsieur .... Porte-Parole du Groupe parlementaire

Nous avons été informés que le Gouvernement espagnol va présenter enfin le Compte-rendu de la Commission Interministérielle -créée le 10 septembre
2004 - pour l’étude de la situation des victimes de la Guerre Civile et du Franquisme ; mais, contrairement a ce qui était promis, il ne présentera pas lui-même l’avant projet de Loi que la Vice-Présidente avait dit devait régulariser les mesures nécessaires pour la complète réhabilitation morale et juridique des victimes de la répression franquiste. Selon cette information, l’intention du Gouvernement est de reporter cette responsabilité sur les Groupes parlementaires pour que se soient eux qui
cherchent le consensus pour son élaboration et son approbation.

C’est pour cela que nous vous demandons que votre Groupe se prononce en conséquence pour que, sans tarder, les victimes de la répression franquiste puissent être réhabilitées moralement et juridiquement. Une réhabilitation qui n’en sera pas une tant que ne seront pas annulées les sentences prononcées par les tribunaux répressifs de la dictature franquiste contre ceux qui luttèrent pour les libertés qui aujourd’hui sont constitutionnelles.

Comme vous le savez, cette annulation n’est pas seulement demandée par tous les Espagnols et partis démocrates, mais aussi par le Parti Populaire
(PP) qui se vit obligé à l’assumer, puisqu’il signa, avec tous les autres Groupes parlementaires la Résolution du 20 novembre 2002 condamnant le coup d’Etat militaire de 1936. Condamnation que cette année a fait sienne le Conseil de l’Europe, demandant instamment au Gouvernement espagnol qu’il réhabilite moralement et politiquement les victimes du régime franquiste et rétablisse la mémoire historique des violations des Droits de l’Homme perpétrées par ce « régime fasciste ».
Vous conviendrez qu’il serait honteux de continuer d’accepter que les victimes de la répression franquiste soient considérées par les institutions de la Démocratie de la même façon que les considéraient les institutions de la Dictature.
Vous avez l’obligation morale d’en finir avec l’honteuse dette de la Transition et ne pas permettre que la Démocratie continue à se déshonorer.

Signature du Groupe ou du syndicat :

Sr. D. Manuel Marín González
Presidente del Congreso de los Diputados
Carrera de San Jerónimo, s/n ,
28021 MADRID

Liste de Porteparole des groupes :

Sr. D. Josep Antoni Duran i Lleida
Portavoz del Grupo Catalán (CiU)

Sr. D. Josu Iñaki Erkoreka Gervasio
Portavoz del Grupo Vasco (EAJ-PNV)

Sr. D. Diego López Garrido
Portavoz del grupo Socialista

Sr. D. Gaspar Llamazares trigo
Portavoz del Grupo Izquierda Unida-ICV

Sr. D. Joan Puigcercós i Boixassa
Portavoz del Grupo ERC

Sr. D. Paulino Rivero Baute
Portavoz del Grupo Coalición Canaria-NC

Sr D. Francisco Rodríguez Sánchez
Portavoz del Grupo Mixto

Sr. D. Eduardo Zaplana Hernández-Soro
Portavoz del Grupo Popular

Adresse

Pza. de las Cortes, 9
28071 MADRID