Argentine info n° 20

samedi 13 janvier 2007, par frank

Argentine info 19

(Fin de rédaction : Buenos Aires, 12.01.07)

BUTs de ce bulletin :

- donner des infos directes, de la base, sur le mouvement des piqueteros, les précaires et les chômeurs.

- connaître les effets du néo libéralisme à partir d’un pays qui a vingt ans d’avance sur l’Europe occidentale puisque (par une série de phénomènes balkaniques et de colonisation soviétique en partie expliqués sur ce site, voir « Bulgarie 25 = 100) une partie de l’Europe est assez proche des conditions capitalistes de l’Argentine actuelle - la Bulgarie, la Roumanie -.

- voir et analyser sans d’oeillère conseilliste ou d’une quelconque religion antisyndicale et idolatrice d’une spontanéité apolitique qui tombe souvent dans les manies d’une stratégie révolutionnaire planétaire digne du marxisme révolutionnaire le plus classique.

- échapper - parce que cela n’existe pas pour les piqueteros - aux visions intellectuelles de cette même stratégie militaire appliquée à une prétendue Amérique Latine de gauche du Venezuela à l’Argentine, dont le seul point commun est d’être une bonne base pour faire fructifier quelques millions d’euros (des lecteurs seront-ils concernés ?) et utiliser de temps en temps un vague anti Etats-Unis de façade tout en maintenant des liens privilégiés avec des multinationales européennes. (Ce serait aussi vain que de se réjouir de l’utilisation de l’esperanto par le Vatican, signe de sa conversation à l’anarchisme ?)

- informer des liens qui se tissent, lentement et faiblement, entre les exploités de plusieurs pays proches de l’Argentine (voir dans les bulletins précédents une motion de la rencontre de février 2006 à Montevideo).

Pour un panorama synthétique et les problèmes actuels du pays, voici le sommaire du bulletin n° 15 (01.09.06, pour un plan socio-économique détaillé, voir le N° 4) ;

Un bref bilan de 2006 :

Augmentation de la répression et de la fracture sociale,
Persistance de la misère des plus pauvres, surtout des enfants,

Indifférence d’une grande partie des classes moyennes et refus d’action en profondeur du gouvernement.

La manipulation des médias est grande du fait du double effet de lecteurs partisans du maintien de leurs bénéfices et d’un gouvernement qui satisfait les bénéfices de cette Argentine de vingt millions d’habitants qui prétend ignorer les 18 autres.

Confirmation du rôle du pouvoir : Kirchner et ses partisans s’y accrochent, refont l’histoire récente de leurs collaborateurs parmi les Mères de place de Mai et les organismes des droits de l’homme - ceux qui sont sensibles au pouvoir et ses retombées économiques (Estela de Carlotto, récupératrice d’un mouvement formé par d’autres, Chicha Mariani), faire alliance avec les pourris (le syndicaliste Barrionuevo et Romero gouverneur de Salta, pour ces zigotos, voir les bulletins précédents).
La lecture du livre de Walter Curia (journaliste incapable d’analyser les premiers mouvements piqueteros et l’attitude de Kirchner) «  El último peronista - la cara oculta de Kirchner - » [le dernier péroniste - le visage occulte de Kirchner-] (Buenos Aires, 2006, 311 p.) montre la personnalité de Kirchner, bon gestionnaire assoiffé de puissance, fidèle à une ligne annoncée publiquement : « On veut construire une Argentine autonome même dans le cadre de la globalisation. » (livre de W. Curia, p. 97, 17 mai 2001, avant sa candidature présidentielle, « La Opinión Austral », quotidien de la province de Santa Cruz, rapportant un discours du puissant chef de la province Néstor Kirchner)

Il existe dans tous les bulletins publiés une complicité de Maria Esther Tello, Mère de la place de Mai, Línea Fundadora.

