Grève de la faim dans le tiers monde contre une multinationale de l’UE RÉSOLUTION DU COMITÉ CONFÉDÉRAL DE LA CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DU TRAVAIL (CGT) DU TERRITOIRE ESPAGNOL DEVANT LA GRAVE SITUATION DE LA CAMARADE ALGÉRIENNE MERYEM MEHDI.

mercredi 27 janvier 2010, par CGT-e

RÉSOLUTION DU COMITÉ CONFÉDÉRAL DE LA CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DU TRAVAIL (CGT) DU TERRITOIRE ESPAGNOL DEVANT LA GRAVE SITUATION DE LA CAMARADE ALGÉRIENNE MERYEM MEHDI.

Le Comité Confédéral de la CGT, réuni en session plénière confédérale le 26 janvier 2010 et devant de la grave situation de la camarade algérienne Meryem Mehdi a pris la résolution suivante :

Après presque 50 jours en grève de faim en protestation contre son licenciement arbitraire et contre l’attitude néo coloniale et le comportement des entreprises multinationales dans le sud algérien, la camarade Meryem Mehdi se trouve dans un état désespéré. Les dernières nouvelles qui parlaient d’un possible compromis avec l’avocat de British Gaz, ont été réfutées. La multinationale britannique maintient son silence et est toujours impassible devant la détérioration de l’état de santé de la camarade. À son tour, les autorités algériennes maintiennent leur silence complice. D’une part, tandis que le Ministre de travail reçoit le comité de solidarité, les policiers frappent les personnes concentrées et arrêtent la secrétaire générale du SNAPAP, Nassira Ghozlane, et deux camarades de SNAPAP et de la Ligue algérienne de droits humains

Nous considérons inacceptable ce type de comportements des multinationales, dans ce cas British Gaz. En plus d’exploiter les ressources naturelles d’un territoire sans que ses habitants en profitent réellement, cette compagnie exploite leurs travailleurs et travailleuses. Nous ne devons pas oublier que l’Algérie est un des producteurs de gaz les plus importants au monde. Lors du récent sommet hispano-algérien tenu il y a quelques jours en Espagne, des représentants des deux gouvernements ont parlé de l’énergie, surtout de gaz. Et c’est que le gazoduct Medgaz est déjà en marche, pour le transport du gaz algérien du désert du Sahara à l’Europe (en entrant par Almeria). Medgaz est un consortium formé par plusieurs multinationales comme l’algérienne Sonatrach, l’espagnole Cepsa, Endesa italienne et la française GDF Suez. En plus, dans la construction du gazoduct ont pris part des multinationales japonaises pour fournir l’acier des tuyauteries, les entreprises espagnoles, françaises et italiennes pour la pose de ces tuyauteries dans la mer et même la Rolls Royce pour fabriquer les compresseurs.

En définitive un nombre important d’entreprises profitent des ressources algériennes et, encore plus important, ce gazoduct réduit les coûts d’approvisionnement de gaz dans toute l’Europe et sa dépendance vis-à-vis de la Russie. Au point que l’Union Européenne considère ce projet comme d’intérêt commun dans les réseaux trans-européens d’énergie. En fait l’UE a apporté deux millions d’EUROs pour la réalisation du projet et 1.4 million de plus d’EUROs pour sa construction.

Et devant une telle ampleur d’entreprises, multinationales européennes et des citoyens profitant de cette ressource, nous nous trouvons avec une femme qui vit dans le même territoire où on extrait le gaz, qui travaille pour un multinationale, dans ce cas British Gaz britannique et qui résiste de toutes ses forces pour ne pas être bafouée, en combattant seule, jusqu’aux dernières conséquences, par une grève de faim entamée le 9 décembre 2009, pour protester par son licenciement arbitraire.

En tant que Confédération générale du travail du territoire espagnol nous nous demandons où est l’Europe des droits et des libertés, nous nous demandons où il est la volonté de M. Rodriguez Zapatero, responsable du gouvernement qui préside ce semestre l’Union Européenne et surtout nous nous demandons pourquoi n’y aurait-il pas une intervention politique pour mettre un terme une fois pour toute à cette situation d’injustice énorme. Également en tant que Confédération générale du travail du territoire espagnol nous rendons responsables la multinationale britannique British Gaz et la classe politique de la vie de Meryem Mehdi.

De même, nous recueillons l’appel à la solidarité internationale effectué par de nombreux camarades algériens/ennes et nous encourageons toutes les organisations, groupes et personnes qui le souhaitent à apporter leur soutien pour cette cause.

26 janvier 2010

Comité Confédéral de la Confédération générale du travail