Cinq ans après le massacre d’Avellaneda... Darío et Maxi présents !!!!!

vendredi 18 avril 2008, par Frente Popular Darío Santillán »

Discours du 26 juin 2007 lu par le père de Darío Santillán, flingué par les flics avec Maximiliano Kosteki, lors de la journée consacrée au cinquième anniversaire de leur assassinat par le Frente Popular Darío Santillán et d’autres organisations et partis.

Cinq ans après le massacre d’Avellaneda... Darío et Maxi présents !!!!!

-Jugement des responsables politiques matériels de l’assassinat de Maxi et Darío

- Non à l’impunité. Non à la complicité

- Jugement des responsables politiques matériels de l’assassinat de Carlos Fuentealba

- Pour l’apparition en vie de Julio Lopez ; liberté de tous les prisonniers politiques et annulation des procès contre tous les combattants populaires

Cela fait cinq ans aujourd’hui qu’une répression parmi les plus brutales subies par le peuple argentin de la part d’un gouvernement constitutionnel, connue comme le massacre d’Avellaneda, a fauché les vies de nos camarades Darío Santillán et Maximiliano Kosteki, avec un bilan de plus de 30 manifestants blessés par balles. Rappelons qu’alors l’écho des 19 et 20 décembre 2001 était proche, que les secteurs populaires et en particulier les travailleurs en chômage étaient les principaux protagonistes de la lutte sociale. Le 26 juin 2002 marque un des moments les plus tendus de la lutte de classes, entraînant le départ anticipé de gouvernement de Duhalde.

Nous rappelons également et nous dénonçons le rôle de l’impérialisme nord-américain qui, par l’intermédiaire du Fonds monétaire international poussait le gouvernement à exiger “ davantage de contrôle social” en échange d’une “adaptation de la dette”.

Nous n’oublions pas non plus tout l’establishment politique, une réunion de gouverneurs (péronistes et radicaux) scandalisés par l’apparition continuelle de secteurs populaires réclamant la justice sociale à Buenos Aires et exigeant du gouvernement de Duhalde qu’il “agisse”.

Mais ce ne sont pas seulement l’impérialisme et les partis favorables au patronat qui demandaient une répression contre l’augmentation des luttes. La justice dépendant du pouvoir politique a également organisé le massacre, sous les ordres du ministre de la justice Vanosi, Il a persécuté les organisations populaires à partir d’une manœuvre grossière de criminalisation, en portant plainte contre les organisations en lutte et en les accusant de “ sédition et attentat contre la démocratie ”.

Comme dans chaque lutte depuis cette date, nous sommes ici aujourd’hui pour exiger un procès et le châtiment de tous les responsables des politiques matériels de ces crimes. Ce nouvel anniversaire de la répression commandée par le pouvoir politique arrive lorsque nous sommes, en plus, en train de réclamer avec urgence l’apparition en vie du camarade Julio López, disparu à cause de son engagement dans les procès contre les génocidaires de la dernière dictature, et à protester aussi pour l’éclaircissement d’une autre série d’enlèvements et d’intimidations contre des militants populaires survenus au cours de l’année dernière, dans le but de nous effrayer, nous qui maintenons les drapeaux de la lutte face à un gouvernement qui ne donne pas de réponse aux revendications populaires de travail, éducation, santé, applications des droits de l’homme et défense des ressources naturelles. Dans quelques jours cela fera trois mois depuis l’assassinat du travailleur de l’éducation Carlos Fuentealba dans la province de Neuquén, parce qu’il participait à la lutte pour la hausse des salaires, qui reçut également comme réponse la répression et les intimidations, comme dans d’autres provinces, à Salta ou dans le fief que contrôle le président Kirchner, à Santa Cruz. Aujourd’hui plus de 5.000 militants sont passibles des tribunaux. [...évocation de camarades emprisonnés] La décision de Sobisch [alors gouverneur de la province de Neuquén] de déclencher la féroce répression des travailleurs de Neuquén qui coûta la vie de Carlos Fuentealba et la répression dans la province de Santa Cruz, où les balles de plombs de la police provinciale ont entraîné l’amputation de trois doigts d’un travailleur municipal, font partie d’une politique commune d’Etat que partagent les gouvernements patronaux de différentes couleur politique.

