Argentine info 19

vendredi 9 février 2007, par frank

Argentine info 19

(Fin de rédaction : Buenos Aires, 09.02.07)

BUTs de ce bulletin :

- donner des infos directes, de la base, sur le mouvement des piqueteros, les précaires et les chômeurs.

- connaître les effets du néo libéralisme à partir d’un pays qui a vingt ans d’avance sur l’Europe occidentale puisque (par une série de phénomènes balkaniques et de colonisation soviétique en partie expliqués sur ce site, voir « Bulgarie 25 = 100) une partie de l’Europe est assez proche des conditions capitalistes de l’Argentine actuelle - la Bulgarie, la Roumanie -.

- voir et analyser sans d’oeillère conseilliste ou d’une quelconque religion antisyndicale et idolatrice d’une spontanéité apolitique qui tombe souvent dans les manies d’une stratégie révolutionnaire planétaire digne du marxisme révolutionnaire le plus classique.

- échapper - parce que cela n’existe pas pour les piqueteros - aux visions intellectuelles de cette même stratégie militaire appliquée à une prétendue Amérique Latine de gauche du Venezuela à l’Argentine, dont le seul point commun est d’être une bonne base pour faire fructifier quelques millions d’euros (des lecteurs seront-ils concernés ?) et utiliser de temps en temps un vague anti Etats-Unis de façade tout en maintenant des liens privilégiés avec des multinationales européennes. (Ce serait aussi vain que de se réjouir de l’utilisation de l’esperanto par le Vatican, signe de sa conversation à l’anarchisme ?)

- informer des liens qui se tissent, lentement et faiblement, entre les exploités de plusieurs pays proches de l’Argentine (voir dans les bulletins précédents une motion de la rencontre de février 2006 à Montevideo).

Pour un panorama synthétique et les problèmes actuels du pays, voir le sommaire du bulletin n° 15 (01.09.06, pour un plan socio-économique détaillé, voir le N° 4).

Il existe dans tous les bulletins publiés une complicité de Maria Esther Tello, Mère de la place de Mai, Línea Fundadora.

Contenu

1) Vision de la base non manipulée par les partisans du néo libéralisme

1 - 1 Un texte ancien, mais

1 - 2 Frente Popular

2) Les organismes de base manipulés par le gouvernement

2 - 1 On note une

2 - 2 Autre exemple, les tabliers

3) De la disparition de López aux tactiques du gouvernement ayant une incidence sur la base

« 3 - 1 » La disparition
« 3 - 2 » Lapallisade sur la justice et la société argentine

3 -3 Chiffres et chiffres

1) Vision de la base non manipulée par les partisans du néo libéralisme

1 - 1 Un texte ancien, mais complètement en prise avec la réalité de février 2007, donné par des camarades du Frente Popular Darío Santillán de Buenos Aires, le mouvement étant national.

1 mai [2006] journée du travailleur, hier, aujourd’hui et toujours Organisation et Résistance !! Trois ans de gouvernement K Unité dans les rues

Depuis presque trois ans de gestion, le gouvernement de Kirchner a continué d’appliquer un modèle économique et social qui favorise les secteurs les plus concentrés de l’économie - grands groupes économiques, entreprises privatisées, bâilleurs de fonds étrangers -, en condamnant la majorité du peuple argentin à la pauvreté et la famine.

Tandis que les grandes entreprises multinationales continuent à s’emparer impunément de nos ressources énergétiques et naturelles - eau, terre, pétrole - et tirent du pays des milliards de dollars, dans les quartiers la misère de notre peuple s’accentue. Au lieu de s’occuper des besoins les plus urgents du peuple - travail, santé, éducation -.

