CGT-e info n° 16 -17

jeudi 15 mars 2007, par frank

CGT-e info n° 16 -17

(Fin de rédaction 14.03.07)

Evocation globale socio économique voir n° 2

Résumé bref !

- Agressivité des multinationales espagnoles dans le pillage du tiers monde et de l’Amérique Latine en particulier (héritage des conquistadores) ;

- Stagnation et baisse du niveau de vie, avec perte des acquis, pour la majorité des salariés ;

- Rideau de fumée sur la répression franquiste et la récupération de la mémoire historique.

Contenu de ce bulletin

1) Les luttes en cours

1 - 1 Licenciements abusifs

1 - 2 “Le premier procès contre la présence de crucifix dans les écoles publiques

1 - 3 “ Rojo y Negro ”, mensuel de la CGT

1 - 4 Le mensuel est accompagné de suppléments

1 - 5 Accord du plénum confédéral des 17, 18 et 19 novembre 2006

1 - 6 Extrait de “ Materiales de Reflexión ” n° 40, janvier 2007

1 - 7 Une camarade a transmis cette déclaration pour le 8 mars

1 - 8 La revue théorique de la CGT, “ Libre Pensamiento ”

1 - 9 “ Contramarcha ” n° 35, janvier et février 2007

2) Sacré pays

2 - 1 Des entreprises espagnoles continuent à exporter un matériel interdit par l’Union européenne

2- 2. Procès contre un historien ayant dénoncé la répression franquiste en Galice

3) La récupération de la mémoire sociale historique

3 - 1 “ La Comuna de París i la revolució Espanyola ” de Federica Montseny

3 - 2 La fondation Frédéric Engels a édité en 2005 “ Anarchisme et communisme • ” d ’Evgueni Préobrajenski

1) Luttes en tours

1 - 1 licenciement abusifs Le délégué de la CGT Angel Luis Garcia licencié de la compagnie Atento-Telefónica il y a un an et demi a retrouvé du travail dans une entreprise de télémarketing, Une autre déléguée Paz Oyo a également été licenciée pour activité syndicale dans le même secteur.

Les travailleurs qui avaient envahi la piste d’atterrissage de l’aéroport de Barcelone le 28 juillet 2006 commencent à subir de représailles de leur employeur Iberia.

La CGT Baléares victime des fascistes ! (Transmis par le SI de la CNT, 14.03.07) « Nos camarades de la CGT espagnole des Iles Baléares ont été, ces dernières semaines, victimes de plusieurs attaques fascistes. Le 11 février 2007, les murs du local de la CGT de Palma de Majorque sont souillés par des graffitis fascistes. Dans la nuit du 2 mars 2007, la serrure du même local était sabotée et mise hors d’usage. Dans la nuit du 3 mars 2007, deux militants de la CGT, d’origine colombienne, étaient passés à tabac par des individus après avoir essuyé nombres d’insultes racistes. Les deux militants de la CGT étaient grièvement blessés et sont restés hospitalisés respectivement 3 et 7 jours. Dans la nuit du 4 mars 2007, une bombe artisanale était désamorcée devant le local de la CGT de Palma.

A Madrid, les fascistes essaient, aussi, d’intimider la CGT où les murs du local de la CGT-Castilla la Mancha ont été recouverts de graffitis nazis. La résurgence de groupes néo nazis et pro franquistes en Espagne est un phénomène inquiétant. [Voir 1 - 9]

1 - 2 “Le premier procès contre la présence de crucifix dans les écoles publiques peut marquer un précédent légal “(Diagonal, Laura Corchera, n° 47, 1 fév - 14 fév 2007)

L’Asociación Cultural Escuela Laica (ACEL) de Valladolid a déposé la première plainte judiciaire contre la présence de symboles religieux à l’école. Dans ce cas précis il agit du collège Macías Picavea. L’ACEL a défendu devant le tribunal le 24 janvier 2007 le principe de neutralité et de liberté de conscience des élèves qui ne professent pas la religion catholique. Le problème vient de l’article 27.2 de la constitution qui mentionne le “ devoir de coopération des pouvoirs publics avec les différentes confessions religieuses, en particulier, la religion catholique”. Mais la constitution elle-même prévoit : “ On ne peut violer les principes d’égalité, de non confession et de neutralité, qui ne peuvent impliquer la promotion d’une croyance déterminée ». La veille du procès, le conseiller d’éducation [de Castilla León, sauf erreur], Javier Álvarez Guisasola (PP, parti de droite), donnait publiquement au Conseil d’école (CE) le pouvoir de supprimer ou de maintenir les symboles religieux. “Si un sujet idéologique est du ressort d’un CE, il pourrait décider de remplacer le drapeau espagnol par celui de la république”, affirme le représentant de l’ACEL..” La sentence sera rendue publique en février. La CGT également a dénoncé cette présence de symbole religieux.

D’autres plaintes ont été déposées par des parents. Depuis décembre 1978 (entrée en vigueur de la Constitution), c’est un peu lent vu de l’étranger, mais la Transition a été précisément le maintien du franquisme dans les faits (si tu bouges, je t’explose la gueule avec mon flingue) et dans les têtes. Un bon signe d’une évolution intéressante.

Dans le même ordre d’idées, Diagonal, n°45, du 4 août 17 janvier 2007, indique que l’Eglise catholique considère que 94 % de la population espagnole- presque 40 millions - pratique cette religion. Avec la venue du nouveau pape à Valence l’année dernière, un mouvement est apparu publiquement pour apostasier en masse devant l’archevêché [pour obtenir un certificat de non catholicisme].

1 - 3 Rojo y Negro, mensuel de la CGT est toujours aussi riche pour de janvier et février 2007.

A Madrid, le local de la CGT rue Alenza est menacé d’expulsion. Une manifestation a eu lieu le 14 décembre 2006 devant le siège de l’UGT pour protester contre la politique de ce syndicat et du parti socialiste.

Le refus de révision de sentence de tribunaux franquistes est mis en avant, de même que de nombreuses critiques de la loi sur la mémoire historique avec même une dizaine de textes indiqués sur le rnet. La récupération de la mémoire est fortement stimulée par l’exposition itinérante organisée par la CGT (voir le bulletin précédent). Le numéro de février donne en dernière page une présentation de Joan Peiró, secrétaire général de la CNT à plusieurs reprises dans les années 20 et 30, ministre du travail a la demande de la CNT, réfugié en France et livré par le pro nazi Pétain à son ami Franco (une réalité, pas une insulte) en 1941. Il fut condamné à mort après avoir refusé la proposition du gouvernement franquiste de diriger les syndicats phalangistes, et fusillé en 1942. Une fidélité à la CNT qui permet de douter des accusations de réformisme que lui adressaient de nombreux camarades. Sa fille Guillermina (née en 1924, donc 83 ans), de la CNT puis de la CGT, dit à la fin d’une interview : “ A un moment où il n’existe pas de syndicats, il n’en reste qu’un qui soit authentiquement ouvrier, le nôtre. Je souhaite que vous continuiez à lutter comme jusqu’à maintenant pour maintenir en vie de ce syndicat de classe qui existe encore.

Une interview de Fernando Traverso, artiste plastic argentin, est une façon de défendre l’internationalisme. Fernando peint des bicyclettes : “ la bicyclette surgit d’un travaille plastic, comme nécessité pour parler des absences. C’était dans ma ville [Rosario] un outil fondamental pour le militantisme populaire des années 70. Après le coup d’état militaire de 1976, les disparitions ont commencé et les vélos sont restés comme des témoins silencieux de l’horreur. ” Le peintre parcoure les pays en peignant des bicyclettes pour témoigner et par solidarité.

