CGT-e info n° 19 - 20

mercredi 23 mai 2007, par frank

CGT-e n° 19 / 20

Meilleure présentation en PDF, en fin de texte (Fin de rédaction 23.05. 07)

Evocation globale socio économique voir n° 2, Résumé bref !

- Agressivité des multinationales espagnoles dans le pillage du tiers monde et de l’Amérique Latine en particulier (héritage des conquistadores) ;

- Stagnation et baisse du niveau de vie, avec perte des acquis, pour la majorité des salariés ;

- Rideau de fumée sur la répression franquiste et la récupération de la mémoire historique.

Contenu de ce bulletin :

1) Luttes

1 - 1 Syndicalisme et combines spéculatives La spéculation, le chômage et la perfidie dominent les chantiers navals de la Baie de Gijón [Asturies]

1 - 2 Grève à Atento (Telefónica) contre le licenciement de 3000 personnes

1 - 3 On sait que VW, et d’autres constructeurs automobiles

1 - 4 Un fait nouveau est l’augmentation des activités fascistes

1 - 5 un militant de la CGT en grève de la faim devant le ministère de l’environnement

1 - 6 Contramarcha de Solidaridad Obrera expose les positions de ses candidats aux élections syndicales

2) Sacré pays

2 - 1 Plus d’un million de pauvres à Madrid

2 - 2 Mercenaires en hausse

3) Récupération de la Mémoire historique

3 - 1 Le 12 avril, à Madrid réunit la présentation de la page Web todoslosnombres.org

3 - 2 “La dictature franquiste a réussi à ne pas être remise en question »

3 - 3 " Les politiques fascistes dans leur tentative de construction d’argent féminin au service de la patrie"

3 - 4 Polémica consacre un bref dossier à la reconstruction de la CNT

1) Luttes

1 - 1 Syndicalisme et combines spéculatives La spéculation, le chômage et la perfidie dominent les chantiers navals de la Baie de Gijón [Asturies] Conseil municipal : de complice à défenseur, de bourreau à victime, mais la prison pour Carnero et Morala. Ecrit par Miguel Ángel Llana [rebelion, 11.04.07]

Pour comprendre cet épisode, il faut savoir que deux syndicalistes - Cándido et Morala - des Commissions ouvrières ont été condamnés pour exactions lors d’une manifestation, il y a plus de deux ans, à partir du témoignage d’un infiltré de la police. Le paradoxe est que parmi les principaux accusateurs on trouve la municipalité de gauche de la ville, PSOE-IU, qui exige le remboursement de plus de 5 000 € de dégâts. La même municipalité est fortement impliquée dans la spéculation depuis des années. Une interview document de Cándido González Carnero par Miguel Ángel Llana, syndicaliste de la Naval Gijón "Fermer les chantiers naval fait partie de l’embrouille que les autorités et les boîtes du btp veulent faire passer" [rebelion, 18.05.07]

De nombreuses manifestations ont eu lieu pour défendre le secteur naval de Gijón et d’autres se sont actuellement en cours contre Cándido González Carnero et Juan Manuel Martínez Morala, respectivement ex secrétaire et le secrétaire général actuel du Corriente
Sindical de Izquierda, CSI, [courant syndical de gauche], syndicat indépendamment financé exclusivement par les cotisations des adhérents et dont les statuts n’admettent pas de permanents. Ils sont passibles de cinq ans et demi de prison. Le plaignant du premier procès est la mairie dont la majorité est PSOE-IU, pour différents dommages lors de manifestations

Cándido González Carnero, travaille depuis 14 ans au chantier naval, et a 40 ans de cotisations à la sécurité sociale et presque autant de lutte syndicale, comme adhérents out comme dirigeant, sans avoir été permanent. [...] ça n’aurait dû durer que cinq minutes. En fait, c’est une embrouille planifiée par la mairie de Gijón, le gouvernement autonome, le Délégué du gouvernement et vraisemblablement avec la collaboration des juges, parce que tout cela est lié à une grosse affaire d’urbanisme où ont leur part également les entreprises du btp et les spéculateurs.

-Comment est-on arrivé à cette situation ?

Simplement parce qu’on prétend criminaliser la lutte sur le plan du travail et du social. Nous savons tous comment le PSOE [PS ouvrier espagnol] veut établir un modèle social à la nord-américaine, c’est-à-dire, avec des conflits « contrôlés » où les travailleurs n’auraient pas de capacité de riposte, avec des licenciements et des gens dans la rue comme ce que dit la loi. Ca ne marche pas comme ça. Précisément les conflits du secteur naval n’ont jamais été "contrôlés" par le système actuel. Ils ont leur dose de radicalité et c’est pour cela qu’on veut nous utiliser Morala et moi comme tête de turc dans une opération sans dérapage comme dans le secteur naval. Mais je pense que jamais ils ne vont pas y arriver ; Nous voyons en ce moment les conflits dans le métal et les chantiers navals de Vigo, de Delphi, etc. et ceux qui vont surgir parce que la situation des travailleurs est de plus en plus difficile.