« Ce gouvernement utilise les énormes recettes commerciales pour payer la dette externe illégitime » et veiller sur les intérêts des bâilleurs de fonds étrangers ; Les bas salaires et la précarisation du travail sont une pièce maîtresse de la continuité de ce modèle, tout autant que le chômage, un drame structurel que ne pourra être résolu que par une profonde transformation de la société.
Dans ce contexte, une importante avancée a eu lieu dans notre pays dans les luttes des travailleurs ayant un emploi, durant lesquelles l’apparition et la mise en place progressive de nouvelles expériences ont été décisives, marquées par une tendance nettement classiste et antibureaucratique.

Les travailleurs des compagnies téléphoniques, du métro, des chemins de fer, les enseignants et la lutte héroïque des travailleurs de las Heras ont démontré qu’à partir de la lutte et de l’organisation il est possible d’obtenir des victoires importantes, en dépit de la complicité de la bureaucratie syndicale avec les patrons et le gouvernement.

La famine, la pauvreté et le chômage -sujet dont les grands médias complices du gouvernement ne disent rien - constituent le problème le plus grave de la société argentine et demandent des solutions urgentes.

Cette réalité que prétendent cacher les statistiques officielles est vécue dans la chair de millions de camarades hommes et femmes qui sont toujours en chômage et n’ont pas accès aux programmes d’aide. Comme en juin 2002, le montant des plans d’emploi est de 150 pesos, un chiffre qui est une honte et qui est à plus de 150 % en dessous du seuil de la pauvreté.

C’est pourquoi les luttes continuent et s’étendent dans tout le pays en mettant en évidence le véritable caractère du gouvernement Kirchner, qui face à l’organisation et à la protestation populaire n’hésite pas à défendre les intérêts des grandes entreprises, en réprimant les travailleurs et en emprisonnant les combattants populaires ;

Pour ce primer mai, face à la continuité des politiques d’exploitation et de famine de notre peuple dont bénéficie une poignée de grandes entreprises et de groupes financiers, nous réaffirmons la poursuite de la lutte et nous saluons l’unité des travailleurs employés et au chômage.

- Augmentation générale des salaires

- Travail pour tous

- Universalisation et augmentation des plans sociaux

- liberté immédiate de tous les prisonniers politiques

- annulation des procès des combattants populaires

1 - 2 Frente Popular, reflet de la lutte et des idées du Frente Popular Darío Santillán, 12 pages, en A 3, aéré avec dessins et photos, en noir et blanc.

On distingue nettement trois parties : analyse de la société, formation, réalisation

n° 8, juin 2006,

Première page « 26 juin, 4 ans après [l’assassinat par des policiers au cours d’une manif par tirs réels, en tenant élevées les jambes pour accélérer l’hémorragie des blessures à la tête et dans le torse, avant l’arrivée des ambulances, des militants Darío et Maxi]

Nous n’oublions pas, Nous ne baissons pas les drapeaux,
Pour Dario et Maxi Pour le changement social »

Annonces de réseaux de commerce juste (poulets, confitures, légumes, travaux sur tissu, charpenterie) de MTD de La Plata, Guernica, Luján, etc.

Annonce pour fin novembre à Quilmes (banlieue sud de Buenos Aires) de discussions et débats autour de l’histoire et de l’actualité des mouvements sociaux en Argentine, avec la participation de l’association des excès détenus disparus et de mères de place de Mai, Línea Fundadora, avec Nora Cortiñas.

n° 9, octobre novembre 2006,

Dénonciation de la disparition de López

Avortement légal, une décision indispensable (éducation sexuelle, et contraceptifs pour ne pas avorter, avortement légal, sécurité sociale gratuite pour ne pas mourir).