Contenu

1) L’enlèvement de Julio López

2) Sur la misère et les nantis

3) Récupération de la mémoire

1)L’enlèvement de Julio López

Dans quelques jours (le 18 janvier), ce sera le quatrième mois de la disparition de Julio López. Des manifestations auront lieu dans tous les pays.

Mes impressions sur place ne changent pas celles que j’avais en Europe : le gouvernement a cédé à un coup d’état « propre » de la police de Buenos Aires (dans les 50.000 individus armés, femmes et hommes, à la gâchette très facile), le silence du gouvernement et un arrêt en fait de tous les jugements en cours contre les génocidaires.

Deux faits significatifs : d’abord les partisans du gouvernement ont tendance à dire « fue » quand on par le de cet enlèvement, une façon de dire argentine pour « c’est du passé, passons à autre chose ». Enfin, le comportement de flics du commissariat de Los Hornos, quartier de La Plata, où a eu lieu l’enlèvement (« Página 12 », 11.01. 07). Un adolescent de 17 ans, accusé d’un prétendu cambriolage, a été tué d’une balle dans la tête dans le véhicule de police qui le conduisait au commissariat, cinq policiers ont été expulsés de la police (deux d’entre eux - deux sergents -sont arrêtés pour homicide, les trois autres - un capitaine et deux officiers - pour rétention et disparition d’informations.

Autrement dit, il semble établi que Julio López a été tué dans son quartier par des congénères de ces policiers à la gâchette très facile.

Pas grand chose à dire de l’enlèvement et découverte de Luis Gerez, les multiples contradictions, les manipulations gouvernementales, l’incapacité de trouver des coupables, orientent toute personne normale vers une supercherie de plus.

En revanche depuis le 15 décembre (en gros), les projecteurs médiatiques fixent des procès sur des responsables de la triple A des années 1975-1976 (avant le coup d’état militaire). C’est une façon de mouiller une partie des vieux péronistes de mèche avec les futurs putschistes militaires. Pour établir une comparaison, c’est un peu comme si on recherchait des coupables dans les forces de répression française en Algérie contre les « indigènes » pour des faits antérieurs au 1 novembre 1954, sans se soucier de la guerre impérialiste de 1954-1962.

Página 12, 17/12/06 Le cas de Carlos Lossada, témoin pour le procès en tours du camp clandestin de la Polaca (journaliste passé à tabac)

Etrange décès d’un témoin à Paso de los Libres, le maçon Albino Montecucco, début novembre, juste avant son audition pour le même procès (un ancien collaborateur des services secrets militaires). Un suicide apparent par pendaison.

Nouvelles intimidations contre le siège de la Maison des droits de l’homme à Santa Fe, indymedia, 09.01.07.

Les faits auraient lieu entre la nuit du 31 décembre y le matin du 2 janvier. Le local a été visité en dépit de la protection policière depuis septembre.

2) Sur la misère et les nantis

Eduardo Aliverti dans “Página 12”, 11.12.06, a écrit l’article « Volée de bois vert contre le gouvernement et appels au dialogue », une analyse impeccable.

Ce n’est pas à nous de financer le bifteck d’échine des pauvres de Buenos Aires.” C’est une déclaration d’un éleveur de la région de Pergamino [ville de la Pampa ??], cité dans ce journal. Il est impossible de trouver quelqu’un, dans un des secteurs impliqués dans le conflit [entre les éleveurs de bovins et exportateurs de viande et le gouvernement], qui ait résumé avec une précision aussi brutale la cause du problème.

La personne qui s’est le plus rapproché de la sincérité de cet “ homme de la campagne” (entre guillemets puisque on sait bien qu’il y a des gens qui ont des terres mais qui ne sont pas de la campagne) c’est le président de « Confederaciones Rurales Argentinas ». Mario Llambías, dans une déclaration au journal “La Nación” [de droite] mercredi dernier, a expliqué « il s’agit simplement de défendre un mode de vie et de réclamer le retour la liberté de marché ». Il a expliqué, bien sûr, que l’utilisation de la force « n’est ni idéologique ni politique ». Car tout le monde sait qu’exiger la liberté du marché ce n’est pas idéologique ou politique, c’est une simple strophe d’un poème pour enfants.