-Vous sentez-vous trahis par la coalition de la gouvernance municipale et régionale du
PSOE et IU [PC et autres gauches] au pouvoir ?

Non, pas même frustré, malheureusement depuis quelque temps nous savons ce que ces organisations politiques et leurs syndicats représentent pour les intérêts des Asturies qui se résument à ce que nous voyons tous et toutes aujourd’hui : émigration massive des jeunes à cause d’une politique économique spéculative et en l’absence d’une politique sociale, qu’on veut devenir on attendrait d’un gouvernement soi-disant de gauche. En réalité, nous les travailleurs, nous sommes victimes de leur politique. Les patrons amassent de véritables fortunes aux dépens des sacrifices auxquels est soumis l’immense majorité sociale, qui premier et génère la richesse. [...] Aux Asturies, tous les jours une il y a des entreprises qui ferment, des emplois détruits et une plus grande précarisation du marché du travail. Il y a de plus en plus d’accidents du travail, de plus en plus de sécurité sur les lieux de travail, d’où des blessures ou la mort. Et comme si cela ne suffisait pas, défendre les postes de travail représente pour les travailleurs et pour tout collectif social, la répression de plus en plus dure qui rappelle l’époque la dictature franquiste. (Souligné par le traducteur, ainsi que dans la suite) [...]

Là où une entreprise disparaît, des immeubles de luxe ou des zones résidentielles sont construites, apportant de gros bénéfices aussi bien aux responsables politiques qu’aux spéculateurs immobiliers. Il n’y a qu’à voir comment est la baie de Gijón [...]

-Pensez-vous que les syndicats font partie de cette embrouille dans le domaine d’urbanisme ?

Ce sont précisément les syndicats UGT et Commissions qui sont en grande partie aussi responsable que les partis politiques dans l’application des mesures actuelles. En plus d’être les porte-parole en faveur de la pression dans l’urbanisme, ils acceptent les fermetures, les licenciements et tout ce qui s’en suit. Mais quels intérêts peuvent-ils avoir, si cette politique ne les favorise pas syndicalement ? Ces syndicats vivent uniquement des subventions - et non pas les cotisations de leurs adhérents - qui entretiennent une armée de permanents et toutes leurs structures bureaucratiques : c’est la récompense qu’ils obtiennent en échange de pactes pour fermer les entreprises ni entraîner des licenciements afin que la spéculation puisse aller de l’avant.

-Qu’est-ce qu’en disent les adhérents de l’UGT et des Commissions, permettent-ils tout cela ?

En réalité non, mais ce qui se passe c’est que ces syndicats jouent le rôle de diviseur des travailleurs, en les intimidant par la menace que s’ils se mobilisent, ils peuvent perdre leur travail. Ainsi les patrons des entrepreneurs n’ont pas besoin de jouer les répresseurs parce que l’UGT et les Commissions le font très bien, et ils perdent tous les jours des adhérents.

-Vous êtes contre ces partis et ces syndicats ?

Non je ne le suis pas, mais comme toute personne de gauche je ne le partage absolument pas leurs positions. De mon point de vue, d’une gauche responsable, je défends les intérêts de majorité sociale face à la corruption politique syndicale qui apparaît en ce moment avec insolence et virulence contre toute la classe des travailleurs.

-Vous sentez-vous protéger, défendu par les institutions démocratiques ?

Non. L’Etat de droit ne vaut que pour quelques-uns. [...] Le licenciement et sans aucun doute, la répression la plus dure que peut subir un travailleur et si en outre on impose une peine de prison pour le simple fait de défendre son emploi, il est logique de se poser au moins la question dans quelle sorte de société vivons-nous ? Mais il n’y a pas que cela, nous savons que la lutte pour les libertés doit continuer car en fait nous vivons dans une fausse démocratie, qu’en réalité nous n’avons jamais eue. [...]

1 - 2 Grève à Atento (Telefónica) contre le licenciement de 3000 personnes [ainfos, 11.04.07, information de la CGT-e]
Les 3000 personnes concernées travaillent en Espagne, dont 408 dans la région de Valence. Les personnes en contrat provisoire ou en CDI sont touchées, 344 sur les 408. 93 ont déjà été licencié, sur un total de 1500 personnes dans la région. Les salariés craignent une délocalisation des services de l’Amérique latine, où les salaires sont moins élevés.
Pour le moment, les travailleurs d’Atento sont appelés à une grève générale le 16 avril à l’appel de la CGT. Le panorama, en rien encourageant, reste en suspens tandis que le personnel espère ne pas recevoir une nouvelle dont les échos sont présents de l’autre côté de la ligne.

