LES YEUX PLEINS DE SANG sur les faits de Rosarno en Calabre

mardi 12 janvier 2010, par frank

LES YEUX PLEINS DE SANG sur les faits de Rosarno en Calabre

Ils ont relevé la tête et l’ont fait sans intermédiaire, avec la rage de ceux qui veulent être respectés et n’acceptent plus d’avaler la pilule amère de l’injustice.

La révolte des immigrés de Rosarno est une réponse sincère et courageuse à l’esclavage, la discrimination, l’intimidation, l’indifférence.

Lors de ces heures de tension les immigrés ont attaqué frontalement le système de domination mafieux qui contrôle l’économie et le territoire de la Calabre : les immigrés ont défié les mains nues la `Ndrangheta, ont défié les propriétaires de terre qui les exploitent et les humilient.

Les immigrés rebelles sont des travailleurs agricoles, une main d’œuvre ne coûtant rien et sans droits et sous tutelle parce qu’elle est écrasée par une clandestinité produite par des lois racistes dans l’intérêt des patrons. Les immigrés rebelles sont des travailleurs saisonniers parcourant des milliers de kilomètres au rythme des cultures, de la Sicile à la Campanie (Naples), de la Calabre à l’Apulie (du sud ouest au sud est), en se brisant les reins quinze heures par jour pour quinze euros. Les immigrés rebelles se font tabassés et sont menacés par des chefs d’équipe rien que pour chercher à demander de l’eau, un toit ou une paie plus digne. Le ministre de l’Intérieur, Roberto Maroni, se permet de se défouler contre les "clandestins", sans la moindre allusion aux dernières attaques subies par les immigrés ou les terribles conditions qui les ont poussés à l’exaspération. Maroni, accompagné par toute la vermine politicienne, sans distinction, déballent des paroles de circonstances mi hypocrites mi clichés, entre intolérance et impatience.

Les nouvelles venant de Rosarno ne sont pas encourageantes : des gens armés sillonnent la région à la recherche d’immigrés et le climat est encore très crispé.

Voici l’Italie, raciste et impitoyable, formatée par le pouvoir étatique et la mafia. C’est le résultat de la dévastation sociale où est tombé notre pays. En exprimant notre solidarité envers les immigrés en lutte pour leurs droits, nous manifestons notre plus profond mépris envers tous les mafieux et tous les racistes qui dominent les rues de Rosarno et les palais du pouvoir.

Commissione Antirazzista della Federazione Anarchica Italiana - FAI

Commissione di Corrispondenza della Federazione Anarchica Italiana - FAI

08/01/2010