[Un des arguments proposés actuellement est que seul les spécialistes de l’agriculture ont une opinion censée] si on accepte cette logique, seuls les journalistes pourraient parler du journalisme, les footballeurs du football, les scientifiques des politiques scientifiques. [...] Aucune spécialisation n’est nécessaire pour savoir que 3 % des producteurs 100 entre 70 % de la récolte de soja. Pas plus que pour constater que six établissements dirigés par Cargill et Bunge s’approprient 93 % des exportations de blé. Faut-il être spécialiste pour certifier que la production à l’hectare de céréales est passée de 4. 500 à 9. 000 dollars, ou de 3. 000 à 10. 000 dans les zones du maïs ? Faut-il être un savant pour déceler que les mêmes types, partisan du marché libre et de l’État absent, sont ceux qui sont bouche close lorsque l’État leur fournit le gasoil et appliquer une politique du dollar élevé ? Qu’est-ce qu’a dit cette oligarchie lorsque la dictature de 1976 à générer la plus formidable liquidation de ventre de l’histoire, il se plaint il y a à peine plus d’une vache par habitant ? Qu’a-t-elle fait, à part fournir ses cadres pour le génocide sous la forme de gouverneurs, ministres et secrétaires ? [...] Elle se considère comme précédant la patrie, tout comme l’armée.

Quant au gouvernement, il y a une bonne part de torts. Pour commencer, il manque de tout symptôme pouvant indiquer une politique quelconque sur l’agriculture et l’élevage. Et en outre, il n’a pas prévu qu’il s’efface à un groupe insatiable, et il réagit tard. C’est toujours un gouvernement rabougri, tout petit, sans orientation importante, et frileux pour montrer son jeu, former et lancé des cadres nouveaux et capables.

Hier s’est terminée la 23e année de démocratie. C’est une donnée qui démontre qu’on n’a pas été capable de changer, même superficiellement, les structures de l’Argentine. Cette société, où ses secteurs les plus dynamiques sont enviés, assurément par tout le reste de l’Amérique latine. Et probablement, le reste du monde. Jugez les génocidaires, les condamner, les gracier tout en les harcelant. Sortir dans la rue chaque fois que cela était nécessaire, emprisonner des puissants, établir les libertés civiles, une liberté d’expression considérable. C’est aussi vrai que le fait depuis 23 ans la démocratie n’a pas été capable de modifier de façon substantielle la justice sociale. [...] Voulons nous le faire ou nous contenter que Videla et compagnie soit en prison ?

Vision économique classique “Lumières et ombres de 2006”, Hugo Presman (Argenpress, 09/01/2007)

Sur les 170 millions de hectares d’agro élevage du pays, 74,3 millions sont aux mains de 4.000 propriétaires, dont Luciano Benettón, Douglas Tompkins, Joseph Lewis et Ted Turner, fondateur de CNN.

La diminution importante du chômage, près de trois millions de personnes insérées depuis 2003, a en contrepartie des salaires inférieur au seuil de pauvreté et clandestins pour la plupart, entraînant le paradoxe notable que le travail signifie sortir de l’exclusion mais pas de la pauvreté. [...]

Une avancée a été le paiement de la dette au FMI. Du pont de vue de l’équité cela équivaut à consacrer des chiffres faussés et privilégier un des promoteurs de la crise. A la
Différence de la question des droits de l’homme, dans ce cas, assurément, le gouvernement a accepté le point final et la non révision du passé. [...]

En 1950, l’Argentine avait un revenu par habitant du plus du double de l’Espagne ; Aujourd’hui il est entre 15 et 20 % de celui de l’Espagne et entre 9 et 12% de celui de l’Italie.

