CGT-e info n° 15

samedi 17 février 2007, par frank

CGT-e info n° 15

(Fin de rédaction 17.02.07)

Evocation globale socio économique voir n° 2

Résumé bref !

- Agressivité des multinationales espagnoles dans le pillage du tiers monde et de l’Amérique latine en particulier (héritage des conquistedores) ;

- Stagnation et baisse du niveau de vie, avec perte des acquis, pour la majorité des salariés ;

- Rideau de fumée sur la répression franquiste et la récupération de la mémoire historique.

Contenu :

1) Luttes en cours

1-1 « La Fédération de l’Enseignement de la...

1-2 Les accidents du travail qu’on ne voit pas

2) Sacré pays

2 - 1 “Le refuge espagnol de la dictature argentine”

2 -2 "Le choc de civilisations est un bluff intellectuel"

3) Récupération de la mémoire

3 - 1 Les puits du silence

3 - 2 Casas Viejas : la république à un

3 - 3 « Germinal, revue d’études libertaires »

1) Luttes en cours

1 - 1 « La Fédération de l’Enseignement de la CGT a signé un manifeste commun avec d’autres syndicats (des extraits suivent) pour l’intégration des maîtres auxiliaires contre un projet approuvé par les syndicats bureaucratisés (UGT et Commissions) et le ministère de l’Education prévoyant le licenciement de MA ayant des années d’enseignement et la compétitivité entre MA et étudiants.

Communiqué de presse : les organisations syndicales sous signées, membres de la Plateforme du professorat intérimaire, face aux récents changements annoncés par le ministère de l’éducation et le projet d’accession à la fonction publique, et à la possible et convocation sûrement définitive de la « Table de secteurs » fait savoir :

Que ce décret royal ne va pas résoudre le problème de la précarité des MA dans l’enseignement public non universitaire, [...] que ce projet ne répond pas non plus à l’esprit et au sens de la “Disposition transitoire 17ª” de la LOE [loi d’orientation de l’enseignement ...], une occasion unique a été perdue de résoudre définitivement la problématique d’un collectif de plus de 80.000 professionnels de l’Education publique [...]

Confederación de STES-intersindical, CIG-ENSINO, CGT, STEC-INTERSINDICAL CANARIA, EA-CANARIAS, AFID-CV, INDOMA, ASOCIACIÓN DE PNNs DE GALICIA, ADIM-MELILLA. Madrid, 14 février 2007

1 - 2 Les chiffres officiels de blessés par accidents du travail en Espagne sont de 937.063, dont 977 mortels, en baisse par rapport à l’année dernière. La gestion de la santé des travailleurs est déterminée par un système de mutuelles, des entreprises privées de la santé. Les syndicats consultés par “Diagonal” pensent que ces dernières donnent une attention insuffisante et déshumanisée aux travailleurs, surtout dans le cas des maladies professionnelles.

“Ils amassent des fortunes avec nos morts”. Près de 300 personnes ont manifesté le 27 janvier 2007 à Madrid contre les accidents du travail. La manifestation a été lancée par la CNT. [...] La CNT n’accepte pas les données officielles. Le syndicat libertaire estime à plus de 7.000 les décès en rapport avec le travail en Espagne. Les anarcho-syndicalistes reconnaissent également les immigrants morts durant leur passage vers l’Europe et les y Canaries, “puisqu’ils viennent pour un emploi”.

La gestion de la santé des travailleurs passe par un système de mutuelles. Des entreprises privées de la santé qui “gère assez mal en général tous les cas, en cherchant davantage à cacher et à se débarrasser des accidents qu’à les éviter. Elles les écartent systématiquement pour qu’ils n’apparaissent pas dans les statistiques et ne représentent pas de frais”, explique le secrétariat national de la santé du travail de LAB [syndicat basque]. Pour ce syndicat la seule différence lorsqu’un accident est mortel est qu’il est plus difficile à occulter, il est généralement déclaré plus rapidement que dans les autres cas. Ainsi, les accidents graves sont sous-estimés dans environ 28% des cas. La compensation de salaire durant l’arrêt de travail, c’est-à-dire la récupération de son état normal par le travailleur, est financé principalement par les mutuelles d’accidents du travail et de maladies professionnelles. Pour parler gros sous, 7.194 millions d’euros de coûts ; plus de 12 millions de travailleurs couverts par ces mutuelles.

