CGT-e info N° 12

mercredi 31 janvier 2007, par frank

CGT-e info n° 12

(Fin de rédaction 06.12.06)

Evocation globale socio économique voir n° 2

Résumé bref !

- Agressivité des multinationales espagnoles dans le pillage du tiers monde et de l’Amérique latine en particulier (héritage des conquistadores) ;

- Stagnation et baisse du niveau de vie, avec perte des acquis, pour la majorité des salariés ;

- Rideau de fumée sur la répression franquiste et la récupération de la mémoire historique.

Contenu :

1) Luttes en cours

2) Sacré pays

3) Récupération de la mémoire

1) Luttes en cours

Victoire syndicale de la CGT chez Seat Volkswagen

Le licenciement par la direction de cette multinationale de l’automobile des délégués CGT (surtout des femmes) a été jugé nul et inapplicable par un certain nombre de magistrats. Quelle est la situation de ses camarades ? Ils perçoivent normalement leur salaire, mais la direction leur interdit de retourner à leur tâche précédente.

Cette situation est illégale et entraîne donc de nouveaux procès qui sont en cours.

Il est évident que la position des syndicats réformistes (UGT socialiste et Commissions ex PC) devient délicate et que la CGT va certainement décoller dans les élections syndicales que vont avoir lieu les mois prochains.

La CGT se mobilise à Valence contre les 810 licenciements à la Poste, manifestation le samedi à 11 h 30, devant la poste près de l’hôtel de ville de Valence. (Rebelion, 02-11-06)

Selon des données du syndicat, sur le total des licenciés 10 sont de Valence et presque tous du centre de traitement automatisé des postes de Quart de Poblet. Ces derniers viennent d’être exclus des “ bourses de travail” parce qu’ils ont exercé le droit fondamental de réclamer sur le plan judiciaire un emploi fixe dans l’entreprise, en accord avec une sentence de « l’Audiencia Nacional ».

Le syndicat CGT des PTT (CGT-Correos) dénonce le fait que les syndicats Commissions, CGT et CSIF ont collaboré avec la « Société d’État des Postes et des télégraphes d’Espagne, S.A. » pour ces licenciements. Dans ce sens, la section syndicale a affirmé que les syndicats réformistes « n’hésitent pas à vendre des travailleurs et à se positionner en faveur des licenciements et des stratégies des entreprises. Ces syndicats ne se soucient pas des intérêts de la classe travailleuse. »

2) Sacré pays

Longue évocation la situation de l’émigration espagnole jusqu’à 1973 et la déclaration de fin octobre des dirigeants des syndicats UGT et commissions (Fidalgo et Cándido) sur la nécessité de limiter l’entrée des travailleurs roumains et bulgares en Espagne. (Rebelión, 01-11-06) Un bel exemple d’amnésie et d’égoïsme patriotard (remarque personnelle)

Record des bénéfices de la banque... Endettement maximum des familles.(Joan Arnau, Kaosenlared, Rebelion 02-11-06)

13 milliards et 240 millions de bénéfices accumulés par la grande banque augmente de 52 % des recettes de 2004. La moitié revient à la banque Santander de Botín [...] Rien que les bénéfices de la banque Santander pourraient payer les pensions de 10 millions de personnes, et ce serait amplement suffisant pour en doubler le montant. [...]

En attendant, l’endettement des familles s’élève à 110 % de leurs revenus bruts disponibles, ce qui interdit complètement la possibilité d’épargner. Toute opération pour acquérir un logement, une voiture, monter une petite entreprise, se transforme en obligation de transférer une bonne partie du travail aux banques. [...] Il est pas étonnant que la dette financière des familles (fondamentalement des prêts hypothécaires et des crédits individuels) atteignent 2005 un nouveau maximum historique, environ 700 milliards de €. [...] Alors qu’en 1997 les dettes financières des familles revenaient à 28 % de leurs actifs, fin 2005 elles atteignent 46 %. [...] L’augmentation de la richesse générée va de pair avec l’approfondissement de la fracture sociale [entre riches et pauvres]. [...]