Le chanteur compositeur argentin León Gieco (avec Luis Gurevich) a consacré il y a des années une chanson à ce sujet “ El ángel de la bicicleta ”, un militant catholique de base de Rosario, cuisinier dans une cantine pour enfants de bidonvilles, tué par des policiers auxquels il expliquait de ne pas tirer : “ Baissez les armes ici il n’y a que des gamins qui mangent. ”

Nous avons pris le corps, nous avons mis des ailes,
et maintenant nous voyons une bicyclette ailée qui voyage
aux coins de rues du quartier, le long des rues,
le long des murs des cabinets et des prisons.
Baissez les armes, ici il n’y a que des gamins qui mangent !
[...]

Le délégué aux relations internationales de la CGT est allé au Mexique, à Chiapas et dans son article il évoque les principes zapatistes “ obéir et ne pas commander, représenter et ne pas supplanter, descendre et ne pas monter, convaincre et ne par vaincre, construire ne pas détruire, proposer et ne pas imposer. ” Les zapatistes ont expliqué la construction de leur système de santé avec des hôpitaux, des cliniques et des micros cliniques, des campagnes de vaccination, de formation de promoteurs hommes et femmes de santé, de récupération et d’étude des plantes médicinales, etc.

L’écho de nombreuses manifestations contre les licenciements est très lisible.

1 - 4 Comme d’habitude, le mensuel est accompagné de suppléments : l’un concerne “Ll’anarchisme organisé dans le cône sud de latino-américains ”. Il est construit à partir de l’Argentine (rapports de l’OSL), du Chili, des rapports différents (front des étudiants libertaires, OCL), FAU d’Uruguay, FAG et Forum de l’anarchisme organisé du Brésil et enfin deux coordinations entre plusieurs pays. La rencontre latino-américaine d’organisations populaires et autonomes (ELAOPA) et la coordination anarchisme latino-américaine (CALA). Le document sera abordé plus en détail dans “ Argentine info ”.

L’objection fiscale de 2007 concerne les dépenses militaires “ pour l’année en cours seront de 12 % de tout le budget et de l’État, plus de 23 milliards de €, 63 millions de € par jour, 5,7 % de plus qu’en 2006. ”Il est proposer d’utiliser la déclaration des revenus comme porte-parole de nos revendications et d’écarter une partie que nous considérons destinée aux dépenses militaires pour appuyer des luttes concrètes proches de l’anarchosyndicalisme, comme des projets que nous, à la CGT, nous proposons cette année. ” Les sanctions sont abordées en signalant que le “ Tribunal suprême de Justice de Catalogne ” s’est opposé à une sanction contre un objecteur fiscal en mars 2006.

Un nouveau supplément sur la récupération de la mémoire analyse la mémoire scolaire et la mémoire historique, la politique des archives de l’État espagnol en ce qui concerne la gestion des atteintes aux droits de l’homme sous le régime de Franco, une carte des fosses communes d’Andalousie, une réflexion sur la révision judiciaire des sentences franquistes, “ épuration politique jusqu’au fond de l’âme ”. Un exemple : début de la dictature. Comme s’il était un délinquant, mon père, Antonio Maestre Díaz, comptable avant la guerre civile de Banesto (Banque espagnole de crédit) à Alicante [zone républicaine et lieu où fut fusillé le fondateur du fascisme espagnol], subit en avril 1939 un interrogatoire brutal sur ses activités pendant la guerre. Son avenir dans l’entreprise en dépendait. Comme il avait l’habitude depuis son enfance de tenir un journal, cela lui permit d’éviter un licenciement évident. Il présenta une déclaration de tout ce qu’il avait fait durant la guerre civile, chaque jour, avec l’aval de deux signatures de personnes fidèles au régime. Dans son cas il s’agissait de deux collègues, un fondé de pouvoir et un caissier, tous deux phalangistes.

Le 18 juillet [la guerre finit le 1 avril 1939, on était en pleine répression, des centaines de milliers d’anciens combattants républicains étaient dans des camps de concentration, en fait un tri entre ceux qui allaient être condamnés ou fusillés et ceux qui feraient des travaux forcés], tous les employés d’objets furent obligés d’acheter une chemise bleue [symbole de la phalange], et l’argent manquait alors !, et d’assister en uniforme au repas pour commémorer le “ Glorieux soulèvement national ” [formule officielle franquiste, pour expliquer que la légalité franc-maçonne et athée préparant un complot bolchevique fut contrecarrée par les forces saines et catholiques - synonymes, bien entendu - du pays qui tombait dans l’abîme], célébrée dans un salon de la banque. Il m’a également raconté que tous les 20 novembre, en mémoire de José Antonio Primo de Rivera fusillé dans la prison d’Alicante par un peloton d’anarcho-syndicalistes], fondateur de la phalange, la banque devait livrer une couronne de fleurs, aux frais et de tous les travailleurs, qui se rendaient en cortège au cimetière d’Alicante. Toutes les entreprises y étaient obligées, un rituel appliqué jusqu’au transfert du cadavre au Valle de los Caídos [vers 1960].

Commentaire personnel : ce rituel, obligatoire et humiliant, était similaire dans les pays marxistes-léninistes par exemple en Bulgarie, pour le premier mai, le 9 septembre (fête nationale), le 6 novembre (révolution d’Octobre), l’année du centenaire de la naissance de Georges Dimitrov, etc. Une conséquence pratique et quasi-automatique est que dans les familles les adultes se taisaient (présence de micros dans les murs), leurs enfants connaissaient mal le passé, et ne pouvait analyser le présent. Une constatation valable pour l’Espagne franquiste et les pays marxistes-léninistes. Dans les deux cas, on aboutit à une vie où chaque détail de contestation est banni (mon beau-père, Grozdan Mitev, retraité, était le seul ans les années 60 à aller voter - ne pas le faire supposait des sanctions - le plus tard possible pour emmerder les scrutateurs, dans un secteur de l’arrondissement n°2 de Sofia). Le fondamentalisme religieux, dans ses versions nord-américaines ou musulmanes, effectue le même contrôle des détails sur toutes les générations. À mon avis, l’inquisition espagnole demeure le système le plus efficace dans la brutalité et dans sa durée. Mais il est possible que le bouddhisme, que je connais mal, en Chine, ait été aussi bon dans l’inculcation de réflexes automatiques de soumissions au pouvoir.

Dans tous ces exemples il est intéressant de constater que les révoltes spontanées ont toujours fini par surgir, avec plus ou moins de torrents de sang et de larmes !

1 - 5 Accord du plénum confédéral des 17, 18 et 19 novembre 2006 :

La réalité qui nous prend en tenaille : la réalité dans laquelle nous intervenons contre laquelle nous luttons s’avère entêtée dans son processus croissant de dégradation : une moyenne de 4,5 décès quotidiens dus au fait de travailler ; des femmes qui jour après jour continuent d’être assassinées par une culture machiste encore dominante ; les émigrants, traversant les couloirs de la mort en quête de conditions minimum de vie, sont considérés par le pouvoir comme des marchandises bon marché ; les droits civiques ne sont utiles que pour la croissance économique ; les syndicats majoritaires devenus des institutions fonctionnelles pour le système capitaliste, offrent des réformes du marché du travail, collaborant à la destruction des valeurs publiques et solidaires et imposant leur discipline à la classe travailleuse et la culture de la soumission ; des emplois qui disparaissent dans les mêmes proportions que nos droits du travail et qui réapparaissent sous un manteau d’insécurité, d’incertitudes et de vulnérabilité ; des modèles sociaux ou le succès à tout prix, la consommation et le mépris pour des rapports équitables entre les personnes, les Etats et les nations deviennent la règle générale. [...]