Le travail précaire et la responsabilité de l’État

Echos du campement de formation qui a réuni 150 camarades
1) Quel est notre horizon stratégique ? Objectif du Front
2) Pouvoir populaire, notre pratique, caractéristiques du Front populaire, Front populaire et Etat
3) l’Amérique latine, construction du pouvoir populaire et du socialisme

Bref résumé du sixième campement latino-américain de jeunes organisés et 23 27 septembre avec près de 1000 camarades du Venezuela et du mouvements Sans Terre et du Mouvement des Travailleurs Chômeurs du Brésil

À Buenos Aires une campagne été lancée pour des logements dignes
création en atelier d’expression pour les enfants a Echevarría (banlieue)

n° 10 décembre 2006

Pour un véritable projet de transformation sociale (avancer dans la construction de la confiance et de l’unité possible avec des regroupements frères, préparer un projet alternatif de transformation sociale)
Rencontre militante 148 délégués de 28 organisations ont le samedi 25 novembre des représentants du centre de vie du Nord

Florencio Varela (banlieue sud) atelier de promotion sur la santé, informations sur les maladies par transmission sexuelles et les maladies liées à la pauvreté et à l’adolescence, assemblée de nouvelles ouvertes dans cette première étape de volontariat.

édition d’une brochure sur la sécurité (au cours des manifestations, pour le travail syndical, durant la distribution de tracts, etc.)

Dernière page d’inégalité entre les Argentins et si profonde de 100 000 personnes touche la même quantité d’argent que la somme des revenus de 20 millions.

2) Les organismes de base manipulés par le gouvernement

2 - 1 On note une recrudescence d’aides provinciales et nationales sur le papier offerte à tous les mouvements de chômeurs, en fait cédées à 80-95 % aux organismes de chômeurs et de pauvres contrôlées par le gouvernement. La minorité ayant presque coupé tous les ponts avec le gouvernement, comme le Frente Popular Darío Santillán , accepte sans illusion aucune une mince participation, mais elle doit forcer la main pour y arriver.

Un exemple parlant : des coopératives ont été lancé vers juillet 2006 pour arranger les trottoirs et d’autres les caniveaux et les évacuations d’eau avec une composition stricte (20 personnes, tant recevant des plans nationaux, tant des plans provinciaux). A La Plata toutes les coopératives sont des mouvements Evita et Barrio de Pie. Dans le quartier Los Hornos (celui de López et aussi de camarades très libertaires), le MTD appartenant au Frente Popular Darío Santillán ne reçoit rien, tout en ayant fait des demandes. Après deux coupure et occupations d’artères principales de La Plata en septembre et en octobre, le MTD a l’autorisation pour deux coopératives (trottoirs et eau). Comment ça se passe ?

Les deux coopératives du Frente Popular Darío Santillán de los Hornos sont envoyées à plusieurs kilomètres dans la ville, avec un contrôleur de travaux fort tâtillon. En revanche dans le quartier, des habitants manifestent contre le travail d’une coopérative d’eau complètement tordue (au sens tuyauterie du terme), mais comme c’est une coopérative venant de « bons » organismes, il n’y a pas de contrôle et la critique n’est guère recevable.

2 - 2 Autre exemple, les « tabliers ». Il faut savoir qu’en Argentine, de la maternelle à la fin du primaire (parfois en partie dans le secondaire) tout le monde porte un tablier blanc (qui doit être immaculé) des élèves aux enseignants. Dans ce cadrel, une initiative dans la province de Buenos Aires est que depuis 2 ans, différents ateliers formés de chômeurs fabriquent des tabliers pour le ministère de l’éducation de la province (200.000 puis 400.000 et c’est reparti pour 2007, rentrée des classes en mars).

Version interne d’un organisateur : fourniture des machines à coudre, 6 h par jour chaque tablier étant payé 6 pesos au lieu de 1 dans le privé, d’où une possibilité de salaire de 600 (les plans étant de 150) ; un gros effort est fait pour « recycler », former les travailleurs, leur redonner une compétence et leur laisser du temps pour militer pour le mouvement (contrôle de assiduité, de la qualité du travail).

On n’est pas des intellos de café, on est efficace, 1.500 / 2.000 personnes concernées de 55 mouvements différents et pas seulement en faveur du gouvernement.

Réponse, TB, mais quelles garanties de continuité pour les personnes employées ? Toutes les cartouches ne sont-elles pas grillées pour le gouv ?