1 - 3 On sait que VW, et d’autres constructeurs automobiles, veulent imposer des milliers de licenciements en Espagne. La situation de l’entreprise est intéressante. D’après le syndicat CGT - SEAT (reproduit dans kaosenlared, 02.03.07) l’entreprise dite avoir perdu 49 millions d’euros en 2006, mais elle a touché 52 millions de bénéfices.

« Nous exigeons que cesse la politique d’incertitude et de peur parmi les salariés. Nous, en tant que travailleurs, nous produisons suffisamment de richesse pour qu’il n’y ait pas de salariés en trop et pour que les camarades sur la liste des licenciés soient réemployés. [...] 4,4 % de hausse des ventes, 5,1 % de hausse des bénéfices, stock des véhicules invendus réduit de 12 000 unités, [par rapport à 2005 ...] Bénéfices nets de 2 milliards 750 millions d’euros (145,5 % d’augmentation par rapport à 2005 !!). [...] VW propose à ses actionnaires 8% de plus que l’année dernière, une belle augmentation de salaire ! [...] En tant que travailleurs nous en concluons :

- avec des effectifs inférieurs, nous les travailleurs de Seat VW nous avons engendré de magnifiques bénéfices pour les actionnaires du groupe.
- six yeux qui décident combien de voitures nous fabriquons et en quelle quantité se sont les actionnaires de VW, notre interlocuteur devrait être ces derniers. Nos actionnaires ont des bénéfices très élevés, et cela suffit de nous demander des sacrifices.
- Si à ces calculs on ajoute le fait que malgré des pertes de 49 millions de €, Seat a versé des bénéfices de 52 millions à VW, nous devons nous demander de quelle crise de l’entreprise parle-t-on ? [...]

Une centaine de militants de la CGT en fait une marche jusqu’au ministère de l’industrie pour protester contre la situation du secteur automobile (CGT, 11.05.07)

Sur les pancartes on pouvait lire "Contre les délocalisations et les licenciements. Unité solidarité. Sindicato del Metal de Madrid". Eladio Villanueva, secrétaire général de la
CGT a lu un manifeste de la coordination du secteur automobile de la CGT en exprimant
"Notre soutien et notre solidarité la plus profonde au personnel de Delphi (Puerto Real-Cádiz)" et il a dénoncé la politique de délocalisation et d’externalisation d’activité dans le secteur automobile. Dans ce sens le communiqué a qualifié cette politique de " forte mise en lumière du pouvoir des multinationales sur la classe travailleuse et l’ensemble de la société. Un pouvoir de plus en plus profond qui ne rencontre que les contre-pouvoirs nécessaires et la réaction des institutions publiques, ni non plus l’attitude des grands syndicats". C’est pourquoi à la CGT nous considérons indispensable de créer des réalités sociales fondées sur la répartition du travail et de la richesse, et non pas d’augmenter de favoriser davantage les inégalités sociales, en créant des emplois précaires.

Aussi par cette action nous demandons au ministère de l’industrie aux autres administrations concernées :

1. Une solution globale pour Delphi les entreprises sous-traitantes qui passent inexorablement par le maintien de l’activité industrielle et des emplois.

2. L’établissement de politique industrielle que les responsables dans la baie de Cadix et en Espagne. Cette politique doive promouvoir le contrôle social public entreprise et stimuler la recherche-développement.

3. Des actes concrets contre les politiques de délocalisation est externalisation qui ont lieu dans de nombreuses entreprises.

3. Contre ces pratiques, impliquée des actions légales, politiques et sociales. »

Ont participé à cette marche des camarades, hommes et femmes, de différents secteurs de l’automobile en Espagne : General Motors, Valeo, Man, Peugeot, Iveco, Renault, Michelin, Microser, VolksWagen, SEAT, Gearbox, Santana, Ford y Jonson & Controls.

1 - 4 Un fait nouveau, signalé dans le dernier bulletin, est l’augmentation des activités fascistes. La CGT signale le 28 avril : contre les agressions racistes et fascistes (à Gandia, aux Baléares et où que ce soit), dénonciation, solidarité et résistance.

La CGT veut marquer son refus le plus énergique de l’augmentation sans précédent des agressions fascistes et racistes contre des travailleurs immigrés. Il y a un mois c’était des Colombiens et des militants de la CGT (Palma de Mallorca), aujourd’hui c’est un travailleur sénégalais (Gandia). Cette augmentation du terrorisme xénophobe a deux causes claires. D’un côté, les lois sur les étrangers empêchent le déplacement normal des personnes d’une frontière à l’autre pour s’installer librement où ils peuvent et où ils le choisissent, en criminalisant les personnes immigrées, en hiérarchies l’accès et l’usage des droits de l’homme d’après le fait d’avoir ou de ne pas avoir de papier. D’autre part, en accord avec les lois et les comportements policiers discriminatoires, il y a les discours politiques qui avec une ambiguïté calculée insistent sur la problématique l’immigration avec des buts démagogiques et électoralistes, ce qui donne des ailes aux tendances les plus réactionnaires et la technique de certains courants politiques de l’extrême droite.

