Makhno Notre organisation

lundi 20 juillet 2009, par Makhno Nestor

Makhno Notre organisation

L’époque que traverse actuellement la classe laborieuse mondiale exige une tension maximale de la pensée et de l’énergie des anarchistes révolutionnaires pour éclaircir les questions les plus importantes.

[Partie non traduite, littéralement « Chaque camarade doit être conscient de ces problèmes, y penser et arriver à la conclusion que ces questions qui préoccupent les masses, seuls les anarchistes pourront les saisir et les expliquer au moyen d’une organisation générale des forces du mouvement. »]

Nos camarades qui ont joué un rôle actif au cours de la révolution russe et qui sont restés fidèles à leur convictions savent de quelle manière funeste c’est fait sentir, dans notre mouvement, l’absence d’une solide organisation. Ces camarades sont bien placés pour être particulièrement utile à l’oeuvre d’union actuellement entreprise. Il n’a pas échappé à ces camarades, je le suppose, que l’anarchisme a été un facteur d’insurrection parmi les masses laborieuses révolutionnaires en Russie et en Ukraine ; il les a incitées partout à la lutte. Cependant, l’absence d’une grande organisation spécifique, capable d’opposer ses forces vives aux ennemis de la révolution, l’a rendu impuissant à assumer un rôle organisationnel.

L’œuvre libertaire dans la révolution en a subi de lourdes conséquences.

S’ils prennent conscience de cette carence, les anarchistes russes et ukrainiens ne doivent pas laisser se renouveler ce phénomène. La leçon du passé est trop pénible et, en la retenant, ils doivent, les premier, donner l’exemple de la cohésion de leurs forces. Comment ? En créant une organisation qui puisse accomplir les tâches de l’anarchisme, non seulement lors de la préparation de la révolution sociale, mais également à ses lendemains. Une telle organisation doit unir toutes les forces révolutionnaires de l’anarchisme et s’occuper sans hésitation de la préparation des masses à la révolution sociale et à la lutte pour la réalisation de la société anarchiste.

Bien que la majorité d’entre nous conçoivent la nécessité d’une telle organisation, il est regrettable de constater qu’il y en ait un petit nombre pour s’en préoccuper avec le sérieux et la constance indispensables.

En ce moment, les événements se précipitent dans toute l’Europe, y compris en Russie, emprisonnée dans les filets pan-bolchéviques. Le jour n’est pas loin où il nous faudra être des participants actifs à ces événements. Si nous nous présentons encore une fois sans s’être organisés au préalable de la manière adéquate, nous serons encore impuissants à empêcher que ces événements n’évoluent pas dans le tourbillon des systèmes étatiques.

La cohésion de tous les anarchistes actifs, exprimée par un collectif agissant sérieux, est unanimement estimée nécessaire par chacun d’entre nous. Il serait bien étonnant que des adversaires de cette Union se déclarent dans notre milieu. La question à résoudre ne tient qu’en la forme organisationnelle que pourrait adopter cette Union des anarchistes.

Personnellement, je considère comme la forme organisationnelle la plus adaptée et la plus nécessaire celle qui se présenterait sous l’aspect d’une Union des anarchistes, édifiée sur la base des principes de la discipline collective et de la direction commune des toutes les forces anarchistes.

Ainsi, toutes les organisations qui y seraient adhérentes seraient liées entre elles par la communauté des objectifs socio-révolutionnaires, mais aussi par celle des moyens qui y mèneraient.

L’activité des organisations locales peut être adaptée, autant que possible, aux conditions locales ; elle doit cependant s’unir sans défaillance à l’orientation de la pratique organisationnelle globale de l’Union des anarchistes couvrant tout le pays.

Que cette Union s’appelle parti ou tout autrement n’a qu’une importance secondaire. Ce qui est primordial c’est qu’elle réalise la concentration de toutes les forces anarchistes en une pratique commune et unitaire contre l’ennemi, en impulsion la lutte pour les droit des travailleurs, la réalisation de la révolution sociale, et l’avènement de la société anarchiste !

Diélo trouda, n°6, novembre 1925, pp.6-7. Traduction d’Alexandre Skirda.