Par la force de la lutte et de la mobilisation constante, sur le Puente Pueyrredón, à la gare d’Avellaneda (aujourd’hui gare Darío y Maxi, pour les militants) et au tribunal de Lomas, nous avons obtenu que le commissaire Fanchiotti (*) et le caporal Acosta soient condamnés à perpétuité et que d’autres policiers soient également condamnés. Lors du procès, il a été démontré que la répression obéissait à des directives politiques, transmises par la SIDE [contre espionnage], que son chef à l’époque, Carlos Soria, a reconnu qu’avec des morts le gouvernement de Duhalde avait cherché à "freiner" un climat de protestation croissante et d’unité populaire. Cependant, le juge accepta la manœuvre scandaleuse d’exempter de comparution Duhalde, Álvarez et Solá. [Respectivement : ex président de la république, actuellement député, ex secrétaire de la Sécurité Intérieure, maintenant député, toujours gouverneur de la province de Buenos Aires, député en 2008 ...]

Le procès fédéral commencé en 2002 pour enquêter sur les principales responsabilités politiques a été littéralement mis en veilleuse au tribunal fédéral Nº 4, confié au juge Ariel Lijo désigné par le bon plaisir du président Kirchner [en castillan “ par le doigt ” habitude arbitraire des dictateurs et des dictateurs de fait, les caciques, d’imposer leurs protégés et larbins aux postes clés]. L’affaire n’avance pas sur ordre du secrétaire général de la Présidence Oscar Parrilli, qui n’a pas encore répondu au rapport demandé par les juges d’instruction un an auparavant sur les échanges d’appels entre les fonctionnaires duhaldistes et les autorités policières et de sécurité avant, durant et après la répression du 26 juin 2002. [...]

Kirchner et Aníbal Fernández [ministre de l’Intérieur] n’ont pas hésité il y a quelques semaines, tout comme l’année dernière avec les ouvriers de Metrovías en grève ou les employés du pétrole de Santa Cruz, à réprimer férocement l’occupation de Fargo [26.05.07 à Moreno, banlieue de Buenos Aires] par les ouvriers, en faisant arrêter deux délégués et à envoyer des centaines de gendarmes contre la lutte des travailleurs de Fate [pneumatique, banlieue de Buenos Aires] ; Tout comme ce gouvernement n’a pas hésité récemment à réprimer avec l’infanterie les jeunes travailleurs du “ Casino Flotante ” de la ville de Buenos Aires et à militariser la province de Santa Cruz jusqu’à aujourd’hui, face à la rébellion récente et héroïque des enseignants et du peuple, en utilisant en outre des forces de choc para policières et des nervis de la bureaucratie syndicale contre les étudiants et les travailleurs. [...]

Nous dénonçons l’existence d’une droite mafieuse active, faisant partie de l’appareil de répression - toujours intact - et héritière du putsch militaire de 1976. Nous luttons pour le démantèlement de tout l’appareil répressif, qui ne sert qu’à réprimer, à persécuter et à tuer.

Nous dénonçons aussi les politiques de famine, de travail précarisé et d’exclusion tuant silencieusement tous les jours. Nous, nos enfants, nos grands-parents, nous demeurons en marge du système de santé, d’éducation, de logement, de travail et de tout garde-fou social, à la merci de l’exploitation et de la précarisation sur le plan de l’emploi, de la gâchette facile comme c’est arrivé récemment avec le musicien et travailleur de la revue Hecho à Buenos Aires, le Chasqui Córdoba, assassiné dans le dos par des membres du commissariat 36 de la capitale. Pour nous qui luttons contre ces injustices, l’Etat dirigé par Kirchner, répond à la protestation sociale par des embrouilles, des provocations, une saturation policière, des procédures judiciaires, la prison et les répressions. [...]

Mais nous, nous allons continuer à insister et à lutter pour Darío et pour Maxi, et aussi pour les 30 mille disparus pendant la dictature ; pour les 50 et plus d’assassinés en démocratie et durant des actions de protestation sociales, et pour faire obstacle à cette réalité de ceux qui veulent conditionner le futur de notre peuple. La lutte de Darío et Maxi est notre lutte. C’est la lutte pour une transformation sociale mettant un terme aux conditions de famine, de misère, de chômage et d’exploitation qui nous orpiment. C’est la solidarité et l’engagement envers le camarade avec lequel nous allons combattre et l’intransigeance et la conséquence à respecter dans cette lutte. C’est pour ces raisons que Darío et Maxi ont combattu. C’est pour cela que nous continuons de l’avant. Le sang versé, nous ne le pardonnons pas, nous n’oublions pas, nous ne négocions pas.

(*) Condamné à perpétuité, Fanchiotti a été autorisé dans le pénitencier d’Olmos à faire des sorties, accompagné du sous-directeur. Il bénéficie d’un traitement spécial dans l’unité des évangélistes, Página 12, 21.02.08. Le 29 février la même source indique que la justification des sorties était la dépression du prisonnier !