Espagne 1910-2010 : Cent ans d’Anarchosyndicalisme

lundi 28 décembre 2009, par CGT-e

Espagne 1910-2010 : Cent ans d’Anarchosyndicalisme

Depuis cent ans maintenant le courage et la rébellion d’une poignée de femmes et d’hommes ont fait que le monde commence à changer de base.

Conscients que l’émancipation des travailleurs femmes et hommes ne pourrait être réalisés que par l’action directe des travailleurs eux-mêmes, les exploités de toutes conditions et de tous métiers ont décidé de s’organiser de façon autonome en tant que personnes libres et d’assumer le destin de leurs vies en communauté en marge des maîtres, des gouvernements et des superstitions.

C’est ainsi qu’est né le mouvement anarchosyndicaliste avec les sigles historiques de la Confederación générale du travail et de la Confederación nationale du travail, inspiré des principes qui ont dynamisé la première Internationale des travailleurs, l’expression la plus démocratique, humaniste et révolutionnaire d’autodétermination politique et sociale que les temps modernes aient connue.

Et l’expérience a démontré que ce sont ces sigles et ces idéaux anti autoritaires qui ont entraîné les transformations sociales les plus importantes et les plus ambitieuses de l’histoire. En refusant la culture de soumission prônée par les classes dirigeantes, les oligarchies et l’Eglise, en combattant sur le terrain l’intolérance de la bourgeoisie prédatrice, en prêchant par l’exemple de la solidarité et en disputant point par point au totalitarisme armés les conquêtes obtenues par tant de sacrifice.

En avance sur leur temps et pionniers dans la dénonciation des injustices, les anarchosyndicalistes ont arraché aux griffes du capital la journée de travail de 8 heures et leur lutte fraternelle a réussi après des siècles d’humiliations à obtenir des conditions sociales égalitaires pour les femmes. Les anarchosyndicalistes ont apporté leur idéal de révolution sociale entière, intégrale et libertaire dans le monde, et tout spécialement en Amérique Latine, devenue depuis le second foyer de cet héroïque prolétariat militant.

C’est également la résistance libertaire qui dans un premier moment critique a freiné aussitôt l’attaque criminelle des troupes mercenaires nazi fascistes appelés par la dictature franquiste pour soumettre le peuple espagnol et punir son insolence révolutionnaire. Aujourd’hui encore, la révolution espagnole de 1936-1939 stupéfait le monde et il existe une prise en compte universelle de cette épopée populaire comme jalon historique. En Espagne au contraire, sur le lieu même de cette confrontation inégale, le revanchisme et l’absence de mémoire complice continuent à sous estimer le legs éthique de ces camarades qui portaient un monde nouveau dans leurs cœurs.

C’est pourquoi aujourd’hui, pour le centenaire de cette flamboyance qui éclaire encore le sentier fécond de la liberté et de la solidarité, les funestes mirages autocratiques et étatiques de pouvoir, compagnons de voyage de la domination et de l’exploitation, étant maintenant définitivement abandonnés, nous, anarchosyndicalistes, nous reprenons notre appel à dénoncer les menaces nouvelles et insoupçonnées, mettant en danger l’existence de la planète et de la cohabitation dans la dignité. Et nous affirmons notre foi dans l’humanité des travailleurs et dans la défaite finale de la barbarie capitaliste et de ses représentants.

Dans ce début du XXI siècle, convaincus que la patrie des opprimés est le monde et que leur famille est l’humanité, nous, femmes et hommes, jeunes et âgés, d’Espagne et d’ailleurs, métis, nous brandissons l’insoumission, la paix et la parole pour briser les chaînes récentes et invisibles de la servitude volontaire.

Alors que tout dans les hautes sphères conspire pour étouffer les cris contre l’injustice en place, nous affirmons en tant qu’anarchosyndicalistes, syndicalistes révolutionnaires, anarchistes, libertaires, anticapitalistes et antiautoritaires, comme dépositaires de l’authentique démocratie d’action directe, que nous sommes le peuple et sa rébellion infinie, et nous reconnaissons l’immense dette due aux générations qui nous ont précédés dans la lutte pour la liberté, la justice et la dignité.

Parce que la volonté qui guide notre anarchie représente la plus haute expression de l’ordre.

Parce que quand tout le peuple gouverne, comme le souhaite l’idéal de la véritable démocratie, personne ne commande, comme l’anarchisme le prône.

SALUD ET LIBERTÉ !!

Secrétariat permanent de la CGT, 22 décembre 2009