D’après des sources médicales consultées par Diagonal, en ce qui concerne les maladies professionnelles il existe une véritable sous-estimation. [...] Les Commissions ouvrières parlent de chiffres et qu’un environ 16% du système public de santé a une origine professionnelle, non reconnue par les mutuelles. D’où une surcharge de plus de 2.200 millions d’euros pour les caisses publiques, qui sortent des poches de tous par les impôts. Les Commission proposent que les travailleurs puissent décider quelles mutuelles choisir afin de discriminer celles qui ne fournissent une attention convenable.

La CNT vise l’abolition de la mercantilisation de la santé des travailleurs. La centrale anarcho-syndicaliste accuse les mutuelles de faire continuellement pression sur les travailleurs en congé maladie pour qu’ils reprennent leur activité le plus vite possible, y compris dans certains cas par le harcèlement.

Le travail au rendement, les agences intérimaires et la précarité des contrats sont certains des facteurs qui génèrent des chiffres si impressionnants d’accidents du travail en Espagne. “Le niveau de productivité exigé d’un ouvrier du bâtiment est inversement proportionnel à celui de la sécurité nécessaire”, indique-t-on à la CNT. Ce syndicat considère les morts par accidents du travail comme des victimes du “terrorisme patronal”. La CNT exige que la législation en vigueur en matière de sécurité du travail soit appliquée, mais elle signale qu’il n’y a ni les moyens ni la volonté, et que donc elle demeure lettre morte dans le modèle économique actuelle.

Remarque, partant du proverbe castillan « en todas partes cuecen habas » [c’est partout du pareil au même], il est vraisemblable que la situation soit identique en France, à commencer par la Maif si efficace pour virer les employés et les assurés trop revendicatifs.

Le parlement européen, dans son dernier rapport, reconnaît qu’environ 350.000 personnes par an doivent changer de travail en Espagne à cause d’un accident du travail, 300.000 ont différents degrés d’incapacité permanente, et 15.000 autres ont été exclus du marché du travail de manière permanente. Le chiffre total d’accidents enregistré en 2006 est de 3,3% en augmentation par rapport à l’année antérieure. Dans le cas des petites entreprises, entre un et neuf travailleurs, il est de 20 % de plus que la moyenne. [...]

2) Sacré pays

2-1 “Le refuge espagnol de la dictature argentine” [« Diagonal », n° 46, 18.01.07 - 31.01.07, par Carlos Slepoy, avocat de l’accusation contre la dictature argentine]

Les procès de génocidaires argentins et les détentions récentes d’Isabelita Perón et de membres de l’organisation terroriste Triple A (Alliance anticommuniste argentine), ont commencé lentement à compenser l’impunité dont ont bénéficié de la part de l’Etat espagnol durant 30 ans les auteurs de crimes politiques. Pourtant, il n’y a pas d’enquêtes sur les réseaux politiques et économiques ayant protégé les responsables de la répression : entreprises et personnalités haut placées qui les ont accueillis et qui aujourd’hui encore mettent des bâtons dans les roues à l’action de la justice. »

Remarque : le franquisme a aidé les réseaux d’aide aux nazis allemands, croates et belges a sauvé leurs militants les plus en danger à partir de 1944 en les accueillant (les leaders belge et croate sont mort paisiblement en Espagne, mais Laval fut livré à la France, une exception qui justifie la règle, puisque le ministre de l’éducation pétainiste est décédé en Espagne) ou en servant de passage pour l’Argentine Eishman et compagnie).

Le premier gouvernement socialiste de 1982, en application de ses engagements avec le franquisme et la droite dès le début des années 70, ne toucha pas les cas des anciens nazis naturalisés espagnols

Avortement et IVG, février 2007, Portugal 1 Espagne et Argentine et etc., 0, mais l’Opus Dei se porte bien dans les pays anti IVG.