Face à cette situation, la CGT veut montrer sa solidarité avec la personne intéressée sauvagement à Gandia. Elle réitère son refus des lois sur les étrangers qui stimulent des formes de penser que ce ne Ford et racistes, tout en favorisant l’exploitation sur le plan du travail et du droit des personnes immigrées.

Seule la dénonciation permanente, la solidarité active et la résistance de la part de la société contre toute sorte d’agression xénophobe et raciste, pourront freiner l’avance de cette plaie réactionnaire qui touche les immigrées les organisations qui les soutiennent, comme la CGT.

Secrétariat d’action sociale, comité confédéral de la CGT

L’agression en soi a eu lieu le 21 avril, trois jeunes avec des bottes et la tête rasée ont intéressé un sénégalais en pleine rue dans le centre à 20 h 15. La police présente a appelé une ambulance et identifié les agresseurs. Aucune arrestation n’a eu lieu.

1 - 5 un militant de la CGT en grève de la faim devant le ministère de l’environnement. Depuis le 16 mai Carmelo Sánchez Sanjurjo, cégétiste les fonctionnaires du ministère de l’environnement, 21 ans d’ancienneté dans la section de sécurité des barrages hydrauliques, est en grève de la faim pour réclamer l’application d’une décision judiciaire lui donne raison.
Carmelo a dénoncé de nombreuses irrégularités dans son service, d’où différentes sanctions et des problèmes sur sa santé. Vu la possibilité d’établir un dialogue, il a adopté la grève de la faim. Il se trouve de 8 h 20 heures devant le ministère et pour des raisons de sécurité, il dort au siège de la CGT Madrid. Il est contact table sur ces deux lieux. (CGT, 17.05.07
1 - 6 Contramarcha de Solidaridad Obrera expose les positions de ses candidats aux élections syndicales dans le métro de Madrid
« Depuis ma naissance, mon père par son exemple m’a inculqué la conscience sociale des principes de solidarité et d’égalité entre les travailleurs, mais surtout la dignité de l’individu. Je vois aujourd’hui avec tristesse que ces valeurs ont été remplacées par d’autres d’un « nouveau » genre dans une société dite de « bien-être », d’où le moteur sont les « besoins » artificiels (la maison, vois-tu, la télévision grand écran, le portable, l’ordinateur portable, etc. [...] Il est évident que le but de tous travailleurs et d’obtenir un salaire digne, c’est-à-dire que le fruit de notre travail soit un salaire qui couvre complètement nos besoins réels et nos attentes sans limiter nos droit et notre dignité, et enfin pour ne laisser du temps pour le réaliser en tant que personne en dehors du travail dans le métro. [...] La productivité des elles suppose la condamnation de disparition des autres (collectif, poste de travail ou catégories). Solidaridad Obrera, à mon humble avis (totalement partial), la seule organisation dans le métro, qui ne tombe pas dans ce jeu, malgré le prix qu’il doit payer pour cela, est ainsi la seule alternative à s’opposer (avec le soutien de tous les travailleurs) à cette tendance. » Javier E. Montero Arango (techniciens de ligne)
« Aux élections de 2003 les autres ont été incapables de ne nous enlever un des six élus au comité d’entreprise depuis 1999. [...] Nous allons partager des illusions entre nous et des tensions avec les autres. Nous continuerons à expliquer en réalité ce qui se passe dans les réunions. Nous discuterons comme toujours, sans hiérarchies, avec confiance, avec courage et sans accepter d’imposition extérieure. Notre syndicat ne reçoit pas de subventions en échange de la vente de nos droits ni de signature d’aucune paix sociale. Notre syndicat se nourrit de l’espoir et de la confiance de ses adhérents et de ses électeurs. » Abraham Paliza Gea (technicien de ligne)
« L’important pour les travailleurs, c’est le quotidien et construire ensemble un futur plus digne et plus salutaire pour tous. Pour moi c’est clair, vu ma personnalité et mon engagement, ce qui fait la différence c’est Solidaridad Obrera. » Juan José Cabrera López (atelier central)
« On nous a toujours reproché à nous de Solidaridad Obrera, d’être des extrémistes : rien n’est plus éloigné de la réalité. Nous sommes toujours arrivés aux buts possibles en cherchant toujours le plus grand bénéfice pour tous, en étant ni sectoriels ni corporatistes. » Julio González de Sosa (employé de guichet)
« Ceux qui luttent et ceux qui avalent tout Nous nous connaissons tous et nous savons comment ce que nous vallons, du moins à l’atelier central. Nous connaissons également les différents syndicats que nous avons dans le métro. Nous savons ceux qui luttent et ceux qui avalent tout. Ce qui ne défendent à chaque moment et ce qui ne nous trompent pas mal de fois. Appuyer la candidature de Solidaridad Obrera, dont je fais partie, signifie soutenir :
- ceux qui défendent les postes de travail des droits ;
- ceux qui te donnent des informations ;
- ceux qui affrontent la direction et les obstacles nécessaires ;
- ceux qui luttent sans tromperie ni démagogies. »
Angel López González (ouvriers de l’atelier central)
« Engagement et travail Quand je suis entré dans le métro, j’ai attendu un an avant de me syndiquer, en interrogeant ceux qui travaillaient dans d’autres secteurs, ainsi je savais ce que je ne voulais pas. Finalement j’ai trouvé ce que je voulais, un syndicat qui offre ce qu’il exige : engagement, sérieux, travail et responsabilité, et me voici, sûre de moi. » Beatriz Dorado (conductrice)
« On a assez de la passivité et de la résignation face aux attaques continuelles contre nos postes de travail et nos droits. Chaque millimètre cédé mine des années de lutte. » Begoña Gorrochategui Gil (chef de secteur)
« Salut camarades. Je me présente à ses élections syndicales. Je suis ici presque mon syndicat me l’a demandé, comme je suis reconnaissante, je ne peux que lui rendre ma confiance et ses idées. J’ai confiance dans sa solidarité envers tous les travailleurs, son sérieux en travail et l’aide qu’il apporte à tous ceux qui ne sollicitent à tous ceux, je suis à sa disposition avec les limites qui sont les miennes, pour aider à toutes ces tâches. » Dolores Ramírez (conductrice)