Pas de contre-réponse, sauf que la grand manitou proche du président à l’origine de cette initiative peut acquérir plus d’influence.

Vision interne d’une référente d’un MTD critique de la Plata d’un atelier participant à l’expérience. On n’a jamais reçu de machines à coudre, on a avait déjà formé notre atelier textile. On est un des rares mouvements non manipulés par le gouv, on profite de cette offre comme stimulation interne. C’est évidemment une manipe, le grand manitou est une ordure finie.

Si on gratte dans le passé, on voit que le grand manitou auquel il est fait plusieurs fois allusion est Emilio Pérsico. Voici sa trajectoire, selon le périodique de l’OSL en septembre 2003 : ex montonero, ex peronismo que resiste, ex quebracho, référent du MTD Evita avec un local à Florencio Varela [banlieue de La Plata] et La Matanza (territoires clé pour la dispute du capital politique piquetero, encore qu’il se construit dans le reste des municipalités de la banlieue de Buenos Aires). Le MTD Evita est apparu publiquement pour la première fois pendant la manif de jugement populaire du 26 de juin dernier un an après les assassinats de Dario y Maxi. Un mois plus tard, il n’était plus sur le pont Pueyrredón [lieu de l’assassinat], mais il a organisé un hommage a Eva Perón sur le place de Mai avec l’Organización Libres del Pueblo, de Rodolfo Perdía, un autre ex montonero [à un moment le n° 2 équivalent à général] y ex ménémiste [voir le film « mémoire d’un saccage »], [...] Pérsico a déclaré que “L’idée est qu’il y ait lieu un phénomène comme celui que Perón impulsa, sans créer les syndicats, mais en les intégrant au péronisme. Nous pensons qu’il y a une occasion semblable : il existe un mouvement de masses qui ces dernières années a mené la résistance contre le modèle néo libéral et il est temps de l’intégrer au processus politique” (Página/12, 3/08/03). Cette construction supervisée personnellement par le gouvernement inclue les piqueteros devenus clairement “officialistes” comme le député Luis D’ Elía, dirigeant de la FTV[fédération du logement et de la Terre]-CTA et candidat comme gouverneur de la province de Buenos Aires [échec ...]. Se son côté, Raúl Castells [retraités pauvres], incendiaire dans ses discours et“radical” dans ses grimaces n’a jamais cessé de tisser de bonnes alliances avec le péronisme de Buenos Aires.

3) De la disparition de López aux tactiques du gouvernement ayant une incidence sur la base

3 - 1 La disparition

L’opinion la plus courante est que les flics de Buenos Aires ont tué Julio López et que par une manip spectaculaire quelques jours avant la fin de l’année des secteurs proches du gouvernement ont organisé un enlèvement bidon, en rivalisant entre eux pour savoir qui dans les coulisses allait toucher des avantages pour le succès de la libération, d’où des contradictions étonnantes (l’épouse qui se présente comme la veuve tout comme un célèbre péroniste qui parle de décès ; des témoignages de torture alors que le rescapé présente un dos et une poitrine parfaitement saine ; des témoins nombreux au départ, muets à l’arrivée).

On approche du cinquième mois de López et le silence des organismes officiels est unanime. Pour la manif de Buenos Aires du 18 janvier pour le quatrième mois, voici un bref compte-rendu. Mes estimations sont très subjectives, environ 4.000 personnes, 95 % d’organisations marxistes léninistes, vu une demi douzaine de militants de l’OSL, et aussi une vingtaine de sympathisants de Hijos del Pueblo, groupe anarchiste classiste formé en mars 2006.

Première déduction générale : absence de tous les groupes piqueteros « cooptés » (comme on dit ici, c’est-à-dire clientelisés, financés) par le gouvernement ; et c’est normal puisque depuis la récupération du deuxième disparu Luis Gerez, fin décembre, 40 minutes après un discours « dur » du président (mou dans les faits, puisque le sens profond est : aidez-moi, j’ai des difficultés, et zéro mesures concrètes contre les « groupes de pression » dans les organes de répression dénoncés par le président) les partisans du pouvoir considèrent et font courir le bruit que tout a été fait du côté flic et juges.

