Noam Chomsky entrée refusée [en Israël et en Cisjordanie...] Décision caractéristique d’un régime totalitaire

lundi 17 mai 2010, par frank

Noam Chomsky entrée refusée [en Israël et en Cisjordanie...] Décision caractéristique d’un régime totalitaire

Tel est le titre d’un article d’Amira Hass, dans le quotidien critique officiel israélien Haaretz du 16.05.10. Depuis 1997 (lorsqu’il a donné une conférence dans une université israélienne et une autre dans une université palestinienne en Cisjordanie), Noam Chomsky n’avait pas été dans cette région.

“Son hôte palestinien, le législateur Mustafa al-Barghouti a qualifié la décision "d’action fasciste, qui va jusqu’à la suppression de la liberté d’expression”.

L’Association pour les droits civils en Israël a critiqué fortement le ministre de l’Intérieur pour "son usage de la détention et de la déportation afin d’empêcher qu’une personne exprime son opinion", une "caractéristique d’un régime totalitaire." (Haaretz)

Pour le 17 mai 2010, à l’exception de plusieurs articles dans la presse israélienne, un dans El País de Madrid et La República de Lima, une brève dans The Guardian de Londres, il y a un silence unanime dans la presse nord-américaine (du moins dans les recherches sur google), Le Monde et la presse française, celle d’Argentine.

On doit en tirer plusieurs leçons :

-La tendance informative officielle dans les pays de démocratie capitaliste es presque intouchable (donner un espace à un opposant c’est refléter ses opinions, aussi le silence-censure est préférable). Une personnalité de renom international comme Chomsky n’échappe pas à la règle. Le meilleur régime est la démocratie capitaliste, si on flanque une balle dans la tête d’un chef d’un peuple originaire un 12 octobre [de 2009 ; jour où en 1492 a commencé le génocide en Amérique], c’est un fait divers traité peu à peu ; si une communauté de peuples originaires rejette le bicentenaire au Mexique ou en Argentine, il n’y a pas de place entre le football et la mode, pour évoquer une telle extravagance.

-Quand une personnalité juive émet un avis, les médias officiels différencient et privilégient le sioniste digne de foi (c’est-à-dire serf de la politique israélienne) et écartent le sous juif (critiquer le sionisme israélien en étant juif a déjà été qualifié de démence dans le cas de Chomsky). C’est un retour à la notion d’infra humain (la conception nazie d’untermensch) ou de rouge (pour citer le fascisme catholique espagnol, encore présent dans la Justice et la loi d’amnistie signée par les socialistes et les communistes, et la vision argentine de la dictature militaire, assez ancrée chez pas mal de leaders syndicaux aujourd’hui, pour ne pas citer des patrons et des politiciens actuels).

-Dans une communauté, une ethnie, la solidarité est souvent bafouée par des groupes achetés par le pouvoir et des intérêts internationaux, comme on le voit, par exemple, aussi bien parmi les Palestiniens que les Juifs et les peuples originaires.

-Effectivement, la propagande, les médias des démocraties capitalistes représentent un totalitarisme comme l’a démontré Chomsky dans Les intellectuels et l’État (http://www.fondation-besnard.org/article.php3?id_article=723).

-C’est pourquoi un travail de contre-information sérieux et documenté est fondamental, à condition de ne pas être ridicule, mensonger sur certains plans (comme des aspects de Cuba, du Venezuela, de la lutte kurde, etc.), car on ne peut enlever le bluff et accumuler de la chienlit, en mettant de côté la formation critique et analytique des lecteurs.

Frank Mintz, 17.05.10.