« Il y a de plus en plus de charges dans le travail et de moins de gens pour l’assumer. La coordination [patronale] rappelle la main invisible qui gère le marché, invisible parce qu’elle n’existe pas. En fin de compte, c’est la rigueur professionnelle et le sérieux de travailleurs qui rend possible les inaugurations, les remodélations, les incidences et les suspensions, qui empêchent qu’elles ne deviennent tous les jours les grands titres des journaux. [...] Nous avons maintenant l’occasion de régler les comptes avec ceux qui nous ont mis dans cette situation afin qu’ils comprennent une fois pour toutes ne joue pas avec la dignité futur travailleur. Vote pour Solidaridad Obrera » Natividad Jiménez San Juan (chef de secteur)

2) Sacré pays

2 - 1 Plus d’un million de pauvres à Madrid [rebelion, 10.04.07]

Plus d’un million 165 mille madrilènes vivent au-dessous de la limite de la pauvreté relative estimée dans l’Union Européenne (UE) avec des revenus d’huit mille 400 euros par an, il(elle) a révélé hier une enquête syndicale.

Un échantillon réalisé par les Commissions Ouvrières indique que, conformément aux paramètres de l’UE, toutes les familles communautaires qui ont moins de 60 % du revenu moyen de la population qu’ils côtoient sont des pauvres relativement. A Madrid, le revenu moyen familial est de 14 mille 58 euros, ce qui signifie que presque un sur six Madrilènes est pauvre c’est-à-dire 19,4 % de quelque six millions d’habitants.

Ce chiffre, affirme l’étude, "remet en question un modèle de croissance madrilène qui laisse trop de personnes dans le caniveau, condamnées à l’inégalité". [...] Les données de l’enquête coïncident avec celles de l’Institut National de la Statistique (INE), de décembre 2006. Le syndicat se réfère à d’autres inégalités enregistrées dans la région de capitale.

Ainsi, par exemple, on constate la survivance de la discrimination sur le plan du travail de la femme, puisque le salaire brut moyen horaire présente une différence négative de 21 % par rapport à ce que l’homme perçoit.

L’étude révèle que 53,11 % des Madrilènes travaillent par un entrepreneur, 5,1 pour son propre compte, 5,3 reçoit des allocations de chômage et 15,2 de vieillesse. Dans tous les cas le pourcentage d’hommes est supérieur à celui-là de femmes.

La syndicaliste assure que Madrid a besoin de politiques publiques et de développement des services communaux qui contribuent à la redistribution des revenus et corrigent l’inégalité sociale. La capitale est gouvernée par le parti populaire.