Il y a quelques semaines nous avons appris qu’une personne sur cinq en Espagne vit sous le seuil de pauvreté, et ne dispose que de 371 € par mois. [...] 2 millions de chômeurs, les contrats intérimaires représentent plus de 30 %, la moitié des Espagnols a du mal à finir le mois, les salaires augmentent de moins de 3 %, les revenus agraires baissent, des milliers de petites et moyennes entreprises sont menacés par la délocalisation, les jeunes ne peuvent accéder au logement et ceux qui en ont un devront consacrer la moitié de leur salaire durant toute leur vie pour payer l’hypothèque. [...] C’est le ciel vous quelques uns et l’enfer, à différents degrés, pour la majorité.

«  Diagonal » donne la parole à deux éducateurs de rue. L’un situe la profession comme apparaissant dans les années 1970, d’abord dans la province de la Rioja et de Barcelone. La tâche d’éducateurs de rue était « la prolongation de la fonction éducative de la famille et de l’école. Mais les élèves de la rue sont précisément ceux qui ne vont pas fréquemment à l’école [...] Ils trouvent souvent une bande organisée où le chef, le leader, dirige tout le groupe avec agressivité et une certaine justice de survie dans la jungle de l’asphalte »les éducateurs de rue sont chargés d’éviter que les jeunes ne tombent dans la spirale de la violence. Les éducateurs de rue étudient une zone et cherche à se gagner la confiance des jeunes « à partir de là, un chemin compliqué d’avancer et de recul débute, et, s’il n’aboutit pas à une rupture, de fréquentes, commence progressivement à donner des fruits. « 

Julio Rugero, à d’autres éducateurs de rue, est interrogé à propos des chiffres du ministère de l’éducation sur l’échec scolaire (30 % des élèves ne finissent pas le CES) et d’un rapport sur la violence et le harcèlement scolaire en Espagne (25 % des élèves qui de mauvais traitements). Il pense qu’une »la femme éducative, pour progressive qu’elle soit, échoue si nous les profs et les parents, nous ne changeons pas notre mentalité [...] et nos visions de la société. [...] pour comprendre la société globalisatrice où nous vivons une fois abordée l’étude depuis l’interdisciplinarité et la compréhension au-delà de la raison. »

Concrètement, Julio Rugero propose « la création d’un corps unique d’enseignants formés sur le plan scientifique et pédagogique [...pour le primaire et le secondaire] bien que spécifique en fonction des secteurs de travail. De plus, il faut en finir avec cette école sélective dans l’échec scolaire est le symptôme le plus évident. Nous produisons un système fermé. »

Anniversaire de « rebelion.org », journal digital créé en 1996 à partir du besoin des changes d’information sur un projet formé dans un local de quartier du parti communiste. Le système marche à la stupéfaction des initiateurs, vu la nécessité de s’informer et d’informer sur une foultitude d’événements, de lutte marginalisée pour « les citoyens qui ne pouvaient connaîtraient une autre réalité que celle des grands médias. », effectivement c’est une source pour l’Espagne et l’Amérique latine, avec les voix de Petras, Chomsky, Dietrich, etc.

3) Récupération de la mémoire

« Notre frère Salvador », par les soeurs de Salvador Puig Antich

Dans la même cellule et face à un fonctionnaire, le militaire avec un uniforme impeccable, lui a transmis que deux condamnations à mort ont été prononcées contre lui. D’après des témoins, Salvador pleurait.

Salvador Puig Antich était le troisième de six frères et sœurs. De tout petit, il avait une prédisposition à être l’avocat des pauvres. Il a été exclu du collège de la Salle Bonanova, pour avoir défendu un élève qu’un professeur avait injustement traité. En plein milieu de l’année il était difficile de trouver un collège et en plus avec la condition aggravante d’avoir été exclu. Mais il put rentrer au collège des capucins de Pompeya, et l’année suivante il entra au collège des salésiens de Mataró, où il passa le baccalauréat de lettres. Il y connut le père Manero qui, quelques années plus tard, l’accompagna pour son ultime nuit.