L’emploi intérimaire augmente et se situe en juin 2006 à 34,39 % des salariés. Cela signifie que plus de 50 % de la population employée a comme “ garantie ” un contrat précaire. Et cette réalité de “ contrat intérimaire indéfini ” va concerner la grande majorité de presque 450 000 nouveaux postes de travail dont l’économie a besoin chaque année. C’est le résultat de toutes les réformes du travail, celles d’avant et l’actuel. On nous impose la liberté absolue de l’argent et du bénéfice des entreprises. Voyons quelques exemples :

E.ON va acheter Endesa pour engranger plus de 35 milliards de €, et cette entreprise annonce des bénéfices historiques de plus de 9 milliards de €. [...] Telefónica améliore de 40,3 % ses bénéfices pour le premier semestre et Repsol de 9,9 % [...] Et cependant les mêmes entreprises et leurs filiales ou celles où elles participent, continuent à se restructurer en diminuant ou en éliminant les cours du travail. [...] Braun ferme son entreprise en Catalogne, encore qu’elle soit très rentable, et laisse dans la rue 761 travailleurs et près de 2000, pour les emplois indirects [...] Atento, plus de 1500 emplois disparaissent.

La Confédération a fait face de derniers mois un à une dizaine de “ dossiers de régulation d’emplois ” Delphi, Valeo, Sas-Abrera, Sear, Ono, Cedasa, Microser, Isomar, Gearbox, Rtve, Renfe , tout en étant présente dans les conflits contre les privatisations, les externalisations et les pertes d’emplois : Postes, Atento, Braun, Renault , Peugeot. La Confédération est intervenue dans la défense des droits civils et pour les émigrants, contre les lois criminelles et discriminatoires comme la loi sur les étrangers, contre la violence de genre, contre le militarisme, pour la défense de l’environnement et pour un modèle social de service à la personne, tenant compte de la légalité et du respect entre les genres. ”

La CGT constate une série “ d’insuffisances en tout genre, qui freinent les possibilités de notre intervention et son efficacité. D’un côté nous avons des insuffisances organisationnelles. Parfois cela concerne un moment des militants, toujours peu de personnes disposées à assumer les responsabilités au-delà de leur entreprise ”, reflets à la fois du manque d’une participation active de l’ensemble des affiliés. D’autres fois ces insuffisances viennent du manque de militants formés, ayant des idées claires et étant capables de donner directement une ré ponce adéquate, par exemple pour un dossier de régulation d’emplois, sans avoir besoin dés le premier moment d’avoir recours aux conseillers juridiques. D’autres, finalement, sont dus à la dérive des “ querelles internes ”, qui minent notre volonté militante et vident l’Organisation.

De l’autre coté, il y a des insuffisances de l’action syndicale. Concrètement, l’action syndicale par secteur n’arrive pas à se développer et à se consolider avec assez de coordination de vigueur, pour obtenir davantage d’entraide et de solidarité entre les entreprises d’un même secteur. Un exemple de notre réalité se révèle dans le secteur automobile et ses composants. Nous devons penser que quand la multinationale Volkswagen, qui a une production et une distribution sur toute la planète, décide d’augmenter ses taux de bénéfices aux dépens d’une réduction des coûts humains, il est actuellement insuffisant que 1000 ou 2000 travailleurs se mobilisent à Martorell, ou que les camarades de Landaben en Navarre résistent pendant deux ans aux plans de la multinationale. Il faut étendre et donner des contenus comme à la pratique de la solidarité et de l’entraide dans chaque secteur de production, en partant du fait que chaque secteur de production n’est pas qu’un simple groupe d’entreprises avec des intérêts indépendants d’entraide, mais que leur orientation se fonde sur toute une stratégie globalement partagée de restructuration et de concurrence. Si nous continuons à penser en termes exclusivement basés sur “ mon ” entreprise, non seulement nous ne saurons pas répondre à l’offensive patronale, mais nous ferons le jeu des intérêts des entreprises. [...]

Des exemples de réussite sont donnés pour le télémarketing et pour le secteur ferroviaire, des exemples géographiques sont également fournis comme l’accord inter entreprises de la baie d’Algesiras. L’accent est également porté sur l’internationalisme, les rapports de la coopération internationale entre les syndicats de combat. “ Cette situation [insuffisamment coordonnée en Europe] nous oblige, sans écarter aucune perspective possible de renforcement d’un côté de la coordination syndicale européenne depuis la coordination par secteur là où c’est possible, et d’un autre, a impulsé à la fois la coordination avec le syndicalisme noir et rouge et avec les organisations syndicales de base, si elles sont prêtes à s’engager sur des objectifs de lutte et de mobilisation, à partir d’une pratique horizontale, autonome et un rapport avec les mouvements sociaux, face au discours de la compétitivité et de la privatisation appuyée par la CES (confédération européenne des syndicats).

1 - 6 Extrait de Materiales de Reflexión,n° 40, janvier 2007

“ Pouvoir global les objectifs de développement du millénaire (ODM) un rideau de fumée

Si la distribution de l’argent peut nous donner une idée de la profondeur des inégalités, il suffit de dire qu’on estime à 2 milliards et demi de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour, c’est-à-dire que 50 % de la population doit se borner à recevoir 5 % des revenus mondiaux tandis que 10 % des plus riches accaparent 54 %. Un élément économique qui a des conséquences sociales. Rien qu’en 2003, 10, 7 millions d’enfants mouraient avant d’atteindre l’âge de cinq ans. [...]

Il n’est pas étonnant que la “ communauté internationale ” cherche à proposer des solutions avec des ODM (voir - en espagnol - http :hdr.undp.org). Un cas est l’éradication de la variole depuis 1977. Mais “ en ce qui concerne la famine, en ce moment il n’est pas possible d’établir une date puisque la situation continue à empirer ”. 54 pays ont actuellement des niveaux de pauvreté supérieure à ceux de 1990.

Et cepandant, il y aurait des solutions, même pour des “objectifs ” très mesurés. Il suffirait de consacrer 1,6 % du revenu des 10 % des pays les plus riches (au total 300 milliards de dollars) pour qu’un milliard de personnes sortent de la situation de “ pauvreté extrême ” selon les paramètres monétaires. Moins encore, avec un investissement de 7 milliards de dollars par an pendant la prochaine décennie, quantités inférieures à ce que les Européens dépensent en parfumerie et moins que ce que les Nord-américains dépensent en chirurgie optionnelle non nécessaire, on arriverait à ce que 2,6 milliards de personnes puissent accéder à l’eau potable. Mais que dire de l’augmentation des dépenses militaires enregistrées depuis l’an 2000 ? [...]

Nous avons besoin d’analyses qui nous donnent une capacité de critiques et nous encouragent à une transformation réelle de la situation, non pas à un rideau de fumée. Les ODM entrent dans ce genre de diagnostic sur le monde. D’un trait de plume, les discours critiques sur le développement, qui pullulaient même à l’ONU, disparaissent et on prétend instaurer un agent de la non critique et qui de plus est le seul pour un grand ensemble de secteurs sociaux : ONG, entreprises, institutions officielles, le gouvernement. [...] Depuis plus de cinq décennies, nous reculons face à la possibilité que les pays riches s’impliquent dans le “ développement ” des pays dits du Sud, comme le leur proposait le président nord-américain Truman dans son discours d’investiture. [...] D’autres ODM sont nécessaires et plus que possibles. Bien entendu, du point de vue humain, ils devront sans restriction être à l’écoute des objectifs de démocratisation du monde, en respectant toute la planète. [...]