2 - 2 Mercenaires en hausse, le ministère de la défense élève de 7 à 9 % le nombre d’étrangers dans l’armée. [rebelion, 17.05.07]

Actuellement, il y a 4.300 immigrants dans les forces armées, ce qui représente 5% des 78.000 professionnels. Ces derniers passeraient à 85.000, et donc la nouvelle quantité d’étrangers sera de 7.650. Les pays d’origine sont maintenus (Amérique Latine et Guinée équatoriale), mais affectations sont élargies.

3) Récupération de la Mémoire historique

3 - 1 Le 12 avril, à Madrid réunit la présentation de la page Web todoslosnombres.org, c’est-à-dire : tous les noms des personnes victimes de représailles durant le franquisme. Actuellement la liste comporte 25.033 noms, 174 mini biographies et 27 documents. C’est ce que Cecilio Gordillo « appelle un “mouvement pour la récupération de la mémoire historique” depuis 2000 jusqu’à aujourd’hui. “ C’est le premier mouvement surgi de la société qui a obligé toutes les forces politiques, le Parlement et les pouvoirs de l’État, à repenser la politique qu’ils avaient adoptée jusqu’à maintenant par rapport au franquisme.” Cecilio a mis en valeur dans ce processus de récupération de la mémoire, l’importance des témoins. Jusqu’à maintenant la mémoire était demeuré dans un cadre privé. En fait les exhumations ne sont pas un fait nouveau. Ce qui est l’est c’est qu’elles ont lieu de façon publique, ce qui gêne le pouvoir. Le camarade Gordillo a fini son intervention en dénonçant qu’en Espagne, aujourd’hui encore, on n’a pas reconnu juridiquement le cas du détenu les condamnés aux travaux forcés, avec les réparations juridiques qui s’imposent. » (CGT-e info n° 10)

3 - 2 “La dictature franquiste a réussi à ne pas être remise en question », interview de Joan Garcés, avocat et politologue (rebelion, 10.04.07)

Ex conseiller personnel du président chilien Salvador Allende, avocat militant dans les recherches judiciaires contre Pinochet, auteur du livre Soberanos e Intervenidos [souverains et confiscations], il a également participé à la commémoration du 75e anniversaire de la seconde république à Alicante.

“ Les changements politiques qui ont suivi la mort de Franco (1975) évoluent dans le cadre de la guerre froide depuis 1945. C’est l’hégémonie de deux secteurs sociaux, économiques, politiques et militaires qui ont soutenu la dictature, qui ont exigé et obtenu que le changement politique ne touche pas les événements et les faits les plus significatifs, y compris les crimes contre l’humanité. [... Les Etats-Unis ont fortement contribué au démembrement des colonies espagnoles. Il existe une subordination envers les USA] En 2004 le gouvernement espagnol a décidé de s’appuyer sur la majorité et à ne pas continuer à soutenir les États-Unis dans l’invasion de l’Irak. Un gouvernement peut être loyal envers ceux qui l’ont élu démocratiquement et servir leurs intérêts. [...]

3 - 3 " Les politiques fascistes dans leur tentative de construction d’argent féminin au service de la patrie" [rebelion,02.03.07]

1ère partie Une comparaison sommaire entre les différentes manifestations du fascisme, la version allemande, italienne et espagnole permet de voir les caractéristiques idéologiques de chacune et leur politique de genre.

Le modèle italien est le premier et donc c’est le pionnier en matière de développement d’un discours sur la femme et la famille, en assignant à la femme ne le rôle de centre de la famille en tant qu’épouse et mère, garantie de l’unité de cette dernière et de celle de la nation. Le rôle de la femme est ainsi lié à l’objectif final de la politique, il est « dignifié ».

La moindre importance, (voir l’absence) de tradition catholique de fascisme allemand entraîne une différence clé sur le plan de la tradition répressive qu’elle implique, avec sa culture de peur, de faute et de soumission. Le fascisme nazi souligne que le monde masculin est grand, c’est le monde de la politique, du travail et de l’État. Le monde de la femme en revanche est plus limité, mais également nécessaire pour que le monde de l’homme fonctionne. C’est le monde de la famille, de la maison, du niveau domestique.

La version espagnole a centré la politique de genre sur deux piliers : la soumission ou la lutte contre l’émancipation de la femme, la modernisation du modèle de femme, compris comme l’acquisition de savoir technique l’aidant à optimiser son rôle de colonne vertébrale de la vie familiale.

Le premier de ces piliers a été de faire échouer toute tentative de l’émancipation des femmes. Il avait pour but de diaboliser la libération de la femme du joug du système patriarcal, un des pires maux qui peut toucher une société.

"Le devoir des femmes envers la patrie est de former les familles", assurait [la soeur de José Antonio Primo de Rivera, fondateur de la Phalange, fusillé le 20 novembre 1936, par un bataillon anarchosyndicaliste, le jour de la mort de Durruti] en 1938, dans un discours à la « Sección Femenina » [organismes quasi obligatoire durant les premières années du franquisme]. Cette phrase indique clairement que la famille est plus qu’une option personnelle ou une forme pragmatique organisation, c’est un devoir politique exigé par la nation.