Vision économique d’un philosophe “ Le sinistre pouvoir de la terreur”, León Rozitchner, (lavaca, 05.01.07)

Quand on prend imaginairement la place d’un résistant, la menace de mort nous touche également ; Chaque citoyen voit réapparaître le sinistre pouvoir de la terreur, et la société se retrouve atterrée. La liberté qu’on a gagnée peu à peu est soudain perdue. [...] la figure du nouveau disparu [dans les médias] ne fait que confirmer les images de l’horreur passée, parce qu’on occulte leur persistance nécessaire au néo libéralisme, une autre forme normalisée du génocide dans sa production de misère, de maladie et de famine. [...] Kirchner suit le modèle classique sans oser récupérer ce qu’on nous a exproprié dans un contexte de terreur. Il n’est pas vrai que si la Nation va bien économiquement, il en soit de même pour la majorité. La richesse est reçue par certains secteurs, qui ne vont pas au-delà de trois millions d’habitants. Entretant, les prix augmentent, ce qui se passe est très grave, par exemple la médecine, pas seulement dans les hôpitaux publics, mais aussi pour la médecine privée. Il ne suffit pas d’avoir enlevé le tableau de Videla du collège militaire [24 mars 2004]. C’est notre économie néo libérale, la grande génocidaire, qui porte atteinte aux droits de l’homme.

Revendications des chômeurs sur l’augmentation des plans sociaux une prime de fin d’année.
(“Página 12”, 11.12.06)

Le Bloque Piquetero Nacional marche vers la place de Mai pour réclamer un "travail véritable" et de la nourriture. Les organisations convoquante sont la CCC (maoïstes), le Movimiento Sin Trabajo "Teresa Vive", le Polo Obrero, etc.

D’autres organisations manifestent également, comme la CUBa, qui a publié un communiqué insistant sur "le manque de réponse du gouvernement à la demande augmentation pour arriver à 500 pesos [au lieu de 150] de deux subsides pour tous les chômeurs" et assimilés. "Alors que Kirchner aidait les entreprises privées, payait le FMI, confirme l’augmentation des frais des membres de gouvernement, les chômeurs ne peuvent trouver un véritable travail et continue à toucher ces misérable 150 pesos mensuels", a indiqué Kuperman, responsable de ce mouvement.

La CTA demande 2400 pesos comme salaire minimum (“Página 12”, 11.01.07)

Le plancher de la discussion salariale del 2007 doit être le panier minimum de la ménagère”, considère le secrétaire adjoint de la Central des travailleurs argentins (CTA), Pedro Wasiejko, en référence aux commissions paritaires qui débuteront en mars de cette année. [...] L’ Indec calcule le panier minimum de la ménagère comme étant de 899,40 pesos, tandis que la CTA l’envisage pour une famille moyenne à 2400 pesos.

Wasiejko indique un minimum incluant les frais d’une santé, educacion, logement, nourriture dignes.

Communiqué sur indymedia : nous voulons du travail pour vivre n’ont pas mourir en travaillant.

27 novembre dernier, six employés de messagerie sont morts dans des accidents de travail. Dans la semaine du quatre 8 septembre quatre autres camarades ont connu le même sort. Au moment de ce communiqué, nous venons d’apprendre qu’un autre camarade est décédé à quelques mètres de la Casa Rosada [siège du président de la république], à l’intersection de Perú et Avenida de Mayo.

C’est la précarité de nos conditions de travail qui expliquait les causes de ce génocide silencieux qui a brisé la vie de huit messagers (âgé pour la majorité de moins de 30 ans) à Buenos Aires et ses environs. C’est le travail au noir et le rendement qui nous tuent.

Cette situation ne peut être résolue par le port de casques et des cours de prévention comme le croire l’organisation patronale. Pas plus qu’en pays en les enterrements et en aidant les familles de nos camarades, comme le prétend la présidence de la république. La solution est la régularisation des activités, en inspectant les agences, en éradiquant le travail au noir, en appliquant des journées de travail et des salaires conformes à la loi, avec une convention collective garantissant des conditions de travail dignes et sûres.