C’est depuis cette perspective, à la recherche d’alliances pour la demande de démocratisation du monde et sans pouvoir donner de brevets de réponse, que nous tentons de nous situer ici en Espagne avec la question qui doit à qui ? Et nous exigeons du gouvernement qu’il suive la voir qu’a entamé récemment la Norvège en annulant les dettes extérieures qui ont été utilisées contre la population par des dictateurs ou des gouvernements corrompus, en empêchant que les citoyens puissent satisfaire par besoins élémentaires (souveraineté alimentaire, éducation, santé, logement digne, etc.). ”

1 - 7 Une camarade a transmis cette déclaration pour le 8 mars “ [...] Fin 1934 on voit surgir à Barcelone le “ Grupo Cultural Femenino ” et presque en même temps “ Mujeres Libres ” à Madrid. De la fusion de ces deux groupes va se former Mujeres Libres de Madrid et de Barcelone en juillet 1936. En avril 1936 Lucía Sánchez Saornil (Madrid 1895-Valence 1970) et Mercedes Comaposada (Barcelone 1901-Paris 1994) décident d’impulser Mujeres Libres en tant que groupe spécifique dans le mouvement libertaire et de publier une revue qui sera le porte-parole de Mujeres Libres. Amparo Poch y Gascón [du parti syndicaliste d’Ángel Pestaña] (Zaragoza 1902-Toulouse 1968) rejoint ce projet. La revue est publiée immédiatement et aura 13 numéros.

Lucía avait écrit des articles dans Solidaridad Obrera, pour dénoncer l’oppression subie par la femme, dont une série portant le titre de "La question féminine dans nos milieux". Elle était consciente que le problème de la femme prolétaire dans la société bourgeoise était spécifique et différent du problème de l’homme prolétaire. Il fallait donc des solutions spécifiques en marge de la résolution du problème de classes. Il fallait créer MUJERES LIBRES comme une force féminine consciente et responsable agissant comme avant-garde de progrès, dans le but d’émanciper la femme du triple esclavage qu’elle subit : l’esclavage de l’ignorance, de la femme et de son rôle de productrice, comme l’indique ses statuts de septembre 1937.

En août 1937 à lieu à Valence le congrès de Mujeres Libres créait la fédération nationale de Mujeres Libres. Le congrès adopte la conception de la double lutte : “ la femme doit, d’un côté, lutter pour une société libertaire, c’est-à-dire arriver à l’abolition du système capitaliste. Cette révolution doit être menée avec l’homme. Mais d’autres part, la femme est obligée pour obtenir sa liberté intérieure, d’obtenir sa reconnaissance de valeur égale et de droit égal. À cette conception du double combat, correspond le double militantisme, puisque les femmes étaient dans deux organisations Mujeres Libres et les syndicats de la CNT.

[...] Voilà nos références, et elles nous aident sur le chemin difficile de l’idéal libertaire et pour ce 8 mars 2007 nous voulons revendiquer cette mémoire. Pilar Molina Beneyto, Dones Lliures València-Fundació Salvador Seguí. [Valence] ”

1 - 8 La revue théorique de la CGT, “ Libre Pensamiento ”, n° 53, hiver 2007, consacre son dossier principal au syndicalisme et à la corruption. “ La corruption syndicale touche les organisations en tant que telles ainsi que leurs pratiques. Elle consiste à établir un système de bénéfices mutuels entre les parties, afin que ni le patron ni ses associés syndicaux n’aient de préjudices. [...] Il y a tout un système de subventions publiques signées derrière chaque grand accord entre les syndicats, l’organisation et l’administration. [...] La faible participation actuelle a été encouragée par le syndicalisme pratiquant cette politique, mais elle repose sur une tendance des travailleurs au manque d’intérêt et d’espoir. [...] Les travailleurs sentent que le syndicalisme leur a été enlevé et qu’il ne leur appartient plus, mais ils ne considèrent pas non plus que ce soit une chose à récupérer et qui mérite qu’on en fasse l’effort. [...] Récupérer le syndicalisme doit être pour nous la principale forme de lutte contre la corruption. Contre la corruption des autres et contre les formes qui peuvent nous tenter. ” Après cet éditorial qui pose et résout les problèmes, les différents articles deviennent superflus.

Des exemples sont donnés : Citibank a versé plus de 650 000 € aux syndicats Commissions, UGT et FITC pour la signature de quatre accords qui ont entraîné de nombreux licenciements et la dérogation de droits importants des travailleurs. Les faits ayant été dénoncé devant les tribunaux par la CGT, le président de la banque a dit que “ c’était le paiement des efforts réalisés et c’est une pratique habituelle de marché ” ; pour les dirigeants des Commissions “ les paiements correspondaient au travail de conseil réalisé par leur syndicat ” ; quant au juge, il y a clos le procès “ en considérant les faits comme atypiques parce que ne figurant pas expressément dans des articles du code pénal ”, mais il a considéré que les faits étaient prouvés. ” [...]

Dans le secteur du télémarketing, dans l’agence de Golden Line à Valladolid, l’entreprise a payé des primes juteuses aux délégués de l’UGT et des Commissions qui avaient fait échouer une grève à l’appel de la CGT. La réponse du président du comité [d’entreprise ?], de l’UGT, qui a reconnu avoir touché 350 000 pesetas, est significative : “ Nous n’allons pas nous plaindre si on est payé en plus. ”

L’article “ Contrôler les risques que nous savons besoins d’assumer ” d’Antonio Marfil, du syndicat de l’enseignement de Malaga, nous intéresse car il met le doigt sur des dysfonctionnements qui polluent en partie la CNT française.

Le problème des permanents fait partie du système syndical franquiste imposé par le régime actuel. “ La participation aux élections syndicales octroie des ressources : des heures syndicales, des locaux, une capacité négociatrice, etc. et des obligations : locaux syndicaux ouverts, s’occuper des demandes des affiliés et des votants, avoir des réunions avec l’entreprise, des négociations, etc.

De nombreuses activités de l’action syndicale supposent un horaire qui peut être incompatible avec le temps libre possible consacré aux tâches syndicales des affiliés.

La complexité de ces tâches exigées, bien souvent, une qualification et une spécialisation.

Dans des organisations petites et avec peu de participation, on demande en général aux personnes ayant un poste de permanent un service en heures et en jours, assez fréquemment, supérieure à celles exigées pendant son travail habituel.

Bien souvent on ne trouve pas de personnes prêtes à être des permanents.

Dans les petites organisations les postes de permanent et de responsabilité retombent en général sur la même personne.

Dans les organisations où la participation est limitée, il peut arriver que les rares personnes qui participent à la vie organisationnelle (aller aux assemblées, aux plénums, etc.) soit celles qui ont des postes de responsabilité.

Il est peu recommandable que, les personnes exerçant des tâches qui doivent être contrôlées et celles qui ont l’obligation de les contrôler, soient les mêmes personnes.

Dans les organisations où la participation est limitée et où pour cette raison il y a peu de contrôle sur l’action des permanents, c’est l’attitude personnelle le dévouement, la motivation, la cohérence idéologique qui pèsent davantage que les décisions de l’ensemble du groupe.

Personnalisme [...] “ Les responsabilités retombent, trop souvent, sur trop peu de personnes, plus vu l’absence de volontaires que du fait de l’intérêt que de ceux qui acceptent [ces postes].

La rénovation devient, parfois, presque impossible.