2 -2 "Le choc de civilisations est un bluff intellectuel", interview de Carlos Taibo (Madrid, 1956, professeur de Sciences politiques à l’université autonome de Madrid, un bon spécialiste de l’Europe ex marxiste léniniste et un militant anti globalisation efficace et libertaire) par Zuriñe Vázquez [Rebelión, 02.02.07]

[A propos de l’Irak, tout en signalant les forts intérêts et bénéfices des entreprises militaires et du bta des Etats-Unis dans ce pays ...] En réalité aucune des puissances occidentales n’a parié sérieusement sur la démocratie [dans les pays arabes] et à ce propos il n’est pas mauvais de rappeler comment entre 1960 et 1970 elles ont semé la mauvaise herbe dans les régimes socialisants, comme celui symboliquement représenté par Gamal Abdel Nasser en Egypte. Et elles regrettent maintenant que la démocratie n’ait pas germé, et plus encore que les intégrismes soient apparus dans leur version la plus abjecte, ce qui est assez drôle dans la mesure où ces mêmes puissances ont fermé toute autre possibilité. Enfin, penser que les néo pro nord-américains puissent sentir une sorte de souci pour la cause de la démocratie au Moyen Orient, ou dans tout autre lieu de la planète, c’est tout simplement du temps perdu. [...]

A mon avis le choc de civilisations est un bluff intellectuel, mais évidemment, du fait que ceux qui défendent cette thèse, disposent de capacités de pouvoir immenses, ce qui au départ n’est qu’un bluff intellectuel peut devenir une triste réalité. Une bonne part des politiques qu’en pratique appliquent les Etats-Unis au Moyen Orient vise précisément à générer un choc de civilisations où la dynamique naturelle des faits conduit à d’autres situations plus naturelles. [...]

P5 : La thématique de vos derniers livres, “Guerra entre barbaries“, “Hegemonía norteamericana, terrorismo de Estado y resistencias“, “Estados Unidos contra Iraq”, “¿Hacia dónde nos lleva Estados Unidos ? [Où nous mènent les Etats-Unis,]””, comme ceux d’auteurs comme Noam Chomsky, Robert Fisk ou Tariq Ali, pour n’en citer que quelque uns, se centre sur l’hégémonie et l’impérialisme nord-américain. Peut-on avoir quelque espoir de gel de ces visées impérialistes avec la nouvelle majorité démocrate qui a gagné les dernières élections législatives nord-américaines ?

Je suis très sceptique à ce sujet. A chaque fois que je parle de ces questions, je me souviens que fin septembre 2004 il y eut un débat télévisé, de plus d’une heure, entre les candidats d’alors à la présidence, Bush et Ferry. Aucun des deux ne fit référence à aucun moment aux problèmes du Tires monde et des pays les plus pauvres. Je veux dire par là que, je le crains, en matière de politique extérieure, il y a beaucoup plus d’uniformité qu’on pourrait le penser entre les partis démocrate et républicain.

[... et en Espagne] Certes il est vrai que les deux grands partis se combattent, mais je crains que, du moins sur le terrain économique et social, les politiques suives ne soient beaucoup plus semblables qu’on pourrait le croire. Même en ce qui concerne la politique extérieure, on pourrait se demander si leurs propositions sont si différentes. Je pense au fait que l’un et l’autre ont adopté la constitution de l’Union européenne, l’un et l’autre ne protestent pas du tout contre les méfaits du Fond monétaire de l’Organisation mondiale du commerce. Ainsi, bien qu’il existe véritablement des différences, je crains qu’il serait un peu subtil d’arriver à la conclusion que les deux partis défendent, en profondeur, des projets très distincts sur la politique extérieure. [...]

3) Récupération de la mémoire

3 - 1 Les puits du silence [Diagonal, n° 47, 1 fév. - 14 fév. 2007] soixante-dix ans après le soulèvement franquiste, les efforts pour récupérer la mémoire augmentent à Los Pozos de Caudé (province de Teruel).

Los Pozos de Caudé se trouvent le long de la route Sagunto Burgos, à quelques dix kilomètres de Teruel. Los Pozos, partie d’une vieille auberge, a été, depuis le début de la guerre civile jusqu’à décembre 1937, le cadre macabre de nombreuses exécutions systématiquement organisées par les militaires putschistes et les secteurs sociaux proches d’eux. Même si les données sont encore imprécises, on estime que Los Pozos pourrait héberger les corps de plus de mil civils brutalement assassinés.