Nous savons qu’une longue lutte nous attend et nous voyons la tournée d’aujourd’hui comme un premier pas dans ce sens.

Pour un travail digne et sûre

S.I.M.E.Ca Sindicato Independiente de Mensajeros y Cadetes [coursiers à pieds]

Depuis octobre, (“Página 12”, 10.01.07), un quartier est en construction à Ciudad Oculta [banlieue de Buenos Aires] grâce aux Mères de place de Mai [le groupe de Bonafini, qui pour une fois ne met pas l’argent reçu de l’Etat et des ONG dans sa poche] et grâce à un accord avec le Ministère des Droits de l’homme et de la société de la ville de Buenos Aires. C’est un ensemble de 36 logements où travaillent 80 personnes dont la moitié sont des femmes.

Les logements auront 60 mètres quarrés avec rez-de-chaussée et deux niveaux. D’après les maquettes et les plans, chaque unité aura un living, deux waters et trois
Chambres à couchers. Mais la nouveauté c’est la méthode de construction. Les murs n’ont ni briques ni ciments : on les lèvent à partir de panneaux en “telgopor” [plaque de plastique comme celles qui protègent des appareils électroménagers] enveloppés d’une double maille d’acier sur laquelle on projette du ciment avec un compresseur et un pistolet spécial. Le système a été créé par une compagnie italienne Emme Due.

En l’absence de protection, ils ont organisé un syndicat (“Página 12”, 07.01.07)

Le mouvement des enfants et adolescents travailleurs (NATs) a atteint l’Argentine.
Fortement présent au Pérou et au Chili, le mouvement regroupe quelques 200 enfants entre 6 et 18 ans de tout le pays unis pour lutter pour de meilleures conditions de travail de Mar del Plata, Córdoba et Jujuy. Les ONG sont partagées : c’est contraire à la législation, mais la syndicalisation est un outil nécessaire pour “accéder à une source de travail digne”.

Encore un article du canard du gouvernement, qu’on peut voir comme une tentative de certains de réveiller les lecteurs et le gouvernement, ou bien comme de la poudre aux yeux du genre la liberté du marché et la capacité des pauvres les plus délurés résout en soi tous les problèmes (et en épargnant - comme chacun sait - ils finiront par avoir la voiture, l’appartement et leur résidence secondaire, le yacht et leurs économies aux îles caïmans).

3) Récupération de la mémoire

Página 12”, 02.12.06, Osvaldo Bayer cultive un sujet unique : la revendication des ouvriers agricoles patagons fusillés en 1921-1922 et la démolition de la figure du général-président Roca, conquérant de la pampa et de la Patagonie, génocidaire d’Indiens.

C’est une noble tâche, moins honorable quand elle est accompagnée du silence sur les stupidité et les escroqueries financières de Hebe de Bonafini (qui semble financer en partie Bayer avec le fric qu’elle reçoit du gouvernement) ; carrément fielleuse, quand elle ne remet pas en question la politique d’abandon des perdants du système capitaliste en Argentine.

Dans « Réalités argentines” on peut lire : Ils ont définitivement triomphé [les grévistes fusillés]. Je reviens d’une visite sur tous les lieux que j’ai vus en Patagonie pour enquêter sur les grèves tragiques de 21-22. J’ai parcouru la même route qu’alors ; je peux dire que les vaincus d’hier ont définitivement triomphé. Les humbles héros ont le souvenir permanente de la population. Leurs noms sont inscrits dans les collèges, les monuments, les rues, les lieux. Personne ne pourra plus venir les éloigner du souvenir populaire.
[Ojalá sea así = espérons qu’il en sois ainsi. Tant qu’il y aura le régime capitaliste, on a tout à craindre]