Le dévouement, la solitude, le manque de soutien, etc., peuvent faire croire que la personne représente l’Organisation et que les décisions individuelles sont collectives.

Le manque de participation peut entraîner l’effet pervers de ne pas envoyer de convocation (puisque les gens ne vont pas venir) et que les décisions sont prises en petit comité ou à des moments inopportuns. ”. [...]

Bilan d’activité et contrôle “ La participation limitée ou nulle rend impossible dans la pratique le bilan d’activité.

Le travail en solitaire peu créer l’effet pervers d’ignorer les participants possibles : ils ne savent pas, ils ne connaissent pas, à quoi bon leur donner des explications. [...]

Clauses et procédures de sauvegarde “ Révocation des charges. Oui, mais pour la mettre en place, il faut des mécanismes adéquats (nous les avons) et des gens disposés à contrôler et à assumer des responsabilités (bien plus difficile).

Limitation dans le temps durant lequel on puisse appliquer des responsabilités organisationnelles (postes dans la structure syndicale) et syndicales (permanents).

Rotation des postes et des tâches. ” [...]

Parmi les autres contributions hors du dossier abordé, la consommation et les effets psychosociaux du travail, une vision de la Russie à partir de la gauche (presque sans sources syndicales, mais un panorama incluant les camarades de la SKT - Confédération sibérienne du travail -), “ Organiser l’anarchie ” de Rafael Cid (son intervention à des journées de la CGT en septembre 2006 à Madrid, sauf erreur).

Un numéro riche, efficace s’il est vraiment diffusé au sein de la CGT, ce qui est très problématique jusqu’à présent. Une situation différente de celle de la revue de la CNT, Les Temps Maudits, considérée trop chère par les cénétistes, mais présentes dans la Confédération.

1 - 9 “ Contramarcha ” n° 35, janvier et février 2007, diffusion gratuite, coût un euro. Les camarades du métro de Madrid de Solidaridad Obrera font toujours un travail intéressant, comme le démontre leur éditorial.

Les fachos prennent la rue, la résistance continue

Rien n’est comme avant depuis que le PP a été délogés du gouvernement contre tout pronostic (surtout contre ses propres pronostics, qui lui donnait la majorité absolue) lors des élections du 14 mars 2004, après l’attentat sanglant du 11 mars dans les trains de banlieue à la gare d’Atocha et la mobilisation populaire qui suivit pour exiger une information authentique, et non pas la manipulation présentée par le PP pour accuser l’ETA, alors qu’il était évident que l’attentat provenait de la mouvance fondamentaliste islamique.

La droite de toujours (ou ce qui revient au même : le franquisme actuel), n’admet pas de perdre le pouvoir quand elle ne l’a pas prévu (à cause de l’alternance en démocratie). Depuis cette date il n’y a pas un seul jour où dans ses médias on ne parle pas et on lance des scandales à tout propos. Quiconque écoute les émissions radiophoniques de la conférence épiscopale (COPE) toute la journée dans ses programmes de formation, dans les matinées de Jiménez Losantos, les après-midi de Cristina ou La Linterna du pseudo historien révisionniste César Vidal, peut constater en direct la voix du fascisme le plus net. Si l’on veut avoir ce même style d’informations par écrit, il suffit d’acheter dans n’importe quel kiosque à journaux le quotidien “La Razón” ou “ l Mundo ” de Pedro J. Ramírez, ou “ ABC ”.

Les campagnes orchestrées, parfois, s’écroulent devant un minimum d’analyse. Cependant, à force de répéter la même information, une et plusieurs fois, avec même la participation “d’invités experts ” depuis “ différents points de vue”, les mêmes opinions et même des arguments hallucinants, ces médias arrivent à faire que ces absurdités pénètrent le cerveau de centaines d’auditeurs déclassés. Le cas de l’acide borique [un faux sur l’attentat du 11 mars 2004], les rapports entre l’ETA et Al Quaida, le changement climatique (dont ils se gaussent ouvertement), l’appel à l’intervention de l’armée “ garant de l’unité de l’Espagne ” le jour de l’approbation du statut catalan, le révisionnisme fasciste continuel sur la guerre civile et l’après-guerre, etc., crée un climat de répression où “ les rouges écartèlent l’Espagne et attaquent la famille, la religion et les valeurs patriotiques fondamentales”. Ce travail constant, 24 heures sur 24 et 365 jours par an, fait que la droite, le fascisme, dispose d’une armée prête à occuper la rue à chaque fois qu’elle le demande. Des évêques en personne ont même pris la tête de certaines manifestations ; et cela en dépit d’avoir obtenu des accords léonins avec le gouvernement du “ rouge” Zapatero sur le financement de l’Eglise et de “ l’enseignement ” religieux.

La droite contrôle même le pouvoir judiciaire, contrôle obtenu lorsqu’elle avait la majorité absolue, sans aucune sorte de honte. Tout le contraire des membres timorés du parti socialiste ouvrier espagnol qui gouverne en ayant ses membres en tant que minorité progressiste. Le pouvoir judiciaire est aux mains des “ conservateurs ”, y compris le tribunal constitutionnel, où le responsable est un ancien juge du Tribunal d’ordre public franquiste. Ce tribunal condamnait et justifiait les tortures de “délits” aussi graves que celui de d’avoir des idées différentes de celles du régime en place.

Telle est la situation réelle où nous nous trouvons. Le franquisme actuel contrôle le pouvoir économique et financier, judiciaire, des centaines de mairies, plusieurs communautés autonomes, des collèges religieux et privés, des universités privées, des syndicats collaborateurs (USO, CSI-CSIF, Commissions, etc.), des ONG, des fondations, des dizaines de radios nationales et provinciales, des dizaines de journaux et de chaînes de télévision. Et maintenant également ils lancent des mobilisations dans la rue.

Et entre temps, nous les travailleurs où sommes-nous ? Où sont nos mobilisations et nos luttes ? On a envie de rétablir un Front populaire, et même d’y participer pour contrecarrer tant de pression fasciste. Mais il faut voir les choses calmement. La gauche dite démocratique qui pourrait former ce Front populaire a disparu de la rue depuis de nombreuses années pour occuper des bureaux et des villas. Et ne parlons pas du gouvernement actuel. Les syndicats en faveur du système maintiennent leur attitude de Paix sociale permanente et viennent de signer pour la quatrième année consécutive l’accord de négociations collectives de 2007, qui assure le maintien de la misère des salaires et des records de bénéfices des entreprises. Nous, nous ne faisons pas partie de ce front.

Nous, les travailleurs hommes et femmes qui sommes dans “ Solidaridad Obrera ”, nous agissons sur un plan différent de celui de tous ces salopards. Heureusement nous sommes sur les lieux de travail, avec des camarades d’autres organisations, des syndicats, des collectifs et des associations, nous luttons contre le capitalisme, indépendamment de ceux qui le gèrent, qu’ils soient de droite ou de gauche. Nous continuons et nous allons continuer notre lutte contre la détérioration que la politique capitaliste cause à nos conditions de travail de vie, contre ses valeurs égoïstes de propriété, de compétitivité, de consommation, etc.

Nous continuons à maintenir la flame de la résistance par nos actes, nos publications, nos mobilisations. A Solidaridad Obrera il y a toujours une place pour l’espoir, pour ouvrir des chemins de libération sur tous les terrains. Nous ne considérons aucune bataille comme perdue, nous n’abandonnons pas le combat.