En dépit du silence imposé par les vainqueurs durant plus de 40 ans et du silence décrété aux vaincus pendant la Transition, la mémoire du passé perdure. Précisément, afin de récupérer et de dignifier la mémoire des disparus sous le franquisme est apparue l’Association Pozos de Caudé à Teruel. Cette association représente la mise en commun de plusieurs efforts d’organisations politiques et syndicales de Teruel et d’individus qui, unis par la famille et l’idéologie aux disparus, luttent pour que justice leur soit rendue. Récemment, l’Association a reçu deux subventions destinées à l’exhumation des cadavres enterrés dans deux fosses communes de la province. [La première renferme les corps de dix personnes fusillées en 1947 en représailles contre les maquisards par la Garde civile. La seconde, une vingtaine, en majorité des élus municipaux de Calamocha, assassinés en 1936.]

3 - 2 Casas Viejas : la république à nu. [Iván Nistal, “Tierra y Libertad” 02.07] Janvier dernier était la 74 année du massacre de Casas Viejas. Que cet article serve à récupérer la conscience de classe face à ceux qui font de la mémoire silence, oubli et affaire.

Nous vivons comme vivions en pleine dictature [de Primo de Rivera 1923-1927]. Rien n’a changé : la même bureaucratie, les mêmes chefs militaires, la même police et, donc, la même répression, maintenant exercée par une police formée de socialistes. Je parle de la Garde d’assaut (...) Face à cette situation les lamentations sont inutiles ; il faut réagir et vite pour démontrer à nos gouvernants l’opposition et la mort de l’espoir en la république. La classe ouvrière, en ce moment précis, a l’obligation - si elle ne veut pas se nier elle-même - de chercher son salut en dehors des combines politiques et de ses partis, de l’école bureaucratique du pouvoir. La politique de la classe ouvrière n’a pas d’autre parlement que la rue, l’usine, les lieux de production, ni d’autre chemin que la révolution sociale à laquelle on ne peut arriver que par une constante lutte révolutionnaire. (1)

Cette citation de Buenaventura Durruti explique clairement quelle était la situation où se trouvait la classe ouvrière face à la proclamation de la II république. [...]

[En janvier de 1933, 1.850 habitants, en majorité des ouvriers agricoles et des éleveurs sans travail fixe, comme ailleurs en Andalousie et en Extrémadure, vivant dans de misérables cabanes (gañanías) sans aération et sans hygiène, le syndicat CNT fut créé en 1932, comme ailleurs un mouvement fut lancé - confusion entre un ordre de la FAI et son interprétation comme venant de la CNT, voir le rapport de Shapiro de l’AIT en 1934 sur ce portail - les 10, 11 et 12 janvier. La garde civile avait tentée de sortir en force de sa caserne dans le village, alors que des propositions de reddition lui avaient été faites. Trois gardes furent tués, avec l’arrivée de renforts la répression frappa les révolutionnaires réfugiés] chez Francisco Cruz Gutiérrez "Seisdedos", qui n’avait pas participé au soulèvement vu son âge avancé, "une personne excellente, d’un comportement admirable envers les membres de sa famille, qui jamais n’a eu de problèmes avec autrui, ni avec le culte ni avec quelqu’un" selon le curé du village.

[La répression est fameuse, suivant des ordres d’en haut, du gouvernement radical du premier ministre Manuel Azaña, un petit Thiers de l’époque. Une des survivantes, María, fut fusillée enceinte en 1936, beaucoup a été fait par les franquistes pour effacer cette répression des forces de l’ordre, le nom du village a été changé]

Aujourd’hui, c’est ; a même chose : la droite poursuit sa stratégie pour effacer la mémoire et continuer l’esprit de la Transition, c’est-à-dire la paix social si fameuse pour maintenir le système dominant, tandis que les force de gauche avancent dans leurs manipulations et faire de la mémoire une affaire avec un hôtel (voir « Tierra y Libertad » nº 220, novembre 2006 et ce bulletin n° 6-7). Pour sa part, la presse continue à profiter de tout cet écho médiatique pour se remplir les poches ... la logique bourgeoise.

3 - 3 « Germinal, revue d’études libertaires » ressemble, d’après ses deux premiers numéros de 2006, à une revue d’histoire sur le mouvement libertaire, mais elle se veut une revue de « recherche » créant un espace pour le débat et la pensée. Un lieu pour repenser le passé comme voie qui s’ouvre vers la possibilité et la pluralité du futur. » La rédaction paraît neutre, le « conseil scientifique » sensé chapeauté la revue est des plus large, une série d’universitaires en partie très militants, inconnus ou rassis, comme Paul Preston. Quand on connaît une partie des rédacteurs on reconnaît des militants ayant dépassé le sectarisme de leurs organisations respectives.