Deuxième déduction, le discours officiel des organisateurs marxistes léninistes était correct : mollesse et incapacité du gouvernement, nécessité de mouiller sa chemise, donner les noms et condamner ceux qui mettent des bâtons dans les roues.

Troisième déduction : zéro critique de fond du gouvernement, du fait qu’une partie des groupes marxistes léninistes fait partie de l’éventail en faveur du gouvernement.

Inutile d’insister sur l’illusion que distille sciemment le gouvernement, par exemple le discours du président Kirchner le jour de la fête nationale, 25 mai, en 2006, dont le début a été « et finalement un jour nous sommes revenus » « un geste d’extraordinaire synthèse, la phase trace le rapport entre les années 1970 et le présent, » (Sergio Caletti, revue Lucha Armada, n ° 6, 2006, p. 78). L’auteur de la citation ne donne pas son analyse, c’est dommage car il semble bien placé pour élucider dans la masse des kirchnéristes, les pourcentages des dénicheurs de sinécures, de naïfs, de cyniques, de collaborateurs honnêtes.

3 - 2 Lapallisade sur la justice et la société argentine

Diario de la Marcha, (12.06), publication de l’Institut Espace pour la Mémoire, à 25 ans de la Marche pour la Résistance, constituée par Grands-mères et Mères de place de mai, Linea Fundadora, (pas l’organisation de Bonafini), HIJOS et des associations des droits de l’homme, offre une page au juge Carlos Rozanski président du tribunal de La Plata ayant condamné à perpétuité le premier génocidaire de la dictature en septembre 2006 et à Carlos Slepoy, avocat argentin en Espagne depuis l’époque de la dictature.

Rozanski que la condamnation sur la base qu’il n’y avait aucun doute que les faits que nous jugions entraient absolument dans un système auquel s’applique la définition de génocide. [...] un plan systématique d’élimination de personnes dont les caractéristiques étaient les disparitions, les tortures, la mort et la propagation de la terreur de la part de l’Etat. Les victimes étaient définis par les bourreaux comme appartenant à différents groupes.[...] Le tribunal a été menacé à diverses occasions, par téléphone et par écrit, ce qui a été dénoncé à la justice fédérale, compétente en la matière. Je considère que des enquêtes sont en cours. Je n’ai pas d’informations nouvelles sur des avancées.
A la question de que faudrait-il faire pour renforcer dans les pays les droits de l’homme, le même juge répond : C’est un long processus, surtout dans un pays comme le nôtre, où ces droits sont systématiquement violés à un niveau de profondeur presque inimaginable. Le problème est que la consolidation des droits de l’homme ne va être obtenue que lorsqu’on prendra conscience que c’est une question fondamentalement de décisions politiques. L’Etat doit entreprendre des politiques publiques qui permettent que ces droits qui existent sur le papier puissent être quelque chose que l’on ressent quand on marche dans la rue.

Slepoy voit [horrible jeu de mot sur le nom de famille russe qui signifie « aveugle »] le problème avec plus de recul. Vu que le génocide est un crime de droit international et que l’Argentine a entériné en 1956 la Convention internationale pour la prévention et la sanction du délit de génocide, aucun obstacle n’existe et n’a jamais existé depuis la fin de la dictature pour le jugement des responsables. [...] La question inévitable est pourquoi il a fallu attendre presque 23 ans pour que, pour la première fois, une sentence prononce le mot exacte, épouvantable de génocide. » Etant donné la disparition de Jorge Julio López et les menaces fusant de toutes part contre juges, avocat et futurs témoins, il faut protéger les témoins, épurer les forces de sécurité, juger les multiples participants du plan génocidaire. « Le faire efficacement sera, en définitive, la seule façon d’installer socialement la valeur Justice, sans laquelle tous les autres droits sont illusoires et la démocratie un simple mot mensonger.