Le continu du numéro est fort intéressant. Une page est consacrée à des extraits d’un débat le 31 janvier 2007 sur une radio entre 22 h et 22 h 45 entre deux représentants du syndicat Solidaridad Obrera (un technicien de ligne de métro, membre du comité d’entreprise, et un chef de secteur, le secrétaire général du syndicat), le secrétaire général de l’Union des consommateurs de Madrid et le président de l’association des amis du métro. ’enregistrement complet se trouve sur la page Web du syndicat (www.nodo50.org/sobrera).

Remarque le personnelle : aucun autre syndicat n’a été convoqué, cela montre la représentativité de Solidaridad Obrera (SO).

L’animateur de la radio remarque : “ Janvier [2007] a été le pire mois de l’histoire [du métro de Madrid] en ce qui concerne les pannes, surtout sur les lignes 5, 6 et 7 [centre et communication est-ouest et en partie nord-sud]. Qu’est-ce qui se passe ? ”

(SO) [...] Il y a des sections d’entretien des trains qui ont vu les effectifs diminuer de façon très importante (d’environ 30 %) et un même temps le parc mobile a augmenté. En outre, il n’y a pas de pièces de rechange, cela fait qu’une panne secondaire devienne importante. [...] L’absence de planification (de l’entreprise et de la communauté de Madrid) de la prévision de l’augmentation du nombre de voyageurs ; par conséquent il n’y a pas assez de trains pour répondre à la demande [...] Les trains doivent rouler, même s’ils ne fonctionnent pas à 100 %, avec des pannes secondaires et, parfois, des pannes qui entraînent un risque pour les personnes. Tous ces facteurs réunis entraînent les situations explosives que nous avons vécues. [...] Il y a deux jours sur la ligne 6, un train a circulé avec une porte sans glace. Les responsables de la ligne ont demandé à ce que l’orifice soit bouché afin que personne ne puisse passer un bras, voire tomber dans un tunnel, dans le cas d’une personne maigre. Le responsable de l’entreprise a donné l’ordre que le train roule. La seule mesure préventive qu’il a prise, un manque de responsabilité grave à notre avis, a été de donner l’ordre à un stagiaire de se placer devant la porte durant tout le parcours. [...] Si l’air conditionné ne marche pas, ce n’est pas parce que le conducteur veut punir les voyageurs en leur imposant le froid ou la chaleur. C’est parce qu’il roule sur une rame qui à ce service en panne et que l’entreprise ne prend pas les mesures ou les solutions structurelles qu’elle devrait prendre. [...]

L’animateur demande ce qui se passe lorsqu’une rame est bloquée entre deux stations. Existe-t-il un protocole de sécurité et est-il suivi la lettre ?

(SO) Il y a un protocole de sécurité, mais la première chose qui doit fonctionner c’est le radiotéléphone. L’entreprise n’y a pas pensé. C’est pour cela que notre syndicat a déposé une plainte, parce que le 13 juillet, il y a eu une grande panne de radiotéléphone, qui ne fonctionnait que sur trois lignes sur 12. Selon la décision de la direction du travail de 1984 une condition indispensable pour qu’un train roule avec un seul agent, c’est que le radiotéléphone doit fonctionner. Le radiotéléphone n’a pas fonctionné et l’entreprise, entre 8 h 10 heures, a fait rouler les trains avec un seul agent. Que se serait-il passé s’il y avait eu un accident comme il y a quelques jours sur la ligne 7 avec intervention des pompiers ? [...]

Pourquoi les pannes se concentrent-elle surtout sur les trains 5, 6 et s7 des lignes du métro ?

(SO) Parce que ce sont celles qui voient la plus grande affluence de voyageurs et qui ont les trains les plus vieux. Plus le matériel est ancien, plus la probabilité de pannes est grande. [...] On a en même temps des trains de série 5000 et de série 7000 sur la ligne 6. [...] C’est un chaos total parce que ces trains [7000] ont plus de 30 ans, de nombreuses pannes, et que c’est la ligne la plus utilisée. Tout cela forme un cocktail explosif.

Manque-t-on de trains ? Manque-t-il du personnel ?

(SO) Depuis 1990 la compagnie du métro a réduit le nombre de travailleurs au service voyageur. Par exemple en 1990 nous étions 6000 et maintenant, avec un réseau qui a doublé ainsi que le nombre de stations, nous sommes 6200, mais il y a plus de technicien ; donc le pourcentage de travailleurs par voyageurs est inférieur. [...]

Remarque personnelle : ces conditions sont certainement semblables dans d’autres pays. Des rapports intersyndicaux seraient utiles.

Le journal présente de nombreux problèmes techniques de maladies professionnelles, de matériel nouveau, consignes de sécurité intéressant directement les syndiqués du métro. Mais il est aussi question du concours littéraire de nouvelles avec la publication des cinq premières sélectionnées (des évocations froides de couples qui ne se forment pas, de solitude). On parle également des 8 nouveaux hôpitaux de Madrid, dont il a été question dans ce bulletin, fortement privatisés. Et aussi sur les mystères de la M 30 [un périphérique] dont les travaux polluent, les frais sont astronomiques, les bénéfices également pour le BTP, mais dont les avantages pour les citoyens demeurent un mystère. Les livres édités par le syndicat sont évoqués. Un bel ensemble.

2) Sacré pays

2 - 1 Des entreprises espagnoles continuent à exporter un matériel interdit par l’Union européenne. L’exportation d’instruments de torture ne cesse pas (Rebelion, 01.03.07)

[...] Dans le dernier rapport de l’aide du ministère de l’industrie, du tourisme du commerce d’Espagne, publié en décembre 2006 mais se rapportant à l’année 2005, on peut voir l’exportation de "dispositifs limitant le mouvement des êtres humains, avec entravement par anneaux des pieds et/ou de la ceinture, avec ou sans chaînes, et des dispositifs immobilisateurs rapides, à distance ”, ainsi que “ des équipements portables et des ceintures pour provoquer des décharges électriques ”. [...] Cette exportation a représenté une somme de 1.373.339 euros (environ 1,7 millions de dollars au taux de change actuel). L’autorité nationale palestinienne a acheté pour 1.081.152 d’euros, le Venezuela 152.445, le Nicaragua 137.888 et 1.854 pour la principauté d’Andorre.

Le même rapport révèle également qu’en 2005 d’autres matériels douteux ont été exportés, comme certaines substances chimiques, des micro-organismes et des toxines, pour une valeur de 9,9 millions d’euros (environ 10,3 millions de dollars). [...] L’entreprise espagnole Larrañaga y Elorza, située dans la localité basque de Eibar dans le Nord de l’Espagne, continuent à fabriquer et à exporter des anneaux pour les pieds et des chaînes pour la ceinture, bien que sa production soit interdite en Espagne depuis 2001.

2 - 2 Procès contre un historien ayant dénoncé la répression franquiste en Galice (Rebelion, 02.03.07)

La famille de l’ancien maire de Cerdedo et chef local de la Phalange les jours qui ont suivi le coup d’état militaire de 1936, Manuel Gutiérrez Torres, a présenté une plainte contre l’historien Dionisio Pereira González., à cause de la phrase suivante “Des personnes identifiées pour leur supposée participation à différentes manifestations de la répression : Angel, Luis et Manuel Gutiérrez Torres (chef de la Phalange, maire de Cerdedo dans les années 40 et 50), Eligio et Francisco Nieto (phalangistes)....". Cette phrase est dans le livre de Dionisio Pereira "A IIª República e a Represión franquista no Concello de Cerdedo" edité en 2006 par "Verbo Xido".

Une rétractation de l’historien est exigée par la famille en question, ainsi qu’une indemnisation pour les torts causés. Dionisio Pereira a indiqué qu’il a de nombreux éléments prouvant ses affirmations. Mais ce sont uniquement des témoignages oraux. Pour l’historien, c’est la liberté d’expression qui est en jeu ainsi que l’impunité des agresseurs, assumée aujourd’hui par leurs descendants.