Le fascisme s’oppose aux droits du citoyen républicain proclamé par la révolution française, en rejetant comme individualiste. On lui oppose la structure familiale sacrée en tant qu’élément politique base de la patrie et unité de production de nouveaux travailleurs soldats, symbole de la puissance du pays. Un rôle féminin est créé et reconnu sur le plan politique global.

C’est pour cette raison que le fascisme considéré le néo malthusianisme comme un ennemi du mariage. Le rôle du mariage est la procréation, en engendrant de nombreux enfants. Mussolini a affirmé " il faut cinq minutes pour produire un canon et 20 ans pour une chemise noire ". Sur ce plan, des synergies se tissent entre l’église catholique et l’État fasciste.

Le second pilier de la politique de genre fasciste a été la modernisation, entendue comme actualisation du rôle de la femme rapport aux exigences une possibilité de la société industrielle fordiste. On l’insiste sur l’acquisition de connaissances dans le domaine de la santé, de la nutrition, une hygiène domestique et de savoirs et de techniques améliorant la productivité du travail domestique et le bien-être des familles espagnoles. C’est l’application sur le plan domestique de l’organisation scientifique du travail, en utilisant des vecteurs modernes comme la publicité, les revues pour les femmes, les programmes de télévision de radio, etc.

En aucun cas modernisation du rôle féminin ne possède de connotations ou de nouvelles libertés. La « nature » de subordination de la femme ne change pas, mais on fait du modèle féminin, et même de son corps, une question politique et publique, en identifiant le corps vigoureux et généreux comme un symbole de la puissance nationale. C’est l’époque de l’éducation physique obligatoire, avec des critiques sans exagération contre des secteurs de l’église catholique.

Une femme saine, forte et rentre est préparée pour être mère et améliorer la race. C’est le rôle de la “Sección Femenina”. De nombreuses campagnes de soins et des écoles de maternité, étaient très positivement accueilli par leurs destinataires, ont répandu dans la société une préoccupation pour la santé des enfants espagnols et donc ce de leurs mères.
C’est ainsi que dans la réalité le fascisme s’est limité à renforcer lier à légiférer des modèles que les autres régimes démocratiques avaient forgé par la voie de la culture.

2ème partie Pour analyser selon le matérialisme dialectique la construction du genre féminin mis en place régimes fasciste en Espagne, il est indispensable de se servir du concept d’hégémonie culturelle utilisé par Antonio Gramsci : l’idéologie de la classe dominante comme l’idéologie principale, mais non unique dans chaque formation sociale concrète.

Nous partons de l’identification des deux principales influences dans l’appareil culturel politique fasciste : le fascisme à travers le filtre phalangiste et le catholicisme traditionnel des espagnols, fondamentalement réactionnaire. Cette seconde influence va déterminer certaines caractéristiques propres du fascisme espagnol.

Il n’y a pas eu d’accord complet entre le modèle de femme proposée par le catholicisme et celui de la phalange. Ce dernier a défendu la gymnastique féminine, la femme puissante, saine, athlétique, symbole de mère fertile et d’une patrie saine. L’église n’assumait pas complètement ce projet eugénique d’amélioration de la race, elle préfère une femme chaste nature, asexuée, et elle critiquait les mouvements et les vêtements utilisés dans le sport comme provocants.

De nombreuses publications de lectures "légères", dont la mission était de vulgariser la conception de la femme catholique et phalangiste, avec des titres comme "Joven esposa [jeune épouse]", "Pura hasta el altar [pure jusqu’à l’autel ]", etc... nous permettent de voir les détails concrets de ce modèle et des mécanismes de reproduction idéologique. D’autres sources ont eu une grande influence, comme les sermons des messes du dimanche, mais difficiles à consulter vue de leur nature orale et éphémère. [...]

Un monde de dichotomie apparaît (littéralement, à travers les affiches et les illustrations, où il existe deux formes de femme : l’ange et le démon.

Dans la première version : pour l’aspect catholique, un corps éthéré et lumineux, austère, pudique, passif et généreuse sans pratiquement de fonction sexuelle, pour la « Sección Femenina”, plus actif, sportif, procréateur fertile de la structure familiale, dans l’exemple pourrait être Pilar Primo de Rivera [la sœur du fondateur du mouvement fasciste].

La seconde incarne la femme fatale ou femme vampire, exemple de la voie du mal. Elle est sensualité et érotisme, outils dont elle se sert pour séduire les contrôler ses victimes (elle est autonome et décidait même). Elle est associée à la perdition, aussi bien d’elle même que de sa famille et de ses amants, c’est l’exemple de différentes actrices de cinéma. [...]