Sans tomber dans des analyses kilométriques, il est évident que la disparition de López a entraîné un repli total du gouvernement du gouvernement sur le plan des procès des génocidaires (avec sans doute des pressions sur la France, l’Espagne et l’Italie pour que les procès pour disparition de citoyens argentins bi nationaux n’aient pas lieu en ce moment, ou que les demandes d’extradition de tortionnaires soient gelées, pressions rétribuées en augmentation du pillage actuel des matières premières argentines).

Autre évidence, une multiplication d’annonces de procès contre la triple AAA (Alianza Anticomunista Argentina, sur le modèle des Escadrons de la Mort mis au point au Brésil après le coup d’Etat de 1964 de la CIA et de l’armée brésilienne, sans doute avec le souvenir des groupes du KKK), des années précédant les coup d’état militaire - 1973-1975 -, tend à mettre à plat la complicité, voire la création, de la répression de la gauche péroniste et de la triple AAA. En soi, rien de nouveau depuis 1972 pour les militants de base non péronistes, mais pour la majorité péroniste actuelle c’est un sacrilège. D’où une campagne d’affichage il y a une quinzaine de jours No jodan con Perón [on en plaisante pas avec Perón, en castillan argentin, lettres bleus sur fond blanc, les couleurs du drapeau argentin) ;

Bien sûr, cette mise à plat pour aboutir à une mise en pièce du mythe Perón va dans l’orientation du mouvement « montonero » de Cook et d’Alberte - avant et après la mort de Perón le 1 juillet 1973- (personnalités d’alors passant de la formation mussolinienne et de l’admiration de la phalange espagnole au marxisme léninisme, avec une mini retouche Lénine est Perón décédé, comme ça on est sûr qu’il est d’accord). Quel rapport entre ce marxisme léninisme péroniste et 2007 ?

Si le péronisme est entaché de la puanteur de la répression, de la crasse de la corruption, quel meilleur garantie qu’un homme honnête, astucieux navigateur (synonyme de timonier) entre le FMI et Chávez et Lula, pour reconstruire le péronisme sur des bases nouvelles et modernes ? Un grand navigateur - timonier qui a besoin de voix pour être ré-élu président pour le scrutin d’octobre 2007. Avec le plein qu’il assure, entre les admirateurs du FMI, le redépart des emplois (au noir, pour la plus grande satisfaction des classes moyennes) et les membres des organismes de base manipulés, on peut penser qu’il sera élu au premier tour, sauf nouvelles disparitions, nouveaux assassinats de piqueteros.

3 -3 Chiffres et chiffres

Depuis quelques jours les travailleurs de l’Indec (les statistiques officielles du pays) protestent contre la ministre de l’économie qu’ils accusent de faire pression sur eux pour changer les données suivant les besoins politiques.

A ce propos Página 12, 05.02.07, curieusement de plus en critique signale ce qui suit : Le député Claudio Lozano a dénoncé que les taux de la pauvreté que mesure actuellement l’Indec est calculé selon une méthodologie périmée. Plus encore, d’après l’économiste de la CTA, la révision méthodologique a été déjà été discutée dans des documents internes de l’organisme, mais jusqu’à maintenant ils ne sont pas appliqués à cause d’une décision politique. [...] Avec la nouvelle méthodologie [...] le nombre de pauvres augmente de 3,2 millions. C’est-à-dire que de 12 millions de pauvres enregistrés actuellement, on en aurait 15,4. Autrement dit : au lieu de toucher 31 % de la population, la pauvreté dépasserait encore, après quatre ans de croissance forte, 39 %. En outre, il y aurait 1,2 million d’indigents en plus que ceux comptabilisés aujourd’hui, ce qui donnerait 5,6 millions qui souffrent de famine.

P.-S.

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