La Confederación Nacional del Trabajo (CNT) rend public son soutien à l’historien Dionisio Pereira face à cette agression contre son travail et la liberté d’expression et d’enquête. En tant que syndicat auquel appartenait une bonne partie des victimes de Cerdedo, connaissant dans sa chair le système de répression du franquisme et l’occultation persistante de celle-ci par la suite, nous exigeons que Dionisio soit acquitté de ces accusations et puisse continuer à enquêter et à publier l’histoire réelle de tant de personnes mortes ou vivantes anonymes que certains s’efforcent de faire souffrir encore de la répression fasciste.

2 - 3 En Catalogne les femmes touchent 30 % de moins que les hommes, la situation sur le marché du travail des femmes catalanes est caractérisée par la flexibilité et le travail à temps partiel. (kaosenlared, 02.03.07)

Ces données proviennent du ministère du travail de la Generalitat. 76,3% des femmes travaillent dans le secteur des services et la majorité d’entre elles, 62,4%, ne travaillent que dans trois secteurs, d’où une offre limitée à des domaines très particuliers. De même, les métiers auxquels les femmes ont accès sont plus instables que ceux des hommes et les taux d’ancienneté montrent que le secteur féminin employé depuis longtemps représente une faible portion du total.

Les emplois qui montrent le plus d’égalité dans la distribution des salaires entre hommes et femmes sont dans l’administration et pour les travaux non qualifiés dans le secteur des services. [... ] 65% des inactifs en Catalogne sont des femmes. [... ] Ce qui inquiète le plus les femmes est toujours la question de la maternité, car elle entraîne pour elles le problème économique et de l’emploi.

De plus le profil de la femme est celui d’une femme qui combine les tâches ménagères avec le travail à l’extérieur. Dans ce domaine, les femmes apparaissent plus actives que les hommes, puisque même si ces derniers ont un niveau d’occupation hors de la maison élevé, chez eux leur attitude n’est guère active.

3) La récupération de la mémoire sociale historique

3 - 1 “ La Comuna de París i la revolució Espanyola ” de Federica Montseny a été éditée, pour la deuxième fois semble-t-il, en brochure en novembre 2006 par les éditions Eixam [la foule] de Valence. Une édition cartonnée et de poche luxueuse et bon marché. Il s’agit d’une conférence le 14 mars 1937 en pleine guerre civile. Une préface et des notes biographiques par Susanna Tavera, universitaire et spécialiste de l’auteure, permettent de retrouver l’esprit de l’époque, du moins, celui d’une partie des dirigeants de la CNT.

L’introduction du Comité national de la CNT souligne la situation désespérée de Paris attaquée par les mercenaires de l’intérieur et de l’étranger. On comprend la similitude avec la situation des républicains espagnols. Mais le texte passe aussitôt à un certain culte de la personnalité : “ anarchiste, d’un anarchiste constructif et profondément humain, Federica Montseny est une des valeurs les plus importantes et les plus positives de la génération anarchiste de notre temps. Sa connaissance et son style agréable ont toujours été aux services des personnes humbles. [...] La CNT se sent fière d’avoir Federica Montseny dans ses rangs. Elle est un porte-parole vivant de nos valeurs. Avec des glorieux combattants du front, avec tout ceux qui, d’heures en heures, sans sentir la fatigue et sans repos œuvrent pour la victoire dans les usines et les ateliers, avec ceux qui franchissent les mers et qui combattent comme des lions contre les vaisseaux pirates, avec ceux qui, rapides, pilotent les avions loyaux fendant les airs à la recherche des sinistres avions pour leur donner le châtiment mérité, avec ceux qui dans le silence d’un bureau donne leur forme aux conquêtes sociales. C’est ainsi que nous obtiendrons la victoire splendide sur le fascisme assassin. Cette victoire qui placera l’Espagne à l’avant-garde des peuples civilisés. “ Luttons jusqu’à la mort ! ” dit Federica à la fin de sa magnifique conférence. Luttons avec tout de la passion que nous savons donner dans toutes les nobles causes !

Commentaires personnels : le rapport avec l’anarchosyndicalisme me semble flou, absent. Je perçois une influence de la propagande marxiste-léniniste indirecte, nos responsables sont bons, on peut les suivre avec confiance. Il n’est même pas question des ennemis au sein du camp républicain ! Un problème de la commune de Paris, sauf erreur, mais, heureusement, il bien abordé par Federica Montseny.

Deux ans plus tôt, Federica Montseny avait évoqué à propos de l’insurrection des Asturies la prise de la banque d’Oviedo, une action révolutionnaire que les communards n’avaient pas su entreprendre. Il n’en est pas question en mars 37 puisque la CNT a entériné la politique de la bourgeoisie républicaine du respect du système bancaire. Dans sa conférence, Federica Montseny décrit avec justesse l’influence de la Commune sur le mouvement ouvrier espagnol. Elle évoque l’erreur de la Commune de Paris de ne pas s’être allié aux campagnes et à la province : “l’Espagne n’a pas commis cette erreur.” Federica Montseny décrit la situation internationale par apport en Espagne républicaine. [...]“En Espagne Napoléon s’est cassé les dents, en Espagne le pouvoir napoléonien a été détruit ; [...] Et maintenant je vous dis, camarade de toutes les tendances qui n’avez pas perdu en tant qu’Espagnols l’esprit indomptable de la race : il existe une unité, une triple unité qu’il faut établir. En premier lieu, l’unité raciale contre l’envahisseur ; ensuite, l’unité morale contre l’ennemi politique, parce qu’il y a un idéal commun et éternel que les hommes ont toujours poursuivi, et enfin, la dernière, l’instinctive, celle que les animaux établissent quand ils sont assiégés par l’homme. [...] Toute action partisane est une action contre révolutionnaire. Je l’ai dit mille fois et je le répète maintenant : si elle vient des uns, ils seront contre- révolutionnaires ; si c’est de notre part, nous le seront aussi. ” [...]

Federica Montseny met les points sur les i : “ Celui qui ne peut combattre, qu’il travaille ; mais personne, pour rien et au nom de rien, n’a le droit de se mettre à détruire tout ce que les autres font. Telle est notre tâche. Et si nous ne l’accomplissons pas, camarades, quel sera votre sort ? Je ne suis pas pessimiste je n’ai jamais cru que nous pourrions être vaincus. D’une certaine façon, c’est mon tempérament, peut-être à cause des conditions de la race, j’ai un esprit fataliste. Je crois que les choses ne sont pas écrites ; mais il y a un enchaînement de faits, il y a une causalité qui les conduit à une fin prédestinée. Le destin, c’est nous qui le forgeons, par nos réactions face à la chaîne des faits. J’ai toujours cru que l’Espagne est un pays destiné à devenir un pays messie. Je l’ai cru, si vous voulez, de façon absurde. Comment pouvais je croire cela d’un peuple qui a un contingent d’analphabètes supérieurs à tous les pays européens ? Cependant, chaque fois que je pars d’Espagne, chaque fois que je regarde le monde que je vois le contraste violent entre la vitalité espagnole, la force et la poussée de l’Espagne, le dévouement, l’adaptation à ce qu’ont établi les autres hommes, les autres peuples, je vois que l’Espagne, avec tous nos défauts, avec notre inculture, avec notre pauvreté matérielle et spirituelle, l’Espagne est un peuple guide, un peuple de poussée, d’impulsion. ” [...]