Le n° 1 d’avril 2006 présente six articles : « La insumisión voluntaria, el anarquismo individualista español durante la dictadura y la segunda República (1923-1938) » de Xavier Díez, « Kant y Bakunin » d’Elena Sánchez Gómez, « « La Escuela Moderna y la renovación pedagógica en Cataluña » d’Olga Roig López, et deux apports historiques sur l’anarchisme aux Canaries et à Cuenca de Raquel Pérez Brito et d’Irma Fuencista Álvarez Delgado avec Ángel Luis López Villaverde. Un ensemble à la fois de découverte et consolidation des connaissances.

La première contribution de Javier Paniagua me pose un problème parce que je ne partage pas l’interprétation. « Otra vuelta de tuerca, las interpretaciones sobre el arraigo del anarquismo en España. ¿Sigue la polémica ?” [Nouveau tour de vis : les interprétations de l’anarchisme en Espagne. La polémique dure encore ?]

Le titre induit déjà en erreur car le terme « anarchisme » en Espagne est principalement, voire exclusivement bakouniniste puis syndicaliste (grosso modo la même chose) et la suite du texte montre que l’auteur est inconscient de cette différence qui fonde le corps du texte. La CNT est traitée comme un groupe anarchiste, qui par voie de conséquence serait en contradiction avec ses principes, ne serait-ce qu’en pratiquant le syndicalisme (selon le point de vue adopté). On peut objecter avec raison que la plupart des anarchistes commettent la même erreur.

Je pense qu’il faut insister sur les différences parce qu’il existe des incompréhensions, comme ces deux passages du texte de Paniagua : « L’anarchisme ne prétend pas se présenter comme une idéologie de classe, en opposition au socialisme marxiste, et sa proposition s’adresse à l’humanité entière : « Le communisme libertaire », dirait Federico Urales [père et formateur de Federica Montseny], « n’est pas un idéal de classe, et donc il n’a pas à être défendu uniquement par les travailleurs, mais par tous les individus qui l’approuvent, même s’ils ne dépendent pas d’un salaire à la journée. » (Citation de 1934). » Et le deuxième : « Le pouvoir, pensaient-ils [les libertaires] est la source de toute corruption, même s’ils n’avaient pas une construction théorique de ce que cela signifiait. [Mais pour comprendre le marxisme léninisme plus d’un siècle avant 97 % des intellectuels, cela leur suffit] »

Paniagua utilise un texte authentique comme un pilier idéologique, sans préciser que c’est une position minoritaire, voire archi minoritaire à l’époque, émise par un antisyndicaliste, anarchiste plutôt synthésiste. La deuxième phrase est de Paniagua lui-même et montre son incompréhension (pas forcément sa méconnaissance) des positions de Bakounine quant au pouvoir, au savoir et aux intellectuels et à l’individualisme bourgeois (ces deux couches monopolisant pouvoir et savoir pour mieux exploiter) dans « L’Empire knoutogermanique » et « Etatisme et Anarchie » et plus prosaïquement dans « L’organisation de l’Internationale » et « Politique de l’Internationale » (repris par la CNT-RP en brochure en 2006).

Bien évidemment, ces trois freins parmi d’autres, erreurs sur la définition de l’anarchisme, réductionnisme de positions et juxtaposition d’impressions erronée, donne une analyse insuffisante.

Le n° 2 d’octobre 2006 continue la veine historique la culture anarchiste au début du XX siècle de Paco Madrid, la CNT dans le Vallés catalan, trois apports sur les femmes « Mujeres Libres », les espagnoles dans la résistance française, la pensée politique d’Hildegart Rodríguez [une étoile filante libertaire, super intelligente et assassinée par sa mère au nom du féminisme libertaire, d’où enfermement psychiatrique jusqu’à sa mort dans les années 60), Federica Montseny et l’exil, et deux articles d’Amérique « Utopie collective et autonomie individuelle, la perspective anarchiste de l’autogestion » des Vénézuéliens Nelson Méndez et Alfredo Vallota et « Le travail culturel de l’anarchisme » sur les archives de la FLA [Federación Libertaria Argentina] de Buenos Aires et la formation de celle de la CNT-FAI de Pablo M. Pérez, Juan Manuel Heredia et Hernán Villasenin. Un ensemble, encore une fois, formateur et rappelant des notions importantes.