L’année suivante il entra dans l’enseignement professionnel tout en s’inscrivant au lycée Maragall. Il y étudia dans une branche scientifique, car il voulait étudier la carrière des sciences économiques. Il y connut également des camarades avec lesquelles plus tard ils formèrent le MIL (Mouvement ibérique de libération).

Durant cette année scolaire se rendit compte que les sciences économiques ne répondaient pas à ses intérêts et il alla à la faculté de philosophie et de lettres. En 1968 il commença sa lutte clandestine contre le régime franquiste en participant à différentes manifestations des commissions ouvrières.

A cette époque, il vivait chez notre soeur aînée, qui suivait avec attention le changement existentiel que Salvador éprouvait. Il était nerveux, dormait mal ... il était évident que sa vie prenait une autre direction et finalement en 1971, il passa à une étape importante en entrant dans le MIL.

Le MIL était un mouvement anticapitaliste, qui se proposait de combattre le capital sous toutes ses formes et qui voulait renforcer l’auto organisation et l’autonomie de la classe ouvrière. Il critiquait également la conception hiérarchique de la vie sociale et le syndicalisme en tant qu’outil d’intégration des travailleurs dans la société capitaliste.

La vie clandestine fit que Salvador s’éloigna de la famille. Encore que dans la pratique, sentimentalement et émotivement, il été très proche et à cause des problèmes de santé de notre mère il s’intéressait à ce qui nous arrivait.

Le 7 février 1973, lorsque notre mère est morte, Salvador a abandonné la clandestinité pour venir chez nous, nous soutenir en tout pour partir ensuite. Ce fut la dernière fois que nous l’avons vu libre.

Le mardi 25 septembre, il fut arrêté en compagnie de Xavier Garrega. La police les avait identifiés depuis longtemps, après avoir arrêté un militant du MIL Santiago Soler Amigó, ce dernier servit d’appât pour l’arrestation de ses camarades.

Soler Amigó, contrôlée par la police et concrètement par le groupe chargé de désarticuler le MIL, se rendit à un rendez-vous avec les inspecteurs Francisco Rodriguez et Timoteo Fernandez avec les sous-inspecteurs Francisco Anguas et Luis Algar. Le lieu du rendez-vous, le bar « Funicular », était à l’angle de la rue Girona et Consell de Cent. Immédiatement un corps à corps commença, les policiers réussirent à maîtriser momentanément Salvador et son ami et à les conduire dans l’entrée du numéro 70 de la rue Girona, juste à côté du bar. La bagarre et la confusion ont repris, aggravée par un échange de coups de feu, entraînant des blessures pour Salvador et le sous-inspecteur Anguas, mortelles dans son cas. Tous les deux furent transportés à l’hôpital clinique de Barcelone.

La famille fut informée de ce qui s’était passé le lendemain en lisant la presse. Ce fut un coup terrible pour tous, surtout pour notre père. Un des titres des journaux était « un cambrioleur tue un policier. » nous ne pouvions nous fier à rien. Nous ne savions pas non plus où il avait été amené. Notre crainte était qu’il soit au commissariat de Via Laietana, tristement célèbre pour la grande quantité de personnes qui y ont été torturées. Ces heures furent très angoissantes.

"El Caso", hebdomadaire sensationnaliste de faits divers, fut implacable. Il accusait Salvador de nombreux délits qu’il n’avait pas commis. Jusqu’à son exécution il fut utilisé comme bouc émissaire parfait pour la situation générale du régime.

Oriol Arnau et Francesc Caminal tenait un cabinet d’avocats dans la Gran Via. Oriol était un ami de Carmen, une des soeurs, il connaissait Salvador, puisqu’il l’avait conseillé pour un fait ponctuel. Carmen lui téléphona et Oriol et Francesc commencèrent à agir. Ils se présentèrent à la police comme étant les avocats de Salvador. On les informa qu’il était à l’hôpital clinique, et que son état était grave, mais ils purent le voir.

Avec cette information, Carmen et Imma sont allées à l’hôpital. La