Je vais finir, camarades, parce que je suis très fatiguée. Et je le ferai avec une seule recommandation pour vous tous. Je parle toujours avec sincérité, avec noblesse, je ne trompe jamais personne. [...] De tout ce que j’ai dit, de cette leçon du passé que j’ai essayé de faire défiler devant vos yeux, je veux que vous utilisiez un seul enseignement. [...] Pour le triomphe sur un ennemi international puissant, pour contribuer à l’oeuvre révolutionnaire et constructive qu’il faut réaliser. [...] Si la révolution triomphe en Espagne, le fascisme vaincu en Espagne est comme un coup de poignard mortel asséné au fascisme international, c’est la révolution qui commence dans le monde entier. Si nous sommes vaincus et si le fascisme triomphe, la pression universelle s’étendrait, la réaction triomphante, la fin de la démocratie du socialisme, la Russie elle-même en danger, tout, absolument tout, perdu. Nous représentons tout cela. [...] Luttons jusqu’à la mort ! Luttons jusqu’à tomber épuisés, tout en pensant que nous ne luttons pas pour nous, encore moins pour l’Espagne : nous luttons pour un monde sincère, pour le futur de nos enfants, pour la liberté des peuples et pour notre dignité d’hommes !

À la différence de l’introduction du Comité national, la vision que donne Federica Montseny est très concrète et pratique. Le côté “ racial ” espagnol est très ambigu, on le retrouve souvent dans les textes de l’immigration de notre auteure, et encore plus dans les textes franquistes. Heureusement l’envolée finale sauve cette amertume.

3 - 2 La fondation Frédéric Engels a édité en 2005 “ Anarchisme et communisme ” d’Evgueni Préobrajenski (brochure achetée à la fête du parti communiste espagnol à Madrid, grâce à Bakounine et à des amis éditeurs libertaires je n’avais pas payé l’entrée). L’introduction de Juan Ignacio Ramos, visiblement trotskisant, nous apprend que l’auteur, trotskiste, fut liquidé par Staline en 1937 et il considère que c’est un “ apport remarquable à une polémique idéologique qui n’a pas perdu son actualité et son intérêt dans les rangs des révolutionnaires, nous qui combattons pour le socialisme.”

Déduction personnelle évidente : les anarchistes, les libertaires, donc les anarchosyndicalistes ne sont pas révolutionnaires et ne combattent pas pour le socialisme. Mais voyons ce texte de Préobrajenski qui semble être de 1921 et quel intérêt peut-il avoir en 2005 2007 ?

Curieusement, il s’agit davantage d’un exposé sur le marxisme-léninisme, en particulier dans le chapitre “ L’État prolétarien ”. Le chapitre suivant “ Les anarchistes et l’État prolétarien ” est creux sur le plan théorique (ignorance de Bakounine et connaissance sommaire de Kropotkine). L’auteur insiste avec raison sur la division des anarchistes (partisans des bolcheviks, alliés provisoires, opposants décidés). La description devient exacte quand elle attribue aux anarchistes “ Les soviets ne sont pas des organes de pouvoir, mais des organes de la volonté du peuple travailleur. Mais les bolcheviks tentent d’altérer leur nature et d’en faire des organes de pouvoir. ” Les réfutations de l’auteur consistent à assimiler le parti communiste au peuple. Et on peut ajouter que « le Parti a justement condamné » les ennemis du peuple, les anarchistes puis l’auteur de cette brochure. Une ironie facile, mais tous les morts du goulag font partie du socialisme réel et de l’héritage marxiste (les calomnies et la diarrhée verbale de Marx contre Bakounine et les anarchistes pèsent plus que les textes du “ jeune Marx ”).

Une note de l’auteur souligne : “ Les anarchosyndicalistes qui travaillent dans nos organes économiques ont abandonné depuis longtemps les fantaisies sur la possibilité de l’organisation de la production sans un plan unique, sans un organe central pour la direction de l’économie et, durant la période transitoire, sans imposition. ” Il est curieux de constater que l’organisation serait étrangère aux idées libertaires et l’anarchosyndicalisme le vestibule du parti communiste. Mais ce pouvait être une impression qu’avaient les bolcheviks avant la liquidation du courant anarchosyndicaliste. Cela n’empêche pas l’auteur de décrier un exemple d’anarchosyndicalistes mal appliqué dans les mines de Tcheremkhov en 1918 en Sibérie De même l’auteur écrit : “ il suffit de se représenter Makhno et sa clique passant à la tête de l’électrification de la Russie pour que cette seule pensée provoque l’hilarité. ” Une autre note de l’auteur indique : “ Kropotkine, peu avant sa mort, était convaincu des énormes mérites du parti communiste dans la tâche de la véritable libération du pouvoir du capital par le travail. ” Mensonge délibéré ? Naïveté totale ? Désir de provoquer l’hilarité de futurs lecteurs ? Cette analyse marxiste, donc scientifique, semble contraire à la réalité historique.

Préobrajenski admet que pour “ passer ensuite à une distribution plus juste, plus communiste ”, il faut des salaires “ plus élevés pour les spécialistes et certains privilégiés, pour les travailleurs les plus responsables dont le travail représente une valeur particulière pour la république soviétique.” Ces arguties deviennent l’axe du chapitre “ Les bases de classe de l’anarchisme ” où tout est origine petit-bourgeoise, en particulier Makhno. Le chapitre “ De l’anarchosyndicalisme au communisme” est aussi pauvre. Par contre, “ L’anarchisme russe en 1921” oblige l’auteur à écrire que les paysans étaient mécontents de l’impôt en nature, “ la cause du mécontentement des ouvriers est l’épuisement général et la lassitude comme résultat de sept années de guerre, de famine et de nécessité énorme. [...] La lenteur des succès de la construction économique sur de nouvelles bases.” Un nouveau réductionnisme permet à l’auteur d’identifier critiques anarchistes et critiques contre- révolutionnaires. Préobrajenski écrit “ Mais si, au contraire, les ouvriers de chaque usine obtenaient le droit de diriger la production du point de vue des intérêts de leur entreprise et non pas des intérêts généraux, chaque entreprise ferait ce qu’elle considérerait nécessaire, même si cela s’opposait au plan général du pays.

Remarques personnelles : c’est un raisonnement typiquement patronal, les ouvriers sont des cons, incapables de comprendre l’intérêt général. Seul l’état-major, le comité central, connaît ce qu’il faut faire. On retombe sur le socialisme réel de l’URSS. Les théories marxistes ne se jugent pas selon leurs paroles mais selon les résultats de l’URSS. Comme pour me répondre, pour nous répondre Préobrajenski continue sur sa vision de chef : “ Et c’est seulement le lamentable petit-bourgeois, seulement le scarabée des excréments qui lui cachent l’horizon, qui ne voit pas derrière ce tas d’ordures toute la grandeur et toute la beauté de l’Himalaya ronge de la dictature du prolétariat.

La conclusion permet de préciser la date, “ cette seconde étape où nous nous trouvons en 1921 [...] La réduction de la centralisation dans l’administration et la remise d’une série de fonctions des organes centraux aux organes soviétiques de chaque endroit, représente une diminution du bureaucratisme et l’accroissement excessif des organes centraux.

Belle illusion idéaliste, incapable de tirer les conséquences de la division de classes qui avait lieu devant Préobrajenski (peut-être les « excréments qui lui cachent l’horizon ». Le texte est donc globalement absurde et sans intérêt pour le XXI siècle, sauf si l’intention des éditeurs est de démontrer que leur idéologie est une falsification. Un acte surréaliste courageux !