On forge ainsi une conception de la femme dépendante. On ne pense jamais à elle comme ayant une identité propre, c’est une fille, une soeur, une fiancée, une épouse, une mère ou une grand-mère d’un homme. Son identité c’est précisément l’altérité. [...]

[La réalité est différente] les statistiques montrent que l’Espagne a connu une chute de la natalité précisément entre 1930 et 1960, ainsi que des taux de femmes non mariées supérieurs à 50 % entre 1940 y 1950. [...]

3 - 4 Polémica consacre un bref dossier à la reconstruction de la CNT. Trois témoignages illustrent des aspects intéressants, voici ceux qui m’intéressent. « Les tensions aboutirent à des phrases élevées à plusieurs occasions. En janvier 1977 à cause des répercussions internes à la suite de l’arrestation de militants de la FAI à Barcelone, en juillet 1977 à cause des polémiques accompagnèrent les journées libertaires, entre septembre 1977 et avril 1978 vu l’incapacité de nommer un nouveau Comité national, en janvier 1978 étant donné les répercussions, internes et externes, de l’attentat de la Scala, en septembre octobre 1978 avec la fin de la seconde grève des stations-service, en mai 1979 à cause du licenciement du directeur de la Soli et de l’expulsion des militants des GAA (Grupos de Afinidad Anarcosindicalistas), et enfin jusqu’à décembre 1979 à cause des forts affrontements du V congrès. » Ce remarques de Tomás Ibáñez montrent à la fois la fragilité de l’assemblage et l’absence d’une remise en question de anarchosyndicalisme des années 30 rapport au cadre franquiste qui demeurait.

« Ce climat et ces pratiques entraînaient la prolifération de comportements violents, il n’hésitait pas à recourir aux menaces, ou même aux agressions physiques, en imprimant aux conflits internes une violence et une exaspération qui leur donnaient une force destructive démesurée. » On voit facilement que les fameuses luttes de pouvoir au sein des groupes marxiste-léniniste sont inhérentes à tous groupes formés d’arrivistes, quelle que soit l’étiquette des individus.

Paco Madrid ajoute un aspect intéressant : « on trouvait des consignes comme « dans l’anarchosyndicalisme et l’anarchisme organisé, c’est la loi de la majorité qui s’impose », avec beaucoup d’autres du même calibre, ce qui est tout le contraire de ce que l’on peut imaginer de l’esprit qui forme l’idéologie anarchiste. » L’auteur développe ensuite une théorie des groupes unitaires qui auraient protégé la saine et des déviations marxistes. C’est un postulat qu’il ne me semble pas démontré par l’histoire. Enfin, pour revenir à la considération sur le majorité, il est facile de constater qu’une conception idéologique à 100 % anarchiste - comme celle de Paco Madrid - prétendait imposer une ligne à une organisation syndicale libertaire, une des nombreuses raisons de l’échec de la reconstruction de la CNT.

Reconstruction suppose transmission de l’idée de la CNT : la biographie d’Antonia Ugeda Fuentes (1917 2006) nous donner des éléments sur l’anarchosyndicalisme. Ayant commencé à travailler à 14 ans comme vernisseuse dans une usine de meubles à Villena ( province d’Alicante), elle se syndique à la CNT et apprend avec ses camarades femmes à défendre ses droits. En juillet 1936 elle est volontaire comme infirmière, dans les jeunesses libertaires et Mujeres Libres. En mars 1939 elle est arrêtée et enfermée dans un camp de concentration, d’où elle s’évade. Emprisonnée de nouveau en mai 1939, il applique ses connaissances d’infirmière aux militants torturés. Condamnée à 20 ans de prison, elle est nommée au service des paquets, ce qui lui permet de faire passer des messages des prisonniers à l’extérieur. En mai 1943 elle est en liberté surveillée et s’installe à Barcelone. Elles forment un couple avec Ginés Camarasa, secrétaire du comité clandestin de la CNT entre 1958 et 1960. Antonia assure de nombreux contacts. Depuis l’époque de la clandestinité, Camarasa, Villar, le jardinier et Antonia se sont occupés des Trois Tombes (Ferrer Guardia, Durruti et Ascaso). Antonia jusqu’à la veille de sa mort a continué ce rite. L’année dernière, elle a pu embrasser Colette, la fille de Durruti.

Cette ténacité et cette fidélité à la tradition syndicale révolutionnaire qui expliquent la continuité anarchosyndicaliste actuelle, beaucoup plus que les fixations sur des points théoriques (vision AIT), sur drogue, sexe et syndicalisme (soixantehuitards espagnols), spontanéisme contre syndicalisme (conseillistes), en partie responsables d’un repli de beaucoup de camarades actifs auparavant.

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